De nombreuses écoles publiques de la Guinée présentent un visage peu reluisant à cause du manque d’entretien. L’école primaire de Boulbinet, dans la commune urbaine de Mamou, en est une parfaite illustration. Les quatre (4) bâtiments qui constituent l’école n’ont jamais connu de réfection depuis sa création et se trouvent dans un état de vétusté très poussé. Une situation qui préoccupe son directeur, Mamadou Telly Sidibé, qui a poussé un cri de cœur dans un entretien accordé à Guineematin.com à travers son correspondant dans la ville carrefour.

Au moment où l’on s’achemine vers la fin des cours pour les classes d’examens, certaines écoles publiques de notre pays sont dans un état très délabré, notamment à cette saison pluvieuse.

L’école primaire de Boulbinet, dans la commune urbaine de Mamou, située au bord de la route nationale Mamou-Faranah, créée en 1960, présente un mauvais visage actuellement. Pourtant, au compte de l’année scolaire 2019/2020, l’établissement compte 17 groupes pédagogiques avec un total de 1168 élèves, dont 496 filles.

Selon nos informations, de cette date à nos jours, cet établissement public n’a jamais connu de réhabilitation encore moins une couche de peinture. Les murs de la cour et certains bâtiments de l’école sont fissurés.

Mamadou Telly Sidibé, Directeur de l’école primaire de Boulbinet

Cette situation attriste le directeur, Mamadou Telly Sidibé. « Il y a 4 bâtiments dans cet établissement. A l’ère de l’indépendance, il y avait un seul bâtiment de trois salles de classes. Le deuxième que vous voyez là-bas, c’est un projet qui nous a aidés et les autres, c’est avec la contribution de la communauté. Nous rencontrons aujourd’hui des difficultés majeures. Mais le premier problème qui nous préoccupe, c’est le vieillissement des bâtiments. La cour de l’école est tombée par endroit. Les drogués se régalent ici. Les portes sont complètement rouillées. Les 90% des salles de classes coulent. On ne peut étudier pendant cette saison pluvieuse. Il y a des enfants sans situation. Aucun point d’eau pour les 1 168 élèves. Aucune identité, ni un extrait ni un livret pour certains élèves. Beaucoup d’enseignants ne maitrisent pas l’effectif total de leurs classes », a déploré monsieur Sidibé.

Pour faire face à ces difficultés, la Direction Préfectorale de l’Education (DPE) a pris un certain nombre de dispositions. « Pour remédier à ces problèmes, le DE a pris l’initiative de mettre à contribution l’APEAE (les parents d’élèves, ndlr), les ressortissants du quartier, les anciens élèves et les quartiers qui sont en commun de cette école. Pour palier à nos maux, nous avons écrit aux ONG, aux ressortissants du quartier, aux anciens élèves de cette école, les quartiers qui fréquentent cette école. Les parents d’élèves ont décidé de verser 20 000 FG à l’ouverture, 8 000 GNF pour la cotisation habituelle et les autres 12 000 GNF comme contribution des parents. Je demande aux autorités éducatives d’orienter de projets dans cette école qui risque de mourir à petit feu. Quand je quitte cette école comme ça, j’aurai un cœur meurtri jusqu’à la fin de ma vie », a lancé monsieur Sidibé.

Selon nos informations, l’école primaire de Boulbinet a été créée depuis 1960 avec un groupe pédagogique de 60 élèves dont 15 filles. Son premier directeur fut Elhadj Boubacar Biro Diallo, ancien président de l’Assemblée Nationale sous le régime de Lansana Conté. Les six premières classes ont été construites par M. Sory Condé, ex gouverneur de Mamou.

Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél. : 625698919/657343939

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