Bah Oury, président du parti UDRG

Dans un communiqué en date du 29 janvier 2021, l’Etat guinéen, à travers son ambassadeur à Paris, a décidé de suspendre la délivrance de visas aux français qui voudraient sa rendre en Guinée. Cette mesure a été prise officiellement au nom du « principe de la réciprocité » avec l’Union Européenne ; mais en clair, elle constitue une réponse à la décision de la France visant à fermer ses frontières aux pays non membres de l’Union Européenne.

Et, pour l’opposant guinéen Bah Oury la décision du gouvernement guinéen est épidermique et contreproductive. Le leader de l’union des démocrates pour la renaissance de la Guinée (UDRG) appelle les autorités guinéennes à sortir de ce « réflexe ultra-nationaliste » dépourvu de fondement et cohérence par rapport aux objectifs recherchés par le pays, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est en marge de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti ce samedi, 30 janvier 2021, que le président de l’UDRG s’est exprimé sur ce sujet qui fait actuellement débat dans la capitale guinéenne. Bah Oury trouve que cette interdiction de visas aux français est une décision moins réfléchies par l’exécutif guinéen.

Bah Oury, président du parti UDRG

« Dans le cas d’espère, personnellement, lorsque les autorités guinéennes, pour des raisons disent-elles de réciprocité, disent qu’elles ne vont plus donner de visas à des personnes qui veulent venir dans notre pays et qui ont la possibilité de venir, je pense que ce sont des décisions qui sont beaucoup plus épidermiques que des décisions réfléchies. Il faut que les autorités guinéennes sortent de ce réflexe qui paraît chauvin, ultra-nationaliste, qui n’a pas de fondement et qui n’a pas de cohérence par rapport aux objectifs recherchés », a-t-il estimé.

Selon cet opposant au régime Alpha Condé, la décision de la France n’est pas contre un pays, d’autant plus qu’elle vise à protéger des êtres humains du COVID-19, une maladie qui est en train de décimer des populations entières. Cependant, le président de l’UDRG estime que la décision des autorités guinéennes frise « le complexe d’infériorité » que certains pays ont encore face à l’ancienne puissance coloniale. Il assure que cette décision crée plus de problèmes aux guinéens qui ont d’autres passeports (d’autres nationalités que celle de leur pays d’origine).

« Je n’en vois pas la pertinence, ni l’utilité. C’est tout simplement comme certains qui ont toujours un certain complexe d’infériorité ou du complexe d’être colonisé. Dès qu’il y a une mesure quelque part, ils se mettent à dire : puisqu’ils ont fait ça, nous aussi on va faire ça. Alors que ça n’a aucune cohérence, aucune pertinence,  aucune utilité et ça crée beaucoup plus de problèmes aux citoyens guinéens qui sont munis d’autres passeports pour des raisons historiques et qui vont être dans l’impossibilité de se rendre dans leur pays d’origine. Ce n’est pas comme ça qu’on peut faire de la Guinée un pays d’accueil, un pays ouvert, un pays responsable et compréhensif par rapport aux fléaux qui sont en train d’affecter le monde entier », a indiqué Bah Oury.

Pour le leader de l’UDRG, il faudrait que la raison et l’intelligence soient au cœur du pouvoir pour que les autorités l’égo des uns ne transforment pas en problème les simples décisions des autres. D’ailleurs Bah Oury assure que le pouvoir de Conakry a pris et applique aujourd’hui des décisions qui sont plus grave pour les guinéens et l’économie de la Guinée.

« Il y a d’autres mesures qui sont encore beaucoup plus désastreuses, qui ont été prises par les autorités guinéennes, la fermeture de nos frontières entre la Guinée et le Sénégal, la Guinée Bissau, la Sierra Léone. Depuis près de quatre mois, pour des raisons politiques que je considère comme étant des raisons politiciennes, ces frontières sont fermées. Qui est en train de soufre de plus ? C’est l’économie guinéenne qui est en train d’être impactée négativement. Les transporteurs ne peuvent plus travailler, les paysans qui ont des produits agricoles qu’ils pouvaient vendre pour avoir un revenu, ces produits ne sont plus vendables, parce que ne pouvant pas être transportés vers l’extérieur ou vers même certaines régions à l’intérieur du pays. Tout cela c’est contreproductif pour l’intérêt national, pour les guinéens. Il faut que la raison et l’intelligence soient au cœur du pouvoir pour ne pas prendre des décisions simplement pour un orgueil personnel ou pour des humeurs ou pour satisfaire son égo au détriment à l’intérêt national et des bonnes relations qui existent entre les guinéens et pays frères où on sait qu’on a une forte diaspora. Nous ne pouvons pas négliger cela ; mais, en agissant ainsi, nous sommes en train de nous tirer une balle au pied », a indiqué Bah Oury.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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