Nommé juge de paix de la préfecture de Gaoual en novembre 2019, Sidiki Kourouma se bat comme un beau diable pour faire fonctionner cette juridiction confrontée au manque d’infrastructures et de personnel. Depuis 2007, les audiences se tenaient dans un vidéoclub relevant de la maison des jeunes, avant de déménager récemment dans la maison du peuple, occupée précédemment par le centre de santé urbain de Gaoual.

Au cours d’un entretien avec un reporter de Guineematin.com, le juge de paix a parlé du fonctionnement et des défis de cette justice de paix.

Sidiki Kourouma, juge de paix de Gaoual

« Réellement, c’est un problème de structure, d’infrastructure et de personnel qui fait qu’à Gaoual, c’est toujours une justice de paix qui est opérationnelle. Selon la loi, il n’y a plus de justice de paix à Gaoual. Toutes les justices de paix sont remplacées par des TPI (des tribunaux de première instance) dans tout le pays. Mais, vous n’êtes pas sans savoir que depuis 2007, le palais de justice a été détruit et les magistrats qui m’ont précédé ont déménagé à l’annexe de la maison des jeunes où ils tenaient leurs audiences, jusqu’à cette année lorsque le centre de santé qui occupait la maison du peuple est allé occuper les anciens locaux de l’hôpital préfectoral. Je rappelle que sous la première République, ce bâtiment servait de logement au secrétaire fédéral. C’est ainsi que le défunt préfet, Elhadj Souleymane Sow, a pris une décision nous affectant ce bâtiment. Nous nous sentons mieux ici en attendant la construction ou la reconstruction du TPI de Gaoual. Actuellement, il y a des réparations en cours et nous cherchons des bancs pour la salle des audiences », a dit Sidiki Kourouma.

La justice de paix abritée par la maison du peuple est située au quartier Héramakono, non loin du bureau de la douane, au bord de la grande route et à quelques centaines de mètres du siège de la préfecture, également en souffrance. Ce nouveau local ne peut non plus abriter l’ensemble des services liés à la juridiction.

« Dans un TPI, il y a un Président du tribunal, un juge de siège, un juge d’instruction, un procureur, un substitut du procureur, un secrétariat du parquet, un personnel d’accompagnement dont le Greffier en chef, des greffiers, un secrétariat, un interprète, des plantons. Mais, l’actuel bâtiment ne peut pas accueillir tout ce personnel. Donc, actuellement, nous sommes deux juges, un chef de Greffe, un secrétaire, un interprète et un planton. C’est tout comme personnel que nous disposons actuellement », a expliqué le magistrat.

En fonction depuis 1980, le juge Sidiki Kourouma, ancien président du Tribunal de Kissidougou, réussit à s’adapter à la réalité.

« Ce n’est pas aujourd’hui que j’ai commencé ce travail de juge de paix. Depuis la première République, en 1980, j’étais juge à Dabola. On disait à l’époque Président du tribunal régional de Dabola », a précisé monsieur Kourouma.

De retour de Gaoual, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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