« Monsieur le président, ayez pitié de nous pour nous aider ! Aidez-nous à avoir un poste de santé, à réhabiliter nos pistes ! Aidez-nous à augmenter notre forage… Le pont qui est à Kabayakoro n’est pas achevé. Monsieur le président, les missionnaires que vous avez envoyé pour réaliser ce pont, si vous les voyez, vous allez les arrêter un à un. Notre pont n’a pas été réalisé, nous n’avons pas de route. Pendant la saison pluvieuse, nous ne pouvons aller nulle part »…

Coincé entre plusieurs affluents du fleuve Niger et situé à 45 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Faranah, le district de Kabayakoro (dans la sous-préfecture de Tiro) manque de tout ! Même avoir de l’eau potable (bien que la localité soit très bien arrosée) est un véritable parcourt du combattant. Les plus de 2 600 habitants de ce district n’ont qu’un seul forage pour se procurer de l’eau propre à la consommation, a constaté le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture de Faranah.

Dire que Kabayakoro est un district aux grands maux ne serait pas exagéré. Car, c’est un district très enclavé avec des pistes (routes) rocheuses et très défoncées. En plus, les montagnes qu’on y trouve rendent très pénible le transport. Seules quelques très rares motos osent s’y aventurer en cette période de saison sèche. Les quelques rares ponts de franchissement réalisés dans cette localité sont en bois et cèdent à tout bout de champ, parfois même lors d’une simple traversée de moto.

En saison hivernale, ce district a l’habitude d’être coupé du reste des districts de la sous-préfecture de Tiro par les eaux. Un étranger qui se retrouverait en face pourrait facilement prendre Kabayakoro pour une île. Seuls les plus téméraires pourront quitter le district pour le reste de la comme rurale (ou inversement). Malheur à celui qui a une urgence sanitaire. Car, une évacuation est quasiment impossible et le district ne possède aucun poste de santé. Même en saison sèche, les femmes enceintes (en état de travail) sont transportées au centre de santé de Tiro sur les épaules ou à l’aide d’un hamac.

Cependant, Kabayakoro possède une école primaire de trois salles de classe. Mais, cette école ne dispose que d’un seul enseignant pour plus de 150 élèves.

En plus de toutes ces difficultés, vient se greffer le problème d’eau potable. Ce district n’a qu’un seul et unique forage pour une population estimée à plus de 2 600 habitants. Et, parfois (et comme c’est souvent le cas), ce forage tombe en panne durant des semaines.

Lansana Kourouma, doyen du district de Kabayakoro

« Nous avons une école de trois classes avec un seul enseignant pour 150 élèves. On ne peut plus boire les eaux de nos puits, on ne peut que rincer les bols avec ces eaux. Nous n’avons qu’un seul forage et la population est très nombreuse par rapport à ce forage. Parfois, ce forage tombe en panne. Il n’y a aucun poste de santé ici, quand un enfant tombe malade ou une femme veut accoucher, on est obligé de les transporter par un hamac ; et cela, en traversant un pont en bois. Quand tu mets la moto sur ce pont, ça se casse ; plusieurs cas comme ça se sont produits ici, nous n’avons pas de marché. On est là avec toutes les difficultés. Pendant la saison pluvieuse, on ne mange pas de sel, parce qu’on ne pet pas en trouver ici », a confié Lansana Kourouma, habitant et doyen de ce district.

Pourtant, selon les informations recueillies par le correspondant local de Guineematin.com, Kabayakoro est le grenier de la préfecture de Faranah. L’agriculture y est largement pratiquée et la terre est très fertile et propice à plusieurs cultures.

Ibrahima Sayon Condé, habitant de Kabayakoro

« Nous cultivons ici le riz, le maïs, l’arachide, la patate, le fonio, le manioc, le tarot… Je peux dire que notre village constitue le grenier de Faranah, parce que tout ce que nous cultivons ici donne à presque 99%. Ce qui prouve que notre sol est propice à l’agriculture », a indiqué Ibrahima Sayon Condé, habitant de Kabayakoro.

Sur place, on apprend que la réalisation de la route qui relie le district de Kabayakoro à celui de Kalanko aurait pu réduire considérablement les difficultés liées au déplacement des citoyens de Kabayakoro. Malheureusement, les travaux de construction de cette route qui comprennent six (6) dalots et un pont qui ont démarré en mars 2017 se sont arrêtés 3 mois plus tard. L’ouvrage principal, déjà mal réalisé, est à l’abandon, au grand dam des populations de ce district. Ibrahima Condé Kandé, le président du conseil du district de Kabayakoro, appelle à la « pitié » du chef de l’Etat pour venir en aide à cette localité qui souffre encore le martyr.

Ibrahima Condé Kandé, président du conseil du district de Kabayakoro

« Ayez pitié de nous pour nous aider ! Aidez-nous à avoir un poste de santé, à réhabiliter nos pistes. Aidez-nous à augmenter notre forage. C’est cette plaidoirie que nous lançons au président de la République. Le pont qui est à Kabayakoro n’est pas achevé. Monsieur le président, les missionnaires que vous avez envoyé pour réaliser ce pont, si vous les voyez, vous allez les arrêter un à un. Notre pont n’a pas été réalisé, nous n’avons pas de route. Pendant la saison pluvieuse, nous ne pouvons aller nulle part », s’est lamenté Ibrahima Condé Kandé.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel: 00224 620241513/660272707

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