C’est une affaire qui parait tout à fait banale pour le citoyen lambda, mais qui a une grande portée au sein des « corps habillés ». Un élève policier qui boxe en pleine rue avec son supérieur hiérarchique est une scène incommode, qui n’est pas tolérée au sein de la police. Et, c’est justement ce qu’on reproche à Mohamed Camara (un élève-policier).

Il s’en est pris violemment à sa cheffe hiérarchique, l’Adjudant Mabinty Sylla dans une rue à Kaloum. Poursuivi pour « outrage à agent », son procès s’est ouvert hier, mercredi 9 septembre 2020, au tribunal de première instance de Kaloum, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

A la barre, Mohamed Camara, célibataire et père de trois enfants, a plaidé coupable des faits qui lui sont reprochés. Ce jeune élève policier, en service au commissariat central de police de Kaloum, a reconnu sans détour avoir asséné des coups de poing à l’Adjudant Mabinty Sylla.

« On était sur le terrain, le président de la République devait passer par là où nous étions. Donc, j’ai pris l’initiative d’arrêter les motards jusqu’à ce que le président passe. Mais, ma cheffe, l’Adjudant Mabinty Sylla, m’a dit de ne pas arrêter les motards. C’est ainsi que j’ai répliqué et on s’est bagarrés. Je reconnais que ce que j’ai fait n’est pas normal », a déclaré le prévenu.

Pour le ministère public, l’attitude de cet élève policier est simplement inadmissible. Car, argue-t-il, en plus d’être sa supérieure hiérarchique, Mabinty Sylla est une femme respectable. C’est pourquoi, dans ses réquisitions, le ministère public a réclamé trois (3) mois de prison contre Mohamed Camara.

« Courant août dernier, Mohamed Camara a fait preuve d’indiscipline, d’impolitesse caractérisée dans l’exercice de sa fonction, à l’égard de sa cheffe hiérarchique, madame Mabinty Sylla. Monsieur Mohamed Camara s’est permis d’arrêter des motards dans la circulation au motif que le président de la République doit passer. Cependant, il n’a pas reçu l’ordre de sa cheffe d’arrêter les gens. Interrogé par cette dernière pour savoir pourquoi il arrête les gens sans en avoir reçu l’ordre, Mohamed Camara s’en prend à madame Mabinty Sylla. Ce qui est inadmissible.

Dans l’exercice d’une fonction, en Afrique, même si on n’a pas la formation requise, on a l’éducation quand même ; on doit avoir du respect pour son supérieur. Monsieur le président, le ministère public demande qu’il vous plaise de retenir Mohamed Camara dans les liens de culpabilité des faits mis à sa charge. Et, pour la répression, le ministère public requiert qu’il vous plaise de condamner Mohamed Camara à 3 mois de prison ferme », a dit le ministère public.

Finalement, le tribunal a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 16 septembre prochain.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com
Tél: 622919225 / 666919225

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