Le 7 juillet 2021, le préfet de Télimélé a procédé à l’installation de la délégation spéciale de Kawessi, une nouvelle commune rurale située à 232 kilomètres du chef-lieu de la préfecture. Mais cette équipe, chargée de diriger la collectivité jusqu’à l’organisation des prochaines élections locales, est loin de faire l’unanimité. Elle est contestée par certains habitants de la localité qui accusent le sous-préfet de leur avoir imposé des dirigeants qu’ils ne veulent pas, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Amadou Sadio Diallo, préfet de Télimélé

C’est avec beaucoup de joie et d’espoir que les citoyens de Kawessi ont accueilli, en mars dernier, l’érection de cette sous-préfecture (créée récemment par le président Alpha Condé) en commune rurale. Mais cette bonne nouvelle n’a pas tardé à entraîner des frustrations. Frustrations liées au choix des neuf membres de la délégation spéciale qui va diriger la collectivité jusqu’à l’organisation des prochaines élections communales et communautaires, qui doivent normalement se tenir en 2023.

Selon nos informations, le problème est parti de la décision du sous-préfet de Kawessi, Mamadou Lama Diallo, d’établir la liste des personnes qui vont composer cette équipe dirigeante, sans consulter la population locale. Beaucoup ont été surpris de ne pas retrouver les noms de cinq membres du conseil communal de Daramagnaki (la commune rurale dont relevait Kawessi). Et parmi ces cinq personnes figure Ibrahima Diallo, qui était pressenti pour être le maire de la nouvelle commune rurale de Kawessi.

C’est ainsi que plusieurs citoyens ont manifesté le 6 juillet dernier dans la localité pour protester contre « l’exclusion » de ces cinq personnes. Les manifestants ont dénoncé une décision « injuste » visant à imposer à la population locale ses dirigeants. Mais, malgré la contestation, portée à l’attention du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Bouréma Condé a validé la liste transmise par le sous-préfet. Et les personnes qui la composent ont été installées le 7 juillet 2021, comme étant les dirigeants de cette collectivité.

Ibrahima Diallo, 2ème vice-maire de Daramagnaki

Un premier faux pas qui n’augure pas des lendemains meilleurs à Kawessi, estime Ibrahima Diallo, qui était jusque-là 2ème  vice-maire de Daramagnaki et qui était donné favori pour être le maire de Kawessi. « Cette liste a été concoctée par un gang juste pour s’accaparer des richesses de Kawessi. Quand on impose des gens à la place des conseillers régulièrement élus, c’est pour détourner des retombées des richesses issues de l’exploitation minière. Les dépenses qui seront effectuées seront illégales et le risque de détournement est énorme », a dit ce membre du RPG Arc-en-ciel (le parti au pouvoir).

Joint au téléphone, le nouveau maire n’a pas voulu s’étaler sur le sujet. Il a tout simplement dit que la liste des membres de la délégation spéciale a été approuvée par le préfet de Télimélé et la gouverneure de la région de Kindia. « Et vous pouvez voir les images de l’installation à la télévision nationale », a-t-il dit, avant de nous raccrocher au nez.

À suivre !

Mamadou Baldé pour Guineematin.com

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