Le trafic routier est sérieusement perturbé ce mercredi 27 novembre 2019, sur la route nationale numéro 3, Conakry-Dubréka. Une situation provoquée par un accident survenu dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 novembre 2019, sur le pont Soumba, au district de Tabounsou, dans la sous-préfecture de Khorira, à 15 kilomètres du centre ville de Dubréka. Les usagers du tronçon ont connu un véritable calvaire, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Un camion transportant du sable s’est renversé tout seul au niveau de ce pont la nuit dernière. Les usagers de cette route nationale, très sollicitée, ont vécu l’enfer au lendemain de cet accident, notamment au niveau de Khorira. De part et d’autre du pont, plus de 1000 véhicules et des milliers de citoyens y sont bloqués, depuis mardi nuit.

Sur place, les transporteurs aidés des citoyens ont cherché à tirer le camion pour se frayer un chemin. Seydouba Bangoura, affecté par cette situation, en a gros sur le cœur. « Depuis 8h du matin je suis là avec ma voiture personnelle et ma femme. Nous sommes en route pour Conakry. On est venu trouver que le gros camion là est tombé au milieu du pont. C’est gênant, la population souffre. Les autorités doivent prendre leurs responsabilités, ça ne devrait pas prendre du temps », a-t-il indiqué.

Daouda Kaba

Selon les informations recueillies auprès des personnes en détresse, depuis hier nuit, aucune autorité de la préfecture de Dubréka, ni de la sous préfecture de Khorira, n’est venu s’enquérir de la situation qui prévaut sur les lieux. Daouda Kaba, citoyen en partance pour Tanènè, dénonce cette attitude. « Depuis hier nuit, la circulation est bloquée ici, on a vu aucune autorités, aucun policier, ni même un syndicaliste. C’est seulement les citoyens qui travaillent ici pour débloquer la situation. Le pont là est fatigué, le Président Alpha Condé ne peut pas, les autorités de Dubréka ne sont là que pour bouffer l’argent. Regardez combien de fois les gens sont entrain de souffrir », a lancé monsieur Kaba.

Sur ce pont, il n’y a pas que les véhicules et les citoyens qui sont bloqués, les femmes marchandes aussi ont été prises au piège. La plupart d’entre elles, vendeuses de poissons, sont dans un désarroi total, à l’image de Djénabou Camara. « Regardez cet embouteillage, depuis hier nuit nous sommes là, nous souffrons, il n’y a pas de passage des deux côtés. C’est décourageant. Nos marchandises sont entrain de pourrir ici. Est-ce que c’est normal ça ? Est-ce qu’avec ça le troisième mandat pourra passer ? Nous, on veut juste vivre heureuse », a lancé la dame.

Djenab Camara

Dans la foulée, le fameux slogan Amoulanfé (ça ne marchera pas, en Soussou), devenu symbole de la contestation populaire contre un changement de constitution, s’est invité dans la danse. Pendant une dizaine de minutes, les citoyens présents sur place ont entonné ce slogan en chœur.

Au moment au nous quittions les lieux, le camion qui s’était renversé avait été tiré grâce aux concours des chauffeurs et citoyens, mais avec l’embouteillage qui s’était formé, la circulation n’avait pas repris.

Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guinematin.com

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