Pour sa première marche organisée depuis le début des manifestations contre un troisième mandat en Guinée, l’antenne du FNDC à Kindia a réussi une véritable démonstration de force. La structure a drainé une impressionnante foule dans la rue pour dire non au changement de l’actuelle constitution ambitionné par le pouvoir en place, rapporte un correspondant de Guineematin.com sur place.

Avant le début de cette manifestation, les organisateurs se montraient optimistes quant à la mobilisation des citoyens. Et ils n’ont pas été déçus en fin de compte. Car les habitants de Kindia sont massivement sortis pour répondre à leur appel. La marche est partie de la gare routière pour s’achever sur l’espace de la place des martyrs, en passant par le grand marché du centre-ville. Les manifestants ont fait ce défilé avec des cris et des coups de sifflet. Sur leurs pancartes, on retrouvait plusieurs slogans comme : « Libérez Sanoh ; non au 3ème mandat ; Deux mandats ça suffit ; Amoulanfé ».

« Tous ces slogans ce résument en deux aspects : le premier aspect, nous avons exigé la libération immédiate et sans condition de nos leaders détenus à la maison centrale, parce que ce sont des personnes innocentes qui ont été injustement arrêtées. Deuxièmement, c’est pour empêcher le président Alpha Condé et le clan mafieux qui l’entoure à obtenir un mandat de plus après le 21 décembre 2020 », a déclaré Alsény Farinta Camara, le coordinateur régional du FNDC à Kindia.

De son côté, Abdoulaye Bah, ancien président de la délégation spéciale de Kindia et chargé des affaires juridiques de l’antenne locale du FNDC, a expliqué aux citoyens qu’il n’y a aucune raison légale qui puisse justifier le changement de l’actuelle constitution voulu par les autorités guinéennes. « Il n’est écrit nulle part dans la constitution guinéenne, qu’un parti politique, un président, un député ou une coopération peut changer la constitution. Une constitution se change pour 4 raisons en science politique.

Lorsqu’un pays vit la catastrophe comme l’Allemagne qui a connu la guerre mondiale ; lorsque le pays sort d’un génocide, d’un crime comme Rwanda ; lorsque le pouvoir en place est renversé par un régime militaire ou lors que le pays change de forme d’Etat, on peut changer la constitution. Voici les 4 raisons en droit constitutionnel qui motivent le changement, le remplacement d’une constitution. Autrement, on modifie des articles précis dans la constitution. On appelle ça amendement. Les Etats-Unis en ont fait 30. Depuis 1776, l’Amérique a révisé, amendé, modifié des articles qui ne sont plus adaptés aux contextes social, économique, culturel et surtout politique », a-t-il rappelé.

Le FNDC Kindia se félicite de la réussite de cette manifestation qui, en plus d’avoir connu une forte mobilisation des citoyens, s’est déroulée sans incident. La structure promet de poursuivre le combat jusqu’à ce que le président de la République, Alpha Condé, renonce à son projet de nouvelle constitution qui lui ouvrirait la voie à un troisième mandat.

De Kindia, Mohamed M’Bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 88 88

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