C’est désormais clair, comme la majorité du peuple de Guinée, les chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) sont opposés au projet de changement constitutionnel qui n’a d’autres objectifs que permettre au président Alpha Condé de rester au pouvoir après son second et dernier mandat.

Jusque-là peu bavards sur la question, les quatre dirigeants Ouest-africains (Muhammadu Buhari, Nana Akufo Ado, Roch Christian Kaboré, Mahamadou Issoufou) devraient être dans nos murs demain, vendredi 28 février 2020, pour sans doute demander au chef de l’Etat guinéen de respecter la constitution qu’il a juré deux fois (en 2010 et 2015) de protéger et de faire respecter. Les pays voisins voulaient sans doute éviter à la Guinée de sombrer dans une crise idiote qui se terminera de toutes les façons par une élection à laquelle Alpha Condé ne sera pas candidat…

La Cédéao a annulé une mission en Guinée : Info RFI

Mahamadou Issoufou, le président du Niger, lors d’une précédente interview à RFI et France 24

Une mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pilotée par plusieurs chefs d’État de l’organisation devait se rendre en Guinée ce vendredi.

Selon deux sources haut placées, la Cédéao, présidée par le chef d’État nigérien, Mahamadou Issoufou, envisageait d’envoyer ce vendredi une délégation en Guinée, à quelques jours des élections législatives et du référendum pour une nouvelle Constitution.

La mission de haut niveau aurait dû regrouper quatre présidents : le Nigérian Muhammadu Buhari, le Ghanéen Nana Akufo Ado, le Burkinabè Roch Christian Kaboré et le Nigérien et dirigeant en exercice de l’institution régionale, Mahamadou Issoufou.

Selon nos informations, le président guinéen Alpha Condé aurait été approché par la Cédéao, mais le chef d’État a opposé une fin de non recevoir à la délégation.

La mission a donc été avortée. Cela faisait plusieurs jours que la Cédéao menait de démarches pour tenter de résoudre la crise en Guinée. Les capitales ouest-africaines ont redoublé d’efforts diplomatiques, selon des sources proches de la Cédéao. Celle-ci, comme elle l’a fait en Guinée-Bissau, tient au sacro-saint principe du respect de la Constitution et toute tentative de remise en cause des textes fondamentaux d’un pays membre est vouée à l’échec.

La Cédéao est jusqu’ici restée silencieuse sur la tenue du double scrutin en Guinée prévu ce dimanche. Un double scrutin que l’opposition, réunie au sein du FNDC, le Front national pour la défense de la Constitution, appelle à boycotter.

Source : RFI

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