Le 15 mai dernier, deux femmes ont été débarquées de la voiture dans laquelle elles se trouvaient et retenues pendant plusieurs heures au camp Elhadj Oumar de Labé. Motif de leur arrestation, elles portaient le voile intégral.
Les deux dames venaient de la sous-préfecture de Thianguel Bori, préfecture de Lélouma. Elles partaient pour Conakry. A leur arrivée au camp Elhadj Oumar elles ont trouvé un barrage érigé par des militaires. Ces derniers exigent que les femmes voilées descendent. Ordre exécuté.

Les deux sont conduites dans une pièce à l’intérieur du camp où les agents leur expliquent qu’ils ont reçu l’ordre de débarquer toutes les femmes portant le voile intégral à ce niveau. Ils exigent donc que les pauvres femmes ôtent leur tenue. Elles protestent. Devant la menace insistante, l’une d’elle, du nom de Hafsatou Diallo, appelle son mari pour l’informer de sa mésaventure et demander son avis par rapport à l’exigence des agents.

Le mari ne réfléchit pas deux fois. Il autorise son épouse d’obtempérer pour éviter une violence voire un viol. Alors les deux femmes ôtent leur voile la mort dans l’âme avant de les remettre aux militaires. Hafsatou explique que son voile a été enfoncé dans un grand sac plein d’autres voiles. Au total, dit-elle, il y a 5 sacs tous remplis de voiles enlevés de force à leurs porteuses.

L’odyssée de Hafsatou et de son amie n’est pas la première au camp Elhadj Oumar de Labé. Le 09 avril 2016, une autre femme avait subi le même sort. Ce qui amène nombre de personnes à s’interroger pourquoi Labé fait exception dans un pays où les femmes portant le voile intégral circulent partout librement.

Habib Yembering Diallo

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