La lancinante question d’une nouvelle Constitution pour permettre à Alpha Condé de continuer à diriger la Guinée au-delà de 2020 est sur toutes les lèvres. L’assemblée générale du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES) de ce samedi 25 mai 2019 n’a pas échappé à cette règle. Le président de la séance, Mohamed Kaba a dit tout le mal qu’il pense de cette idée qui divise dans notre pays, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon Mohamed Kaba, coordinateur administratif du PADES, « en déclarant officiellement son implication d’accorder un troisième mandat à Alpha Condé, le RPG vient de montrer quelque chose à la face du monde. Son incapacité à trouver en son sein des cadres capables d’assurer une alternance en République de Guinée et sa panique face au FNDC qui lutte contre la modification de la Constitution visant à confisquer le pouvoir sont les preuves que le parti au pouvoir est paniqué », soutient monsieur Kaba, longuement applaudi par ses militants.

Par la même occasion, le coordinateur administratif du PADES a fustigé le comportement de certains cadres qui se prenaient hier pour des démocrates, mais qui font aujourd’hui la promotion d’une présidence à vie pour l’actuel chef de l’Etat. « L’actuelle Constitution a été votée par les représentants du RPG d’alors, qui ont participé activement à la mise en place de cette Constitution. Aujourd’hui, nous sommes surpris du retournement de veste qu’ils font en rejetant cette même Constitution qu’ils défendaient hier pour accorder une présidence à vie au chef de l’Etat ».

Par ailleurs, Mohamed Kaba dit être convaincu qu’il y a des hommes et des femmes au RPG qui n’accepteront jamais qu’on mette les acquis démocratiques en péril. « Nous sommes convaincus que les vrais militants du RPG, je ne parle pas des opportunistes de la 25ème heure, mais les vrais militants du RPG, qui se sont battus depuis 40 ans pour l’instauration d’une véritable démocratie en Guinée, ne vont pas accepter cela. Ils ont rejeté le Koudéisme, ils ne vont pas accepter de mettre en danger notre cohésion sociale, notre démocratie et notre sérénité », conseille-t-il aux militants originels du parti au pouvoir.

Plus loin, le président de la séance a laissé entendre qu’une modification de la Constitution ou une nouvelle Constitution va engendrer beaucoup de conséquences et affectera négativement le décollage économique de la Guinée. « Le troisième mandat est un produit toxique pour la Guinée. Extrêmement toxique, quelque soit l’emballage dans lequel on va le mettre. C’est un produit que les guinéens ne veulent pas, parce que ce n’est pas un bon produit pour la Guinée. C’est un produit qui fait régresser la Guinée… »

Abordant la situation économique du pays, Mohamed Kaba souligne que la Guinée est confrontée à la mauvaise gestion du régime Alpha Condé. « Aujourd’hui, le vrai problème de la Guinée n’est pas d’ordre constitutionnel, mais plutôt un problème économique, un problème de gestion pour améliorer les conditions de vie des populations, assurer la justice à tout le monde, créer des infrastructures pour que les citoyens vivent en paix. Dieu nous a dotés de toutes les richesses, mais malheureusement nous sommes dans un pays où les citoyens souffrent de plus. Ce n’est pas la Constitution qui va assurer tout cela, mais la qualité de la gouvernance. »

En outre, le coordinateur administratif du PADES a exprimé son regret devant les détournements de fonds du régime en place. « Il a fallu qu’une mission du FMI vienne en Guinée pour nous faire savoir que 90 millions de dollars, payés dans le cadre de la 4G, ne sont pas arrivés dans les caisses de l’Etat. Aujourd’hui, le ministre de tutelle a beaucoup de difficultés et c’est maintenant qu’il se met à justifier. Pourquoi nous cacher cette opération ? Compte tenu de ces facteurs, le Fond Monétaire International nous classe aujourd’hui comme un pays qui n’est pas sérieux », a-t-il déploré.

Parlant de l’insalubrité dans la capitale, le PADES a critiqué le manque de stratégie du gouvernement pour assainir proprement Conakry. « Aujourd’hui, il y a un nouveau meurtrier en Guinée, qui opère devant nos autorités, un meurtrier qui dicte sa loi sur toute l’étendue du territoire. Ce meurtrier s’appelle ordures, qui continue à tuer des citoyens. Il faut une solution structurelle. Nous invitons le gouvernement à revoir cette situation ».

Touré Amadou Oury pour Guineematin.com

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin