Habib Yembering Diallo

Cher ami,

Comme tu as dû le remarquer, j’ai une nouvelle fois fait la Une des médias et surtout des réseaux sociaux cette semaine. En cause, mon engagement comme conseiller d’un homme politique de notre pays. Depuis l’annonce de cette information, je suis à nouveau sur la sellette. Les militants, j’aillais dire les fanatiques de l’opposition, me présentent comme une taupe du pouvoir au sein de l’opposition. Mais ça c’est déjà entendu. Passons donc à autre chose.

Celui qui m’a engagé l’a fait pour une dizaine d’autres personnes. Mais c’est mon cas qui suscite plus de réaction. Voire d’indignation. Inutile de te dire que chaque fois qu’un événement me concerne directement je fais le tour des différents réseaux sociaux pour prendre la température. Rarement par le passé, j’ai fait l’objet d’autant d’attaques. Quelqu’un m’a présenté comme le premier à l’école qui travaille pour le dernier. Un autre m’a qualifié de valet. Le plus virulent m’a traité d’un larbin au service d’un analphabète. Un chroniqueur de la place a parlé a insinué que nous avons dit que ce n’est pas avec les convictions que nos femmes vont remplir le panier de la ménagère.

C’est surtout des commentaires comme celui-ci qui me font profondément mal. Certains internautes allant jusqu’à me qualifier de monsieur dix millions. En référence à la prime que nous devons percevoir pour le service rendu à la Nation. Car, et en ce qui me concerne, mon nouvel engagement n’a d’autre objectif que de contribuer à la restauration de la paix, la cohésion sociale et l’unité nationale. Ce n’est anodin si ce monsieur a fait appel à moi. Par le passé, j’ai contribué de manière significative à atteindre cet idéal. Et comme tu le sais, c’est à cause de ce passé glorieux que les gens continuent à m’appeler Monsieur le Ministre.

Cher ami, pour être franc avec toi, je suis meurtri par cette nouvelle épreuve. Comme tu le sais, mon engagement aux côtés du FNDC avait redoré mon blason. Par cet engagement, j’étais parvenu à effacer l’autre image consécutive à l’autre épreuve que j’avais traversée. Comme l’a écrit un autre chroniqueur, l’opinion publique de notre pays oublie vite. Elle ne retient que les derniers actes posés. Autant mon implication dans le combat contre le troisième mandat avait rehaussé ma côte de popularité autant ce que les gens appellent mon recrutement comme conseiller est venu effacer littéralement cette belle image que je m’étais faite.

J’ai l’impression qu’il y a un mauvais sort qui me suit comme mon ombre. Un cousin m’a dit récemment que je paye pour mon esprit cartésien. Parce que, estime-t-il, je refuse de faire comme tout le monde. C’est-à-dire solliciter les services des sciences occultes. Je lui ai répondu que la science n’est jamais occulte. Alors le dernier événement est l’occasion pour lui pour prendre sa revanche sur moi. Il m’a martelé que si j’avais accepté la consultation et les sacrifices j’aurais pu éviter d’être livré à la vindicte populaire à cause d’un modeste poste de conseiller.

Et d’ailleurs pour être tout à fait franc et sincère avec toi, je trouve que mon « nouveau patron » se donne trop d’importance. C’est comme s’il était le président de la République ou tout au moins celui de l’assemblée nationale. Il se livre à un véritable folklore. Et nous, nous sommes les acteurs. Mais tu te rends compte que je m’écarte un peu de mon sujet. Lequel ne concerne pas mon nouvel employeur. Mais moi-même.

Devant la nouvelle épreuve à laquelle je suis confronté, il est superflu de dire que j’ai besoin de ton avis. A savoir comment faire en sorte que je puisse à nouveau donner une bonne image de moi. Faut-il céder à la pression des parents pour user et même abuser de ces fameuses sciences occultes ? Faut-il jeter l’éponge de mon poste de conseiller ? Concernant ce dernier point, il faut reconnaitre que ce n’est pas facile d’être un opposant extra parlementaire pendant 5 ans. Mon parti n’est pas encore bien connu sur le terrain. Mes activités se résument à faire le tour des radios pour commenter l’actualité. En tant qu’homme politique de ma stature, aucune institution internationale ne voudrait désormais me prendre comme consultant. Alors que faire ? Pour te dire la vérité, il faut rejoindre l’opinion du chroniqueur selon lequel ce n’est pas avec les convictions que nous allons remplir le panier de ménagère de madame. A ce sujet, je te renvoie à la citation de Sacha Guitry « La réussite, pour un homme, c’est d’être parvenu à gagner plus d’argent que sa femme n’a pu en dépenser ». C’est tout dire.
Ton ami, ministre un jour et ministre pour toujours.

Habib Yembering Diallo, joignable au 664 27 27 47

Toute ressemble entre cette histoire et une autre n’est que pure coïncidence.

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Guineematin