Dr Ben Youssouf Keïta, membre du conseil politique de l’UFDG

Comme annoncé précédemment, le président Alpha Condé a accordé la grâce présidentielle à deux anciens militants engagés de l’UFDG (le principal parti d’opposition du pays) qui sont détenus à la Maison centrale de Conakry. Il s’agit de Boubacar Diallo alias Grenade et Mamadi Condé alias Madic 100 frontière, condamnés respectivement à 10 ans et un an d’emprisonnement.

Cette décision du chef de l’Etat guinéen, annoncée hier soir, vendredi 18 juin 2021, à la télévision nationale, suscite des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Dr Ben Youssouf Keïta, membre du conseil politique de l’UFDG, s’est prononcé sur le sujet dans un entretien qu’il a accordé à un journaliste de Guineematin.com ce samedi matin. L’opposant se dit très heureux de savoir que les deux jeunes « injustement détenus » vont enfin recouvrer leur liberté.

« Je me réjouis profondément du fond de mon cœur de la liberté totale recouvrée par ces deux compatriotes. Comme vous le savez, ils ont été arrêtés, emprisonnés, jugés et condamnés pour des raisons purement politiques. Ce ne sont pas des criminels, ce ne sont pas des bandits. Ce ne sont même pas des bandits à col blanc à plus forte raison des bandits de grand chemin.

C’est tout simplement des Guinéens qui ont leurs opinions, leur manière de voir la politique et leur manière de mener le combat pour le bonheur du peuple de Guinée. Maintenant qu’ils ont payé cher ce combat par la privation de leur liberté pendant plusieurs années pour l’un et plusieurs mois pour l’autre, les voir graciés, on ne peut que se réjouir », a réagi l’ancien député.

Toutefois, ce proche de Cellou Dalein Diallo estime que cette décision du président Alpha Condé est insuffisante pour décrisper le climat politique en Guinée. « On ne minimise personne, mais il y a des hauts responsables, des hauts gabarits de l’opposition en prison. Alors, si on veut totalement décrisper la situation, il faut accélérer le jugement de ces personnalités et les libérer. Parce que le maintien de ces personnalités en prison ne détend pas l’atmosphère politique », a dit Dr Ben Youssouf Keïta.

A rappeler que Boubacar Diallo alias Grenade était condamné pour « tentative de meurtre et détention illégale d’arme de guerre ». De son côté, Mamadi Condé alias Madic 100 frontière était condamné pour « atteinte aux institutions de la République, téléchargement, diffusion et mise à la disposition d’autrui de messages de nature à troubler l’ordre et la sécurité publics ».

Tous les deux avaient demandé pardon au président Alpha Condé, implorant sa clémence.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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