Aboubacar Camara, président par intérim de l’URTELGUI

Le lundi 3 mai 2021, l’humanité va célébrer la 28ème journée mondiale de la liberté de la presse. A cette occasion, le président par intérim de l’Union des Radiodiffusion et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI) a accordé un entretien à Guineematin.com pour parler de la situation de la liberté de la presse en Guinée. Aboubacar Camara a décrit une situation pas reluisante, caractérisée par l’emprisonnement de certains journalistes et des conditions de travail difficiles pour les hommes de médias.

Chaque 3 mai, l’humanité célèbre la journée mondiale de la liberté de la presse. En Guinée, cet événement intervient à un moment où deux journalistes (Amadou Diouldé Diallo et Ibrahima Sadio Bah) sont emprisonnés pour avoir critiqué le président de la République et un puissant homme d’affaires du pays. Une situation que regrette et condamne le président par intérim de l’Union des Radiodiffusion et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI). En plus de la violation de la Loi L002 portant liberté de la presse en Guinée, qui ne prévoit pas de peine de prison pour les délits de presse, Aboubacar Camara déplore les conditions de travail difficiles des hommes de médias guinéens.

« En matière de respect de la liberté de la presse en Guinée, on ne peut pas dire que le tableau est reluisant. Cette journée du 3 mai nous trouve dans une situation de précarité qui ne dit pas son nom, économiquement parlant. Nous sommes dans une situation où nous avons un arsenal juridique qui protège et qui encadre l’exercice de ce noble métier ; mais très malheureusement, par le fait de certains procureurs de la République, par le fait de certains magistrats, y compris la Direction centrale de la police judiciaire, cette loi L002 portant sur la liberté de la presse est foulée au sol. Elle est violée à tout bout de champ. C’est une situation qui amène à se poser beaucoup de questions sur l’appréhension de ce métier vis-à-vis des autorités.

Pour le cas du doyen Amadou Diouldé Diallo par exemple, nous disons qu’à partir du moment où un journaliste est poursuivi sur la base de la loi L002, qui dépénalise la partie privation de liberté, il va s’en dire de facto que le doyen ne devrait pas se retrouver en prison. Ce n’est pas une interprétation de la loi que je suis en train de faire, mais l’acte s’est passé dans un studio et au cours d’une émission. Donc l’activité est couverte par la loi L002. Et l’invité et les journalistes doivent être tous soumis sur la base de cette loi. Et dans cette loi, la partie privation de liberté n’existe plus. Cela veut dire donc que c’est une détention illégale que nous condamnons », a dit Aboubacar Camara.

Pour ce journaliste, la journée mondiale de la liberté de la presse doit être mise à profit pour se pencher sur cette situation et sur tous les problèmes, notamment d’ordre économique, qui assaillent la profession. « Aujourd’hui, nous vivons une situation économiquement très critique. En tant que médias, beaucoup ont fermé et ce n’est pas reluisant pour un pays comme la Guinée qu’on dise que la presse est en train de tirer le diable par la queue.  Surtout quand on sait tout ce que cette presse fait dans l’équilibre des choses et dans l’éducation et l’information des populations…

L’ensemble des associations de la presse en Guinée sont actuellement en concertation et nous devons, dans les conditions normales, faire une déclaration commune dans laquelle nous allons revenir sur tous les problèmes. Mais aussi, on a reçu des invitations de la part du ministère de l’information et de la communication pour la célébration de cette journée. Nous viendrons pour porter haut nos préoccupations à la base », promet le président par intérim de l’Union des Radiodiffusion et Télévisions Libres de Guinée.

Par ailleurs, Aboubacar Camara appelle les journalistes à travailler dans le respect strict de la loi L002 pour éviter des ennuis judiciaires. « Le message c’est de dire de rester surtout dans le domaine de la loi. D’utiliser toujours les canaux légaux en matière de presse. Lorsque nous avons des informations à porter au public, il faut passer par les canaux parce que nous avons compris aujourd’hui que la loi s’intéresse beaucoup plus au moyen utilisé pour commettre un délit de presse que le délit lui-même », conseille M. Camara.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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