Les détenus politiques continuent de défiler devant le pool de juges dont le siège est provisoirement installé au tribunal militaire, à Kaloum. Dans la journée d’hier, lundi 25 janvier 2021, neuf prévenus- dont ceux accusés dans l’incendie du train minéralier de RUSAL- ont été auditionnés par les magistrats, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon Me Thierno Souleymane Baldé, membre du collectif des avocats qui défendent les opposants au troisième mandat d’Alpha Condé dans ce marathon judiciaire, les présentes auditions de ce lundi se sont bien passées.

Me Thierno Souleymane Baldé, avocat

« Ce sont les neufs derniers détenus qui restaient au niveau du rôle qui ont été auditionnés au tribunal pour enfants. Mais, nous devons vérifier s’il n’en reste pas d’autres. Sinon, on suppose déjà que c’étaient les derniers prévenus qui ont été auditionnés dans le cadre de la commission rogatoire qui avait été décernée par le doyen des juges d’instruction du tribunal de première instance de Dixinn ; ainsi que ceux accusés dans l’incendie du train minéralier. Il y a eu donc aujourd’hui l’audition de la première comparution. Cette première étape étant terminée maintenant, dans les conditions normales, nous devons en fait programmé la seconde étape qui consiste à organiser les auditions sous le fond. C’est-à-dire que les gens vont être interrogé sur les différents éléments de preuves », a dit Me Thierno Souleymane Baldé.

Pour cet avocat au barreau de Guinée, ce dossier est purement politique et ses clients n’ont rien commis pour être maintenus en détention. Mais, assure-t-il, la justice guinéenne n’est pas indépendante pour dire le Droit et faire jaillir la vérité dans cette affaire.

« On attend maintenant qu’il y ait les auditions sur le fond, c’est-à-dire que les magistrats vont poser les questions pour déterminer les circonstances dans lesquelles ces personnes ont été arrêtées et apporter les éléments de preuves qui peuvent soit innocenter ou bien démontrer la culpabilité des prévenus. Si effectivement la loi est correctement appliquée, cela permettrait de déterminer la vérité. Mais comme vous devez le savoir, la justice guinéenne, elle n’est pas indépendante. Ça, c’est connu de tout le monde. Vous avez vu par exemple dans le dossier de Saïkou Yaya il y a eu deux décisions de justice qui n’ont pas été appliquées. Il y a la Cour suprême qui a rendu un arrêt par rapport à la mise en place des chefs de quartiers, jusqu’à présent ça n’a pas été exécuté. La cour constitutionnelle a demandé à ce que la Haute Cour de justice soit mise en place, ça n’a pas été fait. Donc, le problème fondamental en Guinée, c’est que nous n’avons pas une justice indépendante. Sinon, nos clients ne se reprochent rien. Malheureusement, c’est un dossier politique, c’est ce qui explique le fait que leurs droits aient été violés depuis le début de la procédure », a indiqué Me Thierno Souleymane Baldé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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