Le tribunal de première instance de Macenta a rendu vendredi dernier, 9 avril 2021, dans le procès du commissaire Diasso Onivogui, 68 ans, marié et père de 17 enfants. La juridiction a reconnu l’officier de police coupable des faits de meurtre, et de traitements cruels et inhumains sur la dame Séba Kékoura Béavogui. Elle l’a condamné à 15 ans de réclusion criminelle et au paiement d’un montant de 50 millions de francs guinéens, à titre de dommages et intérêts, à la famille de la victime, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé à N’Zérékoré.

Me Siba Michel Kolié, avocat de la défense

Les faits pour lesquels ce policier est condamné se sont déroulés les 25 et 26 juillet 2020, au poste de police de Bofossou, dans la préfecture de Macenta. Le commissaire Diasso Onivogui est venu retirer Séba Kékoura Béavogui (qui souffrait d’une dépression mentale) dans les mains d’une foule qui l’accusait d’enlèvement d’enfant. Il a conduit la dame au poste de police. Lorsque le mari de celle-ci, Jean Koïvogui, est venu plaider pour sa libération, l’officier de police lui a demandé de payer un montant de 200 000 francs guinéens en échange de la libération de son épouse.

N’ayant pas cet argent, ce cultivateur a dû passer la nuit dans les locaux de la police, aux côtés de son épouse, menottée. Le lendemain matin, dimanche 26 juillet 2020, Jean Koïvogui est allé chercher à manger pour sa femme, qui était toujours menottée. A son retour, il a été surpris de trouver Séba Kékoura Béavogui égorgée dans sa cellule. Lorsqu’il a demandé au commissaire, qui était seul sur les lieux, celui-ci a laissé entendre que la dame s’est suicidée.

Informés de cette nouvelle, les habitants de Bofossou se sont mobilisés pour aller incendier le poste de police et la résidence du commissaire Diasso Onivogui, accusé de sacrifice humain. Le policier, lui, a eu la vie sauve, grâce à l’intervention des services de sécurité déployés dans la localité. A la barre, le commissaire de police a nié être l’auteur du meurtre de la dame. Il a reconnu tout simplement l’avoir maltraitée, en la menottant la main droite et le pied gauche.

Après le prononcé du verdict dans ce procès, les habitants de Bofossou, venus nombreux pour assister à l’audience au tribunal de Macenta, ont exprimé leur satisfaction. Pour Kèmon 2 Zoumanigui, la présidente des femmes de Bofossou, c’est tout simplement justice qui a été rendue.

Mme Kèmon 2 Zoumanigui, présidente des femmes de Bofossou

« Je suis très contente de la décision. Les gens pensaient que M. Diasso Onivogui n’allait pas être jugé parce que c’est un policier, mais le tribunal de Macenta l’a bien jugé. C’est ma première fois de constater ce courage des juges de Macenta de juger un policier en fonction. Je suis vraiment contente de la justice de Macenta. Parce que cela pourra  servir d’exemple aux autres qui pensent que quand ils commettent un crime, ils ne vont pas être jugées parce qu’ils sont en fonction », a dit la présidente des femmes de Bofossou.

De Macenta, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel : +224620166816/666890877

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