Créé en 1930 (soit 28 ans avant l’indépendance de la Guinée), le cimetière de Kabyah, situé à Kimbely, un quartier au nord-ouest dans la commune urbaine de Mamou, est le deuxième cimetière (après celui de Tambassa) de la ville carrefour. Plusieurs morts (dont des notables de Mamou) y reposent depuis des décennies. Mais, depuis quelques temps, des jeunes érigent domicile dans ce cimetière pour consommer du chanvre indien et autres stupéfiants. Cette situation exaspère les sages et les autorités de Kimbely qui dénonce « un manque de respect envers les morts », rapporte le correspondant de Guineematin.com à Mamou.

En dépit de sa vieillesse, le cimetière de Kabyah n’est pas encore clôturé. Et, de ce fait, il est aujourd’hui est proie aux chiens errant qui partent quotidiennement y déterrer des corps. Mais, depuis quelques temps, ce cimetière est aussi devenu un lieu d’attraction et de regroupement de groupuscules de jeunes consommateurs de chanvre indien et d’autres stupéfiants. Elhadj Saïdou Sall, le 1er Imam de la mosquée de Kimbely et membre de la ligue islamique préfectorale de Mamou est exaspéré par cette situation déshonore ce lieu de repos des morts.

Elhadj Saïdou Sall, premier imam de la mosquée de Kimbely et membre de la ligue islamique préfectorale de Mamou

« Nous avons constaté que notre cimetière rencontre des problèmes très épineux à cause de l’accès des chiens et les enfants drogués dans ce cimetière. Beaucoup de corps sont déterrés par les chiens ; et ça, c’est à chaque jour. Donc, c’est pourquoi nous lançons un appel à toutes les autorités  surtout les autorités religieuses et administratives et les personnes de bonnes volontés de nous aider. Le cimetière a une place de choix dans la religion, c’est un lieu sacré qu’on doit honorer. Il  constitue pour nous une demeure avant le paradis ou l’enfer. Le prophète visitait tous les lundis et jeudis le cimetière de Ouhoud », dit-il avec indignation.

Tout comme ce sage du quartier, Sékou Yalani Camara, le chef quartier de Kimbely, est en colère contre ces jeunes qui font du cimetière de Kabyah un « temple » de consommation de stupéfiants. Et, il demande l’aide des bonnes volontés pour clôturer ce cimetière.

Sékou Yalani Camara, chef quartier de Kimbely

« Le premier Cimetière de  Mamou fut Tambassa et le deuxième fut Kabyah ici à kimbely  créé depuis 1930. La première personne enterrée ici fut le vieux Demba le propriétaire d’ici selon la déclaration de nos ancêtres. Nous avons constaté avec amertume certains jeunes viennent se droguer ici, mais aussi les chiens errants déterrent nos parents enterrés. Les enfants se mobilisent pour se droguer ici. C’est pourquoi certaines personnes comme Nana Kourouma et autres nous viennent en aide pour finir les travaux de clôture. Nous demandons aux personnes de bonne volonté, aux ressortissants, de nous venir en aide. Car, chaque personne a ici un parent. Nous demandons aux parents de penser à l’éducation de leurs enfants. Se droguer est anormal, à plus forte raison se droguer dans un cimetière », a dénoncé Sékou Yalani Camara.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél : 625 69 89 19 / 657 34 39 39

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