Mamou : le directeur national de l’enseignement secondaire invite les enseignants à rependre les cours

La grève du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée) va bientôt entrer dans sa troisième semaine. Le système éducatif est toujours paralysé tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Le directeur national de l’enseignement secondaire général et technique, a effectué une visite de terrain ce samedi, 20 octobre 2018, à Mamou pour échanger atour de ce sujet avec les acteurs et partenaires de l’éducation, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la ville carrefour.

Cette grande réunion a regroupé les acteurs du système éducatif de la région administrative de Mamou, les Directeurs Préfectoraux de l’Education (DPE) de Mamou et de Dalaba, les Délégués Scolaires de l’Enseignement Elémentaire, les chefs d’établissements et le représentant des Associations des Parents d’Elèves et Amis de l’école. C’est la salle de conférence de la DPE qui a servi de cadre à cette entrevue.

Les intervenants ont, à tour de rôle, exprimé leurs préoccupations face à cette paralysie de l’école guinéenne avant d’appeler enseignants et élèves à reprendre le chemin de l’école.

Selon Abdoulaye Dianrougha Diallo, le directeur national de l’enseignement secondaire général et technique, natif de la ville carrefour, « Mamou était une référence. Pourquoi une référence ? Parce que l’école était l’affaire des parents, c’était un problème concurrentiel entre les familles. Chacun veillait sur son fils. En 19 76, Mamou a enregistré 17 lauréats, dont Ousmane Doré, ex ministre de l’Economie. Tous les proviseurs qu’on affectait ici étaient excessivement sévères, ils partaient dans les familles pour récupérer les enfants. C’est dommage que cette école disparaisse à Mamou. En 2016, Mamou a eu 06 % ; après, 10% et ; cette année, 11%. Quand Mamou n’étudie pas, ça me dérange. Aujourd’hui, des écoles ont zéro admis, une préfecture où les candidats venaient chercher le bac. Quand on veut détruire un pays, c’est l’école qu’on détruit, c’est la santé qu’on détruit », a laissé entendre monsieur Diallo.

Pour sa part, l’Inspecteur Régional de l’Education de Mamou a expliqué avoir usé, en vain, de tous les moyens pour faire revenir les enseignants et les élèves dans les écoles. Pour Kerfala Mansaré, « nous sommes entrain de traverser une situation douloureuse qui est cette grève. Nous ne sommes pas indifférents à cette grève, mais le résultat escompté est loin d’être atteint. Nous avons tenu beaucoup de réunions et des sensibilisations pour atténuer cette crise. La DPE, à elle seule, a tenu cinq réunions. Nous avons demandé aux chefs d’établissements de s’impliquer très activement. Mais à Mamou, les élèves ne viennent pas. Seul le lycée Cabral a pu fonctionner deux groupes pédagogiques. Quant aux écoles privées, ça fonctionne à merveille ».

De son côté, Mamady Magassouba, directeur préfectoral de l’éducation de Mamou, a réitéré sa déception face aux mauvais résultats enregistrés l’année dernière dans sa juridiction dans les examens nationaux. « J’ai eu une honte totale devant mes collègues DPE par rapport à l’échec qu’on a enregistré l’année dernière. Cette lenteur nous profite à rien, essayons de revenir à l’école. Fermer une école, c’est ouvrir une prison », enseigne le DPE.

Pendant ce temps, le SLECG continue à appeler à la poursuite du mouvement de grève jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé autour des huit millions de francs guinéens de salaire individuel réclamés.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

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