La crise du pain persiste dans la cité d’alumine, depuis l’annonce par Boubacar Barry, alors ministre du commerce, de l’augmentation du prix de la baguette de 3 000 Francs à 4 000. L’instruction du Président de la République de ramener celui-ci à l’ancien prix, n’a pas suivi d’effet à Conakry et dans le reste du pays comme à Fria. Et, cette décision continue de créer des problèmes à la fois aux commerçants, aux boulangers, aux citoyens et aux autorités locales.

Au micro de Guineematin.com, Aliou Baïlo Bah, trésorier de l’antenne préfectorale du commerce de Fria, rencontré à Conakry avant-hier, vendredi 12 février 2021,  a confirmé cette situation qui ne réjouit aucune partie dans cette ville minière.

« Depuis le jeudi 11 février, on ne trouve presque pas de pain sur le marché à Fria. Et pour cause, la chambre de commerce partant de l’engagement pris devant les autorités communales et préfectorales, le 30 janvier dernier, avait demandé aux commerçants de revendre la farine au prix de 260 mille et au plus à 265 mille. Aux boulangers de livrer la baguette de pain à 3000 Francs guinéens. Mais il se trouve que le stock de farine disponible est fini. Et pour s’en procurer, les commerçants sont tenus obliger d’acheter un peu plus cher que d’habitude et donc de le revendre au tarif dépassant de loin les 160 mille. Ce qui va modifier la structure du prix du pain sur le terrain ».

Pour empêcher tout débordement, la chambre de commerce de Fria a donc saisi les autorités préfectorales et la chambre régionale de Boké afin de trouver une solution.

« Nous avons informé la commune, la préfecture et les responsables de la chambre régionale de commerce de Boké. Ils nous ont tous dits, d’attendre. Mais d’ici là, il n’y a pas de pain et les populations commencent à s’impatienter », rappelle le doyen.

Déjà, le 30 janvier dernier, au sortir d’une réunion regroupant vendeurs de farine, boulangers et membres de l’antenne préfectorale de commerce, au siège de cette dernière à Fria, le vice-président de l’Union locale des boulangers de Fria, Thierno Mamadou Barry, interrogé par Guineematin.com, avait déploré la multiplication des problèmes à leur niveau.

« Depuis l’établissement du prix de la baguette de pain à 3000 Frans, il y a de cela plusieurs années, nos difficultés se multiplient mais nous avons toujours respecté ce prix. Tenez, pendant que le prix de la baguette est monté à 3000 Francs, le sac de farine de 50 kg se vendait à 245 mille francs au magasin. Aujourd’hui, celui-ci oscille entre 270 mille et 280 mille. Le chargement de bois de 3 mètres cubes est passé de 300 mille à 400 mille Francs, le prix du kg de sel est monté de 2000 francs à 5000. Dans le four, depuis l’augmentation du prix de la farine par l’usine, les travailleurs réclament une prime plus élevée pour leur prestation… Donc, voilà autant de problèmes auxquels nous sommes confrontés », explique ce responsable des boulangers de Fria.

Pour éviter donc de braver la décision du Président, et faute de trouver la farine au prix de 160 mille le sac comme d’habitude, ils ont décidé de ne pas fabriquer le pain.

De son côté, Abdourahime Sow, l’un des vendeurs grossistes de farine à Fria, rencontré récemment par un journaliste de Guineematin.com, se disait très touché par cette crise.

« En fait, s’il n’y a pas de pain sur le marché c’est par ce que les boulangers n’ont pas fabriqué. Mais comme vous le savez, nous nous plaignons tous de cette augmentation du prix de la farine à l’usine. Avant on nous vendait le sac 245 mille Francs contre 255 mille depuis quelques jours. Cette augmentation de dix mille Francs sur le sac a irrité les boulangers. Et nous demandons à ce que toutes les parties se retrouvent au plus haut niveau pour résoudre cette crise. Puis qu’actuellement, nous avons accepté de perdre ou de renoncer à nos intérêts pour aider les populations à trouver du pain. On revendait le sac à 160 mille et avec 10 000 francs d’augmentation, cela fait 170 mille francs, Nous souhaitons vivement une solution rapide à ce niveau. Pour montrer notre bonne volonté à toutes parties impliquées, on a accepté de revendre au prix de 265 le sac. Mais le stock disponible est de 40 tonnes pour toute la préfecture de Fria. S’il finit, il faudra attendre que les parties s’accordent de la marche à suivre », avait averti M. Sow.

Pour sa part, au nom de la chambre de commerce préfectorale de Fria, Monsieur Aliou Bailo Bah, trésorier du bureau, avait indiqué que la situation de la crise du pain dans la cité d’alumine était devenue une sérieuse préoccupation pour les populations et les autorités de Fria.

« L’augmentation du prix de la farine à l’usine et la décision du gouvernement de maintenir le prix du pain inchangé sont devenues une véritable préoccupation pour nous. Depuis mardi dernier, nous multiplions les réunions, et les échanges avec les différentes parties impliquées pour trouver une solution. Nous avons négocié entre les vendeurs de farine et les boulangers, pour une semaine au terme de laquelle, il faudra trouver une solution à la crise. Ils vont revendre leur stock actuel à 265 mille le sac de farine et le pain restera à son prix habituel de 3000 francs. Certes c’est difficile, mais il faut sauver la paix et la quiétude dans la cité et donner la possibilité à nos autorités de trouver une solution durable à cette crise », avait insisté ce responsable local de la chambre de commerce.

Et plusieurs réunions avaient donc sanctionné ces décisions pour éviter une crise du pain dans la cité d’alumine. Mais, si rien n’est fait pour juguler la tension, des troubles sont à craindre dans cette localité aux mouvements généralement imprévisibles.

Abdallah Baldé pour Guineelatin.com

Tél: 628089845

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