Le manque d’emploi est un défi majeur auquel font face aujourd’hui de nombreux jeunes diplômés en République de Guinée. Les jeunes de Forécariah n’échappent pas à cette triste réalité où l’épidémie d’Ebola a fait fuir de nombreuses entreprises, a constaté sur place Guineematin.com à travers son envoyée spéciale.

La préfecture de Forécariah avait été touchée par l’épidémie de la maladie à virus Ebola qui avait endeuillé beaucoup de familles. La situation a eu pour conséquences de faire fuir de nombreuses entreprises, pourtant pourvoyeuses d’emplois pour la jeunesse.

De nos jours, de nombreux jeunes de Forécariah sont frappés par le manque d’emploi. Certains d’entre eux vaquent à des activités peu lucratives, pendant que d’autres passent des journées entières à se tourner les pouces.

Ibrahima Kalil Touré

Interrogé sur cette question, Ibrahima Kalil Touré, secrétaire général du quartier FATAKO 2 et responsable de la communication des jeunes des six quartiers de Forécariah, déplore le fort taux de chômage des jeunes. « Aujourd’hui, les problèmes que la jeunesse rencontre à Forécariah sont multiples. Nous pouvons dire qu’il y a un manque criard d’emplois. Depuis que les sociétés qui étaient là ont quitté, beaucoup se sont retrouvés dans le chômage. Vous n’êtes pas sans savoir qu’Ébola a beaucoup joué sur les populations de Forécariah. D’autres ont d’ailleurs fui pour aller à Conakry. La jeunesse est vraiment abandonnée à elle-même. Si le gouvernement pouvait penser à nous, ça allait nous aider. Mais, actuellement, il n’y a pas d’espoir », indique-t-il.

Néanmoins, les plus laborieux exercent de petits métiers, quoique peu lucratifs. Ils parviennent ainsi à tirer leur épingle du jeu. Selon Ibrahima Kalil Touré, « nous essayons de créer des associations, des ONG et d’autres activités génératrices de revenus. Mais, on n’est pas accompagné, on est en manque de subventions. Vraiment, on est entrain de faire notre mieux, beaucoup de jeunes se retrouvent dans la conduite de taxi-motos. On a mis en place une plateforme de jeunes des six quartiers. On a créé une association agricole, mais ce n’est pas facile par manque de soutien. Mais, on essaye quand même de nous en sortir. Nous n’avons même pas de maison de jeunes à Forécariah. C’est un hangar qu’on a ici et notre stade n’a pas de tribune. C’est juste une cours qui est là ».

En outre, notre interlocuteur invite les jeunes à ne pas prendre les chemins incertains de l’immigration clandestine, malgré les difficultés du moment. « Les jeunes qui optent pour l’immigration clandestine vont vite en besogne. Je pense qu’il faut rester chez soi, y travailler pour être comme chez les blancs. Il faut que cette jeunesse comprenne que le pays ne peut pas se développer sans elle. Je les conseille de rester ici, d’accepter de travailler ici, parce qu’il y a des gens qui ont réussi en Guinée sans aller en Occident. C’est une question de détermination, parce que vouloir, c’est pouvoir », lance-t-il.

Salimatou Diallo, envoyée spéciale de Guineematin.com à Forécariah

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