Mohamed Ould Abdel Aziz

Comme dit l’adage, nul n’est au-dessus de la loi. Et nul n’a le droit de faire la promotion de l’impunité. Ce fléau étant la porte ouverte à la récidive. Cependant, l’arrestation de l’ancien président mauritanien constitue une chasse aux sorcières qui est de nature à compromettre les alternances politiques en Afrique. Plus particulièrement au Maghreb et en Afrique de l’Ouest.

Il est évident que si le nouveau prisonnier voulait, il pouvait s’accrocher au pouvoir. Il est aussi évident que s’il savait le sort qui lui serait réservé par son successeur, il aurait préféré, comme beaucoup d’autres de ses pairs, mourir au pouvoir. Nombre de chefs d’Etat du continent veulent bien quitter le pouvoir. Mais ils sont hantés par l’idée de « l’après pouvoir ».

Le harcèlement de Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a finalement abouti à son arrestation, constitue, à n’en pas douter, un élément dissuasif pour les chefs d’Etat en exercice de quitter le pouvoir. C’est pourquoi, il est impérieux de défendre l’ancien président dont la place n’est pas en prison mais plutôt dans les tribunes d’honneur. Parce que le courage dont il a fait preuve est celui des grands hommes.

Encore une fois, il faut combattre l’impunité. Même si ce sont les hommes politiques, et en premier lieu les chefs d’Etat qui commettent les délits ou les crimes. Mais certaines infractions sont plus graves que d’autres. Un homme coupable d’un délit économique ne doit pas être traité au même titre qu’un autre qui a commis un crime. Or pour le cas d’espèce, l’infortuné est accusé de corruption.

Pendant ce temps, un autre ancien chef d’Etat, celui-là soupçonné de crime contre l’humanité, est acquitté par la plus haute juridiction internationale. Et au nom de la réconciliation nationale, son pays s’apprête à emboiter le pas à la CPI pour le blanchir. Voilà pourquoi les démocrates africains doivent défendre l’ancien président mauritanien. Même si ce dernier n’est pas blanc comme neige, la chasse aux sorcières engagées contre lui va dissuader nombre de chefs d’Etat à réfléchir deux fois avant d’abandonner le pouvoir.

C’est autant dire que, comme Mohamadou Issoufou du Niger, Mohamed Ould Abdel Aziz doit être protégé par la loi. Si les présidents en exercice savent qu’après la présidence c’est la prison, il faut dire adieu à l’alternance. Ils préféreront mouvoir l’arme à la main que l’humiliation.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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