Ousmane Gaoual et Etienne Soropogui, en compagnie de leurs avocats, devant la DPJ

Inculpés pour « meurtre, stockage, transfert, fabrication, détention et port illicite d’armes entre autres », les opposants Ousmane Gaoul Diallo, Chérif Bah, Etienne Soropogui, Cellou Baldé et Abdoulaye Bah, seront jugés pour d’autres charges par le Tribunal de Première Instance de Dixinn. A l’issue de l’instruction du dossier, la justice a requalifié les faits en « troubles à l’Etat par la dévastation et le pillage, atteinte aux institutions de la République, participation à un mouvement insurrectionnel, menace de violence ou de mort par le biais d’un système informatique… ».

Et, cette décision suscite des réactions au sein du collectif d’avocats qui défend ces détenus politiques. Pour Me Thierno Souleymane Baldé, membre de ce collectif, cette requalification des faits est tout simplement une façon pour le pouvoir de justifier la détention des opposants, qui croupissent en prison depuis novembre 2020, sans jugement. Il l’a dit dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, ce lundi 24 mai 2021.

Me Thierno Souleymane Baldé, avocat

« Depuis le début de leur détention jusqu’à date, on ne nous a pas montré un seul élément de preuve pour démontrer qu’il y a une usine de fabrication d’armes en Guinée ou bien qu’il y a eu des armes qui ont été fabriquées en Guinée, qu’il y a eu des gens qui ont été arrêtés alors qu’ils détenaient des munitions. Donc, comme il leur fallait trouver une justification par rapport à la détention de nos clients à la Maison centrale, ils ont requalifié les faits pour dire désormais, qu’ils ont été renvoyés devant le tribunal pour être jugés pour troubles à l’Etat par la dévastation et le pillage, atteinte aux institutions de la République, participation à un mouvement insurrectionnel, menace de violence ou de mort par le biais d’un système informatique, etc.

Mais pour cela aussi, il faudra qu’ils arrivent à démontrer les éléments de preuve. Ils parlent des discours qui ont été tenus par les leaders politiques et les acteurs de la société civile, mais qu’on nous dise quel est le politique qui ne dénonce pas les tares du régime de M. Alpha Condé. Donc, nous attendons le procès qui sera public afin qu’on nous apporte les éléments de preuve qui peuvent démontrer leur culpabilité », a déclaré Me Thierno Souleymane Baldé.

L’avocat dénonce une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. « Depuis l’arrivée de M. Alpha Condé au pouvoir, il utilise la justice pour arriver à des fins politiques. Nous savons très bien que si la justice guinéenne est indépendante, nos clients n’allaient pas être arrêtés dans les conditions que vous connaissez. On va arrêter des gens à leurs domiciles à 2 heures ou 3 heures du matin, on les accuse de fabrication et de détention d’armes avec munitions.

Et au bout du compte, on dit que tout ça c’est faux, on n’aurait jamais dû les arrêter pour détention et stockage d’armes. Maintenant, c’est autre chose. Ça n’a pas de sens pour nous. Nous savons que M. Alpha Condé veut utiliser la justice pour museler, harceler et intimider tous ceux qui sont contre son 3ème mandat », soutient Me Baldé. L’avocat souhaite l’ouverture du procès de ces opposants dans un meilleur délai pour leur permettre de prouver leur innocence.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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