La décision du SLECG dirigé par Aboubacar Soumah de déclencher une grève générale et illimitée à partir du 03 octobre prochain suscite de l’inquiétude chez les parents d’élèves de Siguiri. Au lendemain de l’annonce de cette décision, l’APEAE de Siguiri a invité les parents d’élèves de la préfecture à une réunion ce mercredi, 26 septembre 2018. Ils ont exprimé leur préoccupation face à cette situation et appelé le gouvernement à tout faire pour éviter la perturbation de la rentrée scolaire.

Depuis quelques semaines, le SLECG dirigé par Aboubacar Soumah menaçait de perturber la rentrée scolaire si le gouvernement n’accepte pas de négocier avec lui autour de sa revendication relative à un salaire mensuel de 8 millions de francs guinéens par enseignant. Mais hier mardi, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée a décidé de passer à l’action en publiant un avis de grève générale et illimitée à partir du 03 octobre, jour prévu pour la rentrée scolaire en Guinée.

Et cette sortie ne laisse pas indifférents les parents d’élèves de Siguiri. Réunis ce mercredi, 26 septembre 2018, ils ont exprimé leur préoccupation et interpellé le gouvernement sur la question. « Depuis que nous avons appris que le SLECG a déposé un avis de grève pour le 03 octobre 2018, moi personnellement je ne dors plus. Parce que que la rentrée scolaire risque de ne pas avoir lieu à cette date si cette grève arrivait à être déclenchée.

Je pense donc qu’en tirant les leçons de l’année passée, le gouvernement doit revenir à la table de négociation avec les syndicalistes pour que nos enfants puissent étudier. Nous on n’a pas les moyens pour envoyer nos enfants à l’étranger comme eux, et nos enfants ont droit à l’éducation. Donc, le gouvernement doit prendre au sérieux l’avis de grève pour venir à la table de négociation avec les syndicalistes afin d’éviter une perturbation de cette nouvelle année scolaire », Mamadou Fily Diop, membre de l’APEAE de Siguiri.

Les parents d’élèves ont profité de cette rencontre pour évoquer d’autres problèmes qui les préoccupent. Il s’agit notamment des grossesses précoces constatées dans la zone et qui empêchent beaucoup de jeunes filles de poursuivre leurs études. Face à cette situation, Minata Condé a appelé les parents d’élèves à prendre leurs responsabilités.

« Nous nous sommes retrouvés aujourd’hui pour parler de l’avenir de nos enfants. Aujourd’hui l’école guinéenne est menacée d’une grève, mais l’éducation des jeunes filles est particulièrement menacée dans notre pays, et ça ce n’est pas un fait nouveau. Quand vous partez dans les écoles, vous verrez des enfants de 15 et 16 ans qui sont enceinte, c’est pourquoi nous avons invité nos amis parents d’élèves, à bien surveiller leurs enfants, mais aussi le gouvernement et le syndicat des enseignants à revenir à de meilleurs sentiments pour que nos enfants puissent étudier », a-t-elle lancé.

A noter que les négociations vont reprendre demain jeudi, 27 septembre 2018, entre le gouvernement et le SLECG autour des 8 millions de francs de salaire réclamés par l’organisation syndicale. Les autorités vont tenter d’empêcher les syndicalistes d’aller en grève le jour de la rentrée scolaire.

De Siguiri, Bérété Lancei Condé pour Guineematin.com

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin