Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne

La création d’un « cadre permanent de dialogue politique et social » en Guinée suscite des réactions dans les milieux politique et social. Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG), parle d’un « acquis important » pour le pays.

Dans un décret publié hier, mercredi 27 janvier 2021, le président Alpha Condé a mis en place  d’un « cadre permanent de dialogue politique et social » sous l’égide du Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana. Selon le décret, ce cadre sera une plateforme permanente de concertation et d’échanges entre les partis politiques, les organisations sociales, les collectivités et le gouvernement autour des questions d’intérêt national. Dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, ce jeudi 28 janvier 2021, le président du CNOSCG, Dr Dansa Kourouma, a salué la satisfaction d’une revendication de plusieurs acteurs socio-politiques du pays.

« La mise en place d’un cadre permanent de dialogue est une vieille revendication des acteurs de la société civile, notamment du CNSOCG. Si vous vous rappelez, depuis la nomination de Lansana Kouyaté comme Premier ministre, la première plateforme de revendication qu’on lui a remise était la mise en place d’un cadre permanent de concertation. Cette proposition a été rappelée dans toutes les déclarations du CNOSCG, dont la dernière en date c’était les propositions de sortie de crise d’il y a quelques mois.

Cela veut dire que c’est une attente qui a été satisfaite par le chef de l’Etat. J’ai écouté plusieurs acteurs politiques ces derniers temps, notamment Bah Oury, Mamadou Sylla… bref tous les acteurs politiques avaient comme principal revendication, la mise en place d’un cadre permanent où toutes les questions politiques et sociales peuvent être examinées et des recommandations faites aux décideurs politiques. Donc, c’est un acquis important », a-t-il déclaré.

Pour cet activiste de la société civile, ce cadre de concertation doit se focaliser en priorité sur la décrispation de la situation socio-politique du pays.  « Je pense que c’est une avancée significative. Et la priorité des priorités doit être de se pencher sur la crise politique qui a émaillé l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 pour que ces questions soient examinées. Mais, il y a aussi la question liée au processus électoral et les questions liées aux revendications sociales et politiques. Notamment la revendication syndicale qui obéit à un statut particulier, mais également les crises communautaires qu’on enregistre çà et là dans le pays ».

Pour l’atteinte de ses objectifs, Dr Dansa Kourouma estime que le « cadre permanent de dialogue politique et social » doit bénéficier du soutien politique jusqu’au bout et avoir des moyens suffisants pour son fonctionnement autonome et équitable. Il faut aussi qu’il soit assez représentatif pour pouvoir jouer pleinement son rôle, dit-il. « Sur le plan politique, ça dépend de la qualité et de la représentativité des personnes qui sont autour de la table. Donc, il faut veiller à ce que la qualité de la représentation soit au plus haut niveau.

Que la légitimité, la représentativité, la crédibilité soient au rendez-vous dans le choix des entités qui vont appartenir à ce cadre. Pour moi, c’est le premier facteur de réussite. Le deuxième facteur, c’est la volonté politique du gouvernement, surtout du Premier ministre, et sa capacité d’influence face au Président de la République et les autres acteurs politiques. Si des recommandations sont faites, que le Premier ministre soit capable de les faire appliquer soit à travers un arrêté de la Primature ou à travers une décision du Président de la République.

L’autre élément de confiance, c’est l’adhésion des autres acteurs qui composent le cadre. Je vais parler des acteurs politiques qui doivent être aussi à l’écoute des recommandations du cadre de dialogue. Donc, on doit renoncer à la violence, à la confrontation et accorder une place importante à la concertation. Sur le plan social, ça dépend de l’acceptation des recommandations par les Guinéens, notamment par les acteurs.

Cela dépend aussi des ressources humaines qui seront mises en place. C’est-à-dire, en plus des membres statutaires, il doit y avoir une administration solide qui doit soutenir les activités de ce cadre de dialogue. Moi, je pense que sur le plan financier, il faut que des moyens suffisants soient accordés pour assurer le fonctionnement et la déclinaison sur l’étendue du territoire national, parce que les problèmes politiques de la Guinée ne se résument pas qu’à Conakry. Tout récemment, il y a eu 18 morts à Macenta et ça se passe dans tout le pays », a dit le président du CNOSCG.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41 

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