Mohamed Sacko, imam de la mosquée Nafaya, du secteur II du quartier Senkèfara

« S’ils veulent interdire les prières nocturnes, ils n’ont qu’à fermer d’abord les marchés, l’Assemblée nationale, les ministères, les universités… Ils n’ont qu’à fermer partout où il y a du monde… Nous ne sommes ni des rebelles, encore moins des terroristes. Nous sommes des musulmans. Nous nous battons pour notre droit », a lancé l’imam Sacko.

Mohamed Sacko est l’imam de la mosquée Nafaya, du secteur II du quartier Senkèfara, le mercredi dernier, 5 mai 2021, il était à la tête d’un groupe de jeunes qui a pris d’assaut les rues de Kankan en criant « Allahou Akbar ! » (lire : Dieu est grand) pour protester contre la décision des autorités guinéennes d’interdire les prières nocturnes collectives pendant les 10 dernières nuits du mois de Ramadan. Cet imam jure qu’il n’abandonnera pas cette prière, que les autorités le veuillent ou non, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé à Kankan

Les partisans de la prière nocturne collective ne sont pas prêts à lâcher prise. Malgré les menaces des autorités, ces prières se déroulent normalement dans plusieurs mosquées de la ville de Kankan. D’ailleurs, Mohamed Sacko, le premier imam de la mosquée Nafaya du quartier Senkèfara II, a prévenu Aly Jamal Bangoura, le secrétaire général des Affaires religieuses, qu’il dirigera les prières nocturnes dans sa mosquée avec l’accord ou pas du SGAR. « Si Dieu le veut bien, nous allons continuer à prier. Je suis l’imam de la mosquée Nafaya du quartier Senkèfara. Si Aly Jamal le veut ou pas, nous irons prier dans nos mosquées, parce qu’on ne peut pas accepter qu’on nous manque du respect. Nous sommes des Guinéens et nous n’accepterons pas une telle humiliation. Nous n’allons pas faire la violence et nous frapperons tous ceux qui feront la violence », a indiqué l’imam.

Mohamed Sacko, imam de la mosquée Nafaya, du secteur II du quartier Senkèfara

Pour convaincre les fidèles musulmans et leur faire accepter que les prières nocturnes soient interdites, cet imam demande aux autorités de fermer également les marchés, l’Assemblée nationale et les ministères, les universités qui grouillent du monde… « S’ils veulent interdire les prières nocturnes, ils n’ont qu’à fermer d’abord les marchés, l’Assemblée nationale, les ministères, les universités… Ils n’ont qu’à fermer partout où il y a du monde. Ils disent que le coronavirus est à Kankan, qu’il y a beaucoup de cas de contamination à l’hôpital ; c’est faux ! », lance Mohamed Sacko.

Enfin, ce guide religieux, en colère, a condamné les violences contre les domiciles privés du grand imam et du patriarche de la ville de Kankan. « Ceux qui sont sortis la nuit du mardi pour brûler des pneus et s’attaquer aux domiciles du grand imam et du patriarche ont très mal agi. Si nous arrivons à attraper l’un d’entre eux, nous le livrerons aux autorités. Nous ne sommes ni des rebelles, encore moins des terroristes. Nous sommes des musulmans. Nous nous battons pour notre droit », a ajouté l’imam Sacko.

À rappeler que les manifestations contre cette impopulaire décision a fait déjà un mort, plusieurs blessés et des dégâts matériels importants.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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