Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou, président du parti UDRP

La vague d’indignation se poursuit en Guinée suite à la mort de Roger Bamba, un responsable du Conseil National des Jeunes de l’UFDG qui était emprisonné depuis plus de trois mois à la maison centrale de Conakry. Cette situation révolte Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou, le président de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès (UDRP).

Dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, ce vendredi 18 décembre 2020, l’opposant a dénoncé un assassinat qui relève d’une barbarie.

« Je dois d’abord dire que je suis franchement meurtri et que l’assassinat de Roger Bamba est une illustration de ce qui se passe dans ce pays. Il ne faut pas qu’on se voile la face : Roger Bamba a été assassiné et personnellement, je tiens pour responsable tout le système judiciaire de ce pays. A commencer par le procureur du tribunal de Dixinn, Sidy Souleymane N’Diaye, parce que c’est lui qui s’illustre dans l’arrestation des opposants sans mandat et sans procédure normale. C’est ici en Guinée qu’on peut voir des gens qu’on emprisonne ou alors qu’on séquestre sans motif valable. Et puis, ils n’ont pas droit à une défense. Donc, la réalité c’est que nous sommes devant un drame », a-t-il dit.

Ce leader politique, dont la candidature à la présidentielle du 18 octobre 2020 avait été recalée par la Cour constitutionnelle, rappelle qu’il devait normalement mener la campagne électorale avec Roger Bamba. « Malheureusement, quand nous sommes arrivés à Lola, il était déjà en prison. Le président Cellou Dalein et moi, nous sommes allés dans sa famille avec toute la délégation pour rendre visite à sa famille parce qu’elle était inquiète. Alors, si nous apprenons qu’il a été malade et qu’on l’a laissé sans soins, c’est vraiment de la barbarie.

On ne peut pas poser des actes de ce genre et vouloir convaincre les gens que nous sommes en train de partir d’un sentiment de paix. La paix ne se cultive pas de cette façon. Et même si c’est un criminel, quand on le met en prison, il a droit quand même à des soins. Avant même de l’exécuter s’il est à exécuter, on le soigne. Alors, on ne comprend pas que cela ne soit pas suivi en Guinée. Je suis vraiment très écœuré d’apprendre ce décès ».

Le président de l’UDRP s’est exprimé par ailleurs, sur les restrictions de voyage imposées depuis octobre dernier à certains leaders politiques de l’opposition. Le dernier cas en date est celui de Mohamed Tall, ancien ministre de l’Elevage et directeur de cabinet du président de l’UFR, Sidya Touré. L’opposant a été bloqué à l’aéroport de Conakry hier, jeudi 17 décembre 2020, et empêché de voyager. « La confiscation des documents de voyage des opposants illustre aussi la barbarie dans laquelle nous nous trouvons. Sinon, comment est-ce qu’on peut confisquer les documents de voyage d’un citoyen libre ?

Qu’il soit un homme politique ou pas, tant qu’on n’a pas retenu quelque chose contre lui avec preuve à l’appui, on n’a pas droit de saisir ses documents. Mais, on le fait en Guinée parce que simplement l’ordre vient du haut niveau. Tant que c’est comme ça, on ne peut pas parler d’Etat de droit. Et, c’est vraiment regrettable pour notre pays. Quand ils ont empêché Hadja Halimatou Dalein de voyager, c’était vraiment regrettable. La pauvre dame a été retenue simplement du fait qu’elle l’épouse à Cellou Dalein Diallo.

Et hier, c’était au tour de Mohamed Tall qui a été ministre d’Alpha Condé mais qui est de l’UFR de monsieur Sidya Touré. Alors, on ne peut pas comprendre qu’on continue à faire des exactions de ce genre et qu’on estime que les gens vont coopérer. Les débats politiques c’est une chose, mais la considération sociale en est une autre. Je pense que n’importe quel guinéen doit pouvoir voyager tant que la personne n’est pas inculpée de quelque chose », conclut Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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