Madame Hawa Dramé, présidente de la Fondation Internationale Thierno et Mariam (FITIMA)

L’humanité célèbre le 6 février de chaque année la journée mondiale « tolérance zéro aux mutilations génitales féminines ». Cette journée, placée cette année sous le thème : « Aucune excuse pour l’inaction mondiale, unissons-nous, finançons et agissons pour mettre fin aux mutilations  féminines », est mise à profit par les décideurs pour sensibiliser les citoyens sur les méfaits de cette pratique. Car, de plus en plus de jeunes filles sont encore mutilées dans le monde.

En Guinée, cette pratique perdure ; ceci, en dépit des nombreuses campagnes de sensibilisation qui ont y ont été organisées pour prêcher l’abandon de la mutilation des filles. Et, aujourd’hui, cette situation inquiète les acteurs politiques et les ONG de défense des Droits de l’homme.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, samedi 06 février 2021, madame Hawa Dramé, la présidente de FITIMA-Guinée, a une fois encore dénoncé la pratique des mutilations génitales féminines. Cette activiste a également proposé des pistes de solution pour endiguer ce « fléau » dans nos pays.

Madame Hawa Dramé, présidente de la Fondation Internationale Thierno et Mariam (FITIMA)

« J’ai l’impression qu’il y a un recul par rapport à quelques décennies en ce qui concerne les mutilations génitales féminines ; mais, comme on ne dispose pas de chiffres fiables, il est difficile de faire des affirmations. Cependant, ces mutilations continuent malheureusement pour plusieurs raisons. D’abord c’est l’ignorance des familles, il y a aussi les pesanteurs socioculturelles qui sont énormes.  Ces pesanteurs font qu’une maman, même lorsqu’elle connaît les dangers qu’il y a à faire exciser ses filles, le fait quand-même par peur de quand dira-t-on, par peur de la société (…) Célébrer cette journée est bon ; mais, moi je souhaite qu’on s’arrête un peu pour faire un bilan. On doit se dire qu’est-ce qui a été fait depuis un an ? Quel résultat a-t-on atteint ? Combien de filles a-t-on pu sauver de ces mutilations-là ? Mais, personne ne fait ce bilan. Donc, il me semble, que ce qu’il faudrait faire, c’est de s’arrêter un moment et de se dire d’où on va. Parce qu’on ne peut pas mesurer les résultats si on ne sait pas d’où on va», indiqué madame Hawa Dramé.

Pour faire cesser définitivement ces mutilations génitales en Guinée, la présidente de FITIMA-Guinée appelle l’Etat guinéen à faire appliquer la loi en procédant à des sanctions. Mais avant, elle souhaite que ces femmes qui vivent de l’excision soient occupées à autre chose à travers leur insertion socioprofessionnelle.

« L’une des pistes de solutions aujourd’hui qu’il faille prendre pour faire cesser ces mutilations génitales, c’est d’appliquer la loi. On sait qu’à un moment donné, il y a des ONG qui ont essayé de faire appliquer la loi ; et, ça a permis d’infléchir la courbe. Pourquoi ne pas continuer dans ce sens. Mais, vous ne pouvez pas interdire pour interdire, il faut faire toute une étude et ça je sais que ça a déjà été fait ; mais, continuer dans ce sens-là. C’est-à-dire regarder qui sont ces exciseuses, si c’est leur gagne-pain, aidez-les à trouver d’autres gagne-pains pour qu’elles enterrent leur couteau. Il ne s’agit pas de faire que de la coercition, il faut faire de la pédagogie, il faut leur montrer les dégâts que ça cause et leur montrer aussi ce qu’elles peuvent encourir si elles continuent dans cette voie. Mais, il faut les aider à s’en sortir, il faut les aider à avoir d’autres sources de revenu. Comme ça, elles vont abandonner leur pratique », a conseillé madame Hawa Dramé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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