Bah Oury, président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRG)

Le leader de l’Union des démocrates et le renouveau de la Guinée (UDRG) fait partie de ceux qui ont toujours appelé à la tenue d’un dialogue pour dissiper les malentendus et décrisper le climat sociopolitique très tendue en Guinée, bien avant la dernière présidentielle en Guinée. Mais, à peine un dialogue est ouvert cette semaine, Bah Oury trouve déjà des couacs aux pourparlers.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, vendredi 18 juin 2021, l’opposant a dénoncé « un faux pas » qui risque d’entrainer des conflits de compétence entre le cadre de dialogue et le gouvernement de la république. Le leader de l’UDRG dit avoir été « surpris » par le communiqué annonçant le démarrage du dialogue politique et social.

« J’ai été très surpris du communiqué que nous avons entendu il y a deux jours convoquant les secteurs des transports pour une échéance d’entretien dans le cadre du dialogue politique et social. Premièrement, le cadre n’est pas encore constitué. En dehors du président qui est le Premier ministre et le secrétaire permanent, la composition telle qu’elle a été présentée dans le décret n’est pas encore mise en place. Donc, je ne peux pas comprendre comment une structure peut commencer à travailler alors qu’institutionnellement, elle n’est pas totalement constituée. Deuxièmement, je considère que procéder par des discussions sectorielles de ce genre, c’est le risque de se noyer dans un amas de problème et de ne pas apporter une réponse concrète et pratique, parce que fondamentalement, l’objectif de ce cadre de dialogue, selon notre lecture, c’est de travailler à la restauration de la cohésion et la décrispation politique et à une meilleure gestion des affaires du pays pour ne pas être perpétuellement dans des crises récurrentes.  Donc, aller de manière sectorielle, c’est le risque de se noyer dans cette accumulation des problèmes que la Guinée connaît aujourd’hui.

De ce point de vue, ça risque également, sans aucun doute, de créer des conflits de compétences et d’objectif entre le gouvernement et ce cadre de discussion. Parce que ce qui a été présenté le premier jour, c’est le rôle et le travail du ministère des Transports. C’est ce département qui doit rencontrer les composantes du secteur pour apporter des éléments de solution. Ce n’est pas un cadre politique en dehors du ministère sectoriel de faire ce travail. Donc, les conflits de compétence peuvent survenir entre le gouvernement et cette structure.

Troisièmement, je considère qu’il faut prendre les problèmes de manière globale. Il faut définir l’agenda, la méthodologie, les objectifs assignés permettant d’aller dans toutes les directions et de dénaturer la problématique qui s’impose aujourd’hui à la Guinée qui a besoin d’une concertation pour régler les problèmes fondamentaux qui risquent d’impacter négativement sur sa stabilité et sur la paix. C’est une urgence et si le gouvernement veut aller dans ce sens, c’est une bonne chose. S’il ne va pas dans ce sens, ça veut dire que l’explosion ne fera que retarder », a expliqué Bah Oury.

A en croire cet opposant au régime Alpha Condé, le dialogue qui vient d’être amorcé est mal parti ; et, en l’état, il n’augure rien de bon pour le pays.

« C’est évident que c’est un faux pas déjà qui est enregistré. Ce n’est pas comme ça qu’on peut dialoguer dans un pays qui est confronté à des crises institutionnelles, politiques, sécuritaires, économiques, financières et dont la stabilité est profondément menacée et la cohésion sociale fortement malmenée. C’est ça qui est la problématique, ce n’est pas d’aller faire le travail du ministre des transports », a indiqué Bah Oury.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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