oppositionComme nous l’annoncions précédemment, au lendemain de la rencontre entre Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, l’opposition républicaine s’est retrouvée au QG de l’UFDG, à Hamdalaye, ce vendredi 02 septembre 2016. Au sortir de cette réunion, l’opposition républicaine, par la voix de son porte-parole, Aboubacar Sylla, a fait le traditionnel compte rendu aux médias.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le décryptage de l’intégralité du compte-rendu de monsieur Aboubacar Sylla :

L’opposition républicaine s’est retrouvée ce matin, au lendemain de la rencontre entre le Président de la République et le chef de file de l’opposition, pour recevoir de sa part un compte rendu plus détaillé de cette rencontre et du dialogue qui s’en est suivi.

L’opposition républicaine se félicite de cette rencontre. Elle regrette que cette rencontre ait pris tout ce temps avant de se tenir. Ça nous aurait certainement épargnée cette crispation politique que nous connaissons, ces manifestations que nous avons dues organisées, ainsi que le décès d’un jeune guinéen. Tout est t-il que nous prenons acte de tous engagements qui ont été pris par le Président de la République.

Le premier engagement concerne lui-même (Alpha Condé, Ndlr) son engagement personnel, vis-à-vis de toutes les institutions de la République, à faire en sorte que les accords passés et les accords à venir soient effectivement appliqués. Il s’est également engagé, devant le chef de file l’opposition et après devant l’opinion nationale et internationale, à faire en sorte que certaines taxes qui affectent les produits de première nécessité soient baissées, améliorer le pouvoir d’achat du guinéen. Et améliorer donc leur bien-être, ce qui a toujours été le souci, qui a été régulièrement exprimé par l’opposition. Il s’est aussi engagé, à respecter, enfin, le statut de l’opposition et plus particulièrement le statut du chef de file de l’opposition, qui résulte d’une loi, qui a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale et jusque là était totalement ignorée par lui.

Nous félicitons donc, qu’il se soit engagé à installer ou à faire installer le chef de file de l’opposition dans son rôle, qui est un rôle légal. Et, qu’il se soit également engagé à multiplier les contacts avec le chef de file et que ce cadre de dialogue, qui en est un, puisque c’est un cadre restreint, puisse être pérennisé. Et pour faire en sorte de cette façon, qu’on puisse plus facilement discuter des problèmes qui assaillent notre République, surtout des questions d’intérêt national.

Donc, nous nous félicitons de cette rencontre et nous espérons que tous ces engagements vont être traduits dans les faits. Ces engagements qui ont beau être solennels et faits devant la communauté nationale et internationale, par la voie des médias de service public, ces engagements demeurent encore des engagements. Nous espérons qu’ils sont sous tendus par une réelle volonté politique et de faire en sorte que notre pays connaisse un apaisement politique et social qui va lui permettre d’aller de l’avant, dans le sens du développement économique.

Je dois dire aussi qu’on avait mis avant cet engagement du Président de la République pour l’application des accords politiques, pour qu’un dialogue  structuré puisse s’ouvrir entre le gouvernement et sa mouvance politique et l’opposition d’autre part, c’était le seul préalable. Ce préalable est aujourd’hui levé, donc plus rien ne nous empêche d’aller à ce dialogue. La balle est pour le moment du camp du ministère de l’administration du territoire, qui a reçu, depuis plus d’un mois maintenant, nos propositions en ce qui concerne le cadre de dialogue, ainsi que le menu et l’ordre du jour. Nous attendons ses commentaires et ses propositions, pour que très rapidement, dans les meilleurs délais, nous puissions aller donc à un dialogue serein, structuré, où les six (6) points à l’ordre du jour vont être discutés.

Je rappelle que le premier point concerne le calendrier et les modalités de mise en œuvre des accords du 20 août 2015. Il n’est plus question d’en discuter du détail ou de la pertinence, il est question d’examiner ensemble dans quelle mesure ces dispositions, qui sont déjà convenues, vont être effectivement appliquées dans les meilleurs délais.

Le deuxième point, c’est les élections communales et les élections locales: il faut que nous en discutions, pour qu’un délai raisonnable soit fixé et pour qu’on s’entende sur la nature des élections locales à venir. Le troisième point, c’est la Haute Cour de Justice dont nous exigeons la mise en place, conformément aux dispositions de notre Constitution. Une autre cour de justice dont l’absence crée une situation de non droit pour nos membres du gouvernement et pour le Président de la République lui-même. Puisque, il ne peut être poursuivi même pour haute trahison ou pour des délits ou des manquements graves pour leur gestion des finances publiques, pour ce qui concerne les Ministres, qui ne peuvent être poursuivis que devant une cour de justice qui est inexistante. Alors qu’elle devait être mise en place depuis plus de deux ans, d’après les dispositions transitoires.

Il y a également le fonctionnement de l’Assemblée nationale, que vous savez. L’Assemblée nationale est en place depuis 2 ans et demi, on n’a pas pu faire prospérer, nous l’opposition, la moindre commission d’enquête parlementaire, la moindre résolution en son sein. Parce que, nous nous heurtons à une obstruction totale de la part de la mouvance Présidentielle, qui estime que son rôle à l’Assemblée, n’est pas de contrôler l’action du gouvernement, mais plutôt de le soutenir.

Nous avons également souhaité, qu’au niveau de ce dialogue, on parle de la baisse du prix du carburant et plus généralement de la cherté de vie du guinéen. Pour que des dispositions soient prises afin que le pouvoir d’achat du guinéen s’améliore, le coup de la vie baisse, et que le guinéen se porte mieux.

Puis, le sixième et dernier point, c’est la libération des prisonniers politiques. Nous avons une trentaine de personnes incarcérées dans des conditions totalement illégales et ce, depuis plus d’une année, puisque c’était à l’occasion de la campagne électorale pour l’élection présidentielle du 11 octobre 2015. Donc, nous souhaitons que ceux-ci soient libérés. Que cela soit fait dans un agenda très proche, de manière à ce que ce déni de justice puisse prendre fin le plus rapidement possible.

Donc, nous espérons que toutes ces questions vont être rapidement évoquées au cours de ce dialogue, pour qu’une  solution efficace soit trouvée. C’est le lieu de remercier et féliciter nos militants et sympathisants et les populations de Conakry qui, par leur mobilisation massive le 16 août 2016, lors de notre manifestation, ont mis donc la pression sur le gouvernement. Ils ont montré que les guinéens avaient besoin du changement, qu’ils avaient besoin qu’il y ait un dialogue, qu’ils avaient besoin que les institutions et les lois de la République soient respectées par les autorités publiques guinéennes.

C’est grâce à cette forte mobilisation que les autorités du pays ont dû enfin comprendre que les guinéens n’accepteraient pas indéfiniment cette situation dans la quelle où les lois, la constitution sont régulièrement piétinées, où la justice est une justice à deux vitesses, où les détournements des deniers publics se développent de façon totalement impunie.

Et, je crois que c’est le moment et le lieu de féliciter les guinéens pour cette forte mobilisation et leur demander de rester toujours mobilisés de nouveau, car nous allons juger les engagements qui sont pris hier à l’aune de leurs traductions dans les faits.

Et, nous profitons de cette occasion, pour dire que nous continuerons à suivre de très près le dossier de l’officier de police qui a été interpellé lors de l’assassinat de ce jeune manifestant, Hamidou Diallo. Et, nous avons des nouvelles qui nous inquiètent, comme quoi la procédure judiciaire connaitrait une certaine interférence, et que même ledit officier serait déjà en liberté. Ce sont évidemment des informations à confirmer ; mais, nous resterons très attentifs à ce que ce procès puisse avoir lieu et  que l’officier de police, s’il est coupable ainsi que ses commanditaires et les co-auteurs de ce meurtre là, puissent être extradés devant les tribunaux.

Je vous remercie.

Propos recueillis et décryptés par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél .: (00224) 621 09 08 18

 

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