Le cortège de Cellou Dalein pris pour cible par les forces de l’ordre à la Belle Vue

Malgré la folle journée enregistrée ce mardi, 23 octobre 2018, dans la capitale guinéenne, les opposants au régime Alpha Condé veulent encore redescendre dans la rue. Au cours d’entretien avec un groupe de journalistes dont un reporter de Guineematin.com, le président du Bloc Libéral, Dr. Faya Lansana Millimono, a annoncé une autre protestation demain, mercredi 24 octobre 2018, une ville morte le lundi prochain et la reprise de leur marche pacifique le mardi sur l’autoroute Fidel Castro.

Décryptage !

Aujourd’hui, l’opposition républicaine avait projeté une marche pacifique sur l’autoroute Fidel Castro ; mais, elle a finalement été étouffée par les forces de l’ordre. Dites-nous ce qui s’est passé ?

Docteur Faya Millimono : D’abord, il faut dire qu’il y a eu tentative pour étouffer la manifestation ; mais, l’opposition peut se féliciter que la marche a effectivement paralysé la ville de Conakry. Aujourd’hui, que ce soit sur la route Le Prince ou sur l’autoroute Fidel Castro, il est clair qu’il n’y avait pas de circulation. Nous sommes passés par l’autoroute Fidel Castro le matin, le dispositif qui a été mis en place et la pression des populations qui voulaient marcher a fait que finalement, malgré le déploiement des forces de l’ordre, la paralysie de la ville a été totale.

Ensuite, ce qui s’est passé ici ce matin, ce que l’opposition s’est donnée rendez-vous ici (au domicile de Cellou Dalein Diallo à Dixinn : ndlr) pour prendre le départ. Nous avions des informations sur le terrain que toutes les rues ont été barricadées par les forces de l’ordre. Qu’on nous empêcherait même d’atteindre Hamdallaye. Alors, nous avons bougé et j’étais dans la voiture du chef de file de l’opposition. Lorsque nous nous sommes rendus d’abord au niveau du portail de la case de Belle-vue, nous avons vu un premier camion qui a reculé pour nous laisser passer. C’est au niveau du rond-point que nous avons trouvé deux camions qui nous ont barré la route. Un a barré la route devant nous et l’autre est venu barrer derrière. Alors, ce qu’ils ont fait, c’est qu’il y avait la sécurité qui couvrait complètement la voiture du chef de file de l’opposition et il fallait écarter ceux-là pour pouvoir faire ce qu’ils avaient l’intention de faire. Ils ont jeté du gaz lacrymogène et les jeunes avaient le gaz sur les jeux. Ils ont vu une place se libérer et c’est comme ça qu’un des agents des forces de l’ordre est venu tirer à bout portant sur le pare-brise de la voiture. La balle a traversé la voiture pour sortir à l’arrière. C’est quasiment entre le chef de file de l’opposition et moi, entre le patron qui était devant et le chauffeur que la balle est passée pour sortir derrière. Il était clair, à travers cet acte, il y avait une tentative d’assassinat contre la personne du chef de file de l’opposition et contre moi-même.

C’est pourquoi, nous nous sommes retrouvés ici et nous avons fait appel à la population de sortir pour protester contre cette bavure parce que si maintenant on peut penser à l’assassinat des opposants, ce que nous sommes en train d’aller vers un Etat voyou. C’est ce que nous n’allons pas accepter.

Quel est votre état d’âme aujourd’hui ?

Docteur Faya Millimono : Nous gardons notre sérénité, nous déplorons simplement que notre pays commence à devenir infréquentable parce que si maintenant nous pensons à l’assassinat des hommes politiques parce qu’ils ont une idée différente de celle du pouvoir en place, il faut s’inquiéter pour la population. Pas pour nous nécessairement parce que nous avons choisi de nous battre pour des valeurs communes, des principes communs ; mais, les populations qui en sont quotidiennement victimes, c’est pour elles que nous avons la plus grande inquiétude. C’est pour cette raison que nous avons lancé cet appel pour que demain, tous les guinéens épris de paix et de justice sortent pour protester contre cette bavure du Pr. Alpha Condé et de son gouvernement.

Donc, vous projetez encore une marche ce mercredi ?

Docteur Faya Millimono : Demain, nous invitons les populations à sortir pour protester. Nous allons organiser une ville morte le lundi et le mardi, nous allons reprendre la marche sur l’autoroute Fidel Castro.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo

Tél : 621 08 09 18

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