A une semaine de la fête de Tabaski, l’ambiance est morose dans certains ateliers de couture de la capitale guinéenne. Plusieurs tailleurs interrogés par un reporter de Guineematin.com hier, jeudi 23 juillet 2020, se plaignent de la rareté des clients. Ils estiment que cette situation est l’une des conséquences de la crise sanitaire liée au coronavirus qui frappe la Guinée.

Habituellement, les ateliers de couture ne désemplissent à la veille de la fête de Tabaski à Conakry. Beaucoup de tailleurs sont obligés de travailler de jour comme de nuit pour répondre à la forte demande. Mais cette année, tel n’est pas le cas, indique Madame Fatoumata Camara, la patronne de l’atelier Fatim et Mie.

Madame Fatoumata Camara, maîtresse de l’atelier Fatim et Mie

Selon cette responsable de l’atelier « Fatim et Mie », situé au quartier Kaporo, les clients ne se bousculent pas cette fois. « Actuellement, il n’y a pas beaucoup de clients. Le courant est stable ces derniers jours, mais les clients viennent à compte-goutte. Parfois même on peut passer toute une journée sans recevoir de clients. Si ça continue comme ça, beaucoup d’entre nous vont fermer leurs ateliers », a-t-elle confié.

Mohamed Youlah, tailleur à Nongo

Même son de cloche chez Mohamed Youla, un autre tailleur rencontré au quartier Nongo. Selon lui, cette situation résulte de la crise sanitaire liée au coronavirus. « A l’heure actuelle, la situation n’est pas facile pour nous. Le coronavirus a paralysé toutes les activités en Guinée, c’est pourquoi nous ne recevons pas beaucoup de clients cette fois. Parce que c’est quand les gens ont de l’argent qu’ils peuvent acheter des habits et les envoyer chez les tailleurs. Mais rien ne marche actuellement, tout le monde pleure. D’habitude, à l’approche des fêtes, on passait la nuit dans les ateliers de couture. Mais actuellement, à cause de la rareté des clients, on rentre à 19 heures ou 20 heures », a déclaré ce tailleur.

Maître Mamadou Gando Diallo, tailleur à Kipé

Par contre, il y a quelques-uns qui parviennent à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas de Maître Mamadou Gando Diallo. Le maître tailleur a déjà reçu plusieurs clients en cette veille de fête ; mais, il se plaint aussi de la cherté du matériel de travail. « Dieu merci, nous ici, nous recevons des clients et travaillons régulièrement. Mais, on souffre à cause de la cherté des prix des matériels de couture. Tous les prix sont partis à la hausse : les outils qui étaient vendus à mille francs guinéens sont aujourd’hui à 1 500 ou 2 000 francs guinéens. Quand tu demandes aux commerçants qui importent ces marchandises, ils disent que le dédouanement est cher au port. Du port jusqu’à Madina aussi, le transport est cher parce qu’il faut déplacer des camions », a expliqué maître Gando Diallo.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

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