La communauté musulmane de Guinée s’apprête à célébrer l’Aïd El Kebir ou l’Aïd Al Adha (communément appelée fête des moutons ou la fête de Tabaski) ce mardi, 20 juillet 2021. A Conakry, les marchés sont inondés d’habits et d’articles divers pour satisfaire aux nombreux besoins des citoyens. Mais, malgré l’engouement pour cette grande fête musulmane, les commerçants se plaignent de la rareté de la clientèle. C’est le cas au marché Madina où, en dépit la foule qui bouscule dans les étroites couloirs, les vendeurs peinent à écouler leurs marchandises, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans ce grand centre des affaires de Conakry, l’ambiance qui y règne ce lundi (veille de la fête) n’est apparemment qu’un mirage. C’est une foule de touristes pauvres qui y défile sans répit. Quasiment tout le monde demande les prix des articles (habits, chaussures…), mais rares sont ceux qui sortent l’argent de la poche pour acheter. Ils se plaignent de la cherté des prix. Et, pour ce malien vendeur de bazin, Aboubacar Diakité, les affaires ne bougent pas.

« Cette année il n’y a pas trop de vente par rapport à la fête précédente. La population se plaint de la cherté de la vie et la hausse des prix. Nous nous prenons des bazins à Bamako, cousu et non, pour les revendre ici. Donc, il est important qu’on cherche des bénéfices aussi. Il y a eu des augmentations cette année. Par exemple on vendait le Bazin gaisner l’année dernière à 500.000 francs les 3 mètres. Mais, vu la hausse du prix de Bazin à Bamako, les frais de transport, les taxes…, on est passé de 500 à 600 voire 650.000 les 3 mètres. Il y a d’autres qualités qu’on appelle euro, on vendait à 600 mille avant et 700 mille aujourd’hui. Mais, on a des clients fidèles qui viennent se plaindre, on est obligé de faire des rabais pour eux. Mais, malgré tout, ça ne marche pas vraiment », a-t-il indiqué.

Pour Oumar Sylla, vendeur d’habits indiens et turcs, c’est une période de vache maigre pour les vendeurs. Lui, il a importé beaucoup d’habits, mais les clients ne se bousculent pas à sa porte. Cependant, il admet que les prix ne sont vraiment pas abordables.

« Le mois de ramadan passé était bien par rapport à cette année. Les clients ne viennent pas. Beaucoup ont voyagé et ceux-là qui viennent, parlent de la cherté du prix. Ce n’est pas de notre faute aussi. Ces habits là sont importés. Donc, il y a le problème de taxe qui s’impose à nous. Vous savez chez nous ici tout le monde est habitué au Bazin, c’est pourquoi nous avons envoyé cette marque indienne pour changer un peu de look. Cette veste pour enfants, on l’a vend entre 250 et 300 mille francs », a-t-il dit.

De son côté, Halimatou Kourouma, vendeuse de bazins et d’habits pour enfants, se lamente aussi de la rareté de clients, bien qu’elle arrive à écouler quelques articles.

Halimatou Kourouma, vendeuse d’habits à Madina

« Le plus souvent c’est les habits de la fête de Ramadan que les gens reconduisent pendant la fête de Tabaski par faute d’argent. C’est pourquoi les clients ne viennent pas trop par rapport la fête de Ramadan. Depuis l’arrivée de Covid-19, la situation financière des gens n’est pas aussi bonne. Moi j’achète mes bazins à Bamako et c’est là où il y a eu augmentation, sans parler du transport. Mais, ça va un peu, parce que malgré tout on arrive à se comprendre avec certains clients », a-t-elle indiqué.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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