Les fidèles musulmans vont célébrer la fête de Tabaski ou Aïd-el-Kebir, dans une semaine. Les autorités guinéennes ont déjà fixé la fête au vendredi 31 juillet 2020. C’est dans une ambiance morose, liée à la propagation de la pandémie du coronavirus, que les citoyens de Conakry s’apprêtent à célébrer cette fête. Au grand marché de Madina, dans la commune de Matam, les clients d’habits de fête et de chaussures ne se bousculent pas au grand dam des marchands, pris au dépourvu. Tel est le constat fait par un reporter que Guineematin.com a dépêché sur les lieux hier, jeudi 23 juillet 2020.

Dans les marchés de Conakry, si les uns fustigent la cherté des prix des marchandises, les autres se plaignent de la rareté des clients. Au grand marché de Madina par exemple, l’ambiance est moins dense à l’approche de la fête de Tabaski, qui sera célébrée le 31 juillet prochain.

Hawa Bangoura, vendeuse de chaussures

Une situation qui préoccupe Hawa Bangoura, vendeuse de chaussures. « Cette fois-ci ce n’est pas comme avant. On ne sent même pas que nous sommes à la veille de la fête de Tabaski. La clientèle pleure partout. Quand tu vois les clients venir acheter, c’est que tu as l’argent. Et si les gens n’ont pas d’argent, ils sont obligés de s’abstenir de tout achat. C’est ce qui fait que l’affluence n’est pas aussi comme ça. Les articles qu’on est allé acheter cette fois-ci, à savoir les chaussures et les déodorants, ça ne s’écoule pas. Les clients viennent au compte-gouttes. Mais, toute cette situation serait due à la maladie du COVID-19. Nous en sommes vraiment fatigués. Nous avons des enfants à nourrir et si on continue à venir sans avoir de clients, c’est des problèmes. Parfois même, c’est vers les 13h voire 14h qu’on a notre premier client. Et si tu as un ou deux acheteurs par jour, c’est que tu as beaucoup gagné. Je demande au président de lever l’état d’urgence. Les blancs eux-mêmes, malgré la persistance de la maladie, commencent à déconfiner et nous qui sommes pauvres qui vivons au quotidien, comment on va faire ? Vraiment, on en a marre », a martelé la marchande.

Fatoumata Traoré, vendeuse de rideaux au marché Avaria

Même son de cloche Fatoumata Traoré, vendeuse de rideaux au marché Avaria, qui se plaint également de la conjoncture. « A Madina actuellement, avec cette maladie du corona, il n’y a pas d’ambiance et les clients se raréfient. Le transport est paralysé et le prix du transport urbain et interurbain a connu une hausse. Actuellement, faut-il chercher à manger ou à s’habiller ? Les gens aiment les rideaux-là, surtout à la veille de la fête. Mais dès que tu dis le prix à quelqu’un, il te fuit. Vraiment, le marché est dur. Il faut que le président Alpha Condé nous aide par rapport à cette maladie. Avant, surtout pendant la fête, je pouvais vendre la douzaine ou 6 rideaux par jour. Mais actuellement, comme hier, je n’ai vendu que deux, et aujourd’hui me voilà, même un premier client n’est pas encore là. C’est vraiment difficile pour nous actuellement », a avoué la dame.

Oumar Cissoko, vendeur de chaussures de friperie

Pour sa part, Oumar Cissoko, vendeur de chaussures de friperie, se plaint des dépenses quotidiennes alors qu’il ne gagne rien en retour. « Il n’y a pas d’engouement ici actuellement. Pourtant, on paie le transport pour venir ici. Mais parfois même, pour trouver son transport retour, c’est tout à fait difficile. Moi je quitte Lambanyi pour Madina chaque jour. Ce qui me fait 30 mille GNF. Parfois même, ce n’est pas facile de couvrir tout ça… A la veille de la fête de ramadan passé, au moins il y a eu d’affluence par rapport à cette fois ci. Mais cette autre fête de Tabaski, c’est autre chose. A l’heure là, quand j’ai 5 à 10 clients par jour, je me contente de ça pour gérer mon transport retour et la dépense de la famille le matin. La maladie là n’a qu’à quitter la Guinée parce qu’on souffre énormément… ».

Sous anonymat, une vendeuse de bazins a les mêmes plaintes que ses prédécesseurs. « Avant, à pareille heure, notre stock d’habits était fini. Les clients qui venaient de l’intérieur du pays ne viennent plus à cause de la cherté du transport. Actuellement, c’est ceux de Conakry et environs qui viennent, mais pas nombreux. La marchandise qu’on a achetée depuis la fête de Ramadan, c’est ce qu’on a ici jusqu’à date. Ce n’est pas encore écoulé », s’est-il lamenté.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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