Doyen Nafiou Diallo, le directeur de publication du journal Focusmagazine

Régulièrement recensé par les agents de l’ANIES (agence nationale d’inclusion économique) dans le cadre du programme d’assistance aux indigents et aux foyers vulnérables, le doyen Nafiou Diallo se sent éjecté de la liste des bénéficiaires de cette aide de l’Etat guinéen. Depuis son enrôlement, ce journaliste qui a perdu l’usage de ses yeux, donc aveugle, n’a été appelé qu’une seule fois et n’a bénéficié que d’un sac de riz et d’un bidon d’huile de 10 litres.

Aujourd’hui, alors qu’il était censé bénéficier de cette aide comme toute autre personne vulnérable, ce professionnel de médias s’interroge sur les raisons de son expulsion de ce programme et pointe un doigt accusateur sur son chef de quartier et le Premier ministre Kassory Fofana, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Depuis un certain temps, le gouvernement guinéen s’est engagé dans une véritable lutte contre la pauvreté, à travers la protection des ménages vulnérables dans le pays. Ce combat a donné lieu à la naissance de l’ANIES, un programme qui consiste à accroitre l’économie guinéenne de façon inclusive afin de venir en aide aux personnes vulnérables, à travers un allègement du coût de la vie. Il a été lancé en fin d’année 2020 et il devra toucher, à l’horizon 2025, plus de 6 millions de guinéens, soit plus de 40% de la population concernée.

Déjà, des opérations d’identification et de recensement des foyers vulnérables ont eu lieu partout dans le pays. Le doyen Nafiou Diallo s’était fait enrôler par les agents recenseurs de l’ANIES, il a même encore son récépissé. Mais, contre toute attente, on lui a annoncé que son nom ne se trouve pas sur la liste des bénéficiaires. Et, curieusement, il a bénéficié une fois d’un sac de riz et d’un bidon de 10 litres d’huile.

Doyen Nafiou Diallo, le directeur de publication du journal Focusmagazine

« Je suis inscrit ; et, le papier de mon inscription fourni par l’ANIES qui prouve que je me suis régulièrement inscrit. Donc, j’ai été  enregistré. Ils (les agents recenseurs de l’ANIES) ont été chez moi, ils m’ont enregistré et ils ont dit d’attendre leur appel. Mes voisins avec qui j’habite ont été appelés 3 fois. Moi je n’ai été servi qu’une seule fois, grâce à la dame qui est chargée de la communication de l’ANIES. Je crois que c’est une certaine madame Bangoura. Elle s’est durement battue et elle a arraché un sac de riz et un bidon d’huile de 10 litres pour moi. Mais, on ne doit même pas se battre pour ça, je me suis inscrit et je dois bénéficier de ça de façon aisée. Ça ne doit même pas poser de problème. A moins que le problème vienne des agents chargés de recensement des personnes ou de la gestion de l’ANIES. Ces agents de recensement, une fois je me rappelle, ils étaient venus chez moi, on a discuté. Ensuite, un jeune est venu prendre ma carte, mon récépissé et il a dit qu’ils vont s’occuper de moi. Et, voilà la manière de s’occuper de moi, c’est  de faire disparaître mon nom de la liste et me priver de mon droit. Mais, pour ça, je pointe du doigt mon chef de quartier, chez qui ils (les agents de l’ANIES) se rendent chaque fois pour prendre des décisions sur qui servir ou qui ne pas servir. Quand ils viennent là, ils disent que moi mon nom n’a pas été retrouvé. Vous imaginez cela, que les responsables locaux de l’ANIES disent que mon n’est pas retrouvé. Il n’y pas de bataille dans ça, on devrait facilement retrouver mon nom, parce que je me suis inscrit », a expliqué Nafiou Diallo dans un entretien accordé à Guineematin.com le samedi dernier, 17 avril 2021.

Face à ce qu’il qualifie de « privation de ses droits », ce journaliste aveugle dénonce un acte délibéré. Il estime qu’il a été exclu expressément de ce programme gouvernemental par le Premier ministre, Kassory Fofana.

« J’ai suivi le Premier ministre dans sa communication quand il est passé devant l’Assemblée nationale. Il a dit qu’ils ont allégé la situation des indigents parmi les lesquels je figure en très bonne position, parce qu’aujourd’hui moi je ne vois pas, partout où je dois aller il faut que je sois guidé par quelqu’un. Pourquoi les autres trouvent leur compte et moi non ? C’est ça ma préoccupation. Il n’y a pas mieux que moi pour bénéficier de cette assistance là. C’est au premier ministre qu’il faut poser cette question-là, parce c’est à lui que j’en veux et non pas aux agents locaux de Matoto. C’est lui qui dirige l’équipe gouvernementale. Aujourd’hui je ne vois pas du tout, je suis guidé par quelqu’un  et on ne me donne pas cette assistance encore. Pourquoi mon nom a disparu ? Je ne sais pas. Mais, je ne vais faire aucune doléance pour ça. Car, c’est mon droit qui découle d’une décision de l’Etat guinéen », a martelé doyen Nafiou Diallo.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 622919225

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