Comme annoncé précédemment, le président Alpha Condé a refusé la venue d’une délégation de la CEDEAO qui devait arriver demain, vendredi 28 février 2020, à Conakry, pour tenter de trouver une solution à la crise politique qui secoue le pays. Une crise liée à l’organisation du double scrutin (élections législatives et référendum constitutionnel) du 1er mars prochain, contesté par l’opposition. Le chef de l’Etat guinéen se montre ainsi fermé à toute négociation sur la question et bien décidé à faire passer son projet de nouvelle Constitution, qui lui ouvrirait la voie à un troisième mandat.

Interrogé sur cette attitude d’Alpha Condé, le député uninominal de Labé, Mamadou Cellou Baldé a estimé que cela traduit la volonté du président guinéen de continuer à « massacrer son peuple à huis clos, dans un silence de cimetière. Aujourd’hui, je crois que les institutions internationales et sous-régionales ont compris que monsieur Alpha Condé n’entendra pas raison de renoncer à son projet machiavélique de coup d’Etat constitutionnel », a réagi ce responsable de l’UFDG, le principal parti d’opposition en Guinée.

« Refuser l’accès de notre pays à ces présidents de haut rang, c’est que monsieur Alpha Condé veut continuer à massacrer son peuple. Vous savez que c’est quelqu’un qui a défié les religieux dans notre pays, qui a défié tout le monde. Je crois que ce message qu’il envoie aujourd’hui au peuple de Guinée est un message qui doit davantage nous galvaniser. Ça doit nous dire que nous devons prendre notre destin en main parce que monsieur Alpha Condé veut prendre ce pays en otage… », ajoute l’opposant.

Parlant des conséquences de cette position d’Alpha Condé, Cellou Baldé pense qu’il y en aura deux. « La première conséquence, c’est que le FNDC et le peuple de Guinée sont devenus conscients qu’il faut prendre ses responsabilités et qu’il faut tout faire pour arrêter monsieur Alpha Condé, qu’il faut tout faire pour l’affronter, pour l’empêcher de décimer ce pays, qu’il massacre la population guinéenne et qu’il n’installe une nouvelle dictature en Guinée.

L’autre conséquence, c’est qu’il faut que la CEDEAO prenne ses responsabilités. Comme elle a eu à le faire au niveau de la Guinée Bissau et en Gambie. Je crois que la CEDEAO a les moyens et la possibilité. La Guinée n’est pas un Etat hors CEDEAO. Les mêmes mesures qui ont été prises dans les autres pays peuvent être prises ici, sinon des mesures plus draconiennes », a-t-il martelé.

A rappeler que selon l’information révélée par RFI, la mission de la CEDEAO qui devait arriver à Conakry, aurait dû regrouper quatre présidents : le Nigérian Muhammadu Buhari, le Ghanéen Nana Akufo Ado, le Burkinabè Roch Christian Kaboré et le Nigérien et dirigeant en exercice de l’institution régionale, Mahamadou Issoufou.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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