Depuis quelques années en Guinée, Conakry se vide quasiment de sa substance humaine à l’après de la fête de Tabaski. Nombreux de ses habitants prennent la route de l’intérieur du pays pour célébrer cette grande fête musulmane en famille au village. Mais, chaque année, ces ‘’candidats de la Tabaski au village’’ sont confrontés à une réalité qui rend pénible leur voyage au bout duquel de merveilleuses retrouvailles les attendent. Il s’agit du problème de véhicule dans les gares routières de la capitale guinéenne et de la cruauté des chauffeurs qui spéculent à volonté sur le prix du transport. Et, cette année encore le calvaire a déjà commencé à la gare routière de Bambéto (dans la commune de Ratoma). Un reporter de Guineematin.com qui s’y est rendu hier, vendredi 16 juillet 2021, a constaté une grande affluence des passagers ; mais certains chauffeurs exigent le double du transport pour effectuer le déplacement.

Ils sont venus avec leurs bagages et ils tiennent à communier avec leurs familles au village pour festoyer ensemble lors de la Tabaski qui pourrait être célébrée dans moins d’une semaine. Mais, ils peinent à trouver de véhicules prêts à voyager. Les chauffeurs font l’indifférence et exigent plus que le transport habituel. Certains demandent carrément le double du transport aux passagers, au motif qu’ils n’auront pas de passagers à l’intérieur du pas pour Conakry.

« C’est un calvaire. Depuis 6 heures je suis là avec ma femme. Il y a les passagers, il y a les voitures, mais les chauffeurs disent que quand ils vont (à l’intérieur du pays), ils reviennent vides. Donc, ils disent qu’ils préfèrent avoir d’abord les gens qui vont payer l’assurance aller-retour avant de bouger. C’est pour cela il y a beaucoup de monde ici actuellement. Donc, c’est ce calvaire que je suis en train de traverser. Mais, avec la grâce de Dieu, moi j’ai quand-même la conviction que je vais aller, mais peut-être pas aujourd’hui », a indiqué Mamadou Mouctar Diallo.

Malgré cette attitude incrédule des chauffeurs qui rêvent de faire le beau temps sur le dos pauvres passagers, certains candidats de la Tabaski au village espèrent toujours voyager avant la fête. Ils prennent leur mal en patience et se bercent les moments mémorables qui les attendent au village où ils vont profiter de la très tendre chaleur familiale. C’est le cas de Mamadou Aliou Barry prêt à rallier sa ville natale dans les prochaines heures.

Mamadou Aliou Barry

« Je pars à Dabola centre. C’est une tradition, chaque année nous partons au village parce que nos parent s’y trouvent. Nous faisons aussi l’immolation comme le prophète Abraham l’avait fait. C’est à cause de ça que nous quittons Conakry pour aller au village et faire la fête avec les parents, les amis et également chercher la bénédiction des parents et faire la prière en famille », a dit ce jeune homme dont l’impatience de quitter la vie exigeante de Conakry et ses embouteillages monstres aux heures de pointe.

De son côté, Mamadou Mouctar Diallo, médecin, tient à tout prix se rendre à Diari (dans la préfecture de Labé) pour être aux côtés de sa pauvre mère.

Mamadou Mouctar Diallo, médecin

« Je pars à Labé plus précisément à Diari pour fêter la tabaski avec la famille, avec ma maman qui réside là-bas. Vous savez, la fête de tabaski est une fête musulmane. Dans notre religion musulmane, c’est dit qu’il y a un sacrifice qu’on doit enlever si tu as les moyens. Tu égorge un mouton. Le prophète Mohammad (PSL) avait l’habitude de faire cela. Donc, me concernant, je vais aller, mon papa est décédé, c’est ma maman seulement qui est là-bas. Il faut un garçon ou un homme pour être à côté de la maman pour faire ce sacrifice là et l’aider à partager cette joie. Donc, c’est un peu dans ce sens que je vais là-bas », explique-t-il le visage scintillant déjà du bonheur de se retrouver avec celle qui a gouverné ses premiers pas sur terre.

Mohamed Guéasso Doré pour Guineematin.com

Tél. : +224 622 07 93 59

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