De nombreux compatriotes pratiquent la vente de fleurs à divers endroits de la ville de Conakry. Une activité qui leur permet de joindre les deux bouts dans une conjoncture socio-économique pour le moins complexe. Le manque d’eau est la principale difficulté que ces fleuristes rencontrent en cette saison sèche, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les fleuristes sont nombreux à s’être installés aux abords des marigots et autres points d’eau pour la culture de leurs produits, destinés à la vente. L’eau est une denrée indispensable pour éviter que les fleurs se fanent, perdant ainsi leur éclat et leur valeur marchande.

Mais, avec la saison sèche que nous vivons en ce moment, les plaintes ne manquent pas chez les fleuristes, réduits à dépenser de plus pour l’entretien de leurs produits. C’est le cas de ceux qui exercent au niveau du pont de Kobaya, dans la commune de Ratoma.

Selon eux, la déforestation et l’installation des forages dans la zone seraient à la base de la pénurie d’eau. Ce qui leur coûte beaucoup en termes de dépenses pour l’entretien des fleurs.

Alhassane Samoura

Interrogé sur la question, Alhassane Samoura, fleuriste à Kobaya, a expliqué comment il s’y prend pour tirer son épingle du jeu. « Je suis dans ce métier depuis plus de six ans. Pour entretenir des fleurs pendant la saison sèche, c’est un travail qui est très difficile. Parce que le cours d’eau qui est à côté de nous ici à Kobaya, tari pendant la saison sèche. Nous sommes obligés de prendre les gens pour creuser les puits qui ont des profondeurs de 4 mètres, juste à côté de la rivière. Nous sommes aussi abonnés à la SEG (Société des Eaux de Guinée), mais qui nous facture jusqu’à 300.000 francs guinéens par mois. C’est fatigant. Sans eau, les plantes ne peuvent pas vivre. A côté de cela, nous cherchons aussi la terre noire. Donc, l’eau et la terre noire, qui est riche, nous permettent de maintenir nos fleurs à l’état normal. Mais, malgré tous ces efforts, certaines fleurs meurent », révèle-t-il.

Abdoulaye Diallo

De son côté, Abdoulaye Diallo gère une fleuristerie à Lambanyi, à quelques pas de Kobaya. Selon lui, c’est grâce aux camions citernes qu’il s’approvisionne en eau pour s’occuper de ses fleurs. «Pendant la saison sèche, nous souffrons beaucoup. Il y a beaucoup de difficultés que nous rencontrons à propos de l’eau. Moi, j’obtiens de l’eau à travers l’aide des citernes pour pouvoir arroser mes fleurs. Actuellement, tous les marigots ont tari. Pour que nos fleurs restent attirantes, il faut que nous fassions de sorte qu’elles soient belles. On paye les citernes de 250.000 à 350.000 francs guinéens. Mais, avec deux ou trois cuves, ça ne peut pas suffire pour la semaine. A mon avis, la coupe du bois est à l’origine de tous ces problèmes. Avant, les cours d’eaux ne tarissaient pas si rapidement », constate monsieur Diallo.

En outre, notre interlocuteur demande au gouvernement d’apporter du soutien aux fleuristes. « Les planteurs ne sont pas considérés par le gouvernement. Quand tu entends parler d’un environnement sain, c’est grâce aux planteurs. Nous demandons au ministère de l’environnement de nous aider. Ils disent qu’ils ont créé des gardes forestiers, mais nous on ne voit rien », se désole Abdoulaye Diallo.

Abass Bangoura

Par contre, Abass Bangoura, ne se plaint pas trop de cette situation à cause du puits qu’il a creusé et qui le soulage sans coup férir. « Dans l’ensemble, nous souffrons tous. Depuis l’an 2002, je suis dans ce métier. J’ai de l’expérience. Je me suis dit qu’il vaut mieux d’avoir mon propre puits que de compter sur autrui. J’aide même les jeunes qui lavent les voitures et les motos à avoir de l’eau. J’étais abonné à la SEG, mais ils sont chers », a laissé entendre le fleuriste.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel: (00224)622 07 93 59

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