Comme annoncé précédemment, les Guinéens doivent se rendre aux urnes le 1er mars prochain pour renouveler leur parlement et donner leur avis sur le projet de nouvelle Constitution proposé par le président Alpha Condé. Pour ce scrutin que l’opposition jure d’empêcher, une trentaine de partis politiques sont en lice. Ces partis sont d’ailleurs en campagne depuis le 16 janvier ; ce, malgré les dysfonctionnements notoires qui ont été constatés dans ce processus. Cependant, plusieurs d’entre eux se plaignent du retard de la subvention qui devrait leur être versée pour la campagne électorale. Certaines formations interprètent ce retard comme un « mépris » de l’Etat à l’égard des partis politiques.

Rencontré ce lundi, 17 février 2020, par un reporter de Guineematin.com, le président de l’alternance démocratique pour le changement (ADC-BOC), Dr Ibrahima Sory Diallo, a pointé doigt la « mauvaise foi » de la CENI (commission électorale nationale indépendante) et le ministère du budget.

« Nous avons envoyé pas mal d’émissaires au niveau de la CENI. Ces émissaires ont rapporté des informations selon lesquelles la CENI a reconnu qu’elle doit aux partis politiques ; et, qu’elle a adressé un courrier au ministère du budget. Mais, ce dernier tarde à réagir. C’est pourquoi nous, nous allons demander pourquoi un ministre peut vraiment empêcher le paiement d’une subvention. Parce que l’argent (la caution) a été versé par les partis politiques ; et, c’est 30% de ce montant qu’on devait nous reverser. Donc, on ne voit pas la bonne volonté de la CENI et du ministère du budget. Raison pour laquelle nous allons encore relancer la CENI dans la semaine ; et, si rien n’est fait, nous allons certes prendre des dispositions à l’unanimité des partis politiques d’opposition qui compétissent à ces élections », a indiqué Dr Ibrahima Sory Diallo.

Le retard de cette subvention met à rude épreuve les portefeuilles de la plus part des partis politiques qui ont présenté des candidats pour les élections législatives. Mais, à en croire le leader de ADC-BOC, son parti qui a déjà effectué « des dépenses énormes » est encore prêt à serrer la ceinture. Cependant, soutient-il, cette subvention est un droit qu’on restituer aux partis politiques. « On a planifié ces élections depuis trois ans. Donc, on savait ce qu’on allait faire… Nous sommes sur le terrain pour faire la campagne ; mais, comme c’est un droit (la subvention), on doit nous la restituer… Je précise que nous allons participer à ces élections ; et, nous allons sortir victorieux de ces élections », a déclaré Dr Ibrahima Sory Diallo.

Au-delà des soucis causés par le non versement de la subvention pour la campagne, le report des élections législatives (initialement prévues pour le 16 février) à la date du 1er mars a occasionné dommages financiers au pour les partis en lice pour ce scrutin. Et, l’alternance démocratique pour le changement ne fait pas l’exception. Ce parti menace d’ailleurs d’assigner la CENI en justice pour être rétablit dans ses droits.

« Il y a une voie de recours qui en cours contre la CENI par rapport au report de la date du scrutin. Parce que nous avons programmé tout ce qu’on devait faire jusqu’au 16 février dernier. Mais, aujourd’hui, les missionnaires qu’on a envoyés à l’intérieur du pays n’ont plus d’argent. Ils doivent revenir à Conakry si on ne leur envoie pas de l’argent. Cela veut dire déjà que la CENI nous doit des dommages et intérêts. Et, si la CENI ne réagit pas en fonction de ça, on n’a pas d’autres voies de recours que de porter plainte. Et, cette plainte est déjà rédigée et déposée à qui de droit. Un huissier, dans les heures à venir, va assigner la CENI en justice », a indiqué Dr Ibrahima Sory Diallo.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tel : 622 97 27 22

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