À quelques heures de la fête de l’Aïd al-Adha ou l’Aïd el-Kebir, appelée Tabaski, les ateliers de couture grouillent de monde. Malgré la crise sanitaire doublée de la crise économique, les fidèles musulmans veulent paraître beaux dans leurs nouvelles tenues de fête ; et, pour cela, les ateliers de coutures travaillent actuellement jusque tard la nuit pour satisfaire les clients, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé à Kankan. 

La fête de Tabaski est la plus grande fête de la communauté musulmane. Et, contrairement à l’Aïd el-fitr (la fête de Ramadan, appelée la petite fête), un engouement de taille entoure la « fête du sacrifice ». Malgré les restrictions gouvernementales liées à la pandémie de Coronavirus, les citoyens prennent d’assaut les différents ateliers de couture. C’est le cas de Mariame Keïta, propriétaire d’un atelier au rond-point Komarala Loisir.

« Chez nous ici, vraiment, ça marche, on ne chôme pas. Cette année d’ailleurs, on reçoit beaucoup  plus de clients que l’année dernière au même moment. Nous avons beaucoup d’habits jusqu’à présent non encore cousus. Regardez derrière moi, ce ne sont que des habits. En plus de ça, j’ai moi-même cousu des habits à vendre. Il y a une parfaite entente entre mes clients et moi », a indiqué la couturière.

Également, à l’atelier de couture de Mamoudou Barry, on s’efforce au maximum pour terminer les habits des clients. Mais, il admet que ce n’est plus évident de rendre à tous leurs habits. « On a tellement reçu de clients que je ne crois pas pouvoir coudre tous les habits. Les gens aussi ne viennent pas tôt. Le plus souvent, ils attendent à trois jours de la fête pour venir ; mais, dans une telle situation, moi, j’ai toujours dit la vérité. Si je ne peux pas faire, je leur dis cela au lieu de donner un faux rendez-vous », a précisé maître Barry.

Rencontrée dans un atelier de couture au quartier Briqueterie, Mademoiselle Gnalén Camara n’a pas encore réussi à faire coudre ses habits de fête. On lui a dit qu’il n’y a plus de place ; mais, elle veut plaider. « Ce sont mes clients, ils savent bien coudre mes habits. Je suis arrivée en retard. Ils m’ont dit qu’ils ont beaucoup d’habits à coudre. Moi-même, j’ai vu cela. Mais, je vais plaider… » a-t-elle laissé entendre.

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, la Mamaya de Kankan a été annulée cette année à la dernière minute. Cette décision de la notabilité est motivée par le respect des mesures barrières. Tout de même, elle est contestée à Kankan par bon nombre de citoyens, notamment les femmes qui avaient fini de coudre les tenues de la Mamaya.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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