Diaspora guinéenne: A la rencontre de l’ONG « CHANCES ET PROTECTION POUR TOUS »

13 août 2015 à 13 01 40 08408
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Anita Traoré

Dans le cadre de l’organisation d’un concert caritatif le samedi 22 août 2015, Guineematin a rencontré Anita Traoré, Présidente  de l’Association « Chance et Protection pour toutes », organisatrice de l’événement.

Très active depuis quelques années au sein de la Société civile guinéenne basée ici en France.  Dans la vie Professionnelle, elle est chargée de ventes et  d’accompagnement des jeunes au centre de formation d’apprentis de la ville de Tours en France.

Cet engagement précoce a débuté pour elle en 2010 lorsqu’elle fut candidate à l’élection de Miss Guinée France. Depuis cette aventure, elle n’a fait qu’accroître son engagement en restant toujours membre de l’AJGF (Association des jeunes guinéens de France) puis  depuis avril 2014 Présidente de l’Association « Chance et Protection Pour Toutes ».

Cet engagement trouve sa source dans sa Profonde sensibilité aux maux qui assaillent notre société et se traduit aussi par sa volonté ferme de vouloir apporter sa contribution à la Résolution de ces problèmes, particulièrement à celui concernant la Question épineuse des violences faites aux femmes du monde et celles de notre pays, la Guinée.

Madame Traoré en tant que Présidente Fondatrice l’Association « Chance et Protection Pour Toutes », pouvez-vous nous parler de son historique et son Objectif Principal ?

« Chance et Protection Pour Toutes », a été créée en Avril 2014. L’idée de création d’une ONG m’est venue à la suite de la mort de ma petite cousine de 8 ans, suite à une violence sexuelle en 2012 à Conakry.

L’objectif de cette Association vise d’abord à prévenir les situations de violences à l’encontre des femmes et des jeunes filles en sensibilisant sur les dangers de tels comportements au sein des familles et des conséquences  psychiques que cela  peut engendrer auprès des victimes. Elle vise aussi à venir en aide et protéger les femmes déjà victimes dans leurs intégrités physiques et morales suite à  des violences sexuelles.

Quelles sont les raisons de votre engagement personnel dans ce combat, les statistiques concernant les viols et autres violences envers les femmes chez nous en Guinée ?

Personnellement, je suis une victime, connaissant donc la Douleur que cela représente pour une femme d’avoir été abusé, il était essentiel pour moi de me lancer dans ce combat J’ai été plusieurs fois victime d’attouchements sexuels, et de violences sexuelles en Guinée, mais aussi ici en France, et cela par des proches de ma famille.

Au décès de ma petite cousine de 8 ans suite à un viol, mon silence s’est transformé en bavardage, j’ai pu parler à mes sœurs dans un premiers temps, puis à mon époux.

Le décès de ma cousine a eu un déclic dans ma façon de voir les choses,  c’est en ces moments de tristesse que je me suis dit qu’il fallait que je sorte de mon silence et que je me lance dans la lutte contre les violences sexuelles.

Quelques chiffres pour édifier le monde sur les violences sexuelles

Selon une enquête récente (mars 2015), soutenue par l’UNICEF,  81% des victimes de violences sexuelles sont des mineurs, 94% des agresseurs sont des proches.

Une victime sur deux est agressée avant l’âge de 11 ans, et une sur cinq a moins de 6 ans.

Selon un rapport de l’OMS rendu public en 2014, 20% des femmes dans le monde ont subi des violences sexuelles pendant leur enfance.

Ces agressions sur mineures sont très souvent liées à l’inceste. Dans 70% des cas, lorsque la victime a moins de 6 ans, l’agression est incestueuse. « Mon père m’a violé en moyenne 3 à 4 fois par semaine pendant plus de dix ans », témoigne l’une des victimes.

  • 85 % des cas d’inceste durent plusieurs années et sont toujours accompagnés de mauvais traitements psychologiques et souvent de violences physiques (source : AIVI, manifeste des victimes d’inceste)

Ces chiffres seraient de plus sous-estimés, notamment en raison des tabous sur l’abus sexuel et des violences,  soit Près de 50 % des violences sexuelles  durant l’enfance font ainsi l’objet de déni ou d’amnésies traumatiques de la part des victimes, pendant des périodes plus ou moins longues. (Source : Putnam, F. Ten-year research update review : Child sexual abuse, American Academy of child and adolescent psychiatry, March 2013)

  • 90 % des cas d’abus sexuel ne sont pas déclarés aux autorités (source : AIVI, manifeste des victimes d’inceste)

La loi du silence, les menaces, l’isolement, la honte, la peur, l’acte marquant fortement les victimes de violences sexuelles, sont les facteurs qui poussent les victimes dans un silence parfois total.

Il y a peu de statistiques précises sur les violences sexuelles faites aux enfants, car ces crimes sont souvent cachés, tabous et associés à un profond sentiment de honte qui empêche les enfants et les adultes qui les entourent de dénoncer leurs auteurs. Bien qu’il soit très difficile de quantifier ces abus, l’UNICEF estime que 150 millions de filles et 73 millions de garçons de moins de 18 ans auraient eu des relations sexuelles sous la contrainte ou subi d’autres formes de violence sexuelle et d’exploitation impliquant un contact physique (2009).

Quelles sont vos réalisations en France ? Vos activités ? Vos partenaires associatifs ?

Pour mener à bien nos projets, nous avons mis en place plusieurs cagnottes sur des sites comme leetchi:  https://www.leetchi.com/c/association-de-association-chance-et-protection-pour-toutes   et  doneo  :  http://www.doneo.org/2_index_membre.php?action=association&id_association=6560

Aussi, nous organisons un très grand concert caritatif le samedi 22 août prochain de 16h à minuit au 90 avenue André Maginot à Tours, avec la participation des chanteurs Djibril Soumah (Koumi) et Dj Sisqo de Berlin, ce concert sera suivi par une soirée dansante qui se déroulera  dans une somptueuse salle de 16h à minuit.

Nous aurons le plaisir d’accueillir Madame Marthe Dédé Bokony , fondatrice de l’association OMEGA, Aissatou Souaré, Miss Guinée France 2015, la Miss diakhankés France 2015, Miss Benin France Europe 2015 et tant d’autres Personnalités VIP, la liste est longue…

Par l’occasion qui m’est offerte sur votre site Guineematin.com, je lance une invitation à tous , Nous invitons tous les guinéens de France, d’Europe à  venir nous soutenir ce samedi 22 aout.

Disons tous ensemble le Samedi 22 août de 16h à minuit au 90 avenue André Mignot 37100 Tours nord, Stop aux Violences envers les femmes, Stop aux violations Sexuelles, car ce sont nos mères, nos tantes, nos cousines, nos sœurs, nos nièces, nos filles qui le subissent ou qui en sont exposées, cela n’arrive pas qu’aux autres. Alors, n’attendons pas qu’une de nos proches le subisse pour agir.

Envisagez-vous élargir vos champs d’intervention en Guinée où êtes-vous déjà sur place ?

En France nous travaillons, mon équipe et moi pour les victimes de violences sexuelles en Guinée.

Nous avons constitué une équipe à Conakry, avec laquelle nous travaillons à distance.

Nous nous rendrons en Guinée au mois de décembre prochain si tout va bien.

Ce premier voyage sera consacré à la première phase que nous appellerons   » Et SI ON EN PARLAIT » . Le but de cette première phase sera de sensibiliser les guinéens, d’informer un maximum de familles sur nos aides et nos ateliers  » familles – enfants –  adultes  » qui seront organisés dès notre arrivée en Guinée. Pour ce faire, nous comptons faire une grande campagne de sensibilisation, nous allons aussi rencontrer les victimes et leurs familles, car cela est  primordial pour nous, afin d’établir des protocoles de prise en charge, aussi bien pour les victimes récentes, que pour celles qui ont subi des violences sexuelles depuis plusieurs années. Bien évidement nous ne comptons pas limiter nos aides aux victimes de la Guinée.  Notre souhait serait d’aider et d’accompagner le plus de victimes de viols en Afrique.

Qu’attendez-vous comme soutien de la part des guinéens ?

La lutte contre les violences sexuelles doit être la lutte de tous, cela n’arrive pas qu’aux autres.

Les violences sexuelles sont fréquentes, leurs conséquences gravissimes, leurs prises en charge largement insuffisantes. Le sujet reste tabou et mal documenté.

Nous comptons sur le soutien et la bonne volonté des guinéens pour nous accompagner au mieux dans cette lutte.

Nous faisons appel à toutes personnes désireuses de nous prêter main forte pour combattre ce fléau.

Merci à toutes les personnes qui nous soutiennent depuis le début de cette aventure, merci aux médias guinéens. le combat ne fait que commencer.

Contact facebook : https://www.facebook.com/associationchanceetprotectionpourtoutes

Depuis la region Parisienne, Mouctar Sall pour Guineematin.com

 

 

 

 

 

 

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