Nagnalen Barry : « j’ai voté pour Alpha Condé en 2010 et 2015 ; mais, il faut qu’il parte en 2020 »

10 juillet 2019 à 22 10 49 07497
Mamoudou Nagnalen Barry, consultant international basé à Washington, membre du FNDC

Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, Mamoudou Nagnalen Barry, consultant international basé à Washington (Etats-Unis) et membre du FNDC, s’est prononcé sur le débat en cours autour du controversé projet de nouvelle constitution, dont l’objectif est de permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Cet ancien partisan du chef de l’Etat guinéen a expliqué pourquoi il est impératif que le président Condé quitte le pouvoir en 2020, et évoqué le combat que le Front National pour la Défense de la Constitution est en train de faire dans ce sens.

Décryptage !

Guineeamtin.com : samedi dernier, les députés du RPG Arc-en-ciel ont exprimé leur adhésion au projet de nouvelle constitution, dont l’objectif est de permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat ; le lendemain dimanche, la jeunesse du parti en a fait de même. Avant eux, le président Alpha Condé avait déjà dit qu’il a pris acte de la proposition du gouvernement de proposer une nouvelle constitution au peuple. Tout semble donc bien parti d’organiser un référendum constitutionnel. En tant que membre du FNDC, comment percevez-vous toute cette situation ?

Mamoudou Nagnalen Barry : je pense que tout semble mal parti pour organiser un référendum. Rien ne semble bien parti. Parce que tous les trois groupes que vous avez cités n’ont ni la légitimité, ni les capacités d’engager la Guinée sur un projet égoïste, sur un projet qui ne va pas aboutir. Vous parlez de la jeunesse du RPG Arc-en-ciel, je vais aller un à un. La jeunesse du RPG, de quelle jeunesse il s’agit ? Est-ce que c’est d’abord la vraie jeunesse du RPG ? Est-ce que ce ne sont pas les petits manipulés par les ministres avec l’argent public pour venir parler ? Parce que ces ministres veulent garder leurs privilèges, leurs petits intérêts.

Pour moi, c’est incompréhensible que des jeunes de 30 à 40 ans viennent demander qu’un vieillard de 82 ans continue à gérer un pays à plus de 60% jeune. Ça n’a pas de sens, ça n’a aucune logique. C’est la première chose. La deuxième chose, c’est des députés dont le mandat est expiré, donc qui n’ont plus aucune légitimité parce qu’on leur a donné un mandat limité dans le temps. Des personnes dont le mandat est expiré, mais qui aussi touchent de l’argent à la fin du mois, veulent garder leurs postes. Est-ce que qu’un employé dont le contrat a expiré va venir demander à son patron de mettre fin à son contrat ? Non ! Les gens veulent rester au pouvoir, ils veulent continuer à manger. Donc, ils n’ont aucune légitimité. Ils ne peuvent pas parler au nom du peuple de Guinée. Ça fait la deuxième chose.

La troisième chose, c’est encore plus marrant quand c’est les ministres qui n’ont eu aucun mandat de personne depuis toujours. Au moins les députés ont eu des mandats par moments. Surtout quand c’est des députés issus des listes uninominales, on peut penser qu’ils ont un certain mandat. Mais les ministres là, personne n’a un minimum de légitimité, n’a jamais eu un minimum de légitimité. Le seul qui avait peu de légitimité a été monsieur Kassory (le premier ministre) parce qu’il a avait eu un score de 0,0 quelque chose pour cent lors des élections de 2010. Mais ça c’était en 2009-2010, cette légitimité est partie. Elle était déjà très faible pour ne pas dire inexistante. Aucune de ces parties, aucun de ces groupes n’a donc le droit d’engager la Guinée dans une situation illégale.

Dans la lettre qui a été déposée par les jeunes du RPG, nulle part on ne parle d’un troisième mandat pour monsieur Alpha Condé. Ils ont mis en avant des arguments incohérents, parlant d’incohérences dans la constitution, de multiplicité des institutions ainsi de suite. Ils n’ont jamais parlé de troisième mandat. D’abord, si c’était une jeunesse responsable, elle doit dire clairement ce qu’elle veut parce que nous savons tous ce qu’ils veulent. Ils veulent qu’Alpha Condé reste au pouvoir au-delà de 2020 pour qu’ils continuent à utiliser nos ressources à des fins personnelles. La première chose que je demande à ces jeunes, c’est d’être responsables, d’assumer leur choix, de dire clairement qu’au-delà de 2020 ils veulent garder monsieur Alpha Condé au pouvoir.

Guineematin.com : sauf que pour l’instant, on n’a pas vu quelque chose qui pourrait dissuader le pouvoir à aller dans le sens de l’organisation d’un référendum constitutionnel. Au niveau du FNDC, à part les déclarations, la publication de listes des promoteurs d’un troisième mandat, on ne voit aucune action d’envergure qui barrer la route à ce projet.

Mamoudou Nagnalen Barry : je pense que les gens doivent avoir les yeux plus ouverts sur ce que le FNDC fait. Il faut savoir que si jusqu’à présent monsieur Alpha Condé a peur de se prononcer, c’est à cause des premiers actes posés par le FNDC. Il ne faut pas oublier ce qui s’est passé à N’zérékoré, il ne faut pas oublier la marche organisée en Belgique, il ne faut pas oublier ce qui s’est passé à Kindia qui a même conduit à l’arrestation de plusieurs personnes. Le FNDC est sur le terrain, il est en train de mettre en place des antennes partout en Guinée et à l’étranger. Le FNDC est là il est déjà très actif. Moi aujourd’hui, le temps que je suis en train de faire sur cette antenne, c’est une activité du FNDC pour appeler des gens à plus de mobilisation. Donc, nous sommes déjà là. Le F NDC est déjà très actif. C’est ce qui fait peur à monsieur Alpha Condé.

Pour le moment, on est phase de dissuasion. On est en train de dire à monsieur Alpha Condé de ne pas engager ça. Quand il va aller au-delà de nos mises en garde, on va lui montrer encore des choses plus solides par des actions plus fortes. Mais pour le moment, il faut le reconnaitre, on est très actif. On écrit, on contacte les amis de la Guinée, on contacte les institutions internationales pour leur dire de parler à monsieur Alpha Condé pour lui dire que ce qu’il veut commencer, un, ça ne réussira pas, ça ne marchera pas. Parce que le peuple ne lui laissera pas faire ça. Et deux, ce n’est pas bon pour lui Alpha Condé. Ce dont il a besoin aujourd’hui, c’est d’aller très paisiblement à la retraite. Il a 82 ans. Il restera en Guinée en tant qu’ancien président. Il aura tous les honneurs d’un ancien président, il va avoir tous les avantages d’un ancien président, et participer ainsi à la construction de la démocratie en Guinée.

Guineematin.com : vous avez parlé notamment des amis de la Guinée et des institutions internationales à qui vous parlez, mais jusque-là, tous ces gens sont quasiment muets sur le sujet. Pensez-vous qu’ils sont réticents, qu’ils ne veulent pas se prononcer là-dessus ?

Mamoudou Nagnalen Barry : bon, je pense que beaucoup de gens se sont déjà prononcés. Vous avez vu le débat jusqu’à l’Assemblée nationale française sur la Guinée, le ministre de la défense et des affaires étrangères françaises a été clair, qu’il suit l’esprit de la CEDEAO. Le président en exercice de la CEDEAO a été clair, il est contre tout changement de constitution. Donc les gens se prononcent. Quand le FNDC a écrit à la Cour Pénale Internationale, il y a eu un courrier réponse. Donc, les gens répondent au FNDC et à l’interne et à l’externe. Le grand imam de Conakry a été vu, l’archevêque a été vu, les gens répondent. C’est pour tout cela que monsieur Alpha Condé est encore dans le doute.

Il faut savoir que ce n’est pas dans le camp du FNDC que se trouve la panique. La panique se situe au niveau de monsieur Alpha Condé parce qu’il sait que le peuple ne soutient pas ce qu’il veut faire. Ils ont sorti de l’argent, ils ont intimidé, ils font tout ce qu’ils peuvent faire. Mais sincèrement, quand on est du bon côté de l’histoire. Quand on soutient la vérité, quand on soutient le bas peuple, on n’a pas besoin d’avoir peur. La panique, c’est au niveau de monsieur Alpha Condé. Vous sentez que ce que je dis, c’est avec assurance, parce que je sais que je suis du côté de la vérité. Donc on n’a pas peur, nous sommes sereins.

Il faut savoir que la grande coordination du FNDC : monsieur Sanoh, monsieur Koundouno, monsieur Ibrahima, etc. dans nos différentes antennes, on est sereins et nous agissons. Ils ont fait des arrestations de façon arbitraire, la justice a tranché en faveur de la vérité. Nous savons que notre pays est en train d’épouser de nouvelles mentalités à tous les niveaux du peuple. Au niveau des politiques, au niveau de l’armée, au niveau des hommes d’affaires, au niveau des académiciens. La Guinée veut aller dans un nouvel élan. La jeunesse est consciente, la jeunesse s’engage de plus et d’ailleurs, on invite plus de jeunes à s’engager. Parce que ce qui se passera en 2020, va déterminer ce qui sera l’avenir de la Guinée en 2030 en 2050.

Guineematin.com : est-ce que vous craignez pour la Guinée en 2020 ?

Mamoudou Nagnalen Barry : j’ai plutôt de l’espoir. Si monsieur Alpha Condé a attendu jusqu’à présent sans rien dire, je pense qu’il va revenir à de meilleurs sentiments. Je pense qu’il va privilégier les valeurs qui ont animé son combat pour 40 ans. Je pense qu’il va penser à l’avenir de la Guinée, il ne va pas penser à ces petites personnes qui ne regardent que leurs intérêts, qui le poussent à aller vers un chemin obscur, sur un chemin hyper risqué pour lui-même et pour la Guinée. Je pense qu’en 2020, on va encore élire un guinéen différent de monsieur Alpha Condé à la tête de la Guinée. Ce nouveau guinéen peut être d’un parti de l’opposition, d’un autre parti qu’on ne connait pas encore, il peut être de la mouvance, peu importe. Ce que nous voulons, c’est qu’en 2020, monsieur Alpha Condé ne soit pas le président de la Guinée.

Guineematin.com : pour vous, ce de projet de nouvelle constitution ou de troisième mandat, c’est une initiative d’Alpha Condé ou ce sont ses proches qui le poussent à aller dans ce sens ?

Mamoudou Nagnalen Barry, consultant international basé à Washington (Etats-Unis) et membre du FNDC
Mamoudou Nagnalen Barry

Mamoudou Nagnalen Barry : à ce stade, je ne dirai plus que ce sont ses proches. Au début, j’aurais dit que c’est eux. Mais à ce stade, si monsieur Alpha Condé reste encore dans son mutisme habituel, il ne dit rein, je pense que c’est son projet. Mais je pense qu’il est sage, il a beaucoup d’expérience. L’âge quand même, ça vient avec l’expérience. Lorsqu’il va comprendre que cette idée, elle n’est pas bonne, je pense qu’il va l’arrêter et je pense qu’il doit l’arrêter. Parce que ce n’est pas bon pour lui. Il a besoin d’entrer dans l’histoire. On entend certains dire que monsieur Alpha Condé a besoin d’un peu de temps pour finir ses projets.

Si monsieur Alpha Condé fait le plus grand barrage de la Guinée, qu’il soit sûr qu’après lui, on fera des barrages encore plus grands. S’il fait les plus grandes routes pour la Guinée, qu’il soit rassuré qu’après lui, on fera encore des routes plus grandes. La seule chose que monsieur Alpha Condé peut laisser comme héritage pour la Guinée que personne ne peut affecter, qu’il le sache, c’est l’alternance démocratique. S’il part librement du pouvoir, personne ne pourra faire mieux que lui après, et ça sera le plus grand héritage qu’il laissera à la Guinée.

Guineematin.com : dans la déclaration lue par M’Bany Sangaré, le secrétaire général de la jeunesse du RPG Arc-en-ciel, on accuse le FNDC d’être une section de l’UFDG. Que répondez-vous ?

Mamoudou Nagnalen Barry : monsieur M’Bany Sangaré ne me dira pas que je suis une section de l’UFDG. Il y a beaucoup de ministres dans le gouvernement qui me connaissent très bien, ils savent que je ne suis pas une section de l’UFDG. Tous les membres du FNDC sont connus : ceux qui sont de l’UFDG, ils le disent de façon officielle. Mais, il ne faut pas que leur panique devant l’UFDG les fasse voir l’UFDG dans tout ce qui se passe en Guinée. Le FNDC, c’est la société civile, les partis politiques d’opposition, des syndicats, des artistes, des personnes anonymes…

Moi, je suis de la société civile, je ne suis d’aucun parti politique, même si j’ai milité pour le RPG dans le passé. J’ai voté pour monsieur Alpha Condé en 2010 et même en 2015. J’ai estimé qu’il était sur une bonne lancée et que lancée a été un peu entamée par Ebola ainsi de suite. Il y avait une seconde chance qu’il fallait lui donner. Donc, qu’ils arrêtent ça. S’ils ont peur de l’UFDG, qu’ils le disent, mais ça (le FNDC), ce n’est pas l’UFDG. Ce sont les forces vives de la nation guinéenne. Quand même tu ne peux pas confondre aussi l’UFR à l’UFDG. Tous les grands partis politiques de l’opposition guinéenne ont signé la convention de création du FNDC. Ils ne peuvent pas dire que ces gens sont de l’UFDG. Ça n’a aucun sens. C’est simplement une tentative de diversion, mais on ne cèdera pas à ça. Nous restons concentrés d’ici 2020. Il faut que monsieur Alpha Condé quitte le pouvoir en 2020.

Guineematin.com : vous venez de révéler que vous avez voté pour le président Alpha Condé en 2010 et en 2015. Mais aujourd’hui, vous êtes engagés dans un combat contre un troisième mandat pour lui. Est-ce qu’il n’a finalement pas répondu à vos attentes en termes de bilan ?

Mamoudou Nagnalen Barry : je n’ai pas envie d’entrer dans le procès de son bilan. La seule chose qui importe aujourd’hui en Guinée, est que monsieur Alpha Condé quitte le pouvoir.

Guineematin.com : qu’est-ce qui vous pousse à vous engager dans ce combat contre un troisième mandat ?

Mamoudou Nagnalen Barry : c’est parce que si monsieur Alpha condé reste au pouvoir au-delà de 2020, c’est la mort assurée de la démocratie en Guinée. Il va rester pouvoir à vie, celui qui viendra après lui va vouloir rester au pouvoir à vie, celui qui viendra après cette personne aussi va vouloir rester au pouvoir à vie. La Guinée va s’engager dans un système démocratique sans concurrence ou une personne vient s’accrocher au pouvoir. S’il change la constitution pour des raisons, je n’ai pas d’autres mots, farfelues, qu’il met en avant, une autre personne qui viendra après monsieur Alpha Condé pour dire qu’il y a une virgule qui n’a pas été bien mise, il faut changer la constitution pour bien mettre la virgule. La personne qui viendra après va dire que y a un point là-bas, on va le remplacer par un point d’exclamation.

On va rentrer dans un désordre permanant, on va créer un antécédent, un précédent qui va être là sur la tête comme une épée de Damoclès, prête à tomber sur nous. On n’attendra pas ça pour monsieur Alpha Condé, il n’y a aucun argument qui vaut un référendum en Guinée si ce n’est pas la volonté de maintenir monsieur Alpha Condé au pouvoir au-delà de 2020. Et je le dis à très haute voix, si le RPG estime qu’il n’y a personne au sein du RPG qui peut remplacer monsieur Alpha Condé comme candidat en 2020, nous leur disons qu’on a des milliers de guinéens capables de remplacer un vieillard de 82 ans en 2020.

Guineematin.com : il y a certainement des gens qui ont voté, comme vous, pour Alpha Condé en 2010 et en 2015 qui vous suivent actuellement en direct sur notre paye Facebook, mais aussi d’autres qui ont voté contre lui. Qu’avez-vous à leur dire aujourd’hui ?

Mamoudou Nagnalen Barry : ceux qui ont voté pour monsieur Alpha Condé, je leur dis qu’ils n’ont pas à le regretter parce que monsieur Alpha Condé était le bon choix sur papier. En 2010, c’était quelqu’un qui ne s’était pas associé à la mauvaise gestion de Lansana Conté, c’est quelqu’un qui avait été constant. Il y avait des bonnes raisons de voter pour lui en 2010. Ils n’ont pas à le regretter donc. Mais, il faut dire à ces mêmes personnes qu’aujourd’hui, il est temps de dire à monsieur Alpha Condé que ce n’est pas bon pour lui, ce n’est pas un honneur pour nous qui avons voté pour lui. Donc, qu’il arrête ça. On n’a rien de personnel contre lui, il a fait ce qu’il pouvait, c’est simplement le temps de partir dans l’honneur, dans la dignité. Il faut qu’il parte !

Ceux qui n’ont pas voté pour lui, qui avaient leurs raisons de ne pas le faire, c’est le jeu démocratique, je leur dis de ne pas s’engager dans une radicalisation totale contre monsieur Alpha Condé. La seule chose qu’on veut, c’est son départ du pouvoir en 2020. Que les sbires autour de lui arrêtent de donner l’impression que si on n’a pas monsieur Alpha Condé, on va se retrouver dans une situation infernale. Non ! La Guinée va continuer à vivre comme toujours. Avant que monsieur Alpha Condé ne soit né, la Guinée vivait ; quand il était enfant, la Guinée vivait ; avant qu’il ne soit président, la Guinée vivait ; après lui bien sûr que oui, la Guinée va continuer à vivre. Et d’ailleurs, la Guinée va mieux vivre, je l’espère, après monsieur Alpha Condé.

Interview réalisée par Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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N’zérékoré : la communauté met en garde « ceux qui parlent au nom de la région pour des intérêts égoïstes »

9 juillet 2019 à 14 02 20 07207

Les remous sociopolitiques intervenus récemment à N’zérékoré suite à une manifestation du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), et qui ont fait un mort, créent la révolte du Cadre de Concertation Communautaire de la capitale de la Guinée Forestière.

Cette structure, qui regroupe les neufs communautés vivant à N’zérékoré, s’inspirant de son passé douloureux, met en garde ceux qui parlent au nom de la région sans agir pour son développement. Elle dénonce « tous ceux qui déambulent à travers les sièges des partis politiques ou les ministères pour quémander ou vendre l’image de marque de la Guinée Forestière aux politiciens pour des intérêts personnels et égoïstes ».

L’annonce en a été faite par le Cadre de Concertation Communautaire dans une déclaration dont voici le contenu :

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Nouvelle Constitution, difficultés locales… Le S/G des collectivités de Beyla à Guineematin

2 juillet 2019 à 15 03 20 07207
Abdoulaye Kéléba Keita, secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Beyla
Abdoulaye Kéléba Keita, secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Beyla

La préfecture de Beyla, située au sud-est de la Guinée, est l’une des six préfectures de la région administrative de N’zérékoré. Cette localité, qui attirait autre fois du monde avec la présence de la société minière Rio Tinto, traverse de nos jours des moments difficiles, souvent minée par des conflits domaniaux.

Dans une interview accordée à l’envoyé spécial de Guineematin.com en Guinée Forestière, Abdoulaye Kéléba Keita, secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Beyla, est revenu sur de nombreuses questions qui touchent la vie de la préfecture, y compris la lancinante question du projet de nouvelle Constitution.

Guineematin.com : faites nous une brève la présentation de la préfecture de Beyla.

Abdoulaye Kéléba Keita : la préfecture de Beyla est une très vieille circonscription territoriale qui a été même érigée en cercle depuis 1895. Donc, c’est l’une des préfectures de la région forestière qui est une zone charnière, à cheval entre la Forêt et la Haute Guinée. Une partie de Beyla est de la Haute Guinée et une autre partie est de la Forêt. C’est une zone par excellence agropastorale. Elle est limitée à l’Est par la Côte D’Ivoire, avec lequel on est séparé de 700 et quelques kilomètres, à l’Ouest par la préfecture de Macenta, au nord par les préfectures de Kankan et de Kérouané, au sud par les préfectures de Lola et N’Zérékoré. La préfecture de Beyla a une population estimée à 326 mille et quelques habitants, qui a aujourd’hui 14 collectivités, dont une commune urbaine et 13 communes rurales, qui sont : Boola, Diaraguéréla, Diassodou, Foualah, Gbackédou, Gbessoba, Karala, Koumandou, Moussadou, Nionsomoridou, Samana, Sinko et Sokourala.

Guineematin.com : quelles sont les réalités de la préfecture de Beyla ?

Abdoulaye Kéléba Keita : Beyla est une préfecture qui a assez de difficultés. C’est une préfecture qui est un peu retranchée, c’est-à-dire très loin de la capitale et alors qui est une zone par excellence agropastorale. Franchement, c’est une zone qui se prête à deux activités. Donc, la plupart des populations sont rurales. C’est les paysans, les agriculteurs qui composent cette population en grande partie.

Guineematin.com : vous dites que Beyla a assez de difficultés, quelles sont les plus préoccupantes ?

Abdoulaye Kéléba Keita : des difficultés même par rapport au retranchement. Quand vous prenez Beyla, c’est une zone de pauvreté, il y a des enquêtes qui ont prouvé cela. Il y a des conflits récurrents que nous sommes en train de gérer en longueur de journée. C’est les autorités préfectorales et communales qui sont en train de gérer ces conflits récurrents qui se résument aux conflits domaniaux et autres. Le retranchement fait que sous sommes en manque de personnels administratifs. Tu peux prendre tout un service technique préfectoral qui n’a pas de personnel. Quand vous prenez la sécurité, les agents de sécurité, il en manque tellement que quand il y a des problèmes à l’intérieur, l’autorité est en difficulté de mobiliser les gens en conflit. Quand vous prenez le retrait de Rio Tinto par exemple, aujourd’hui, Beyla manque de banque primaire. C’est tout récemment, il n’ y a pas encore six mois, la BICIGUI qui était là, a pris tous ses matériels pour démanger à N’Zérékoré. Tout ça, c’est pour dire qu’il y a assez de difficultés que nous sommes en train de résoudre.

Guineematin.com : sur le plan des infrastructures administratives, quel est l’état des lieux ?

Abdoulaye Kéléba Keita : il y a quand même des logements, des blocs administratifs. Mais en somme, c’est des bâtiments très vétustes. Pour rappel, le 55ème anniversaire a bonifié la préfecture en lui accordant au moins six infrastructures. Mais, ces infrastructures généralement sont en souffrance. Les entreprises n’ont pas été sérieuses. La résidence même de monsieur le préfet est à peu près à 25 à 30 % de réalisation. La gendarmerie est aussi à 20 ou 25 % de réalisation. Voici des exemples qui illustrent qu’il y a des infrastructures, parce l’administration existe. Mais, ces infrastructures sont vraiment dans un état de vétusté qui fait qu’ils ne sont plus aptes à être utilisés. Quand vous prenez les logements des cadres, quand vous arrivez dans les cités, les infrastructures sont vraiment un peu vétustes.

Guineematin.com : la présence de Rio Tinto avait fait le bonheur des populations, comment avez-vous vécu le départ de cette société minière qui exploitait une partie du mont Simandou ?

Abdoulaye Kéléba Keita : quand Rio Tinto évoluait ici, nous on n’était pas là. Mais, on a appris des échos, il y avait un engouement sur le terrain, il y avait quelque peu des emplois qui préoccupaient les gens, il n’y avait pas tellement de conflits. Depuis que Rio Tinto s’est retiré, on a constaté beaucoup de chômage et cela a joué un peu sur la vie économique et sociale de la ville.

Guineematin.com : quelles sont vos relations avec les citoyens que vous dirigez ?

Abdoulaye Kéléba Keita : il y a une parfaite collaboration entre l’administration et la population. Monsieur le préfet prend régulièrement son temps pour passer des messages à la radio, il convoque des regroupements et nous passons aussi par les mairies, c’est-à-dire les conseils communaux qui sont des administrateurs aussi, qui sont en relation directe avec leurs populations et qui sont censés véhiculer les messages du pouvoir en place. Parce qu’un administrateur a pour rôle de faire passer les messages de sa hiérarchie.

Guineematin.com : quel est votre avis sur le projet de changement constitutionnel entrepris par le gouvernement ?

Abdoulaye Kéléba Keita : pour le changement constitutionnel, la nouvelle Constitution serait vraiment la bienvenue. Parce que, c’est permis. La Constitution en vigueur, dans son article 152, dit que le président peut proposer une nouvelle Constitution en passant par l’Assemblée Nationale. Il y a un record qui est prévu, quand cela est, l’assemblée nationale peut adopter la proposition du président de la République. Quand il y a un autre record, il faut que la proposition passe par le référendum. Mais, si des gens délibérément disent que la Constitution n’est pas à réviser, la Constitution n’est pas à reprendre, ils sont en ce moment contre même la Constitution en vigueur. Donc, la nouvelle Constitution viendra réparer beaucoup de choses, parce qu’il faut une adéquation entre les réalités sur le terrain. Parce que tout pays évolue, il faut qu’il y ait une cohésion entre les réalités du terrain et les textes de lois qui régissent la vie de la population. Donc, au fur et à mesure qu’on constate qu’il y a des failles, on peut revenir sur la constitution et pourquoi même pas une nouvelle constitution qui puisse être la préoccupation de la majeure partie de la population.

Guineematin.com : Beyla n’est pas resté en marge des mouvements de protestation contre tout changement constitutionnel. Est-ce que vous comprenez la position de ceux qui sont contre ce projet de changement constitutionnel ?

Abdoulaye Kéléba Keita : moi, je m’inscris en faux, il n’y a pas eu de soubresauts ici. En tout cas, l’autorité préfectorale, à ce que l’on sache maintenant, il n’y a pas eu de revendication, il n’y a pas eu une contestation par rapport à la nouvelle Constitution. Plutôt, quand les ministres en charge de la Santé, Edouard Niankoye Lamah ; de l’Hydraulique, Papa Koly Kourouma ; de la Pêche, Frédéric Loua ; et de l’Habitat, Dr Ibrahima Kourouma sont arrivés ici, la déclaration de la population a été comme quoi, elle adhère entièrement au projet de nouvelle Constitution. Donc, en dehors de ça, le ministre Komara aussi est arrivé, il a fait sa tournée. Je crois savoir qu’aucune contestation n’a prévalu, c’est-à-dire partout où ils sont passés, personne n’a dit le contraire. Tout le monde adhère au projet de nouvelle Constitution.

Guineematin.com : que dites vous de la présence à Beyla de l’antenne locale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ?

Abdoulaye Kéléba Keita : ici, il n’y a aucune velléité pour le moment. Au cas où ils (membres du FNDC) voudraient manifester, peut-être en ce moment l’autorité sera là. En ce qui me concerne, je n’admettrai jamais qu’il y ait une manifestation non autorisée par rapport à ça. Quand c’est autorisé par la loi, par les administrateurs que nous sommes, nous pourrons assister à ça. Mais, il y en a qui viennent sur le terrain sans autorisation et voudraient manifester. Pour le moment, Beyla n’est pas dans ce cadre et nous ne le souhaitons même pas. Nous ne voyons aucune velléité pour le moment.

Guineematin.com : si ceux qui sont pour le changement de la Constitution souhaitent faire une manifestation dans ce sens, est-ce que vous allez accepter ?

Abdoulaye Kéléba Keita : ils n’ont qu’à demander. Ce n’est pas que nous, autorités préfectorales, mais leurs demandes seront adressées aux autorités communales qui pourraient aussi se référer pour avoir quelque chose sur laquelle ils peuvent se baser pour accepter ou ne pas accepter. Pour le moment, en ce qui me concerne, je dis que je ne permettrai jamais qu’on se manifeste quand on n’est pas autorisé.

Guineematin.com : vous avez énuméré un tas de problèmes, quel est votre appel à l’endroit du gouvernement ?

Abdoulaye Kéléba Keita, secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Beyla
Abdoulaye Kéléba Keita, secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Beyla

Abdoulaye Kéléba Keita : pour le moment, Beyla est satisfait parce qu’il y a une panoplie de réalisations qui sont en cours, initiées par le président de la République. Avec ces initiatives présidentielles, nous assistons aujourd’hui à une réalisation en cascade. On a commencé déjà par désenclaver toute la zone de production du nord, c’est-à-dire il y a plus de 200 kilomètres de pistes rurales qui ont été réhabilitées. Il y aujourd’hui, le projet de bitumage de la voirie urbaine de la préfecture. Il y a des projets d’adduction d’eau, les forages sont en train d’être préparés. Il y a de l’électricité, parce qu’on a le projet d’électricité qui a été initié par le président de la République. Le cadre est là, il y a une entreprise qui est venue construire entièrement, le groupe électrogène est là. Aujourd’hui, le courant est en train d’être produit dans la commune urbaine de Beyla et seulement les gens n’ont pas procédé à l’installation des bâtiments. Si non, le groupe est lancé il y au moins un mois que nous sommes dans le courant. Mais le courant pour le moment, le groupe ne trouve pas sa charge réelle pour continuer à produire le courant en temps réel. Pour le moment, ils sont à une heure de temps de production parce qu’il faut protéger les groupes. Il ne faut pas les mettre en marche pour être endommagés quand ils ne sont pas réellement à leurs charges réelles. Donc pour le moment, Beyla est en train de savourer ces initiatives présidentielles.

Interview réalisée par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Opposition à un 3ème mandat : la police, le vice-maire et les citoyens de Kaback

1 juillet 2019 à 18 06 59 07597

Les Guinéens s’organisent de plus en plus contre les velléités du président Alpha Condé de rester à la tête du pays après son deuxième et dernier mandat, en 2020. Unis sous le label du FNDC (Front national pour la défense de la Constitution), ces Guinéens se montrent chaque jour plus déterminés que la veille à défendre le respect de la Loi et de l’alternance démocratique, y compris par le premier magistrat de la République.

Dans la journée de ce lundi, 1er juillet 2019, les citoyens de la sous-préfecture de Kaback, préfecture de Forécariah, ont organisé une assemblée générale pour choisir les membres du bureau du FNDC (Front national pour la défense de la Constitution). Mais, selon des informations confiées au téléphone de Guineematin.com, ils ont été perturbés à la fin de leur rencontre par une surprenante irruption des agents des forces de l’ordre.

Selon nos informations, monsieur Almamy Oumar Camara, le maire de la commune rurale de Kaback, a déjà fait allégeance à la mouvance présidentielle. Et, ce lundi, c’est lui qui est accusé d’avoir fait appel aux agents de la CMIS N°17 qui ont brièvement interpellé le vice-maire, monsieur Cheick Fantamady Camara.

Seulement, la forte protestation des citoyens, qui ont bravé le toxique gage lacrymogène de la police, a obligé les agents à relâcher le vice-maire, aujourd’hui plus populaire que jamais pour sa détermination et son courage dans la défense de la Constitution guinéenne contre les opportunistes de tout acabit.

On apprend qu’avant même cette irruption des agents de la Compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS), les opposants à un pouvoir à vie pour Alpha Condé avaient déjà terminé l’élection des membres de leur bureau.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose la liste des membres du FNDC-Kaback :

Coordinateur : Momodouba Sylla,

Premier Secrétaire : Mohamed Raphaël camara

Deuxième Secrétaire : Ibrahima Sory Sylla

Membres du bureau :

Sékou Touré

Momoya Soumah

Ibrahima Sory Sylla

Daouda Soumah

Fode Seidou Soumah

Fode camara bolimada

Ousmane Sylla

Ibrahima Check Camara

Mohamed Camara

Bureau des femmes : Mariama Traoré, Yelikha Soumah et Mariama Sylla

A suivre !

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Labé : un affrontement entre pro et anti 3ème mandat évité de justesse

1 juillet 2019 à 10 10 31 07317

Un affrontement a été évité de justesse hier, dimanche 30 juin 2019, entre des membres du Front pour l’Adoption par Référendum d’une Nouvelle Constitution (FARC), favorables à un troisième mandat pour le président Alpha Condé, et ceux du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), opposés à toute idée de troisième mandat, à Labé.

Plusieurs partisans du FNDC ont décidé d’aller disperser ceux du FARC qui tenaient un meeting dans les locaux du CECOJE de la ville. Mais, ils ont trouvé que leurs adversaires avaient déjà quitté les lieux, a appris Guineematin.com à travers un de ses correspondants à Labé.

Malgré l’interdiction des manifestations qui étaient programmées par le FARC et le FNDC hier, dimanche, par les autorités de Labé, les promoteurs d’une nouvelle constitution ont maintenu leur rassemblement. Au lieu du carnaval qui était annoncé, les responsables du Front pour l’Adoption par Référendum d’une Nouvelle Constitution ont organisé un meeting dans la salle du CECOJE (Centre d’Ecoute et d’Orientation des Jeunes). Ils ont réuni plusieurs jeunes et même une délégation du parti au pouvoir venue de Conakry, conduite par Sékou Souapé Kourouma.

Ayant appris cette mobilisation, les responsables du Front National pour la Défense de la Constitution ont trouvé anormale que leur manifestation soit interdite et que celle de leur adversaire se tienne. Ils ont réuni plusieurs jeunes pour aller disperser le rassemblement du FARC. Mais, à leur arrivée sur les lieux, les promoteurs d’une nouvelle constitution n’étaient plus sur place.

« La raison de notre présence ici, c’est du fait que nous avons appris qu’il y a le FARC, qui est un mouvement antidémocratique, qui tient un meeting ici au CECOJE. Ils ont réuni quelques enseignants et certains jeunes qu’ils ont corrompu à travers des miettes, juste pour remplir la salle et prendre des images afin de dire qu’ils ont du monde derrière eux. Mais, heureusement pour eux, on est venu trouver qu’ils avaient déjà quitté les lieux. Donc, toutes leurs affiches ont été déchirées, d’autres brûlées. Labé est contre une nouvelle constitution, c’est clair », a déclaré Safayou Baldé, membre du Front National pour la Défense de la Constitution à Labé.

Interrogé sur cette situation, Samba Camara, le fondateur du FARC, a banalisé cette action des membres du FNDC. Pour lui, l’essentiel est que la manifestation de sa structure a bien réussi. « A leur arrivée, on avait déjà fini notre activité, il n’y avait personne là-bas, ce ne sont pas eux qui nous ont dit de quitter les lieux. C’est après notre départ, qu’on nous a appris qu’il y a des gens qui sont venus au stade pour manifester contre nous et décoller nos affiches. On a dit que c’est normal, ils sont libres de manifester comme nous, on a déjà fini notre activité. Seulement, notre assemblée a réussi, la salle était pleine à craquer, les images et les vidéos en font foi », a-t-il dit.

A rappeler que le maire de Labé a interdit les manifestations des pro et anti nouvelle constitution qui étaient prévues le même jour dans la ville, invoquant des risques d’affrontement. L’autorité communale a été a été appuyée par le gouverneur de la région qui a convié les deux camps à une réunion samedi, pour les sensibiliser à surseoir à leurs manifestations. Des consignes respectées par le FNDC et non par le FARC.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Interdiction des manifestations des pro et anti 3ème mandat à Labé : voici la réaction de l’UFDG

29 juin 2019 à 15 03 19 06196
Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG

Sous le feu des critiques depuis qu’il a interdit les manifestations des pro et anti troisième mandat dans sa ville, le maire de Labé bénéficie du soutien de sa formation politique. Au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce samedi, 29 juin 2019, Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, a volé au secours de l’autorité communale de Labé. L’opposant salue le « sens de responsabilité » de Mamadou Aliou Laly Diallo.

Le maire de Labé a surpris beaucoup en décidant d’interdire deux manifestations politiques qui étaient prévues demain, dimanche 30 juin 2019, dans la ville. D’un côté, le Front pour l’Adoption par Référendum d’une nouvelle Constitution (FARC) et de l’autre, le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Deux mouvement opposés autour du projet de nouvelle constitution que le pouvoir veut soumettre à un référendum, et dont l’objectif est de permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.

Même s’il a justifié sa décision par le souci de maintenir la paix et la quiétude dans la commune urbaine de Labé, l’élu de l’UFDG, Mamadou Aliou Laly Diallo, n’échappe pas aux critiques. Beaucoup d’internautes se sont étonnés de voir un élu de l’opposition interdire des manifestations politiques dans sa ville. Certains même sont allés jusqu’à le qualifier de Bouréma Condé (le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation qui a interdit toute manifestation sur l’ensemble du territoire guinéen depuis plusieurs mois).

Mais, le maire peut compter tout de même sur le soutien de son camp politique. Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président et député de l’UFDG, trouve cette décision du maire de Labé tout à fait responsable. « Il faut d’abord saluer le sens de responsabilité du maire de Labé. Il a prouvé que c’est un responsable, c’est un homme bien réfléchi, qui maîtrise le sujet pour lequel il a été élu maire. Nous le saluons et nous le félicitons pour ça.

Ce maire a reçu deux courriers, évidemment la tension était élevée. Est-ce que ce n’était pas un piège ? Parce que tout le monde sait que monsieur Alpha Condé n’a personne à Labé, le pouvoir voulait donc prendre des gens à Conakry et aller semer la pagaille à Labé, où l’UFDG remporte les élections avec 97 ou 98%. Donc, le maire de Labé n’est pas tombé dans ce piège », estime le président du groupe parlementaire de l’UFDG à l’Assemblée nationale.

Toutefois, l’opposant souligne que cette décision du maire de Labé ne peut pas être un alibi pour interdire les prochaines manifestations contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé. « Il reste entendu que ça va être la dernière fois que des situations comme ça vont passer. Si la stratégie des gens qui veulent d’une nouvelle constitution consiste à écrire des courriers rapidement, le jour où le FNDC veut manifester eux aussi ils disent qu’ils vont manifester pour que les maires annulent les différentes manifestations en disant qu’il y a des risques d’affrontement, c’est peine perdue, ça ne se fera plus. De toutes les façons, les manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution vont se faire.

Elles vont commencer le jour où le président va dépasser le Rubicon ; le jour où il va dire lui-même moi Alpha Condé, je vais organiser un référendum constitutionnel à telle date. A partir de ce jour-là, on ne cherchera pas à savoir est-ce que quelqu’un d’autre aussi veut manifester le même jour et au même endroit ; est-ce qu’il y a des risques d’affrontement, parce que monsieur Alpha Condé lui-même a parlé de confrontation. Nous allons organiser des manifestations dans tout le pays pour barrer la route à ce projet et empêcher Alpha Condé de s’offrir un troisième mandat.

Donc, cela ne peut pas être un alibi, ça ne peut pas être une jurisprudence pour que les maires interdisent les manifestations. D’ailleurs, quand on va commencer nos manifestations contre ce projet de troisième mandat d’Alpha Condé, on ne va même pas écrire pour demander la permission de qui que ça soit. On n’a pas besoin d’écrire à quelqu’un pour ça », a prévenu Fodé Oussou Fofana.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628124362

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3ème mandat pour Alpha Condé ? Tierno Monénembo appelle les Guinéens à se mobiliser contre ce projet

25 juin 2019 à 18 06 23 06236
L’écrivain Thierno Monénembo et certains responsables du FNDC le 25 juin 2019 à la Maison de la presse de Conakry

Le célèbre écrivain guinéen, Tierno Monénembo qui a officiellement adhéré au Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), s’engage dans le combat contre un 3ème mandat pour le président Alpha Condé. Au cours d’une conférence de presse qu’il a animée ce mardi, 25 juin 2019, Monénembo est revenu en détails sur les raisons de sa démarche. Il était accompagné du coordinateur du FNDC, Abdourahmane Sanoh, et de certains responsables de la structure, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette sortie médiatique de Tierno Saïdou Diallo, plus connu sous le nom de Thierno Monénembo, intervient peu après son adhésion au FNDC, structure mise en place pour barrer la route au projet de nouvelle constitution prônée par le pouvoir de Conakry, et dont l’objectif serait de permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. L’écrivain est venu expliquer les raisons de son engagement dans ce combat. « Je suis là ce matin, parce que je partage profondément les principes et les idéaux de ceux qui ont pris l’initiative de créer ce Front National pour la Défense de la Constitution.

Je pense, en effet, que la Constitution n’est pas quelque chose d’important, c’est quelque chose de sacré. Tant qu’on jonglera avec les lois, tant qu’on jonglera avec la Constitution, c’est le principe même du pays, c’est les principes de l’Etat qui seront remis en cause. Donc, ce combat que nous commençons à mener maintenant, est un combat qui intéresse tout le monde, et d’abord et avant tout le peuple de Guinée », a expliqué le prix Renaudot, devant de nombreux hommes de médias.

Tierno Monénembo en a profité pour appeler à une prise de conscience citoyenne, afin de défendre la démocratie et favoriser l’alternance en Guinée. « Il faut créer une conscience citoyenne et une vigilance citoyenne. La démocratie c’est la vigilance, la démocratie n’est pas un don. La démocratie est un rapport de force permanent. Si on donne toute la force à un homme, c’en est fini pour le peuple, il va dévorer tout le monde. Il faut qu’il y ait un contre-pouvoir, et ces garde-fous viendront de la société civile. Il faut limiter le pouvoir de celui qui est au pouvoir. Si le peuple ne prend pas précaution, il sera en danger », a averti le natif de Porédaka, dans Mamou.

En outre, l’écrivain guinéen a invité le peuple à lutter contre toute forme de confiscation du pouvoir en Guinée. Pour lui, le combat engagé doit se poursuivre pour ramener les hommes politiques à l’ordre. « Nous, nous ne nous battons pas seulement contre les velléités d’Alpha Condé d’avoir un troisième mandat. Nous nous battons contre toute circonstance pareille qui surgirait plus tard. Il faut faire en sorte que plus jamais un chef d’Etat en Guinée n’ait l’intention de manipuler la Constitution pour ses intérêts personnels, et le combat commence maintenant. Notre Constitution est menacée, nous allons la défendre. Nul n’a le pouvoir de résister contre la colère du peuple », soutient-il.

Tierno Monénembo a également dénoncé les difficultés qui assaillent les citoyens guinéens, comme le manque d’eau et d’électricité, les problèmes de santé, le manque d’infrastructures, l’atteinte à la fraternité et à l’unité nationale, l’injustice…

Pour sa part, Abdourahmane Sanoh, coordinateur général du Front National pour la Défense de la Constitution, a salué le courage et la détermination qui ont prévalu à l’adhésion de Tierno Monénembo à ce front. « Je voudrais juste me réjouir de l’arrivée à nos cotés d’un intellectuel de haut niveau, comme notre frère Tierno Monénembo. C’est cet engagement qui manquait au peuple de Guinée, des hommes et femmes qui sont imprégnés de la vigueur et de l’objectivité pouvant animer et orienter le débat dans le sens de l’intérêt collectif.

Nous souhaitons que son image soit une image qui incite d’autres personnalités à faire comme lui, parce que la crise qui s’annonce pour notre pays est d’abord une crise de l’élite, ensuite une crise morale. L’expression d’une minorité face au peuple. Je voudrais donc lancer un appel à tous ceux qui hésitent encore, pour leur dire que le moment n’est plus à l’hésitation.

Ceux qui veulent modifier la Constitution pour leur intérêt personnel, qui nous prennent pour leur fond de commerce, qui n’ont aucun respect pour notre peuple, doivent savoir que notre détermination est totale et qu’aucune chance ne leur sera donnée pour atteindre leur objectif dangereux et indigne », a martelé l’activiste de la société civile.

Touré Amadou Oury pour Guineematin.com

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Diaspora : plusieurs guinéens d’Europe manifestent à Bruxelles contre un 3ème mandat pour Alpha Condé

24 juin 2019 à 10 10 13 06136

Comme annoncé depuis plusieurs semaines, le FNDC Belgique a organisé sa première manifestation le samedi, 22 juin 2019 à Bruxelles. De nombreux ressortissants guinéens sont descendus dans la rue pour exprimer leur opposition à un troisième mandat pour le président Alpha Condé, a appris Guineematin.com de sources locales.

Organisée devant le Palais de justice de Bruxelles, cette manifestation a duré de 12h30 à 15h00. Elle a connu une forte mobilisation de guinéens vivant en en Belgique, en France, en Hollande au Luxembourg et dans d’autres pays d’Europe. Parmi eux, des leaders politiques, des activistes de la société civile, des artistes et de simples citoyens. On notait également la présence de Aliou Bah, le leader du MoDel, venu de Conakry, et Marie Madeleine Dioubaté, candidate à l’élection présidentielle de 2015 en Guinée, venue de la France.

Tous ont manifesté dans la capitale européenne pour dire non au projet de changement de constitution prôné par le pouvoir de Conakry et dont l’objectif est de permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Tous les intervenants ont appelé le peuple de Guinée à se mobiliser comme un seul homme pour combattre et barrer la route aux promoteurs de ce projet qu’ils considèrent comme étant des ennemis de la République.

Des banderoles et pancartes affichant les deux premières listes des promoteurs du projet « suicidaire » d’Alpha Condé, élaborées par la coordination du Front National pour la Défense de la Constitution, et des slogans hostiles au régime « dictatorial » de Conakry étaient visibles sur les lieux de la manifestation.

Ce mouvement a été clôturé par les interventions des artistes Djani Alfa et Joe Dioubaté, et l’animation de Sékou Bruxelles Doumbouya. Le tout, dans une grande ferveur et avec des sentiments de satisfaction par rapport à la mobilisation et de détermination pour la suite du combat.

Depuis Bruxelles, Ibrahima Sory Koin Baldé pour Guineematin.com

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FNDC-Belgique : invitation à une manifestation contre le 3éme mandat d’Alpha Condé

21 juin 2019 à 12 12 43 06436

Nous, FNDC-Belgique avons l’immense honneur de vous inviter à Bruxelles, le 22 juin, à la grande manifestation que nous organisons contre le tripatouillage de la constitution guinéenne.

Le président Alpha Condé a envisagé, contre la volonté du peuple de Guinée, de changer la constitution pour s’octroyer une présidence à vie en nette violation des articles 27 et 154 que nous rappelons ci-après :

Article 27 : Le Président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non.

Article 154 : La forme républicaine de l’Etat, le principe de la laïcité, le principe de l’unicité de l’État, le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’une révision.

Nous serons dès lors honorés de vous accueillir à Bruxelles et de pouvoir compter sur votre contribution à la réussite de la manifestation qui vise à dissuader le président Alpha Condé et son clan de se maintenir au pouvoir au-delà de 2020.

Le Front National pour la Défense de la Constitution-Belgique (FNDC) invite toutes les guinéennes et tous les guinéens à venir massivement participer à la manifestation du 22 juin 2019 à Bruxelles.

Date : 22 juin 2019

Heure : 12H30 à 15H00 devant le palais de Justice

Adresse : Place Poelaert 1, 1000 Bruxelles. Belgique

Comptant sur votre présence, nous vous prions d’agréer, l’expression de nos respectueuses salutations.

FNDC-Belgique

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Procès d’opposants à un 3ème mandat à N’zérékoré : voici la décision du tribunal

20 juin 2019 à 14 02 24 06246

A l’issue de leur procès qui a eu lieu durant toute la journée d’hier, les opposants à un troisième mandat pour le président Alpha Condé, interpellés lors de la manifestation appelée par le FNDC le 13 juin dernier à N’zérékoré, ont été fixés sur leur sort ce jeudi, 20 juin 2019. Certains d’entre eux ont été relaxés et d’autres condamnés à des peines assorties de sursis, a constaté un envoyé spécial de Guineematin.com à N’zérékoré.

Sur les 44 prévenus, poursuivis pour détention illicite d’armes de calibre 12, participation délictueuse à attroupement, tentative de vol et trouble à l’ordre public, violences et menaces, le tribunal a relaxé 22 pour délit non constitué. « Le tribunal, statuant publiquement contradictoirement en matière correctionnelle et en premier ressort ; après en avoir délibéré conformément à la loi ;

sur l’action publique, relaxe Abdoulaye Diallo, Mathieu Kamano, Mamadou Moustapha Baldé, Mamadou Macka Baldé, Souleymane Sow, Hamidou Barry, Dakko Kolié, Ousmane Diallo, Damany Condé, Moussa Keita, Mohamed Keita, Noupouli Kolié, Nyéréké Tokpa Kpoghomou, Moriba Tokpa Zogbélémou, Mamoudou Fofana, Ousmane Cissé, Mamadi Kourouma, Bangaly Traoré, Kémo Keita, Mohamed Touré, Mamoudou Cissé et Bangaly Keita pour délit non constitué et les renvoie des fins de la poursuite. En conséquence, renvoie le ministère public à mieux se pourvoir », a déclaré le juge, Ibrahima Daman.

La juridiction a, ensuite, reconnu « Abdourahmane Baldé, Alhassane Thiam, Marif Sow, Tibou Barry, Sory Haba, Mamadou Oury Diallo, Mamadou Alpha Baldé, Amadou Barry et Foromo Sakouvogui, coupables du délit de participation délictueuse à un attroupement à eux reproché. Pour la répression, les condamne à trois (3) mois d’emprisonnement assorti de sursis et à 500 mille francs guinéens d’amende chacun ».

Un autre groupe, composé de « Oumar Diakité, Mohamed Konaté, Moussa Sangaré, Amadou Condé, Daouda Camara, Pascal Haba, Bangaly Keita, Mamadi Keita », a été condamné à quatre (4) mois d’emprisonnement assorti de sursis et 500 mille francs guinéens d’amende chacun, pour vol et destruction de biens privés.

Mohamed Lamine N’Diaye, Ansou Kourouma et Foromo Tokpa Zogbélémou, ont écopé également de quatre (4) mois d’emprisonnement assorti de sursis et 500 mille francs guinéens d’amende chacun, pour « trouble à l’ordre public, violences et menaces ».

Enfin, le tribunal a déclaré « Kalou Kanté et Bandian Condé, coupables de détention illicite d’armes légères de petit calibre 12 et leurs munitions à eux reprochée. Pour la répression, les condamne à six (6) mois d’emprisonnement assorti de sursis et 500 mille d’amende chacun ».

De N’zérékoré, Siba Guilavogui et Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Accord FNDC-N’zérékoré et autorités locales : sortie de crise ou opération duperie ?

20 juin 2019 à 13 01 14 06146

Après plus d’une semaine de tensions ayant conduit à un mort, des blessés, de nombreuses interpellations et des pillages de commerces, une solution de sortie de crise a été trouvée entre les autorités de N’zérékoré et les opposants à un troisième mandat, emmenés par l’antenne locale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Mais, qui sort réellement gagnant de cette situation ?

Rappelons tout d’abord que cette crise qu’a vécu la capitale de la Guinée forestière est partie d’une réunion au cours de laquelle, le préfet de N’zérékoré, Elhadj Sory Sanoh, a annoncé l’interdiction des activités du Front National pour la Défense de la Constitution sur toute l’étendue de la préfecture. Elhadj Sory Sanoh avait, alors, instruit tous les sous-préfets d’arrêter et de mettre à la disposition de la justice, toute personne qui se présenterait dans leur localité comme étant un membre du FNDC, sans un ordre de mission signé de lui-même.

En réponse à cette décision jugée « antidémocratique et liberticide », les responsables de l’antenne régionale du Front National pour la Défense de la Constitution ont appelé les citoyens de N’zérékoré à une marche pacifique le jeudi, 13 juin 2019. Malgré l’interdiction de la manifestation par la mairie, plusieurs personnes, opposées à un troisième mandat pour le président Alpha Condé sont descendues dans les rues de la ville. La répression de cette marche pacifique par les forces de l’ordre a causé la mort d’une personne et fait plusieurs blessés, 44 interpellations et des boutiques pillées et saccagées.

Face aux menaces qui pesaient contre eux suite à cette situation, les responsables locaux du FNDC ont dû vivre en cachette pendant plusieurs jours. C’est ainsi que l’ancien maire de N’zérékoré, Cécé Loua, a engagé une médiation entre eux et les autorités locales (Gouverneur, préfet, maire). Après avoir rencontré séparément les deux camps, le médiateur est parvenu à les réunir autour d’une même table au gouvernorat de N’zérékoré pour discuter d’une solution de sortie de crise.

A l’issue des négociations, les parties prenantes sont convenues de ce qui suit.

« Suspension de toute manifestation politique de tout bord dans les lieux public à N’zérékoré jusqu’à nouvel ordre ;

L’autorité administrative renonce à son droit de poursuite judiciaire contre les membres du FNDC en faveur de la paix ;

Sollicite auprès du tribunal de première instance de N’zérékoré un procès équitable en faveur des détenus ».

Après la signature de ce protocole d’accord, les responsables du FNDC-N’zérékoré ne vivent plus en cachette et ils ne sont plus menacés d’arrestations ou de quoi que ce soit. Mais, c’est pratiquement tout ce qu’ils ont gagné, en plus bien sûr de l’implication des autorités communautaires et religieuses de N’zérékoré dans la recherche d’une solution de sortie de crise (c’était là une des leurs revendications en allant à ces négociations). Et puis, la signature de ce protocole a, peut-être, dû peser dans la décision du tribunal de N’zérékoré rendue ce matin à l’issue du procès des personnes interpellées lors de la manifestation appelée par le FNDC le 13 juin dernier.

La juridiction a relaxé une partie des prévenus pour délit non constitué et condamné d’autres à des peines assorties de sursis. Ce qui permet aux 44 personnes concernées de recouvrer leur liberté après une semaine de détention. Mais, il faut dire que la principale revendication du FNDC et qui est d’ailleurs à la base de toute cette situation, n’a pas été pris en compte dans cette sortie de crise. Il s’agit du libre exercice des activités de la structure (installation d’antennes, réunions, meetings, sensibilisation des citoyens, et tout ce qu’il faut dans son combat contre l’adoption du projet de nouvelle constitution, dont le but est d’octroyer un troisième mandat au président Alpha Condé) dans toute la région.

A l’analyse de cette situation, on pourrait se dire que les activistes anti-troisième mandat emmenés par le FNDC-N’zérékoré sortent perdants de ce bras de fer avec les autorités locales. Parce que ces dernières ont obtenu exactement ce qu’elles cherchaient, qui n’est autre que l’interdiction des activités du Front National pour la Défense de la Constitution dans la région. Que vaudra l’antenne du FNDC à N’zérékoré si elle ne peut pas mener des activités sur le terrain ? Il est bien vrai que l’interdiction de manifester touche aussi bien les pros que les anti-troisième mandat ou nouvelle constitution (il ne s’agit là en réalité que d’un jeu de mots qui veut dire la même chose).

Il ne faut pas oublier cependant que le pouvoir n’a nullement besoin de manifestations de rue pour faire passer son projet. La plupart des ministres sont déjà sur le terrain actuellement pour mener une campagne à peine déguisée dans ce sens. Ils vont, officiellement, pour procéder à des poses de premières pierres de la construction d’infrastructures d’utilité publique, mais qui ne sont en réalité que de meetings de campagne en faveur d’une nouvelle constitution. Les populations de N’zérékoré le savent très bien puisque le ministre Papa Koly Kourouma, à la tête d’une délégation, est en tournée depuis plusieurs jours dans la région.

En réussissant donc à arrêter l’élan entamé par le FNDC-N’zérékoré et qui commençait à faire de l’écho au sein des populations de la région, les autorités de N’zérékoré peuvent pousser un soupir. Car désormais, la voie est libre pour eux, afin de mener tranquillement et sans beaucoup de bruit, leur campagne en faveur d’un référendum constitutionnel qui permettra au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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Vers la fin de la crise à N’zérékoré ? Une rencontre entre les autorités et le FNDC, prévue demain

17 juin 2019 à 20 08 16 06166

Très tendue depuis plusieurs jours, la situation commence à se normaliser dans la ville de N’zérékoré. Après une médiation engagée par l’ancien maire de la ville, les autorités locales et les responsables régionaux du FNDC reviennent chacun à de meilleurs sentiments. Les deux parties ont accepté de se retrouver demain mardi, 18 juin 2019 pour des négociations, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la ville.

C’est hier dimanche que Cécé Loua, ancien maire de N’zérékoré, a entamé des consultations afin de tenter de trouver une solution concertée à la crise qui secoue la ville depuis plusieurs jours et qui a déjà fait un mort, plusieurs blessés et des dégâts matériels. Il a rencontré en premier lieu les responsables de l’antenne régionale du Front National pour la Défense de la Constitution qui vivaient en cachette depuis le jeudi dernier. Après avoir échangé avec ces activistes contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé, il a rencontré les autorités locales ce lundi.

« J’étais en séjour à Conakry quand j’ai appris qu’il y avait une marche pacifique à N’zérékoré. Mais, j’ai regretté que les forces de l’ordre viennent brutaliser les manifestants alors que le chef de l’Etat a bien dit qu’il écoute la population. On ne peut pas priver une partie de la population de s’exprimer et ne pas interdire l’autre ; ça ce n’est pas normal. Mais, quand on voit sa ville en ébullition, en trouble, un bon leader politique ou d’opinion doit faire le devoir sacré de travailler à ramener la paix et la quiétude dans la cité. C’est ce que j’ai entamé depuis hier. J’ai rencontré l’autorité régionale, le maire et le préfet. Nous en avons discuté et chacun a pris des engagements de s’asseoir autour d’une table avec les membres du FNDC pour négocier. Et je crois, même si c’est la guerre, on a toujours fini autour de la table », explique Cécé Loua.

Et, selon lui, sa démarche commence déjà à porter fruit. Car, les responsables du FNDC ont pu sortir de leur cachette pour regagner leurs domiciles, et les deux parties ont accepté de se rencontrer pour négocier face à face. « Après l’entretien que j’ai eu avec les membres du FNDC, chacun a regagné son domicile et ils sont en train de rédiger la feuille de route, c’est-à-dire les points de revendications que nous allons débattre demain avec le gouverneur. Et ce soir, un communiqué du FNDC passera pour informer toutes les structures du FNDC dans la région pour dire qu’ils sont conviés à une rencontre avec les autorités demain », a annoncé l’ancien maire de la commune urbaine de N’zérékoré.

Reste à savoir si cette rencontre permettra de faire changer la donne actuelle.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Menace contre la paix et la stabilité de la Guinée : le FNDC reçu par le Kountigui de la Basse Guinée

17 juin 2019 à 13 01 21 06216

Communiqué : Une délégation du Front National pour la Défense de la Constitution a été reçue ce dimanche par Elhadji Sékouna SOUMAH, le Kountigui de la Basse Guinée.

La délégation du FNDC a attiré l’attention du premier notable de la basse Guinée sur la situation politique du moment marquée par les velléités du Président de la République de changer la constitution pour se maintenir au pouvoir.

Le FNDC a invité le Kountigui à prendre des initiatives pour sensibiliser les habitants de basse Guinée à ne pas s’associer au projet de troisième mandat afin d’éviter à notre pays une situation conflictuelle aux conséquences désastreuses.

En retour, El-hadji Sékouna SOUMAH a remercié le FNDC pour cette démarche et a réitéré sa position contre le 3ème Mandat.

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Affaire 3ème mandat : une nouvelle marche annoncée à N’zérékoré

15 juin 2019 à 22 10 55 06556

La Guinée est de plus en plus plongée dans un débat qui risque de tirer ce pauvre pays d’une dizaine de millions d’habitants dans une instabilité. Annoncé par le par le président Alpha Condé, le « débat entre ceux qui sont POUR et ceux qui sont CONTRE » un changement de la Constitution a très mal commencé et se mène actuellement de façon très maladroite.

A grands frais et pilotées par les ministres, chefs des régies financières et hauts cadres de l’Etat, les manifestations pour un changement de la Constitution qui vise à favoriser un troisième mandat pour le président Alpha Condé sont couvertes et largement relayées par les médias publics. Alors que celles de ceux qui demandent au chef de l’Etat de respecter la Constitution actuelle et de quitter le pouvoir à la fin de son deuxième et dernier mandat sont interdites et les organisateurs menacés par les autorités. Mais, ceux qui défendent la constitution continuent de croire à la justesse de leur choix et à la nécessité d’aller jusqu’au bout pour éviter à la Guinée de retomber dans une instabilité politique avec des conséquences désastreuses pour l’avenir de tout le peuple.

cette nuit, Guineematin.com a appris que malgré toutes les menaces proférées par les autorités, les membres du FNDC (Front national de la défense de la Constitution) comptent organiser une autre marche dans la ville de N’zérékoré, le jeudi prochain. Comme on le sait, la semaine dernière, les défenseurs de la Constitution guinéenne avaient été empêchés d’organiser leur marche. La répression de leur mouvement par les agents des forces de sécurité avait même engendré un mort, plusieurs blessés et de nombreux dégâts matériels. Et, ce samedi, 15 juin 2019, les autorités locales, entourées de plusieurs membres du Gouvernement (déployés dans la capitale de la Guinée forestière) ont annoncé le début de la traque des défenseurs de la Constitution. Mais, au lieu d’effrayer les opposants au troisième mandat, cette annonce a plutôt fait penser aux opposants que leur lutte commence à porter fruit ! En tous les cas, les opposants au changement de la Constitution comptent mobiliser les citoyens de N’zérékoré pour une nouvelle marche… La Coordination régionale du FNDC a également demandé aux sous-préfectures qui ne pourront pas rallier la ville de N’zérékoré d’organiser des manifestations dans leurs localités. C’est également ce qui est demandé aux populations des préfectures voisines : Beyla, Lola, Macenta, Guékédou et Yomou… Jusqu’où ira ce bras de fer ?

Attendons de voir !

A suivre de près sur Guineematin.com

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N’zérékoré : « il faut que le FNDC disparaisse totalement… »

15 juin 2019 à 19 07 58 06586

Le gouverneur de la région administrative de N’zérékoré, Mohamed Ismaël Touré, annonce « une guerre sans merci » contre les membres de l’antenne locale du Front National pour la défense de la Constitution (FNDC). L’annonce en a été faite ce samedi, 15 juin 2019, lors d’une rencontre que monsieur Touré a eue avec les chefs de quartiers, les représentants des groupements de jeunes, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Cette rencontre a été présidée par le Ministre de la Santé, Dr Edouard Niankoye Lamah, accompagné de ses collègues de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, de la Pêche et de l’Economie Maritime, Dr Ibrahima Kourouma et Frédéric Loua. On notait également la présence de deux anciens ministres, Rémy Lamah et André Loua.

Le gouverneur de N’zérékoré ne décolère pas depuis les échauffourées mortelles du jeudi, consécutives au refus des autorités de permettre au FNDC de manifester contre le projet de nouvelle Constitution en Guinée. Devant des ministres et anciens ministres de la République, Mohamed Ismaël Touré, n’a pas mâché ses mots contre les membres locaux du FNDC qui doivent être « traqués jusque dans leur dernier retranchement », reprenant ainsi Damaro Camara, chef de la majorité présidentielle au parlement.

A l’entame de la réunion, le gouverneur a tout d’abord déploré les évènements du 13 et 14 juin 2019, avant d’inviter les chefs de quartiers à sévir contre celui qu’il appelle les ennemis. « C’est avec un grand regret que nous avons constaté les dégâts des évènements du 13 au 14 juin dernier, organisé par ceux qui se disent défenseurs de la loi. Une manifestation que nous avons interdite à l’avance. Il faut que le FNDC disparaisse totalement à N’zérékoré, dans tout ses compartiments. Pour que le front disparaisse, c’est vous les chefs de quartiers. Donc, il faut que nous cherchions à mettre les comités de veille qui seront dans les quartiers, dans les secteurs pour essayer de les localiser pour qu’on essaye de les traquer jusqu’à leur dernier retranchement. Ils ne sont plus notre adversaire politique, mais un ennemi à nous », a martelé Mohamed Ismaël Touré.

Pour mettre fin aux activités du FNDC, le gouverneur demande l’appui des chefs de quartiers. Il les invite à démissionner de la tête des quartiers s’ils ne peuvent pas quitter le FNDC. « Ceux sont en adéquation avec ce front-là, c’est le bon moment de démissionner à la tête du quartier. Il faut avoir le courage moral de vous lever, dire vraiment je ne peux pas me débarrasser du FNDC, je démissionne, parce que je ne peux pas me soustraire du front. On va chercher autre pour vous remplacer. Et Si on constate après notre réunion, les membres du même bureau dans ton quartier, c’est toi qui va partir », a-t-il menacé.

En réponse, les chefs de quartiers se sont engagés à dénoncer les membres du FNDC dans leurs zones. Il reste à savoir si cette stratégie va prospérer d’autant plus que les membres du FNDC n’ont pas dit leur dernier mot.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Manifestation contre un 3ème mandat : le FNDC annonce 8 arrestations et 2 blessés graves

13 juin 2019 à 16 04 37 06376

Dans un communiqué signé de son responsable des opérations, la Coordination nationale du Front national pour la défense de la démocratie (FNDC) annonce deux blessés graves et que huit personnes ont été arrêtées par les autorités de N’zérékoré. C’était à l’occasion de la marche empêchée de ce jeudi, 13 juin 2019, contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le communiqué du FNDC :

Situation de N’zerekoré à 15h 30

L’antenne régionale du FNDC_ N’Zérékoré a organisé une marche pacifique, ce jeudi 13 Juin 2019 pour le respect de la constitution de mai 2010. A travers cette marche la population de la Guinée Forestière a voulu exprimer au nom de la liberté d’opinion, son désaccord au projet de troisième mandat pour Monsieur Alpha CONDE.

Malgré le caractère républicain de la démarche des membres du FNDC_ N’Zérékoré, la police et la gendarmerie aux ordres de Monsieur Alpha CONDE Président de la République ont brutalisé, violenté et arrêté les militants de la démocratie.

Pour l’heure, on dénombre huit (8) arrestations, deux (2) blessés graves (Mamady CONDE et Rosé LAMAH dans le coma).

La coordination nationale du FNDC regrette et condamne ces violences préméditées par les autorités de N’Zérékoré.

Par ailleurs, le FNDC félicite les braves populations de N’Zérékoré pour leur mobilisation et leur détermination à défendre la constitution.

Le FNDC invite tous les citoyens à rester mobilisés, pour préserver les acquis démocratique chèrement conquis par le vaillant peuple de Guinée.
Ensemble, unis et solidaires nous vaincrons.

Conakry, le 13 Juin 2019

La coordination Nationale

Le Responsables des Operations

Ibrahima DIALLO

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Risque de violences à N’zérékoré : le FNDC entend braver l’interdiction de manifester

13 juin 2019 à 11 11 23 06236

Malgré l’interdiction de sa marche pacifique prévue ce jeudi, 13 juin 2019, l’antenne du FNDC à N’zérékoré n’entend pas abdiquer. La structure maintient la manifestation et appelle les citoyens de la ville à sortir protester contre les agissements « antidémocratiques et liberticides » des autorités locales. Des autorités qui ne comptent pas aussi laisser se dérouler cette manifestation, a constaté le correspondant de Guineematin.com sur place.

C’est une journée tendue à l’issue incertaine qui s’annonce aujourd’hui à N’zérékoré. Tôt le matin, un important dispositif sécuritaire a été déployé dans la ville, particulière sur le point de ralliement de la manifestation appelée par l’antenne régionale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Les forces de l’ordre sont chargées d’empêcher tout regroupement lié à cette marche.

Mais, de leur côté, les responsables du FNDC-N’zérékoré décident d’aller au bras de fer avec les autorités. Ils ont appelé leurs membres et les citoyens de la ville à sortir braver l’interdiction de leur marche. La mobilisation a d’ailleurs commencé au niveau du siège local de l’UFDG, le principal parti d’opposition du pays, situé au quartier Mohomou. Plusieurs jeunes ont rallié les lieux et ils se disent déterminés à descendre dans la rue pour protester contre l’interdiction des activités du FNDC dans toute la préfecture de N’zérékoré et les menaces proférées par le préfet contre ses membres.

Pour l’heure, la ville est partagée entre tension et méfiance et la plupart des activités sont paralysées.

A suivre !

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Le FNDC-Siguiri menace : « les promoteurs d’un 3ème mandat seront battus »

9 juin 2019 à 18 06 43 06436

Le Front National pour la Défense de la Constitution poursuit son implantation sur le terrain afin de barrer la route au projet de nouvelle constitution visant à octroyer un troisième mandat au président Alpha Condé. La structure qui regroupe des partis politiques d’opposition, des activistes de la société civile, des syndicats et des artistes entre autres, a désormais une représentation à Siguiri. Cette antenne a été mise en place ce dimanche, 09 juin 2019 dans cette préfecture, a constaté le correspondant de Guineematin.com sur place.

Malgré la sortie du maire de Siguiri, Koumba Sékou Magassouba, qui a passé un communiqué à la radio, interdisant l’installation d’une antenne du FNDC dans la ville, la structure a été mise en place. La cérémonie a eu lieu au siège de l’Union des Forces Républicaines (UFR). Après la mise en place du bureau de cette antenne préfectoral, le porte-parole de la structure, Amadou Guissé, a salué l’engouement suscité par le Front National pour la Défense de la Constitution auprès de la jeunesse de Siguiri.

Amadou Guissé

« La mobilisation de ce matin est un avertissement pour tous les marchands d’illusions. Aujourd’hui plus qu’hier le peuple de Siguiri, à travers sa vaillante jeunesse, aura déjoué le coup d’État constitutionnel en préparation. Le front national pour la défense de la constitution dont nous installons aujourd’hui l’antenne préfectorale à Siguiri est un creuset pour unir tous les Guinéens patriotes en transcendant les clivages politiques, ethniques, religieux.

Ceux qui ont utilisé l’ethno-stratégie comme front politique trouveront le FNDC sur leur chemin tortueux. Comme en 1958, le peuple guinéen dit non aux promoteurs d’une nouvelle constitution », a dit Amadou Guissé, membre de l’UFDG.

Dr Moussa Oriya Keïta
Dr Moussa Oriya Keïta

Egalement membre de ce front anti-3ème mandat, Dr Moussa Oriya Keïta, influent activiste de la société civile de Siguiri, a déclaré que « certains disent qu’ils sont prêts à l’affrontement, nous aussi nous sommes prêts à l’affrontement. La Guinée n’appartient à aucune personne, elle n’appartient à aucune ethnie, elle appartient aux guinéens. Il y a 26 ans, ce qui s’est passé aujourd’hui était inimaginable, Siguiri a prouvé aujourd’hui que Siguiri n’appartient à aucun parti politique, Siguiri appartient aux Siguirikas, elle appartient à la vérité et non aux mensonges.

La constitution qui est en vigueur aujourd’hui, c’est une constitution qui a été rédigée en présence des amis d’Alpha Condé, des membres du RPG, il y a même une disposition qui a été enlevée en sa faveur : c’est la limitation d’âge. Au-delà d’être politiciens, soyons musulmans, soyons croyants. Lorsque conté a introduit le Koudaïsme en 2001, les personnes qui soutiennent la nouvelle constitution aujourd’hui l’avaient combattu.

Ils nous avons trompés par des idées tordues hier pour combattre Lansana conté, ils ont monté les Malinkés contre lui qui a dit « N’fattara ». Aujourd’hui, ils disent si vous laissez Dalein prendre le pouvoir il va combattre les Malinkés, tout est faux. Aujourd’hui, le FNDC est l’arme fatale, il est incolore, inodore et sans saveur, il est venu pour sauver la Guinée », a-t-il assuré.

Baba Fofana, responsable de l’UFR et coordinateur du FNDC à Siguiri,
Baba Fofana

De son côté, Baba Fofana, responsable de l’UFR et coordinateur du FNDC à Siguiri, a annoncé la poursuite de ce processus d’implantation dans toute la préfecture, afin de barrer au projet de changement de constitution et de troisième mandat pour Alpha Condé. « Rien ne peut nous arrêter dans notre combat. Après cette antenne préfectorale, nous installerons des antennes dans toutes sous-préfectures. Les promoteurs d’un troisième mandat seront battus parce que le peuple de Siguiri s’est réveillé », a prévenu l’opposant.

A noter que malgré son interdiction par le maire, cette cérémonie d’installation du FNDC à Siguiri s’est déroulée sans aucun incident.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Appel à la division ? Le FNDC de N’zérékoré met en garde les autorités locales

3 juin 2019 à 10 10 54 06546

Une réunion tenue le samedi, 1er juin 2019 au gouvernorat de N’zérékoré préoccupe l’antenne locale du Front National pour la Défense de la constitution. Le FNDC condamne une manœuvre ayant pour seul objectif « la division et l’effritement de la cohésion sociale » dans la région. La structure s’est fait entendre à travers une déclaration publiée hier dimanche, 02 juin, dans laquelle elle met en garde tous ceux qui ont pris part à cette rencontre, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Selon les responsables du FNDC à N’zérékoré, cette réunion a été convoquée par le gouverneur de la région administrative de N’zérékoré. Elle a regroupé autour de lui, le préfet de N’zérékoré, les maires de la commune urbaine et de la commune rurale de Samoe, les chefs de quartiers, quelques sous-préfets et quelques cadres et responsable du RPG. « Le FNDC a pris acte du contenu de cette réunion dont les conclusions ne sont autres qu’un appel à la division et à l’effritement de la cohésion sociale.

Le FNDC N’zérékoré, démembrement du FNDC national, fidèle à ses idéaux de paix, de défense de la démocratie et de l’unité nationale, met en garde les autorités qui incitent les couches sociales à s’opposer et à s’attaquer à ses membres. Le FNDC N’zérékoré informe la population que c’est le même gouverneur qui était en service dans notre région quand la société des mines de fer Zogota a fermé à la suite d’attaques barbares perpétrées contre les paisibles populations endormies.

Le FNDC invite la population à rester vigilante, car il (le gouverneur) est encore revenu dès que les sociétés minières ont annoncé leur retour. L’allure que prennent les choses, avec les menaces qu’il fait planer sur l’unité nationale en est une preuve éloquente. Dans les jours à venir, des détails seront apportés sur les vraies raisons de son retour et son rôle joué dans le départ des sociétés minières de Lola et de Zogota », souligne la déclaration du FNDC N’zérékoré, lue par son vice coordinateur, Cécé Théa.

La structure prend le gouverneur de la région administrative de N’zérékoré pour responsable de tout incident malheureux qui pourrait intervenir dans cette région suite à cette rencontre.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Démission de Cheick Sako : Abdoulaye Bah prédit d’autres

28 mai 2019 à 17 05 35 05355

La démission du ministre guinéen de la justice, maitre Cheick Sako, polarise l’attention et suscite des prises de position contradictoires. Si au sein de l’opposition on salue cet acte courageux, à la mouvance présidentielle par contre, on tente de minimiser.

A l’occasion d’une conférence de presse animée hier lundi, 27 mai 2019, l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia parle de signal fort et prédit d’autres démissions, rapporte l’un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La démission surprise de maître Cheick Sako n’en finit pas de polariser l’attention. Pour Abdoulaye Bah, membre du Front National de la Défense de la Constitution (FNDC), cette démission du Garde des Sceaux est significative puisqu’il s’agit de la 4ème personnalité du gouvernement.

Selon l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia, « c’est un signal très fort. C’est la 4e personnalité du gouvernement. S’il y a modification constitutionnelle, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux doit en être avisé. S’il y a révision constitutionnelle, ou nomination de magistrat dans le pays, c’est le ministre qui propose les noms au président ».

Pour Abdoulaye Bah, cette façon de faire prouve le manque de maturité du RPG Arc-en-ciel, le parti au pouvoir en Guinée. « Donc, c’est le parti RPG qui ne connaît rien de la politique, qui n’a même pas de comité de base, qui ne peut même pas présenter des candidats pour les élections communales passées. Par conséquent, ce n’est pas une formation politique, il lui manque la base. C’est juste un mouvement politique qui s’est emparé de l’appareil d’État. Donc, notez bien qu’il y a quatre (4) autres démissions qui sont là-bas, mais ils refusent, ils cachent, parce qu’ils savent que c’est une honte… Alors, c’est un signal fort », soutient-il.

Propos recueillis à Kindia par Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineemtin.com

Tél : 628516796

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