Risque de violences à N’zérékoré : le FNDC entend braver l’interdiction de manifester

13 juin 2019 à 11 11 23 06236

Malgré l’interdiction de sa marche pacifique prévue ce jeudi, 13 juin 2019, l’antenne du FNDC à N’zérékoré n’entend pas abdiquer. La structure maintient la manifestation et appelle les citoyens de la ville à sortir protester contre les agissements « antidémocratiques et liberticides » des autorités locales. Des autorités qui ne comptent pas aussi laisser se dérouler cette manifestation, a constaté le correspondant de Guineematin.com sur place.

C’est une journée tendue à l’issue incertaine qui s’annonce aujourd’hui à N’zérékoré. Tôt le matin, un important dispositif sécuritaire a été déployé dans la ville, particulière sur le point de ralliement de la manifestation appelée par l’antenne régionale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Les forces de l’ordre sont chargées d’empêcher tout regroupement lié à cette marche.

Mais, de leur côté, les responsables du FNDC-N’zérékoré décident d’aller au bras de fer avec les autorités. Ils ont appelé leurs membres et les citoyens de la ville à sortir braver l’interdiction de leur marche. La mobilisation a d’ailleurs commencé au niveau du siège local de l’UFDG, le principal parti d’opposition du pays, situé au quartier Mohomou. Plusieurs jeunes ont rallié les lieux et ils se disent déterminés à descendre dans la rue pour protester contre l’interdiction des activités du FNDC dans toute la préfecture de N’zérékoré et les menaces proférées par le préfet contre ses membres.

Pour l’heure, la ville est partagée entre tension et méfiance et la plupart des activités sont paralysées.

A suivre !

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Le FNDC-Siguiri menace : « les promoteurs d’un 3ème mandat seront battus »

9 juin 2019 à 18 06 43 06436

Le Front National pour la Défense de la Constitution poursuit son implantation sur le terrain afin de barrer la route au projet de nouvelle constitution visant à octroyer un troisième mandat au président Alpha Condé. La structure qui regroupe des partis politiques d’opposition, des activistes de la société civile, des syndicats et des artistes entre autres, a désormais une représentation à Siguiri. Cette antenne a été mise en place ce dimanche, 09 juin 2019 dans cette préfecture, a constaté le correspondant de Guineematin.com sur place.

Malgré la sortie du maire de Siguiri, Koumba Sékou Magassouba, qui a passé un communiqué à la radio, interdisant l’installation d’une antenne du FNDC dans la ville, la structure a été mise en place. La cérémonie a eu lieu au siège de l’Union des Forces Républicaines (UFR). Après la mise en place du bureau de cette antenne préfectoral, le porte-parole de la structure, Amadou Guissé, a salué l’engouement suscité par le Front National pour la Défense de la Constitution auprès de la jeunesse de Siguiri.

Amadou Guissé

« La mobilisation de ce matin est un avertissement pour tous les marchands d’illusions. Aujourd’hui plus qu’hier le peuple de Siguiri, à travers sa vaillante jeunesse, aura déjoué le coup d’État constitutionnel en préparation. Le front national pour la défense de la constitution dont nous installons aujourd’hui l’antenne préfectorale à Siguiri est un creuset pour unir tous les Guinéens patriotes en transcendant les clivages politiques, ethniques, religieux.

Ceux qui ont utilisé l’ethno-stratégie comme front politique trouveront le FNDC sur leur chemin tortueux. Comme en 1958, le peuple guinéen dit non aux promoteurs d’une nouvelle constitution », a dit Amadou Guissé, membre de l’UFDG.

Dr Moussa Oriya Keïta
Dr Moussa Oriya Keïta

Egalement membre de ce front anti-3ème mandat, Dr Moussa Oriya Keïta, influent activiste de la société civile de Siguiri, a déclaré que « certains disent qu’ils sont prêts à l’affrontement, nous aussi nous sommes prêts à l’affrontement. La Guinée n’appartient à aucune personne, elle n’appartient à aucune ethnie, elle appartient aux guinéens. Il y a 26 ans, ce qui s’est passé aujourd’hui était inimaginable, Siguiri a prouvé aujourd’hui que Siguiri n’appartient à aucun parti politique, Siguiri appartient aux Siguirikas, elle appartient à la vérité et non aux mensonges.

La constitution qui est en vigueur aujourd’hui, c’est une constitution qui a été rédigée en présence des amis d’Alpha Condé, des membres du RPG, il y a même une disposition qui a été enlevée en sa faveur : c’est la limitation d’âge. Au-delà d’être politiciens, soyons musulmans, soyons croyants. Lorsque conté a introduit le Koudaïsme en 2001, les personnes qui soutiennent la nouvelle constitution aujourd’hui l’avaient combattu.

Ils nous avons trompés par des idées tordues hier pour combattre Lansana conté, ils ont monté les Malinkés contre lui qui a dit « N’fattara ». Aujourd’hui, ils disent si vous laissez Dalein prendre le pouvoir il va combattre les Malinkés, tout est faux. Aujourd’hui, le FNDC est l’arme fatale, il est incolore, inodore et sans saveur, il est venu pour sauver la Guinée », a-t-il assuré.

Baba Fofana, responsable de l’UFR et coordinateur du FNDC à Siguiri,
Baba Fofana

De son côté, Baba Fofana, responsable de l’UFR et coordinateur du FNDC à Siguiri, a annoncé la poursuite de ce processus d’implantation dans toute la préfecture, afin de barrer au projet de changement de constitution et de troisième mandat pour Alpha Condé. « Rien ne peut nous arrêter dans notre combat. Après cette antenne préfectorale, nous installerons des antennes dans toutes sous-préfectures. Les promoteurs d’un troisième mandat seront battus parce que le peuple de Siguiri s’est réveillé », a prévenu l’opposant.

A noter que malgré son interdiction par le maire, cette cérémonie d’installation du FNDC à Siguiri s’est déroulée sans aucun incident.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Appel à la division ? Le FNDC de N’zérékoré met en garde les autorités locales

3 juin 2019 à 10 10 54 06546

Une réunion tenue le samedi, 1er juin 2019 au gouvernorat de N’zérékoré préoccupe l’antenne locale du Front National pour la Défense de la constitution. Le FNDC condamne une manœuvre ayant pour seul objectif « la division et l’effritement de la cohésion sociale » dans la région. La structure s’est fait entendre à travers une déclaration publiée hier dimanche, 02 juin, dans laquelle elle met en garde tous ceux qui ont pris part à cette rencontre, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Selon les responsables du FNDC à N’zérékoré, cette réunion a été convoquée par le gouverneur de la région administrative de N’zérékoré. Elle a regroupé autour de lui, le préfet de N’zérékoré, les maires de la commune urbaine et de la commune rurale de Samoe, les chefs de quartiers, quelques sous-préfets et quelques cadres et responsable du RPG. « Le FNDC a pris acte du contenu de cette réunion dont les conclusions ne sont autres qu’un appel à la division et à l’effritement de la cohésion sociale.

Le FNDC N’zérékoré, démembrement du FNDC national, fidèle à ses idéaux de paix, de défense de la démocratie et de l’unité nationale, met en garde les autorités qui incitent les couches sociales à s’opposer et à s’attaquer à ses membres. Le FNDC N’zérékoré informe la population que c’est le même gouverneur qui était en service dans notre région quand la société des mines de fer Zogota a fermé à la suite d’attaques barbares perpétrées contre les paisibles populations endormies.

Le FNDC invite la population à rester vigilante, car il (le gouverneur) est encore revenu dès que les sociétés minières ont annoncé leur retour. L’allure que prennent les choses, avec les menaces qu’il fait planer sur l’unité nationale en est une preuve éloquente. Dans les jours à venir, des détails seront apportés sur les vraies raisons de son retour et son rôle joué dans le départ des sociétés minières de Lola et de Zogota », souligne la déclaration du FNDC N’zérékoré, lue par son vice coordinateur, Cécé Théa.

La structure prend le gouverneur de la région administrative de N’zérékoré pour responsable de tout incident malheureux qui pourrait intervenir dans cette région suite à cette rencontre.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Démission de Cheick Sako : Abdoulaye Bah prédit d’autres

28 mai 2019 à 17 05 35 05355

La démission du ministre guinéen de la justice, maitre Cheick Sako, polarise l’attention et suscite des prises de position contradictoires. Si au sein de l’opposition on salue cet acte courageux, à la mouvance présidentielle par contre, on tente de minimiser.

A l’occasion d’une conférence de presse animée hier lundi, 27 mai 2019, l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia parle de signal fort et prédit d’autres démissions, rapporte l’un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La démission surprise de maître Cheick Sako n’en finit pas de polariser l’attention. Pour Abdoulaye Bah, membre du Front National de la Défense de la Constitution (FNDC), cette démission du Garde des Sceaux est significative puisqu’il s’agit de la 4ème personnalité du gouvernement.

Selon l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia, « c’est un signal très fort. C’est la 4e personnalité du gouvernement. S’il y a modification constitutionnelle, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux doit en être avisé. S’il y a révision constitutionnelle, ou nomination de magistrat dans le pays, c’est le ministre qui propose les noms au président ».

Pour Abdoulaye Bah, cette façon de faire prouve le manque de maturité du RPG Arc-en-ciel, le parti au pouvoir en Guinée. « Donc, c’est le parti RPG qui ne connaît rien de la politique, qui n’a même pas de comité de base, qui ne peut même pas présenter des candidats pour les élections communales passées. Par conséquent, ce n’est pas une formation politique, il lui manque la base. C’est juste un mouvement politique qui s’est emparé de l’appareil d’État. Donc, notez bien qu’il y a quatre (4) autres démissions qui sont là-bas, mais ils refusent, ils cachent, parce qu’ils savent que c’est une honte… Alors, c’est un signal fort », soutient-il.

Propos recueillis à Kindia par Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineemtin.com

Tél : 628516796

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Démission de Me Cheick Sako : « c’est acte de patriote, d’homme responsable », Abdourahmane Sanoh

27 mai 2019 à 17 05 54 05545
Abdourahmane Sanoh, président de la PCUD et coordinateur du Front National de la Défense de la Constitution (FNDC)

Les réactions continuent de se faire entendre suite à la démission du ministre de la justice, maître Cheick Sako. Au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com peu après l’annonce de cette nouvelle, Abdourahmane Sanoh, président de la PCUD et coordinateur du Front National de la Défense de la Constitution (FNDC), s’est prononcé sur la question.

L’activiste de la société civile, connu pour son opposition au projet de troisième mandat envisagé par le pouvoir, a salué un acte patriotique d’un homme responsable et honnête. Il invite les autres membres du gouvernement à faire comme lui pendant qu’il est encore temps.

« Nous prenons acte de la démission de Me Cheick Sako et nous saluons le but pour lequel il a pris ses responsabilités face à la situation que traverse notre pays. Je crois qu’il faut reconnaître que c’est acte de patriote, d’homme responsable, d’honnêteté aussi. Nous pensons que c’est ce qu’il faut faire en pareilles circonstances, lorsqu’on n’est pas d’accord il faut en tirer les conséquences. C’est ce que maître Sako a fait et nous pensons que d’autres pourront suivre la voie qu’il a choisie pour éviter à notre pays une situation difficile, inutilement acceptable.

On est sûrs que d’autres pourront éventuellement suivre. C’est clair. Parce que c’est une situation insolite dans laquelle le président Alpha Condé se lance et il n’y a que lui qui croit à ce projet-là. Maintenant ceux qu’on entend gueuler ne parlent que pour tirer le maximum de profit de cette confusion qu’ils créent mais ça n’ira nulle part. Et nous pensons qu’il y a beaucoup d’autres personnes autour du président Alpha Condé qui prendront le chemin de maître Sako (…)

Chacun va assumer les conséquences de l’acte qu’il aura posé. Nous savons qu’il y a beaucoup de gens qui hésitent encore, il y a beaucoup qui sont prêts à le faire, nous voulons qu’ils le fassent pendant qu’il est encore temps comme Me Sako l’a fait. Ça ne sert à rien de le faire à la dernière minute parce que ça n’aura aucun effet. C’est maintenant ou jamais », a-t-il laissé entendre.

Propos recueillis par Amadou Oury Touré pour Guineematin.com

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Gouvernance Alpha Condé, 3ème mandat : Dr Amadou Diallo de l’UFDG à Guineematin

24 mai 2019 à 12 12 25 05255
Dr Alpha Amadou Diallo, médecin en service à Paris et membre du bureau exécutif de l’UFDG

Dans une interview qu’il a accordée à Guineematin.com, Dr Alpha Amadou Diallo, médecin en service à Paris et membre du bureau exécutif de l’UFDG, a évoqué plusieurs questions liées à l’actualité nationale. L’opposant a dénoncé le projet de nouvelle constitution annoncé par le pouvoir et qui vise à offrir un troisième mandat au président Alpha Condé, qu’il accuse d’être « l’incarnation même de la mal gouvernance ». Il a parlé aussi du combat du FNDC qu’il pense être en mesure de barrer la route à un troisième mandat pour l’actuel chef de l’Etat guinéen.

Guineematin.com vous propose ci-dessous la première partie de cette interview.

Décryptage !

Guineematin.com : comment on peut vous présenter ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : je suis Dr Alpha Amadou Diallo, chirurgien des hôpitaux. J’exerce actuellement à l’hôpital de Versailles comme chirurgien urgentiste. Je suis membre du bureau exécutif de l’UFDG, militant engagé et très prompt au combat pour le changement en Guinée.

Guineematin.com : justement, il y a un combat aujourd’hui en Guinée, celui de la lutte contre un changement de constitution qui vise à permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Parlez-nous de ce combat qui est porté par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) dont est membre l’UFDG.

Dr. Alpha Amadou Diallo : vous savez, en Guinée, on a une multitude de partis politiques avec des méthodes différentes de combat ayant tous pour objectif de gérer l’Etat. Chaque parti a son leader, ses militants et sa propre ligne. Cette différence a permis à monsieur Alpha Condé de jouer entre les différentes formations politiques, les différentes ONG pour avoir la possibilité d’imposer cette dictature que nous connaissons aujourd’hui. Pour réunir toutes ces différences, on a jugé utile de créer le front national pour la défense de la constitution qui réunit toute la Guinée : des partis politiques, la société civile, des syndicats, des défenseurs des droits humains, des artistes, des leaders d’opinion. C’est la nation guinéenne qui s’est constituée dans ce front pour pouvoir amener la Guinée à une alternance démocratique acceptée de tous.

Guineematin.com : malgré la naissance de ce front, le pouvoir compte bien organiser un référendum pour changer l’actuelle constitution afin d’offrir un nouveau mandat au président Alpha Condé. Le RPG Arc-en-ciel s’est prononcé officiellement sur la question samedi dernier. Qu’en dites-vous ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : la sortie du RPG Arc-en-ciel est tout à fait logique. Mais, le RPG doit savoir qu’il est un parti politique qui doit survivre après Alpha Condé, normalement si c’est un parti républicain. Ce parti doit être en mesure de survivre à la dictature de monsieur Alpha Condé. Même le RPG a tout à gagner si Alpha Condé quitte le pouvoir dans les normes démocratiques. Si par malheur, le RPG s’accroche à maintenir Alpha Condé au pouvoir, c’est à son détriment. Puisqu’Alpha Condé aujourd’hui, ce n’est pas un problème de partis politiques, mais un problème national. Alpha Condé, avec sa mal gouvernance, est l’incarnation de toute la gabegie, toute cette flopée d’immigrés de nos jeunes à travers le désert et de la méditerranée. Actuellement, la jeunesse guinéenne est la première demandeuse d’asile politique à travers le monde. Que ça soit en France ou ailleurs.

C’est notre jeunesse qui est en train de fuir notre pays puisque tout simplement, la référence nationale, le socle national de l’économie est complètement bafoué. Alpha Condé est l’incarnation même de la mal gouvernance. Donc, le RPG n’a rien à gagner à ce qu’Alpha Condé reste au pouvoir. Le RPG, dans sa constitution même, doit être en mesure de renouveler les générations dirigeantes de son parti. Maintenant, si un monsieur de 85 ans révolus se maintient au pouvoir avec le symbole de la destruction massive comme outil de gestion, je ne vois pas quel intérêt un parti comme le RPG peut se permettre de s’admirer cette mal gouvernance.

Guineematin.com : quand vous dites que c’est au détriment du RPG si le président Alpha Condé décide de se présenter pour un nouveau mandat, en quoi cela peut être défavorable au RPG ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : Alpha Condé, je vous l’ai dit, en tant qu’individu exerçant le pouvoir de la République est l’incarnation même de la mal gouvernance. Aujourd’hui, on n’a pas d’eau et on n’a pas d’électricité. Tous les partis politiques, les ONG ont dénoncé les marchés de gré à gré. Prenez l’exemple des mines. On parle aujourd’hui d’un scandale géologique, c’est vrai, mais il n’y a aucune retombée économique sur le pays. Sidya Touré l’a dit, le président Cellou Dalein l’a dit et tous les ténors de l’opposition l’ont dénoncé. Il n’y a pas de retombées économiques de l’exploitation minière en Guinée.

Guineematin.com : je reviens sur ma question. Quand vous dites que c’est au détriment du RPG si président Alpha Condé tente de s’accrocher au pouvoir, que risque concrètement le parti au pouvoir ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : pour remonter l’histoire, le PDG RDA qui a incarné l’indépendance en 1958 a favorisé l’émergence de Sékou Touré. Celui-ci a imposé en Guinée une dictature sanguinaire qui a duré 26 ans. Conséquence, après sa disparition, le PDG a disparu, il ne s’est pas remis de ses cendres. Et le PUP aussi, Conté a bien géré la Guinée, il a permis une transition pacifique après cette dictature sanglante, mais avec le référendum constitutionnel qui lui a permis de rester au pouvoir, la conséquence a été cette gabegie qui a mis son parti sur le banc des accusés. Sinon, le PUP était un parti national. Donc, si le RPG aujourd’hui, avec toute cette gabegie de monsieur Alpha Condé se permet d’accompagner cette mascarade constitutionnelle, c’est une façon de dire que ce parti n’a aucun avenir politique en Guinée.

Guineematin.com : personnellement, est-ce que vous pensez que le projet de 3ème mandat pour Alpha Condé va aboutir ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : monsieur Alpha Condé est nuisible à tout sens de progrès. Si monsieur Alpha Condé dans sa démarche pense pouvoir prendre tout le peuple de Guinée en otage pour pouvoir se maintenir, il se trompe. Si son entourage ne lui dit pas la vérité, il le fait croire que la Guinée va se soumettre à ça et qu’avec les PA il va mater toutes les velléités de contestation, il se trompe. Il ne va pas le réussir. Je vous le dis, monsieur Alpha Condé n’a aucune possibilité, que ça soit l’argent, l’armée ou bien des autres forces de défense et de sécurité, rien lui permettra de réussir à se maintenir au pouvoir. Donc, il est seul contre tous.

Guineeatin.com : il n’est pas seul contre tous parce qu’il a au moins son parti politique et ses militants avec lui.

Dr. Alpha Amadou Diallo : il faut voir ce qui se passe avec le RPG. On ne va pas focaliser notre interview sur le RPG qui est censé être un parti national. Maintenant, s’il est un parti ethnique, fasciste, à lui d’accompagner monsieur Alpha Condé. Mais, à mon avis, le RPG a tout intérêt à exister pacifiquement avec les autres formations politiques de notre pays.

Guineematin.com : vous dénoncez la mauvaise gouvernance du président Alpha Condé, et cela a été quelque peu confirmé par un récent rapport du FMI. Quel est votre commentaire sur ce rapport qui accable vraiment la Guinée ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : le rapport n’accable pas la Guinée mais il accable Alpha Condé. C’est Alpha Condé qui dispose des ressources du pays à sa guise avec ses amis. Lui-même a dit qu’il sert les amis d’abord. L’affaire de Bolloré est là en suspens et il y a plein de scandales dedans ; l’affaire du port est là, etc. Il y a un syndicaliste qui est maintenant député qui se bat pour que la vérité sorte, mais la machine de l’Etat qui est à la disposition d’Alpha Condé permet d’étouffer certaines choses. Et, un jour ça va ressortir. Monsieur Alpha Condé a une gestion calamiteuse où les ressources économiques et sociales sont disloquées.

Vous voyez vu par exemple des syndicats qui ont organisé une bataille rangée la dernière fois au palais du peuple. C’est le pouvoir qui organise ça. Sinon, personne ne peut venir s’en prendre à monsieur Soumah qui a montré sa capacité de mobilisation, sa capacité syndicale face à une dictature pareille qui ne veut pas entendre raison. Donc, actuellement je ne vois pas par quel moyen, Alpha Condé va se maintenir au pouvoir contre le peuple de Guinée.

Guineematin.com : qu’est-ce qui vous rassure tant ? Quels sont les moyens en votre possession pour barrer la route à un troisième mandat pour Alpha Condé ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : c’est très simple. Avant, je vous l’ai dit que c’était difficile de s’unir. Maintenant, des gens qui ne pensaient pas et ne défendaient pas la même chose se sont retrouvés. Ce n’est pas pour être président ou pour ceci, c’est pour défendre notre constitution. Ce qui nous permet de vivre ensemble, d’avoir la justice, la liberté, c’est la constitution. Et c’est ce qu’Alpha Condé veut fouler aux pieds. Maintenant, les moyens sont les ressources humaines qui sont le peuple. Le front ne signifie pas l’UFDG, l’UFR, ou un autre parti, c’est toute la nation guinéenne qui est concernée. Ce n’est pas une question d’ethnie ou de parti politique, mais c’est toute la nation qui se mobilise pour faire front contre une dictature sanguinaire et sanguinolente qu’incarne monsieur Alpha Condé.

Guineematin.com : au niveau du FNDC, on parle du peuple. Au niveau du RPG aussi, on parle du peuple. Finalement, le peuple c’est qui ? Est-ce que vous voyez la population se lever pour vous accompagner dans la lutte contre ce 3ème mandat ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : ce sont les forces vives de la nation qui constituent le front. Que ça soit les partis politiques, les syndicats, les ouvriers, les agriculteurs de Yomou, de Koundara, etc. tous sont concernés. Maintenant avec quelle méthode ? Alors, actuellement, il y a eu des fédérations du FNDC partout, même dans les villages. Il s’agit de venir expliquer à la population qu’est-ce que c’est que la constitution. C’est un outil du vivre ensemble. Voilà monsieur Alpha Condé veut s’accaparer aujourd’hui de cet outil pour tailler une constitution sur mesure, pour rester et maintenir un clan au pouvoir. Avec cette histoire de vice-présidence, c’est lui qui va désigner le vice-président. S’il est élu et son vice-président est élu, en cas de vacance du pouvoir, c’est le vice-président qui va prendre le pouvoir. Donc, c’est une façon de confisquer le pouvoir en Guinée.

Guineematin.com : en dénonçant ce projet de nouvelle constitution, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a reconnu avoir participé à la modification constitutionnelle de 2001 qui a permis au président Lansana Conté de briguer un troisième mandat. Cette sortie du chef de file de l’opposition guinéenne a suscité beaucoup de bruit à Conakry parce qu’il semble s’opposer aujourd’hui à ce qu’il a fait hier. Qu’en dites-vous ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : revenons d’abord à monsieur Lansana Conté qui n’avait pas de diplôme d’université comme le prétend monsieur Alpha Condé. C’est un soldat patriote qui est venu prendre le pouvoir le 03 avril 1984. C’est une histoire récente de la Guinée. Il a fait une transition pacifique avec son discours-programme du 22 décembre 1985. Il a orienté politiquement et économiquement la Guinée vers le libéralisme économique et politique où chaque citoyen est libre de créer son parti. Donc, monsieur Lansana Conté a une légitimité. Deuxièmement, à l’issue de ce pouvoir militaire, il a créé un conseil national de transition qui fait office de parlement. Ce parlement a préparé une constitution qui a été soumise à un référendum. C’est ce référendum qui a mis en place une constitution qui a donné naissance aux différentes institutions de façon pacifique.

Il s’est avéré que cette constitution ne verrouillait pas la limitation des mandats. Elle disait seulement deux mandats mais ne disait pas consécutifs ou non. Au terme de ça, des gens mal intentionnés se sont mobilisés pensant qu’en maintenant Lansana Conté sur place, ils pouvaient prendre la relève après. C’est des ambitions politiques personnelles. Par contre, monsieur Lansana Conté n’avait violé aucune loi à l’époque pour changer la constitution. Les bons esprits, dont mon père (Elhadj Boubacar Biro Diallo) qui était, à l’époque, président de l’Assemblée nationale, l’avaient conseillé de ne pas aller au-delà de ses deux mandats, de respecter et de passer le relai. Mais, d’autres n’ont pas entendu ça de bonnes oreilles.

Guineematin.com : vous avez parlé jusque-là de Lansana Conté, mais pas de Cellou Dalein Diallo, actuel président de l’UFDG, et qui était à l’époque ministre de Lansana Conté. Il avait, alors, soutenu le projet de troisième mandat pour Lansana Conté. Aujourd’hui, il s’oppose à un projet similaire pour Alpha Condé. Pourquoi cela ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : d’abord, je vous dis que monsieur Lansana Conté avait toute la légitimité qu’il faut pour modifier la constitution. En plus, cette constitution ne verrouillait pas le nombre de mandats présidentiels. C’était extensible et il pouvait revenir. Or, avec cette nouvelle constitution, on dit qu’on vient vers une 4ème République, monsieur Alpha Condé ne sera pas concerné puisque la constitution sur laquelle il a juré, avec laquelle il a géré le pays, puisque tous les actes de la République, il les fait au nom de la constitution, tous les décrets, toutes les décisions font allusion à la constitution. Même les contrats qu’il est en train de signer, il les signe au nom de la constitution. Donc, il ne peut pas dire aujourd’hui que cette constitution n’est pas bonne.

Et cette constitution, contrairement à celle de 2001, a mis un verrou sur le nombre de mandats présidentiels, elle a dit deux mandats non renouvelables. Donc, si Alpha Condé tente de changer cette constitution pour briguer un nouveau, il s’engage dans une logique de parjure. Et quand il se met dans l’illégalité, toutes les options sont sur la table.

Guinnematin.com : y compris un coup d’Etat ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : non ! Personne ne parle de coup d’Etat ici. Ce qu’il faut savoir, le peuple est souverain. On ne va pas empêcher le peuple de sortir dans la rue pour dire non, on ne veut pas d’une nouvelle constitution. Il ne s’agit pas de dire que nous, on va faire ce qu’on veut, les gens vont sortir manifester pour soutenir un 3ème mandat. Ceux qui vont sortir pour contester ce 3ème vont être jetés en prison ou violentés par les forces de défense et de sécurité. De toutes les façons, ce débat n’existe pas. Le FNFC est là pour verrouiller ce débat. On a autre chose à faire. Par exemple, on a les élections locales où les conseils des quartiers et les conseillers régionaux ne sont pas installés. Pourquoi ne pas terminer le processus électoral là, faire les élections législatives et présidentielles avant de parler d’un référendum constitutionnel ? Puisque parler de ce référendum, c’est aller du coq à l’âne. Monsieur Alpha Condé n’a pas achevé le processus électoral local et il veut aller à un processus électoral national.

Guineematin.com : l’argument des promoteurs d’une nouvelle constitution, c’est que l’actuelle constitution n’a pas été approuvée par le peuple, elle a juste été promulguée par le président de la Transition, le général Sékouba Konaté, alors qu’elle devait être soumise à un référendum. N’est-ce pas là un argument solide ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : cette constitution a été adoptée par le CNT qui était un organe consensuel qui faisait office de parlement. Le RPG était là, tous les partis politiques, les syndicats, la société civile et les leaders religieux. Il fallait sortir de la situation du 28 septembre qui a été un massacre que personne ne veut juger puisque tout simplement les complices ou les coupables sont encore dans la gouvernance de monsieur Alpha Condé. Il fallait sortir de là, et pour le faire, il fallait mettre une constitution en place mais limitant le nombre de mandats présidentiels. Une fois que le président a terminé son mandat, quelle que soit la République, il n’est plus concerné par une candidature présidentielle.

Aujourd’hui, si le RPG dit que cette constitution est mauvaise, ce que l’élection d’Alpha Condé est mauvaise, toutes les décisions qu’il a prises jusqu’à maintenant n’ont pas une légitimité. Donc, monsieur Alpha Condé doit savoir qu’à l’issue de ses deux mandats, il doit organiser des élections démocratiques et passer le relais. Personne ne va lui chercher des poux sur la tête, personne ne va venir le perturber. Si son rêve c’est d’être Mandela ou autre, il pourra le faire. A ce moment-là, il aura cette légitimité.

A suivre !

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Taliby Dabo remet ça : « il n’y aura aucune manifestation anti 3ème mandat en Haute Guinée »

3 mai 2019 à 20 08 45 05455
Taliby Dabo, membre de la coordination régionale et directeur de campagne du RPG

Le mardi 30 avril 2019, des membres du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) ont été agressés à Kankan par des militants du RPG, le parti au pouvoir. La furie qui s’est abattue sur les opposants au 3ème mandat au siège du PADES (Parti des Démocrates pour l’Espoir) a fait plusieurs blessés, y compris des journalistes, et des arrestations.

Quelques jours après ces événements, Taliby Dabo, membre de la coordination régionale et directeur de campagne du RPG, a accordé une interview au correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture. Il a été question entre-autres, de ces échauffourées, de la suite à accorder aux futures manifestations des opposants à la révision constitutionnelle.

Guineematin : nous avons suivi le mardi des affrontements entre les membres du FNDC et des militants du RPG. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Taliby Dabo : c’était de la provocation de la part de ce front. D’abord, ça a commencé la veille, par ci et par là. Mais, le mardi, très tôt le matin, à 6h, ils se sont transportés au carrefour Komarala loisir, pour aller s’attaquer à certains de nos jeunes. Donc, c’est en répliquant que certains ont pensé que c’est de l’agression, non. Nous avons été plutôt agressés et nous avons voulu répondre à cette agression, et au lieu de ça, on va masquer cette provocation parce que, ça s’est déroulé très tôt le matin. On va masquer nos blessés et sur les réseaux sociaux et ailleurs on ne parle que des blessés au sein du front. Le maire n’a pas autorisé cette manifestation.

Guineematin : on apprend de sources sures que la veille, vous auriez tenu une réunion secrète avec vos militants, leur demandant de boycotter toute manifestation anti 3ème mandat à Kankan. Comment réagissez-vous ?

Taliby Dabo : c’est faux, ce n’est pas une réunion secrète, c’était une assemblée extraordinaire qui s’est déroulée au siège du parti. Certains journalistes y étaient. Donc, c’était public, parce que plusieurs médias ont diffusé les images.

Guineematin : à l’entame vous avez dit que c’était une réplique parce qu’à 6h du matin, certains de vos jeunes ont été attaqués par les membres du front, mais vous avez parlé aussi du regroupement des militants du RPG au carrefour Komarala loisir, est ce qu’il n y’a pas de contradiction entre vos propos ?

Taliby Dabo : Non, c’est vous qui parlez de contradiction, nous étions à Komarala jusqu’à 12h. Puis, on est venu un peu plus tôt, à 00h déjà nous étions sur place, on a pris du thé. C’est depuis ce moment qu’on n’a vu un véhicule de couleur grise dont on n’a pas retenu le numéro, qui est venu avec des tracts que nous avons pourchassé. Donc, il y a eu beaucoup de provocation avant ce petit matin. Maintenant, à 6h un groupe d’individus est venu s’attaquer à nous parce que le monde n’est pas sorti tôt. Donc, ils ont vu un groupe RPGiste au carrefour, ils sont venu s’attaquer à eu.

Guineematin : selon nos sources d’information, la contremanifestation aurait été financée à coup de plusieurs millions de nos francs, payés par certains membres influents du bureau politique national du RPG…

Taliby Dabo : vous avez vu un membre du BPN ici ? Moi, je suis surpris. C’est du mensonge, vous pensez qu’on a besoin de payer quelqu’un pour sortir ici ? Vous pensez qu’on peut payer les inconditionnels, les fous du RPG pour qu’ils sortent à Kankan ? Il faut les appeler seulement pour qu’ils s’y rendent, on n’a pas besoin de les payer, ce n’est pas possible. Je crois qu’ils (les membres du front, ndlr) sont en perte de vitesse, ils manquent d’argument.

Guineematin : on vous accuse en personne d’être celui qui aurait demandé aux jeunes du RPG de déchirer les affiches au siège du PADES et de s’en prendre physiquement aux membres du FNDC. Plusieurs personnes ont été passées à tabac, notamment Alpha Nongo, le Fédéral du PEDN, et même les journalistes n’ont pas été épargné, que répondez-vous ?

Taliby Dabo : c’est faux tout cela. Je dis, vous n’avez pas suivi, ce qui s’est passé à 6h, nous avons été provoqués et nous avons répliqué à cette provocation, nous avons eu des blessés dans nos rang, 12 au total, est ce que vous savez que nous avons déposé une plainte ? Nous avons des preuves irréfutables, vous serez appelé pour des informations.

Guineematin : ne pensez-vous pas qu’il est nécessaire aujourd’hui de laisser toutes les couches s’exprimer sur la révision de la Constitution dans n’importe quelle ville de la Guinée, même à Kankan la capitale du RPG ?

Taliby Dabo : s’il vous plait, le fait de manifester contre un troisième est illégal, on ne peut pas l’admettre. La loi prévoit que toute Constitution peut être modifiée.

Guineematin : ce n’est pas la même loi qui autorise les citoyens à manifester pacifiquement contre la médication de la même Constitution ?

Taliby Dabo : non. Mais, vous manifestez votre opposition dans les urnes. On vous demande de voter et vous votez.

Guineematin : pourtant, on voit les militants du RPG sur toute l’étendue du territoire, manifester leur soutien à une nouvelle Constitution. Ils ne sont pas inquiétés. Pourquoi n’attendent-ils pas les urnes ?

Taliby Dabo : nous, on était calme. C’est lorsque nous avons appris dans un média, les gens parler de leur sortie, dire du n’importe quoi… Ils seront empêchés dans toutes les huit préfectures de la Haute Guinée. Ça, je ne vous le cache pas. Dites ça partout, que c’est moi qui l’ai dit. S’ils sortent, on va les empêcher.

Guineematin : c’est les autorités administratives qui doivent interdire une manifestation ou le RPG arc-en-ciel ?

Taliby Dabo : les autorités n’ont rien à avoir dans ça. Toute manifestation est interdite sur l’étendue du territoire, il n’y aura aucune manifestation, parce que c’est illégal.

Guineematin : vous ne pensez pas que le RPG a mieux à faire que d’empêcher des manifestations anti-3ème mandat, je veux parler de ces affrontements entre des factions du RPG dans la région de Kankan, à Komodou, Tokounou et tout récemment à Koumana dans Kouroussa, où des cas de mort ont été enregistrés entre RPGistes ?

Taliby Dabo : ça, ce n’est pas ton problème, c’est une cuisine intérieure, laissez-nous gérer notre problème. Progressivement, nous sommes en train de régler tout. C’est bon, c’est une grande formation politique. SVP, dans la sous-préfecture de Koumban, il y avait un problème, mais c’est régler, c’est terminer. Dans la sous-préfecture de Bâté Nafadji, il y avait un problème, mais c’est regeler, c’est terminer, tout comme dans la sous-préfecture de Tinti-Oulén.

Guineematin : est-ce-que vous avez autre chose à ajouter ?

Taliby Dabo : j’insiste qu’il n’y aura pas de manifestation anti troisième mandat à Kankan mais aussi dans toute la région politique du RPG Arc-en-ciel, je vous les cite : Dabola, Faranah, Mandiana, Siguiri, Kérouané, Kankan, Dinguiraye et Kouroussa. Nous allons tout faire pour empêcher une manifestation anarchique, illégale, parce que ce n’est pas à l’ordre du jour, parce que la loi ne le prévoit pas. S’ils sont hommes, ils n’ont qu’à le tenter, ils ne le feront plus.

Interview réalisée depuis Kankan par Abdoulaye N’koya SYLLA, pour Guineematin.com

Tél : (00224) 627 24 13 24

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FNDC-Kindia : « la population de Kindia est déterminée à brûler et enterrer le projet de 3ème mandat »

2 mai 2019 à 15 03 25 05255

La ville de Kindia se retrouve au centre du débat en cours autour du projet de nouvelle Constitution ou de troisième mandat pour le président Alpha Condé. Alors que le président de la République est annoncé sur place dans les prochains jours, des opposants à un troisième mandat pour l’actuel locataire du Palais Sékhoutouréyah sont sortis se faire entendre. Ils ont mis en garde contre tout discours de promotion d’un troisième mandat à Kindia, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Le président Alpha Condé et la délégation qui l’accompagnera risquent de ne pas avoir l’accueil souhaité à Kindia. Annoncé dans la cité des agrumes le samedi, 04 mai prochain, le chef de l’Etat guinéen pourrait se retrouver devant une farouche opposition sur le terrain : d’un côté, les partisans et de l’autre, les opposants à un troisième mandat pour lui.

Alors que les partisans du pouvoir préparent cette réception depuis plusieurs jours, leurs adversaires aussi s’activent sur le terrain. Les membres de la représentation locale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont pris d’assaut les rues et autres endroits stratégiques de la ville, ce jeudi 02 mai, où ils ont affiché des banderoles disant non à une nouvelle Constitution ou un troisième mandat.

Ces affiches sont visibles du rond-point Wondima (dans la commune urbaine) à la station de la Contournante (dans la sous-préfecture de Damakhaniya). Selon

Alsény Farinta Camara, coordinateur régional du FNDC à Kindia, cette sortie vise à alerter les promoteurs d’un troisième mandat que leur projet n’est pas le bienvenu dans la ville des agrumes. Ce défenseur de l’actuelle Constitution promet que si ce projet venait à être lancé officiellement à Kindia, il sera enterré aussi sur place.

« C’est une manière pour nous d’exprimer notre désaccord vis-à-vis des prestataires politiques pour une éventuelle nouvelle constitution ou un 3ème mandat. C’est une chose à laquelle nous nous opposons. Donc, comme l’article 7 de la Constitution nous donne le droit de exprimer librement notre accord ou notre désaccord sur n’importe quel sujet, c’est raison pour laquelle nous avons mis des affiches, des banderoles partout dans la ville pour dire déjà que nous ne sommes pas d’ accord que les prestataires politiques, les clans mafieux qui viennent de Conakry viennent à Kindia pour dire qu’ils vont lancer la nouvelle constitution.

Qu’ils sachent que nous ne dormons pas. Le président de la République a appelé ses militants à l’affrontement. Mais nous, nous n’avons peur de personne. Nous n’allons pas céder à la provocation. Nous allons continuer de travailler librement parce que nous sommes du côté de la vérité. Nous défendons la constitution, et Dieu est avec nous. Et, nous continuerons à défendre notre Constitution vaille que vaille, au prix même de notre sang (…) Nous alertons donc pour dire que Kindia n’est pas d’accord, n’est pas favorable à la fameuse ou à la fausse Constitution dont ils sont en train de faire la promotion.

La population de Kindia est déterminée plus que jamais à brûler et enterrer le projet de 3ème mandat (…) Le commerçant politique Makanera Kaké était à l’ENI de Kindia le samedi passé avec ses pairs pour préparer les citoyens. Nous les avons laissés faire puisqu’il s’agissait d’un forum pour qu’ils parlent de l’avenir du RPG Arc-en-ciel sans le président Alpha condé. Mais si cette fois ils se hasardent à venir à Kindia pour parler d’un 3ème mandat, ils vont le regretter », a-t-il prévenu.

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 67 96

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Cellou Dalein, Sékou Koundouno, FNDC : Souleymane Keïta flingue les opposants au 3ème mandat

18 avril 2019 à 12 12 07 04074

Comme annoncé précédemment, Souleymane Keïta, coordinateur de la cellule de communication du RPG Arc-en-ciel et conseiller à la présidence de la République, chargé de mission , a accordé une interview à Guineematin.com dans la soirée du mardi, 16 avril 2019. Après la première partie dans laquelle nous avons parlé de la condamnation de Paul Moussa Diawara, nous vous proposons ci-dessous le décryptage de la seconde partie qui porte sur la brûlante question de la modification de la constitution souhaitée par le pouvoir de Conakry.

Ce qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Ce responsable du parti au pouvoir a tiré à boulets rouges sur les opposants au changement de constitution, avant de prévenir que personne ne peut empêcher la réalisation de ce projet.

Décryptage !

Guineematin.com : l’actualité est marquée par le débat autour de la modification de la Constitution actuelle pour permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Il y a d’un côté, les partisans du pouvoir qui font la promotion de ce projet, et de l’autre, les opposants et certains activistes de la société civile qui se battent contre toute idée de troisième mandat. En tant que responsable du parti au pouvoir et conseiller du président de la République, quelle est votre position sur la question ?

Souleymane Keïta : d’abord, vous posez deux (2) problèmes différents : le premier est la modification de la constitution qui est un droit que la constitution elle-même confère au président de la République et à l’Assemblée nationale en tant que toutes deux des institutions de la République. Et l’autre, ce troisième mandat. Je ne parle pas de ça. Parce que pour moi, c’est un débat prématuré et insensé.

Cependant, la question sur la modification de la constitution est bel et bien un sujet qu’on doit débattre. Parce que c’est fondamental. Vous savez que la démocratie, c’est un système de gouvernance basé essentiellement sur la possibilité que ce régime offre aux citoyens de participer à leur gestion.

Donc si on se retrouve dans une situation où le peuple qui est gouverné n’a plus le droit de s’interroger sur la façon dont il est gouverné, bien-entendu, il n’y a plus de démocratie. Et je crois que nous relevons assez de problèmes dans notre constitution, notamment  la substance même qui constitue le fondement de toute constitution, c’est le processus d’adoption qui importe le plus.

Quelle que soit la beauté d’un texte constitutionnel, lorsqu’il n’est pas adopté conformément aux dispositions de la loi qui consistent d’ailleurs à faire un référendum, ce n’est pas une constitution. Alors pour nous, le débat aujourd’hui, c’est de voir est-ce que les pouvoirs publics, l’institution en charge, notamment le président de la République, décident de soumettre une constitution au peuple de Guinée. Nous, nous le souhaitons très ardemment.

Parce que nous pensons que dans notre pays, ce processus doit se faire, la société doit évoluer. Il y a beaucoup d’éléments concrets sur lesquels nous devons murir la réflexion, qui ne sont pas traités de façon intelligente dans les textes actuellement qui régissent notre société. Et moi, en tant que responsable du parti, je pense que doter le pays de nouvelles lois qui permettront au pays d’évoluer,  en termes de démocratie, en termes de société, de modèle sociale adapté aux réalités actuelles, ne peut être mise qu’à l’actif du bilan politique que nous revendiquons jalousement.

Parce que vous savez que le bilan d’un président, d’une gouvernance, n’est pas qu’économique, n’est pas qu’infrastructurel, n’est pas que social. Le bilan, il est aussi politique. Lorsque vous êtes capables de doter votre société d’un ensemble de règles formelles qui pourront assurer à la fois la stabilité, mais aussi l’évolution de la société vers le perfectionnement, bien-entendu, nous, nous mettons ça au compte du bilan politique. Donc pour nous, cette modification de la constitution prévue, si c’est posé, le RPG soutiendrait et le RPG va même solliciter cela, parce que nous en avons besoin.

Guineematin.com : monsieur Keïta, vous faites partie de ceux qui voudraient que la constitution actuelle soit modifiée. Mais, une bonne partie de l’opinion a du mal à comprendre qu’on ait attendu jusqu’à la fin du second mandat du président Alpha Condé pour poser ce problème.

Souleymane Keïta : il n’y a pas de période pour modifier une constitution lorsque ceux dont la loi permet de prendre l’initiative le prennent. Au fait, les gens ne poussent pas la réflexion jusqu’à un certain niveau. Modifier la constitution en 2012 ou en 2013, la modifier en 2015 ou en 2016, et la modifier en 2019, ça a le même résultat politique. Beaucoup de gens pensent que modifier la constitution, puisque la loi n’est pas rétroactive, c’est donner la possibilité au président de la République de se représenter. Mais je vous rappelle que modifier la même constitution en 2012 produirait le même résultat.

C’est-à-dire, donner la possibilité au président de la République de se représenter à une élection présidentielle. Mais là n’est pas le débat. Le débat, c’est quel héritage on veut donner à la Guinée. Et moi, c’est ce qui m’intéresse. Et, je pense que c’est ce qui intéresse le président de la République parce qu’il s’est battu pour non seulement l’instauration de la démocratie en Guinée, mais pour faire en sorte que les bases qui consolident cette démocratie soient maintenues, et avec lui. Et, c’est ce que nous sommes en train de faire. C’est pourquoi, j’ai dit que ceux qui s’opposent à ça, sont simplement dans la diversion.

Mais en réalité, ce que vous être en train de dire, c’est seulement un poignet de citoyens notamment entretenus par quelques politiciens qui n’ont plus d’arguments à donner à la population. Sinon, le peuple est convaincu de la pertinence de la modification constitutionnelle en Guinée. Je peux vous relever un certain nombre d’éléments simples : premièrement, vous avez une constitution qui désobéit au principe formel connu universellement dans tous les Etats du monde. C’est le mode d’adoption.

Quelle que soit la façon dont le texte constitutionnel est élaboré, son application nécessite forcément le référendum. Il n’y a pas d’alternative possible que par un référendum. Chez nous, la constitution n’a pas été adoptée par référendum.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Ce sont des groupes d’intérêts, parce que les forces vives, c’était des groupes d’intérêts : les partis politiques, les syndicats, la société civile, les leaders d’opinion, etc. qui ont décidé de trouver un texte pour nous sortir de la transition. Donc, il n’y a pas eu référendum.  

C’est déjà un premier problème qui fait qu’au niveau international, nous ne pouvons pas nous glorifier de cette constitution qui est contraire aux principes premiers de l’adoption de la constitution. La deuxième chose, c’est que quand vous rentrez dans le contenu, vous avez une constitution où vous n’avez pas d’articles concernant certains aspects importants de la société.

La question par exemple des organisations régionales  n’est pas débattue, alors qu’aujourd’hui, dans toutes les préfectures, dans toutes les communautés, dans toutes les régions, vous voyez ces communautés qui se retrouvent et qui ont une influence réelle sur le fonctionnement de l’administration. Qu’est-ce qu’il faut en faire ? Ce sont des questions qui doivent amener aujourd’hui à la réflexion.

L’autre chose, c’est la vocation panafricaine du guinéen. Quand vous prenez l’hymne nationale de la Guinée et vous regardez la constitution, vous avez l’impression d’être dans deux (2) pays différents, vous avez l’impression que l’hymne nationale que vous chantez est l’hymne nationale d’un autre pays. Parce que ça ne reflète pas les dispositions de notre constitution.

L’autre chose, on vient de sortir des élections communales, vous avez vu, nous avons 114 députés. 114 députés, c’est fait sur la base d’une certaine sociologie, d’une certaine démographie qui aujourd’hui, ne s’adapte plus à la réalité. Ce qui fait que vous allez dans une sous-préfecture comme Banankoro, et vous venez dans une préfecture comme Koubia ou Yomou, vous voyez qu’il y a une disparité réelle.

Prenez une commune comme Matoto qui a 10 fois, si vous voulez, la population de Kaloum mais qui ont le même nombre de députés, tout ça, ce sont des questions qui doivent être relevées. La question des jeunes et des femmes. Aujourd’hui, c’est une Afrique qui bouge.

Comme vous le savez, l’avant dernier sommet de l’Union africaine, le thème, c’était investir dans le potentiel démographique de l’Afrique. 70% de la population africaine est jeune. La Guinée ne fait pas exception à la règle. Quelle est la place qu’on accorde aux jeunes et aux femmes dans cette constitution ?

Est-ce qu’il ne faudrait pas prendre en compte cette dimension-là ? C’est une constitution où il n’y a pas de statut d’ancien chef d’Etat. Tout ça, ce sont des questions qui méritent une réflexion approfondie. Parce que la résolution de problèmes que je viens de soulever, contribue à la stabilité de notre système politique.

Donc, si nous voulons avoir un système stable, un système performant qui permette d’assurer la continuité de l’Etat, on a bel et bien besoin d’amener la réflexion à ce niveau-là. Ça n’a rien à avoir, encore une fois, avec la question de 3ème mandat. Je vous rappelle, le président Wade a modifié la constitution au Sénégal dans l’intention de se représenter à une élection, l’élection qui a suivi, il a été battu. Ça dépend de qui tu as en face.

Nous, nous sommes au RPG, ce débat viendra. Et, on sera prêt pour en discuter. Pour le moment, ce qui nous intéresse, c’est de parachever notre travail. Et, le parachèvement de ce travail prend en compte le principe qui consiste à doter de textes propres, des textes clairs, indemnes de toute confusion pour permettre à notre pays d’évoluer dans la sérénité.

Comment vous pouvez expliquer par exemple que lors d’une élection communale, que ça soit des partis politiques qui  imposent leur volonté aux communautés ? L’exemple illustratif s’est passé à Kindia : Abdoulaye Bah a voulu défier toute la notabilité de Kindia, alors dans les élections communales, il y a une dimension sociologique qui doit être prise en compte.

Nous par exemple au RPG, nous avons perdu à Faranah parce que tout simplement nous avons imposé un candidat qui n’était pas le choix de la population sous une dimension sociologique et historique, et du coup, le parti a perdu. La même chose s’est passée à Kindia. Ce sont des éléments pertinents que nous devons amener aujourd’hui à la réflexion, appeler les constitutionnalistes à voir, à nous aider à voir comment on intègre l’ensemble de ces questions dans l’approche future.

En Guinée, vous avez plus de 10 institutions pour rien, ça ne sert à rien. Donc voilà, on ne récuse pas de manière systématique cette constitution puisque de toutes les façons, on l’a conçu dans un contexte de crise dans lequel les intérêts antagonistes se poirotaient par-ci, par-là. Aujourd’hui, doter notre pays d’une nouvelle constitution, va permettre au président de la République d’aider la Guinée à avoir des textes qui permettent de résister au temps et de régler toutes les crises latentes dans les dispositions mêmes de nos textes de lois.

Guineematin.com : en ce qui ce qui concerne a question du troisième, même si vous dites qu’elle n’est pas encore posée, elle fait l’objet de débats dans le pays. C’est d’ailleurs pourquoi beaucoup s’opposent au projet de nouvelle constitution parce qu’ils estiment que ce projet vise à offrir au chef de l’Etat une présidence à vie. Vous qui êtes proche du président Alpha Condé, dites-nous, est-ce qu’il nourrit personnellement cette ambition ?

Souleymane Keïta : moi, je ne parle pas de ça. Si le président se prononce, il se prononce publiquement. Pour le moment, c’est un débat qui est ouvert. Et je crois que ce n’est pas le président qui a ouvert, c’est l’opposition même qui a ouvert le débat de la constitution. Parce que tout simplement, elle est une opposition sans vision et sans stratégie. C’est l’opposition qui a ouvert le débat.

Je vous dis, la raison, elle est toute simple. Ils ont toujours voulu que président se prononce sur la question du 3èmemandat, le président n’a pas à se prononcer sur une question de 3ème mandat. Le 3ème mandat n’est pas constitutionnel. Le président de la République ne peut pas se prononcer sur un sujet inutile comme ça.

Il s’occupe à autres choses : c’est la réalisation de ses promesses, c’est la mise en œuvre de son projet de société qui, du reste, connait une adhésion de la population guinéenne. Que cela n’en déplaise aux détracteurs, aujourd’hui la Guinée est en chantier. Dans toutes les régions, la Guinée est en chantier. Donc ce débat, pour nous, n’a pas de sens.

Je considère comme je l’ai dit tantôt, faire les routes, faire des barrages hydroélectriques, appuyer les agriculteurs, favoriser la promotion des jeunes et des femmes, faire des textes qui permettent de définir de nouvelles règles adaptées à la réalité de notre pays, pour la Guinée, fait partie aussi de notre bilan.

Donc pour moi, doter la Guinée d’une nouvelle constitution avec bien-entendu la volonté du peuple, parce qu’il appartient au peuple de décider,  c’est la loi qui permet au président de la République de prendre l’initiative et de soumettre à la population. Personne, encore personne ne peut s’opposer à ce que le président veuille interroger la population sur un modèle politique, social et économique qu’il veut lui soumettre.

Personne ne peut empêcher cela, fût-il un leader politique. Et nous, on le fera s’il plaît à Dieu pour permettre à la Guinée d’avoir des textes qui permettent d’assurer sa stabilité, son développement, mais aussi le vivre en commun.

Guineematin.com : il y a quand même l’opposition, dans son ensemble, plus des activistes de la société civile et des défenseurs des droits de l’Homme qui se sont retrouvés pour former un mouvement dénommé Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Ne pensez-vous pas que tous ces réunis peuvent empêcher le projet de modification de la Constitution ?

Souleymane Keïta : c’est ridicule. A la limite, c’est une diversion. C’est un mariage forcé entre des gens qui ne peuvent pas être épousés par le même mari : l’UFR, l’UFDG, Balai Citoyen, PEDN et que sais-je encore. Je relève deux choses dans la formation de ce front : d’abord c’est insensé, vous avez l’impression que ce sont des ignorants qui se sont réunis pour le faire. Parce que ce que la loi permet, ce que la constitution permet, un groupe de citoyens ne peut pas se retrouver pour s’opposer à la constitution.

D’abord, c’est anticonstitutionnel ce qu’ils ont fait, ça signifie que leur existence légale doit être mise en cause et conséquemment, ils ne devraient pas avoir la possibilité d’exercer en tout cas si c’est moi qui décide, ça c’est un.

La deuxième chose, c’est l’identité de ceux qui composent cette structure. Dans le débat constitutionnel en Guinée, il y a un certain nombre de personnes qui sont disqualifiées, au premier rang desquels Cellou Dalein Diallo. Après avoir été ce qu’il a été dans les différents régimes successifs du Général feu Lansana Conté,  il n’a pas droit à la parole quand il s’agit du débat constitutionnel en Guinée. Nous, nous sommes jeunes mais nous savons ce qui s’est passé dans ce pays-là. L’histoire est têtue, il ne peut pas se peindre aujourd’hui en moine pour venir nous enseigner des leçons de démocratie et de bonne gouvernance. Il ne peut pas.

Deuxième, les autres jeunes, ce sont des jeunes malheureusement qui ne comprennent pas. Mais là aussi, ça se comprend. Quand vous prenez le Balai Citoyen, le coordinateur du Balai Citoyen était le coordinateur du mouvement Dadis doit rester quand nous on se battait pour le passage du pouvoir aux civils. Ce sont des démagogues réunis qui n’ont plus rien à prouver devant la population guinéenne et qui veulent nous distraire. Et c’est pourquoi j’ai dit que personne ne peut empêcher au président d’user du droit que lui confère la constitution.

Guineematin.com : après le président Alpha Condé, qui vous voyez prendre la tête du RPG Arc-en-ciel ?

Souleymane Keïta : l’avenir nous en dira. Le RPG est plein de grands cadres. Il y a un bureau politique qui regroupe des cadres chevronnés, des politiciens aguerris qui ont toute leur expérience. Je vous rappelle que le professeur Alpha Condé a dirigé ce parti avec des cadres qui ont continuité à faire fonctionner le parti pendant que le président était en prison. Le RPG était encore plus fort lorsque le président était en prison. C’est des gens qui ont fait fonctionner le parti en ce moment, ils sont là, ils ont la connaissance, le sens politique et tout ce qu’il faut pour continuité à faire la relève.

Guineematin.com : c’est la fin de cet entretien. Quel est votre mot de la fin ?

Souleymane Keïta : le dernier mot, je profite de votre médium pour lancer cet appel aux responsables du parti, aux jeunes du parti, aux femmes de Guinée, de comprendre que nous sommes à la croisée des chemins et que nous sommes à un carrefour important de notre histoire. Notre pays doit avancer, le changement a commencé, le changement doit continuer.

Aujourd’hui, nous sommes en démocratie grâce au professeur Alpha Condé qui laisse à chacun de s’exprimer. Cependant, nous sommes fatigués par les pagailles organisées souvent par les partis de l’opposition, notamment l’UFR et l’UFDG qui manipulent des jeunes loubards pour venir perturber chaque fois que des manifestations sont organisées.

Ce n’est pas civilisé, ce n’est pas intelligent, ce n’est pas stratégique. Ça prouve à la limite leur perte d’espoir. Mais, qu’ils comprennent que les jeunes du RPG sont déterminés et prêts à agir. Qu’ils arrêtent de venir perturber les manifestations.

S’ils sont contre la révision ou la modification constitutionnelle, qu’ils organisent des manifestations à leur tour pour montrer leur mécontentement. Mais, ne profitez pas des manifestations de la mouvance, pour venir semer le désordre. Celui qui le fait désormais, il aura à faire avec le parti et il aura à faire avec la loi.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Lutte contre un 3ème mandat en Guinée : le FNDC s’organise pour aller dans la bataille

9 avril 2019 à 16 04 12 04124

Communiqué de presse 003/FNDC/2019

Le Front National pour la Défense de la Constitution tient à informer la population de ses dernières activités et de son état d’avancement.

Le Front National pour la Défense de la Constitution, nouvelle grande coalition unifiant organisations de la société civile, partis politiques, syndicats, artistes et citoyens contre le projet de troisième mandat du Président Alpha Condé, désire informer la population de ses récents progrès et de l’aboutissement des étapes préliminaires de structuration.

A cet effet, une réunion en plénière a eu lieu le 06 avril dernier afin de finaliser la mise en place des différentes commissions de travail. Cette réunion fut également l’occasion de valider le plan opérationnel et les axes stratégiques de la coalition. Le FNDC sera donc très prochainement paré à passer à l’action.

A cet égard, une commission administrative est d’ores et déjà opérationnelle au siège du front. Celle-ci se tient à disposition des citoyens pour toutes questions liées aux activités du FNDC.

D’autres appels et communications sur les activités du FNDC suivront très prochainement.

Ibrahima Diallo

                                                     
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Arrestation de Faya Millimono : le FNDC « exige sa libération immédiate »

5 avril 2019 à 16 04 19 04194

Déclaration /N°002 /FNDC. 2019

Soutien au parti Bloc Libéral dont le président et certains militants qui ont été illégalement arrêtés par les unités des forces de sécurité.

Le Front National pour la Défense de la Constitution vient d’apprendre l’arrestation de Dr. Lansana Faya Millimono, président du Bloc Libéral et certains citoyens pour avoir librement exprimé leurs droits de manifester conformément à l’article 10 de la constitution Guinéenne.

La manifestation est un droit constitutionnel dont nul n’a le droit d’empêcher l’exercice dans notre pays, à moins que ça ne soit un abus d’autorité.

Le Front National pour la Défense de la Constitution condamne fermement cette habitude irresponsable.

Le Front National pour la Défense de la Constitution exige la libération immédiate et sans conditions de Dr. Lansana Faya Millimono et de ses compagnons.

Le Front National pour la Défense de la Constitution exprime sa solidarité à l’égard des personnes interpellées.

Ensemble Unis et Solidaire, nous vaincrons.

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Affaire 3ème mandat : le Front National pour la Défense de la Constitution lancé à Conakry

3 avril 2019 à 16 04 24 04244

La mobilisation contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé a connu une étape importante ce mercredi, 03 avril 2019. Un mouvement anti-troisième mandat dénommé Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) a été lancé officiellement aujourd’hui.

Il est composé des Forces Sociales de Guinée, des principaux opposants du régime en place, des défenseurs des droits de l’Homme et des syndicats. A l’occasion de la cérémonie de lancement qui a eu lieu au siège de la PCUD, à Kipé Dadya, en présence des opposants Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Dr Ousmane Kaba, Me Abdoul Kabèlè Camara…, Abdourahmane Sanoh, le président de la PCUD et leader des Forces Sociales, a lu une déclaration devant les médias.

Dans cette déclaration, le Front National pour la Défense de la Constitution « met en garde contre le recul démocratique et les graves risques encourus pour la stabilité et la sécurité en Guinée et dans la Sous-région, ainsi que le chaos qui pourrait en résulter ».

Il dénonce « un projet de Coup d’Etat civil mal inspiré, une provocation de trop envers notre Peuple », et appelle les Guinéens « à la mobilisation en vue d’une farouche opposition au troisième mandat ».

  DECLARATION 001.FNDC.19

Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) préoccupé par la volonté d’accaparement du pouvoir d’Etat par le Président de la République, M. Alpha Condé, met en garde contre le recul démocratique et les graves risques encourus pour la stabilité et la sécurité en Guinée et dans la Sous-région, ainsi que le chaos qui pourrait en résulter.

Les promoteurs du changement de Constitution, un groupuscule d’individus réputés pour leur cynisme, doivent savoir que leur projet de Coup d’Etat civil mal inspiré, est une provocation de trop envers notre Peuple, dont la patience au cours des Huit dernières années n’était que sagesse.

Mesurant la progression de la détérioration de la situation sociopolitique et au regard des actes d’intimidation par une justice soumise, à l’égard de ceux qui s’opposent légitimement au troisième mandat, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) :

Prend à témoin l’opinion nationale et la communauté internationale sur les graves conséquences possibles, si les mesures conséquentes ne sont pas prises dès maintenant pour contenir et anéantir cette volonté de troisième mandat ou de glissement de mandat ;

Appelle toutes les Guinéennes et tous les Guinéens à la mobilisation en vue d’une farouche opposition au troisième mandat, par une manœuvre de quelques individus véreux qui vivent de la misère de nos compatriotes ;

  • Demande à Monsieur le Président, Monsieur Alpha Condé de renoncer instantanément à toute ambition de s’éterniser au pouvoir en violation de la constitution et de ses serments devant le peuple lors de ses investitures ;
  • Mets en garde toutes les personnes complices de cette manœuvre qui répondront de leurs actes devant les juridictions compétentes ;
  • Appelle le peuple au calme et à la sérénité habituelle et l’invite à ne pas céder à la provocation face à l’appel du 24 Mars 2019 du Président Alpha Condé à l’affrontement ;
  • Exhorte le Peuple à la vigilance et l’invite à être prêt à répondre au mot d’ordre ;
  • Invite tous les citoyens guinéens partout sur le territoire national et dans le monde à taire leur divergence pour la circonstance pour créer des cellules citoyennes contre le troisième mandat, une imposture de trop.

Dans les jours à venir des actions seront menées pour sauver la constitution de la République.

Conakry, le 03 avril 2019

Le Front National pour la Défense de la Constitution

(FNDC)

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