56 ans de l’OUA : Une marche organisée à Conakry pour réclamer la création des Etats Unis d’Afrique

26 mai 2019 à 5 05 32 05325

À l’occasion de la célébration de l’an 56 de la création de l’Organisation de l’unité africaine (devenue Union africaine en Juillet 2002), le collectif des mouvements panafricains de Guinée a tenu hier, samedi 25 mai 2019, une marche à Conakry. Ceci, pour rendre un hommage aux pionniers de cette institution continentale et interpeller les dirigeants actuels du continent sur la nécessité de s’unir face aux défis du monde actuel afin d’aboutir aux Etats Unis d’Afrique, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à cette marche.

56 ans jour pour jour après la création de l’OUA (le 25 Mai 1963), le grand rêve d’une Afrique unie et réconciliée avec elle-même bouillonne dans la tête des jeunes du continent. Des jeunes qui réclament à cor et à cri la création des Etats Unis d’Afrique, qui ferait du continent africain une seule nation. Une nation qui transcendera les frontières actuelles pour aboutir à un seul peuple, un seul drapeau, une seule monnaie, une seule équipe de football… C’est pourquoi, à l’occasion de la célébration de la journée de l’Union africaine, le collectif des mouvements panafricains de Guinée a organisé une « marche panafricaine » à Conakry.

Les marcheurs sont partis du pont 08 Novembre (à l’entrée de la commune de Kaloum) pour aboutir au palais du peuple, en passant par l’hôtel Riviera et le quartier Tombo. Sur le chemin, ils scandaient : « Le pouvoir au peuple ! L’unité au peuple ! »

Mariama Rizo Sylla

Pour Mariama Rizo Sylla, présidente du collectif des mouvements panafricains de Guinée, les jeunes de Guinée ont l’obligation de porter le combat pour l’unité des peuples. Car, soutient-elle, « nous pouvons dire sans ambages que nous en sommes les pionniers à travers l’immortel responsable suprême de la révolution guinéenne, le camarade Ahmed Sékou Touré, qui disait que l’indépendance de la Guinée est indissociable à celle des peuples opprimés ».

La présidente du collectif des mouvements panafricains de Guinée soutient que la meilleure manière de célébrer la liberté des peuples d’Afrique est d’accélérer l’immigration des organisations sous régionales vers les Etats Unis d’Afrique. « Ce qui, sans nul doute, nécessite un engagement religieux de nos gouvernants qui doivent traduire par les actes la construction d’une Afrique Unie… C’est pourquoi, le collectif des mouvements panafricains de Guinée partage et soutient la réalisation de l’agenda 2063 de l’Union africaine, qui vise la transformation de l’Afrique en une puissance mondiale de l’avenir, à travers un cadre stratégique de développement inclusif et durable qui découle d’une volonté panafricaine d’auto-détermination, de liberté, de progrès et de prospérité collective… », a indiqué Mariama Rizo Sylla.

Paul MSoma

Présent à cette marche, Paul MSoma, le représentant de l’Union africaine à cette marche, a dit que ce 25 mai est un grand jour pour l’Afrique et la Guinée qui a eu « un leadership » dans la mise en place de l’Union africaine. Il a ensuite indiqué qu’il est actuellement en Guinée dans le cadre du transfèrement du centre africain du développement minier. « Un centre qui doit être abrité par la Guinée… Aujourd’hui est une occasion pour les pays de l’Union africaine de se reconnecter et faire part à leurs gouvernements des différents problèmes dont l’Afrique fait face… Kwame N’Krumah disait que je ne suis pas africain parce que je suis né en Afrique. Mais, je suis africain parce que l’Afrique est née en moi », a-t-il précisé.

Hadja Aminata Touré

Dans son allocution, Hadja Aminata Touré, maire de la commune de Kaloum et fille du feu président Ahmed Sékou Touré, a félicité les organisateurs de cette marche. Car, soutient-elle : « il y a plus de 60 ans, des jeunes comme vous, entre 18 et 25 ans, se sont levés pour dire non au joug colonial. Et, cette bataille leur a permis d’accéder à l’indépendance, à la souveraineté nationale… Et, ce qui est sûr, tous ont mis en avant ce que nous avions en commun, l’Afrique. C’est ainsi que le 25 Mai 1963, l’Union africaine (l’OUA à l’époque) a vu le jour… Nous vous félicitons et nous pensons que vous devez continuer à vous battre pour expliquer aux autres jeunes que l’argent n’est pas roi. Ce ne sont pas les maisons, les voitures qui sont plus importantes. Mais, c’est ce que nous laissons aux générations futures qui est le plus important. L’argent facile est devenu roi dans notre pays ; et vous devez tous vous battre et vous dresser contre cela, pour dire que la chose la plus noble est le travail ».

S’agissant du transfèrement du centre africain du développement minier en Guinée, Hadja Aminata Touré estime que c’est un mérite. « Vous savez que la Guinée s’est sacrifiée pour toute l’Afrique. Elle s’est impliquée dans les luttes de libération en Guinée Bissau, en Angola,… Mieux, nous avons perdu des soldats sur ces terres. Donc, la Guinée est un pays de dignité et d’honneur ; et nous devons en être fiers », a dit madame le maire de Kaloum.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Prévention et résolution des conflits : LEJEPAD et ses partenaires présentent le résultat

9 janvier 2019 à 19 07 51 01511

Les résultats de l’étude sur le renforcement des approches collaboratives et inclusives pour la prévention des conflits en Guinée ont été présentés ce mercredi, 09 janvier 2019, à Conakry. C’était à l’occasion d’une conférence nationale sur la rédevabilité sociale collaborative. Une démarche initiée par le LEJEPAD (Leadership Jeunes pour la Paix et le Développement en Afrique et en Guinée) en partenariat avec la Banque mondiale, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, ce projet exécuté par LEJEPAD et financé par la Banque mondiale, à travers sa structure GPSA (Global Partnership For Social Accountability), est l’aboutissement de quatre mois de recherches dans tout le pays. La démarche vise à « comprendre le fonctionnement des approches collaboratives qui existent en Guinée, évaluer les capacités existantes et les capacités manquantes et comprendre comment ces initiatives ont pu exister malgré un certain nombre de difficultés ».

Mme Aminata Touré

Dans son discours, madame Aminata Touré, maire de la commune de Kaloum, a félicité LEJEPAD pour cette initiative qui promeut la paix et qui doit inspirer tout un chacun. « Comme vous savez, dans tous nos pays, surtout en Afrique, nous sommes sujets à des conflits qui sont latents. Et, en Guinée, nous n’avons pas eu de guerre civile, nous n’avons pas eu de grands conflits majeurs. Mais, nous savons que des problèmes inclusifs se posent à nous et que nous devons débattre des sujets ouvertement, franchement. Et, je dis toujours qu’il faut qu’on se parle et qu’on se regarde en face. Parce que, comme vous le savez nous, pendant toute notre campagne, nous avons bâti notre campagne sur la cohésion sociale, sur l’entraide sociale », a-t-elle expliqué.

Bangaly Camara

De son côté, Bangaly Camara, directeur exécutif de LEJEPAD en Guinée, s’est réjoui du succès de cette étude menée dans les quatre (4) régions naturelles. Selon lui, « l’approche collaborative est la meilleure approche de gouvernance parce que ça permet à tous les citoyens de se donner la main dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance locale. Et les gouvernants et le secteur privé et les organisations de la société civile, nous devons ensemble nous donner la main pour pouvoir veiller sur la prestation des services qui vont dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Mais, ça ne peut se faire que dans la collaboration, pas dans la confrontation, des injures publiques ou bien dans l’adversité qui ne dit pas son nom. Nous avons estimé qu’il faut insuffler cette dynamique qui pourra quand même amener toutes les corporations, toutes les forces vives à se donner la main, à travailler ensemble et à développer le pays ensemble ».

Maria Cavalov

Pour sa part, Maria Cavalov, représentante de Global Partnership For Social Accountability de la Banque mondiale, basé à Washington, s’est félicité de la réussite de ce projet. « La rédevabilité sociale, les mécanismes que nous prônons aujourd’hui, s’éloignent de la dichotomie Etat-Citoyen, s’éloignent de processus qui tentent parfois à aller vers la confrontation, vers une idée de collaboration possible entre Etat, entre citoyens, entre secteur privé. Une collaboration à laquelle on croit particulièrement dans les pays qui sont considérés comme fragiles… »

Amirou Diawara

Parlant de ce que la Guinée doit faire pour éviter de tomber dans des conflits de grande envergure, Amirou Diawara, chef de cabinet du ministère de l’Unité nationale et de la Citoyenneté, a invité à la vigilance. « Les conflits sont multiformes et complexes. L’analyse et la cartographie des conflits réalisés par différents experts en Guinée ont démontré que nous devons tous être vigilants pour ne pas que ces conflits, parfois mineurs et circonscrits dans une zone, deviennent des conflits majeurs et qui entraveraient l’avenir et le devenir de notre nation. L’Etat est certes détenteur de la puissance publique mais, il ne saurait à lui seul résoudre cet épineux problème ».

Pour finir, monsieur Diawara a dit son espoir « que les résultats de cette réflexion renforceront la synergie d’actions entre le gouvernement, les organisations de la société civile, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers. Je prends ici l’engagement que le gouvernement, à travers le département de la Citoyenneté et de l’Unité Nationale, ne managera aucun effort pour relever le défi du vivre ensemble dans notre pays ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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