Ministère de l’Unité Nationale : un plaidoyer en faveur des victimes de Kaporo-rails et Kipé 2

11 avril 2019 à 20 08 09 04094

Des acteurs de la société civile guinéenne ont présenté dans la soirée de ce jeudi, 11 avril 2019, le « mémo citoyen de solution et de prévention aux problèmes de domaines réservés en Guinée avec accent sur les cas de Kaporo-rails et de Kipé 2 » au ministre de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté. La démarche vise à présenter au ministre de tutelle les dommages que ce déguerpissement a causés en vue de faire un plaidoyer auprès des autres membres du gouvernement en faveur des déguerpis, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Abdoul Sacko

Dans son intervention, Abdoul Sacko, président du Conseil Régional des Organisations de la Société Civile de Conakry, a commencé par dire que cette étude a duré environ un mois (26 février au 30 mars 2019). « Nous avons fait un travail de fourmi en dehors de tout ce qui est spectacle, pour s’informer réellement comment nos compatriotes qui sont au niveau de Kipé 2 et de Kaporo rails sont arrivés là et quel a été le travail que l’Etat a fait en amont en termes de protection sociale, en termes de plan d’action sociale avant de procéder au déguerpissement, et quels sont les garde-fous aujourd’hui, ou peut-être le traitement de nos textes de loi, mais aussi les conventions auxquelles la Guinée a souscrit en termes de foncier en Guinée. C’est tout cela qui nous a amenés à étudier les conditions d’installation, mais aussi les conditions de déguerpissement de nos compatriotes au niveau de Kaporo-rails et de Kipé 2, pour faire des propositions à l’Etat, mais aussi aux humanitaires afin que non seulement nos compatriotes qui sont dans cette situation puissent être traités de façon humanitaire, puissent avoir une main forte sur le plan social, sur le plan humanitaire et sur le plan juridique. Mais aussi, travailler à ce que d’autres guinéens ne soient pas dans des situations de sans-abris… », a-t-il expliqué.

Parlant du choix porté sur le ministère de l’Unité Nationale, Abdoul Sacko a dit que « nous, nous considérons le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté comme la porte d’entrée de toutes les actions de plaidoyer, de toutes les actions de protection et de promotion des droits de l’homme. C’est ce qui nous amène à aller vers le ministre ».

Mamadou Taran Diallo

Très satisfait de cette rencontre qu’il a eue avec ces acteurs de la société civile, Mamadou Taran Diallo a promis de transmettre le message à ses collègues du gouvernement en vue de trouver une solution rapide à ce problème. « Nous avons pris acte du mémo et du plaidoyer et nous allons le porter au niveau du gouvernement. Vous aurez remarqué, j’ai dit qu’il y aurait trois voies dans ce genre de dossier : la première voie, il faut qu’on s’entende parce que le ministère de l’Aménagement et de la Ville est chargé du déguerpissement, ce sont ses fonctions qu’il est en train de dérouler. La deuxième chose, j’ai dit que tous ceux qui détenaient des papiers, qu’ils estiment qu’ils peuvent aller porter plainte, le ministère de la Justice est à leur disposition pour rendre la justice. La troisième chose, j’ai dit que le ministère de la Citoyenneté et de l’Unité nationale était là pour tous ceux qui étaient porteurs et détenteurs de plaidoyers. Et donc, vous avez vu, le mémo a été présenté dans ce sens comme un mémo de plaidoyer qui ressort des constats et fait des recommandations. Nous prenons acte de cela et nous allons et auprès du gouvernement et auprès des partenaires et de tous les acteurs de la vie politique et économique et sociale guinéenne, nous allons amplifier ce plaidoyer », a-t-il promis le ministre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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MINISTERE DE L’UNITE NATIONALE : l’échec n’est pas une fatalité (Par Alexis Lamah)

22 mars 2019 à 11 11 01 03013

Depuis quelques jours, dans quelques médias de la place et via les réseaux sociaux, on assiste à un débat tout aussi subtil qu’insidieux et fallacieux sur le leadership à la tête du ministère de l’Unité nationale et de la Citoyenneté. En filigrane, on établit un parallèle entre le ministre sortant et celui entrant. Démarche légitime et compréhensible en somme. Si ce n’était que dans la comparaison, certains font dans des raccourcis, alors que chez d’autres, les biais sont si évidents qu’il est à se demander s’ils ne cachent pas des desseins inavoués.

Pourtant, ma conviction, c’est qu’autant Kalifa Gassama Diaby a montré la force de ses convictions, autant Mamadou Taran Diallo, à peine arrivé voilà bientôt trois mois, peut marquer son passage à la tête de ce département ministériel par les actes qu’il sera amené à poser. Ce, même s’il est évident que l’un et l’autre n’auront pas la même démarche.

Deux événements isolés ont particulièrement attiré mon attention. D’abord, il y a quelques semaines, dans une émission d’une des radios guinéennes, il avait été prophétisé que le budget du ministère de l’Unité nationale et de la Citoyenneté serait revu à la hausse, maintenant que le ministre qui « gênait » est parti. Eh bien, il n’en est rien. Je peux d’autant l’affirmer que j’ai moi-même procédé au rapprochement des chiffres.

Et le moins qu’on puisse dire est que le résultat est sans appel. Dans la loi des finances rectificative (LFR) 2018, la dotation du ministère était de 8.714.062.000 GNF ; dans la loi des finances initiale (LFI) 2019, le même ministère est doté d’un budget de 7.420.520.000 GNF ; Il en découle qu’au lieu de croître, le budget a plutôt baissé de 1.293.442.000 GNF.

Le second événement est en rapport avec la déclaration des biens du nouveau ministre. Sur une radio de la place et les réseaux sociaux, j’ai entendu et lu que Mamadou Taran Diallo ne s’était pas conformé à l’article 36 de la constitution relatif à la déclaration des biens des hauts commis de l’Etat avant leur entrée en fonction. Personnellement, je me pose toujours la question de savoir d’où vient une telle allégation.

Parce qu’elle est contraire au contenu du récépissé de déclaration de biens n° 27 du 4 décembre 2018 du Greffe de la Cour Constitutionnelle et du rapport des investigations menées par la Cellule le Balai citoyen qui s’est particulièrement intéressée à cette dimension. Comme par enchantement ! En effet, dans ledit rapport, au rang n°22 de la liste des membres du gouvernement Kassory Fofana ayant fait la déclaration des biens, figure Mamadou Taran Diallo. Et il est confirmé qu’il l’avait faite le 4 décembre dernier.

Les attaques personnalisées malveillante sont, à l’évidence, des auto-défenses, manœuvres, diversions et fuites en avant dilatoires face à la démonstration probante de l’inexactitude des commentaires sur l’augmentation du budget et celle sur la déclaration des biens.
Comme je le disais tout au début, ces événements en apparence anodins, peuvent ne pas être si isolés, l’un de l’autre.

En tout cas, en ce qui me concerne, ils sont plus ou moins en rapport avec la tendance décidément trop forte de faire la comparaison entre les deux ministres. Ce qui à priori n’a rien de mauvais. Tout au contraire, c’est un exercice qui devrait rappeler au nouveau ministre la tâche qui l’attend. Cependant, Mamadou Taran Diallo, tout en ne négligeant pas ce débat, ne devrait néanmoins pas en être l’esclave, au point d’oublier l’essentiel. Et l’essentiel, c’est quoi ?

C’est, dans le respect de la discipline gouvernementale, s’attacher méthodiquement et avec toute la lucidité requise à atteindre les objectifs qui lui sont assignés dans les attributions du ministère et sa lettre de mission. En gros, il doit veiller à poser des actes et à produire des résultats dans le cadre de la promotion de la citoyenneté et de la consolidation de l’unité nationale.

Pour cela, il est libre de choisir sa démarche et son approche. Il n’est pas obligé de dénoncer les tares sur la « place publique ». On n’attend pas et on ne devrait pas attendre de lui qu’il fasse comme…Il doit rester lui-même et demeurer fidèle à ce qu’il est. In fine, seul son bilan comptera. Tout le reste, ai-je envie de dire, relève de la distraction et du superflu.

Alexis Lamah, depuis Angers

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