Condamnation de Badra Koné, Elie Kamano et Cie au TPI de Mafanco : le film d’une audience décriée

23 octobre 2019 à 9 09 52 105210

Comme annoncé précédemment, le procès de Badra Koné (vice-maire de Matam et secrétaire général de la jeunesse de l’UFR), Elie Kamano (artiste reggaeman et président du parti PGSD) et Cie a connu son épilogue hier, mardi 22 octobre 2019, au tribunal de première instance de Mafanco.

Interpellés la veille et le jour des manifestations de rue organisées la semaine dernière par le FNDC (front national pour la défense de la constitution), plusieurs de ces citoyens ont été reconnus coupables de « provocation à un attroupement non armée ». Mais, Elie Kamano et Badra Koné ont eu la coupe pleine. Les deux hommes politiques ont été condamnés respectivement à un an de prison dont six mois assortis de sursis et trois ans de prison dont deux ans assortis de sursis, rapportent les reporters de Guineematin.com qui étaient au tribunal de Mafanco.

C’est sous haute surveillance des agents de la sécurité que cette dernière audience qui boucle, en première instance, cette « affaire politico-judiciaire », s’est tenue ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Mafanco.

Très tôt le matin, des policiers et des gendarmes ont quadrillé le périmètre qui se trouve autour de cette juridiction de première instance. Ils ont établi deux points de contrôle sur la route qui mène au tribunal. « Qui êtes-vous ? Où allez-vous ? » Demandaient-ils sans cesse aux personnes qui s’y aventure. Et, aux journalistes, ils donnent des règles de conduite à observer.

« Vous connaissez les nouvelles instructions ? Aujourd’hui, ce n’est pas comme les autres jours. Vous ne devez pas filmer, prendre des photos ou enregistrer ce qui se passe dans la salle d’audience. Ce sont les nouvelles instructions que nous avons reçu », disent-ils avant de libérer le passage.

Les mêmes consignes vous sont répétées au deuxième point de contrôle, mais avec plus de fermeté. « Si vous avez des caméras, des téléphones androïdes, éteignez-les. Si on vous prend en train de filmer ou de prendre des photos, nous allons retirer vos téléphones et vous embarquer (pour ainsi dire vous arrêter) ».

Cependant, l’audience n’a pas eu lieu le matin, comme prévu. A 9 heures, une affiche tout près du rôle annonçait le renvoie de l’audience à 15 heures. Aucune raison de ce report n’était indiquée ; mais, on pouvait aisément constater l’absence des prévenus (Elie Kamano, Badra Koné et Cie), dans la salle d’audience. Ils n’étaient pas encore arrivés au tribunal.

Après une longue attente, le minibus transportant les prisonniers arrive au tribunal. Il était 14 heures 35’. Ils descendent du minibus, direction la salle d’audience où ils ont pris place sous l’œil vigilent des agents de sécurité.

Coiffé d’un bonnet bleu et vêtu d’un complet bleu sombre, l’artiste Elie Kamano et le vice-maire de Matam, Badra Koné (vêtu d’un maillot du Sily national) étaient assis côte à côte, sur le second banc de la rangée de droite.

Visiblement très décontractés, sourire aux lèvres, les deux hommes politiques (qui militent tous contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé, l’actuel chef de l’Etat guinéen) échangeaient des mots. Et, ils saluaient les gens avec un petit geste de la main. Par moment, Elie Kamano se levait pour serrer la main à certaines personnes qui étaient au font de la salle.

Après avoir sifflé un jus et grignoté un sandwich, Badra Koné s’est même permis de porter des écouteurs. Surement pour savourer de la musique. En tout cas, on pouvait le voir en train de faire danser sa tête. Il était 15 heures 23’.

« Aujourd’hui, il n’y a pas de photos, il n’y a pas d’enregistrement », lance au micro un homme à l’endroit des journalistes qui étaient massés hors de la salle d’audience.

Quelques minutes plus tard (à 15 heures 43’), la juge, Djénabou Donghol Diallo, fait son entrée ; et, l’audience tant attendue est ouverte. Les expressions « coupables » et « non coupables » s’enchainent au cours de sa lecture de la décision du tribunal contre les prévenus.

« Le tribunal statuant publiquement… déclare Elie Kamano coupable… et le condamne à un an de prison dont six mois assortis de sursis », a-t-elle dit entre autres.

Une voix cris du fond de la salle : « Amoulanfé (ça ne marche pas en langue Soussou) ». Cette voix est suivie d’un brouhaha qui amena la juge à interrompre sa lecture.

« S’il vous plait ! S’il vous plait ! Les services de sécurité, maintenez le calme dans la salle », entend-on du côté du ministère public.

« Le calme se maintient par de bonnes décisions », réplique un avocat de la défense.

Ce dernier est immédiatement suivi par un de ses confrères qui soutient « qu’un juge qui rend une mauvaise décision a toujours peur ».

« Lisez vite votre décision ! Rien ne nous surprend ici. On sait que ce sont des décisions synchronisées (en référence à la condamnation des leaders du FNDC au tribunal de Dixinn, dans la matinée de ce mardi) », a lâché un autre avocat de la défense.

La juge, Djénabou Donghol Diallo, reprend la parole et interpelle le doyen des avocats de la défense. « Me Traoré, calmez vos confrères ! » s’exclame-t-elle.

« Je fais de mon mieux, madame la présidente », répond l’avocat, tout en faisant des signes à ces collègues de calmer la tension.

Le calme à peine revenu, après quelques minutes de brouhaha, la juge Djénabou Donghol Diallo reprend sa lecture et annonce la condamnation de Badra Koné à trois ans de prison dont deux ans assortis de sursis.

Cette décision sera suivie de l’hymne du FNDC, puis de l’hymne national de la Guinée. « C’est nous les guinéens qui avons choisi la liberté à l’oppression », ont entonné, séance tenante, les militants du front national pour la défense de la constitution. Ceci, sous l’encouragement de Badra Koné et Elie Kamano, deux prévenus qui ont été condamnés avant la levée de l’audience.

A noter que les avocats de la défense ont relevé appel de la décision rendue par le tribunal.

Mamadou Baïlo Keïta et Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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Manifs contre un 3ème mandat en Guinée : les nouvelles consignes du FNDC Labé

21 octobre 2019 à 18 06 41 104110

A trois jours de la prochaine manifestation contre le projet de troisième mandat du président Alpha Condé, le FNDC Labé a animé une conférence de presse ce lundi, 21 octobre 2019. La structure a fait le point sur les manifestations de la semaine dernière avant d’annoncer les nouvelles mesures prises pour la marche de jeudi prochain, rapporte un correspondant de Guineematin.com dans la ville.

C’est par le slogan « Amoulanfé » qui signifie ça ne marchera pas que les membres du Front National pour la Défense de la Constitution de Labé ont ouvert cette conférence de presse. Prenant la parole, l’honorable Mamadou Cellou Baldé, député uninominal de Labé, s’est félicité d’abord de la « réussite » des manifestations organisées lundi, mardi et mercredi dernier dans la ville.

« L’essentiel de la rencontre, c’est de tirer d’abord les leçons des manifestations passées, féliciter les populations de Labé par rapport à l’esprit de responsabilité dont ils ont fait montre, mais aussi pour avoir massivement répondu à l’appel à manifester du FNDC. Mais également nous féliciter, nous membres du FNDC, de la qualité de l’organisation qui a prévalu et qui a permis d’éviter des failles et des incidents majeurs dans notre ville », a-t-il indiqué.

Au nom du FNDC, l’élu de l’UFDG à Labé a annoncé aussi de nouvelles mesures prises par rapport à la manifestation du jeudi prochain. « Pour la prochaine manifestation, nous avons décidé de changer l’itinéraire pour éviter l’hôpital régional comme nous l’avions promis. Les raisons sont très simples : des pneus ont été brûlés devant ce centre hospitalier, même le gaz qui se dégage de l’incendie de ces pneus peut emmerder les patients qui sont hospitalisés là-bas. En plus de cela, il faut éviter qu’il y ait des accrochages entre les forces de l’ordre et les manifestants au niveau du carrefour de l’hôpital, ce n’est pas bien pour les patients », a dit Cellou Baldé.

Le FNDC Labé en a profité pour appeler les citoyens de la ville à se mobiliser massivement et à manifester pacifiquement le jeudi, 24 octobre prochain, pour exprimer leur opposition au projet de changement de la Constitution qui devrait permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Quant aux autorités administratives, les organisateurs de la manifestation les invitent à mettre les forces de défense et de sécurité dans leurs casernes pour éviter des accrochages entre les agents et les manifestants.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Crise politique en Guinée : le Parlement demande le retour des députés de l’opposition

21 octobre 2019 à 17 05 55 105510

Le bureau de l’Assemblée Nationale s’est retrouvé en réunion extraordinaire le vendredi, 18 décembre 2019, pour analyser la situation sociopolitique de la Guinée.

Dans une déclaration dont Guineematin.com a reçu copie, le bureau déplore les pertes en vies humaines enregistrées pendant les manifestations du FNDC contre un troisième mandat du président Alpha Condé. Les députés plaident pour un rétablissement du dialogue entre les différents acteurs en vue de désamorcer la crise.

Concernant le fonctionnement de l’Assemblée nationale, le bureau invite les députés de l’opposition des deux groupes parlementaires (Libéral-démocrate et Alliance républicaine) à reconsidérer leur position pour revenir au Parlement…

Comme par hasard, la plénière prévue ce lundi, 21 octobre, n’a pas eu lieu. Elle devait porter sur la présentation du projet de Loi de Finances Initiale 2020.

Guineematin.com vous propose l’intégralité de ce document, signé du Président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano.

Déclaration de l’Assemblée Nationale au sujet de la crise politique que connaît la République de Guinée depuis le 14 octobre 2019 :

L’an deux mille dix-neuf et le vendredi dix-huit octobre, la conférence des Présidents de l’Assemblée Nationale a tenu une réunion extraordinaire, consacrée à l’examen de la situation politique actuelle de notre pays et à l’exploration des voies et moyens de sortie de crise.

A cet effet, prenant acte de la déclaration commune du Groupe Parlementaire Libéral Démocrate et d’une frange du Groupe Parlementaire Alliance Républicaine de suspendre leurs activités au sein de l’Assemblée Nationale, déclaration prononcée vendredi 11 octobre 2019 et immédiatement suivi d’effets ;

Considérant la déclaration d’un groupe d’individus, suivie de mobilisation et de marches ;

Relevant le fait que le mouvement qui s’est traduit, à bien des endroits, par des actes de violence ;

Préoccupée par l’ampleur et les proportions de ces violences ;

De ce qui précède, L’Assemblée Nationale

1- Déplore les pertes en vies humaines et celles matérielles enregistrées à certains endroits du territoire du fait des évènements consécutifs à l’appel de manifester ;

2- Présente ses condoléances émues et sa compassion aux familles des victimes ;

3- Invite les citoyens, les acteurs politiques, le mouvement social, la société civile, les forces de défense et de sécurité ainsi que l’Administration à la retenue et à l’observation d’une attitude responsable ;

4- Invite tous les acteurs à privilégier l’intérêt supérieur du peuple de Guinée en lui assurant un climat de paix et de stabilité dont il a tant besoin pour renforcer sa cohésion et poursuivre sa marche vers le progrès ;

5- invite au retour des Honorables députés ayant suspendu leur participation aux travaux de l’Assemblée Nationale, qui leur offre un cadre idéal de dialogue ;

6- Invite tous les acteurs de la vie nationale à accepter la main tendue du Président de la République, Chef de l’Etat, pour un dialogue responsable et constructif à l’occasion duquel toutes les questions pourraient être abordées et débattues dans l’intérêt supérieur du peuple de Guinée.

Conakry, le 21 octobre 2019

Le Président de l’Assemblée Nationale

Propos transcrits par Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Report attendu des législatives : l’UFR tacle le président de la CENI

21 octobre 2019 à 11 11 04 100410
Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l'UFR
Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR

Prévues pour le 28 décembre 2019, les élections législatives ne se tiendront pas en Guinée à cette date, comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches. La non-prise du décret présidentiel convoquant le corps électoral à 70 jours de cette date, conformément à la loi électoral, a ouvert la voie à tous les commentaires.

L’opposition soutient qu’elle le savait, cette date était intenable. Tel est l’avis exprimé ce lundi, 21 octobre 2019, par Saïkou Yaya Barry de l’Union des Forces Républicaines qui dénonce la subordination dont fait preuve le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) vis-à-vis du président Alpha Condé.

« J’avais déjà dit que cette date n’était pas tenable, que ça ne se ferait pas. Pour organiser une élection, il y a des procédures à respecter. Et je ne sais pas quelle idée farfelue que le président de la CENI a eu pour se conformer à la volonté tout court d’Alpha Condé sans même lui dire qu’il y a des trucs que je ne peux pas faire », entame Saïkou Yaya Barry.

Selon le secrétaire exécutif de l’UFR, la date du 28 décembre n’était pas tenable pour diverses raisons. « On avait un problème d’appareillage qui était posé, un problème de formation des agents de saisi, il y a un problème de sous-traitance, tout cela se posait. Les délais légaux pour le recensement n’ont pas été suivis. Il a voulu avoir un truc bâclé de la façon soviétique pour nous faire consommer cela en République de Guinée et ce n’est pas possible ».

Par ailleurs, Le député de l’UFR accuse le président Alpha Condé d’être à la baguette dans le seul but de créer un glissement en 2020 pour se maintenir illégalement au pouvoir. « Le seul but d’Alpha Condé aujourd’hui, ce n’est pas les élections, c’est comment s’éterniser au pouvoir. Si son 3ème mandat ne passe pas, son objectif c’est le glissement du calendrier électoral. Les gens s’interrogent pour quelles raisons il n’y a pas d’élections aujourd’hui. Il n’y en pas eu parce qu’Alpha n’a jamais voulu libérer les fonds pour organiser une bonne élection. On dépense des milliards pour mobiliser les gens pour un 3ème mandat, et on refuse de faire en sorte qu’une élection normale se tienne dans le pays pour que la Guinée soit un pays fréquentable. C’est vraiment déplorable », regrette-t-il.

Parlant du président de la CENI, Saikou Yaya n’a pas mâché ses mots. « On se rend compte que Salifou Kébé est un valet d’Alpha Condé parce que tout simplement, il ne fait que celui-ci veut. Si non, certains commissaires avaient dit très clairement que ce n’était pas possible. Et lui, il fait une déclaration, un effet d’annonce. Il a juste annoncé cette date pour se conformer à la volonté d’Alpha. J’ai fait une mission au Ghana avec Maitre Salifou Kébé, on ne peut dire qu’il n’a pas une expérience avérée. Mais, il y a un problème de caractère chez les guinéens. Ils ont beau avoir une formation, acquérir des connaissances, mais nous avons des problèmes de caractère. Je crois que c’est le caractère qui lui manque », a-t-il lancé.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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Vers un report des législatives : « ça ne nous surprend pas », dit Fodé Oussou

21 octobre 2019 à 10 10 34 103410
Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, les élections législatives ne pourront pas se tenir le 28 décembre 2019, date proposée par le président de la CENI. Cette date, on le sait, était contestée par l’opposition et ses représentants au sein de l’institution électorale, qui la jugeaient irréaliste. Les opposants semblent avoir eu raison puisque le président de la République n’a pas convoqué le corps électoral à la date indiquée par la loi (70 jours avant la date du scrutin).

Ce qui laisse présager un report de la date des législatives. Interrogé par un journaliste de Guineematin.com sur cette situation, Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, a dit ne pas être surpris par la non-convocation du corps électoral.

« Le fait que le président de la République n’ait pas convoqué le corps électoral, ça ne nous surprend pas du tout. On savait qu’ils étaient en train d’amuser la galerie. Je pense qu’il fallait être inintelligent pour imaginer qu’on pouvait organiser des élections le 28 décembre 2019. Me Salif Kébé (le président de la CENI, ndlr) a choisi cette date juste pour être dans le délai voulu par le président de la République, qui a dit qu’il veut que les élections soient organisées avant la fin de l’année.

Il l’a fait sans étudier la situation, sans consulter ses collègues, on dirait qu’il n’a jamais organisé une élection. Mais il a juste voulu faire plaisir à Alpha Condé parce qu’il était lui-même convaincu qu’il n’y avait aucun moyen d’organiser ces élections à cette date. Maintenant je pense qu’il va revenir sur terre et se rappeler qu’on n’organise pas des élections comme ça », estime l’opposant.

Pour le vice-président du principal parti d’opposition du pays, « l’intention du pouvoir c’était de bâcler les élections, donner les 2/3 des sièges à l’Assemblée nationale au RPG Arc-en-ciel pour que s’ils ne parviennent pas à organiser le référendum pour changer la Constitution, qu’ils puissent passer par l’Assemblée nationale pour adopter la nouvelle Constitution. Mais, ajoute-t-il, le président de la République et le président de la CENI se sont rendu à l’évidence que la date du 28 décembre n’était pas du tout tenable.

« Vous savez, il y a un minimum aussi pour pouvoir tricher. Ils ont lancé l’opération de révision du fichier électoral, mais l’opération n’a pas eu lieu. A moins que Kébé ait recensé les chèvres, les moutons et les poules, il n’y a pas eu de révision. Maintenant, est-ce qu’on peut organiser des élections avec un tel fichier ? Le fichier électoral c’est la base d’une élection. Et tout le monde sait que le fichier que nous avons actuellement est un fichier complètement corrompu. De toutes les façons, on avait prévenu qu’on n’irait pas à une élection avec ce fichier et qu’il n’y aura pas aussi d’élection sans nous », a dit Dr Fodé Oussou Fofana.

Selon nos informations, les machines qui devaient servir à faire la révision du fichier électoral ne sont pas encore arrivées sur le terrain. Ce qui a empêché le déroulement des travaux. Le président de la CENI anime une conférence de presse ce lundi, 21 octobre 2019, à 11 heures. Il devrait s’expliquer sur cette situation et peut-être annoncer officiellement le report de la date des élections législatives.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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Elie Kamano sur son arrestation : « Cellou et Sidya étaient confinés, j’étais le seul leader politique libre ce jour »

18 octobre 2019 à 21 09 01 100110
Elie Kamano, artiste et homme politique

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, plusieurs manifestants contre un troisième mandat du président Alpha Condé ont été jugés ce vendredi, 18 octobre 2019, dans les tribunaux de Dixinn et Mafanco. Après les réquisitoires et les plaidoiries, la suite de ces procès a été renvoyée au mardi prochain pour les verdicts.

Au tribunal de première instance de Mafanco, ils étaient 29 citoyens dont l’artiste et désormais homme politique Elie Kamano à faire face aux accusations du procureur Sory Doumbouya. Mais, cinq parmi eux ont bénéficié de liberté provisoire. Après leur prestation à la barre, même l’empereur des poursuites n’a finalement rien trouvé à reprocher aux cinq citoyens à Abdourahmane Dikhaby, Madame Maciré Soumah, Madame Mama Adama Cissé, Mawa Diawara et Saran Kissoko. Mais, madame Djenabou Doghol Diallo tient à avoir un œil sur eux. La présidente du tribunal leur a alors accordé une liberté provisoire jusqu’au mardi…

Pour les 24 autres, ça n’a pas été si simple ! 3 ans de prison et un millions de francs guinéens d’amende, c’est ce que le procureur a requis contre Elie Kamano et un certain Ibrahima Keita. Pourtant, l’artiste (qui n’a pas nié être sorti ce lundi, 14 octobre 2019, premier jour des manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé) a dit être allé sensibiliser les jeunes sur le respect du mot d’ordre du FNDC.

« On m’a arrêté à la Tannerie, le 14 octobre 2019. Ils m’ont conduit au commissariat urbain de Matoto ; puis, à la maison centrale de Coronthie. Un policier m’a administré un coup, moi aussi je lui ai donné un coup dans le pick-up. J’étais sorti pour dissuader les jeunes qui ne voulaient pas respecter le mot d’ordre qu’on a lancé. Cellou Dalein était confiné chez lui, Sidya Touré était confiné chez lui ; donc, j’étais le seul leader politique libre ce jour. Je suis interpellé par les gens que les jeunes sont en train de brûler les pneus au carrefour Yimbaya. Il était de mon devoir de sortir pour les dissuader parce qu’ils n’ont pas voulu respecter le mot d’ordre que nous avons lancé. J’ai toujours participé à l’émancipation de la démocratie. Le président de la République en sait quelque chose ».

A suivre !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Cellou Dalein en résidence surveillée ? L’opposant dénonce le président Alpha Condé

18 octobre 2019 à 20 08 50 105010

Comme annoncé dans nos précédentes dépêches, tous les accès menant au domicile de Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, sont bloqués par des camions et des pick-up de la police et de la gendarmerie nationale. Le chef de file de l’opposition est séquestré à Dixinn où personne ne sort ni n’entre ce vendredi, 18 octobre 2019. Dans un entretien accordé à un groupe de médias, dont Guineematin.com, Cellou Dalein Diallo a accusé le président Alpha Condé d’en être le principal responsable.

Cellou Dalein Diallo a dit sa frustration par rapport au confinement dont lui et sa famille sont victimes depuis le lundi dernier. Selon lui, l’ordre est venu de la Présidence. « J’étais habitué à cette pratique de nos autorités parce que je sais que pour me séquestrer, l’ordre est venu de très haut. Ce n’est pas n’importe quel policer, n’importe quel commissaire qui peut prendre l’ordre de séquestrer le Chef de file de l’opposition qui, au rang protocolaire, vient avant les ministres dans le pays. Donc, c’est sûr que c’est une décision qui est venu d’Alpha Condé. Pourquoi ? Je ne sais pas. Habituellement, l’hypothèse la plus plausible, c’est que le jour des manifestations, comme si je sors, il y a les gens qui sortent, lorsqu’on me voit, la marée humaine se constitue tout de suite, c’était peut-être pour empêcher ça. Mais aujourd’hui, étant donné qu’il n’y a pas de mot d’ordre de manifestation, madame m’a réveillé, elle dit qu’ils ont déployé les forces tout autour de la maison. Les gens ont essayé de sortir, ils les ont bloqués. C’était le cas de nos amis : Ibrahima Sory Touré Alain, ancien ministre de la Pêche, le vice-président de l’Assemblée nationale. Elhadj Djouma est venu, ils l’ont bloqué. Il a fallu des heures de négociation pour qu’il puisse accéder à mon domicile», a-t-il relaté.

Pour Cellou Dalein Diallo, cette situation à laquelle lui et ses proches sont confrontés depuis lundi ne l’étonne pas. Il précise que les droits humains n’ont jamais été respectés depuis l’arrivée au pouvoir du professeur Alpha Condé. « Ce n’est pas facile d’être séquestré comme ça pendant une semaine. Je trouve que c’est une violation de nos droits. Mais avec ce régime, on s’attend à tout. Nous, on est séquestré ; les autres, on leur a ôté la vie. On a tué 10 personnes à bout portant, dont une personne à Mamou. Le bilan, c’est 9 morts à Conakry, correctement identifiés et transportés dans les morgues (…) Ils trouvent toujours des motifs pour légitimer la séquestration des gens. Abdourahmane Sanoh, qu’est-ce qu’il a fait ? Nous nous sommes tous réunis au sein du FNDC, on a décidé de cette manifestation. Des manifestations sont autorisées par la constitution en son article 10. Comment ils peuvent dire à partir de là que c’est une insurrection ? C’est simplement ils cherchent des arguments pour pouvoir séquestré les gens, les maintenir en prison. J’ai fait venir naturellement mes avocats, ils vont prendre le dossier en main. On a fait venir un huissier pour constater. Et, je suis heureux que la presse elle-même ait vécue parce que vous savez, ce pouvoir, ils sont capables de dire demain qu’ils n’ont pas séquestré. Je pense que l’huissier est venu, il va constater et on va saisir les tribunaux ».

Interrogé sur la date d’une éventuelle manifestation, Cellou Dalein Diallo a indiqué que c’est le FNDC qui va décider. « Les membres du FNDC vont se retrouver et prendre une décision. Mais, je ne vois pas la raison pour laquelle on arrêterait la manifestation à ce niveau. Je pense que les Guinéens sont déterminés, il y a des sacrifices qu’il faut consentir. Lorsqu’on est en face d’un pouvoir sans scrupules qui, depuis 2011, est en train de tuer ses enfants sans jamais accepter qu’une enquête ne soit menée, que les auteurs des crimes ne soient identifiés, ça c’est du Alpha Condé. On est à 114, des fils de ce pays qui ont été tués par balles, sans compter ceux de Zogota. Et d’ailleurs, je parle seulement de ceux de Conakry. 114, on ne peut pas dire que c’est une bavure. Une bavure, c’est une fois. C’est un assassinat programmé des citoyens de l’opposition. Si on avait bien traité le cas de Zakariaou, la première victime de Alpha Condé, on aurait recherché, identifié les auteurs pour les déférer devant la justice, il n’y aurait pas eu tous ces morts ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Cellou Dalein confiné à Dixinn : aucun accès, même pour un journaliste…

18 octobre 2019 à 15 03 01 100110

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, le domicile du président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne, Elhadj Cellou Dalein Diallo, a été bouclé par des camions et d’agents armés qui refusent tout accès à sa maison ce vendredi. Un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place s’est lui-même vu refuser l’entrée.

« J’ai tout fait ! J’ai expliqué au responsable des agents qui sont là que nous avons un rendez-vous avec le président de l’UFDG dans le cadre professionnel ; mais, ils ont refusé et m’ont demandé de m’éloigner des lieux », a indiqué notre reporter qui attend toujours une « permission » de la sécurité pour aller faire son travail…

Selon un cadre de l’UFDG, au moins trois proches de Cellou Dalein ont pu accéder à son domicile dans la matinée de vendredi, 18 octobre 2019. « Mais, quand on est sorti, ils ne nous ont plus laissés entrer. On apprend que c’est un officier qui est venu leur crier dessus avant d’ordonner qu’on ne laisse plus personne entrer ou sortir », a indiqué un cadre de l’UFDG.

A préciser qu’au-delà des rendez-vous officiels ou privés de la journée, le chef de file de l’opposition guinéenne est attendu au QG de son parti pour présider une réunion du bureau politique national cet après-midi, avant l’assemblée générale hebdomadaire de demain, samedi…

Depuis le lundi dernier, le FNDC (une coalition de la société civile et des partis politiques de l’opposition) a lancé une série de manifestations à Conakry et à l’intérieur du pays pour contraindre le président Alpha Condé à renoncer à son projet de nouvelle constitution qui est synonyme d’un troisième mandat. Ces manifestations ont déjà fait au moins dix morts (dont deux à Mamou), plusieurs blessés et de nombreuses arrestations dont les principaux leaders du front national pour la défense de la Constitution.

Malgré tout, le président Alpha Condé continue d’entretenir le doute sur ses intentions et déploie ses efforts à créer la confusion entre ces manifestations citoyennes pour la défense de la loi fondamentale du pays et les manifestations politiques qui ont jonché sa gouvernance. Les confinements des opposants (Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré), ainsi que des campagnes distillées dans les médias d’Etat et certains privés sont utilisés à cet effet.

A suivre !

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Main tendue d’Alpha Condé aux opposants : voici la réaction de Sidya Touré

15 octobre 2019 à 15 03 15 101510

Après la chaude journée d’hier, lundi 14 octobre 2019, à l’occasion de laquelle des manifestations et des violences ont été enregistrées à Conakry et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, le président Alpha Condé a lancé un appel au dialogue avec le FNDC qui a appelé à ces mouvements de protestation contre un troisième mandat en Guinée. Des manifestations qui ont paralysé la plupart des villes du pays et ont entraîné au moins 5 morts dont un gendarme, de nombreux blessés et des interpellations.

Au lendemain de cette main tendue du chef de l’Etat, un reporter de Guineematin.com a recueilli la réaction de l’opposant Sidya Touré. Le président de l’UFR s’est exprimé depuis son domicile situé au quartier Minière où il est confiné par des agents des forces de l’ordre depuis hier matin. Il émet des doutes quant à la sincérité des autorités et pose des conditions pour participer à toutes discussions avec le pouvoir.

« Il faut commencer par libérer les responsables du FNDC qui ont été arrêtés dans les circonstances que nous connaissons. C’est-à-dire de manière totalement illégale avant qu’on ne discute de tout cela. C’est une habitude du pouvoir d’Alpha Condé. Chaque fois qu’il y a eu crise, on vous lance un os le temps pour vous de remuer cela, ils continuent leur programme. Cellou et moi avons écrit avant la crise pour ne qu’on arrive à ce niveau au ministre de l’administration du territoire pour lui demander à ce que le comité de suivi soit réactivé. Cela n’a pas été fait fait. Ça veut dire il n’y aucune sincérité en cela (la main tendue d’Alpha Condé, ndlr). C’est simplement pour faire baisser la tension. Nous n’avons aucun intérêt à nous inscrire dans une aventure pareille », estime Sidya Touré.

Pour l’opposant, le peuple de Guinée s’est exprimé à travers les manifestations d’hier et a donné sa position sur le projet de changement de la Constitution qui devrait permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. « Les manifestations d’hier ont prouvé que la majorité des guinéens étaient opposés à l’idée d’un troisième mandat d’Alpha Condé. C’est vraiment la première conclusion qu’on peut tirer de ces manifestations. Ensuite, nous estimons que le pouvoir a été fébrile. Parce que je ne vois pas de raison pour laquelle on peut avoir à tirer sur les jeunes gens qui sont en train de manifester dans un pays où la constitution leur donne absolument ce droit.

On s’est rendu compte que notamment en ce qui concerne l’UFR, nos militants ont été ciblés de telle façon qu’on puisse casser les manifestations, ce qui n’a pas marché. De Matoto jusqu’à Kaloum, pratiquement il y a une quarantaine. Ce matin encore, j’apprends qu’on est pratiquement à plus de cinquante personnes arrêtées y compris le responsable de la jeunesse du parti dont la concession familiale a été agressée. Des gens ont été blessés, des véhicules ont été saccagés et je pense que c’est un comportement qui n’est pas digne d’un gouvernement », a regretté le président de l’UFR.

L’opposant s’insurge aussi contre des abus dont son parti a été victime en Haute Guinée. « Hier, les manifestants qui étaient réunis au siège de l’UFR à Kankan ont été agressés, molestés et le siège a été totalement saccagé. Ils ont été envoyés à la police, et ce matin ils ont été déférés et mis en prison. On a une douzaine comme ça. À Siguiri, les intimidations, à Mandiana, on a un blessé, on ne sait pas dans quel état il est actuellement. Donc voilà un peu ce qui s’est passé hier. Le résultat global de tout ça, les Guinéens ont voté hier en sortant massivement et en maintenant les activités bloquées non seulement à Conakry et dans la majeure partie des villes de l’intérieur pour s’opposer au troisième mandat d’Alpha Condé », a laissé entendre Sidya Touré.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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FNDC-Mamou : « nous allons continuer les manifestations tant que… »

15 octobre 2019 à 8 08 53 105310

Un calme précaire règne depuis hier soir dans la ville de Mamou, après la folle journée du lundi. La ville carrefour a été le théâtre de violents accrochages entre les manifestants opposés à un troisième mandat pour le président massivement descendus dans les rues et les forces de l’ordre. Ces affrontements ont fait au moins deux morts : un manifestant et un gendarme, tous les deux tués par balles.

Joint au téléphone dans la soirée du lundi, 14 octobre 2019, par le correspondant de Guineematin.com à Mamou, le coordinateur régional du Front National pour la Défense de la Constitution a salué la mobilisation des citoyens, déplorant ces pertes en vies humaines. Mamadou Aliou Madina Diallo appelle malgré tout, les habitants de Mamou à poursuivre les manifestations jusqu’à la satisfaction de leur revendication.

« Nous nous réjouissons du bilan de cette première journée, même si nous déplorons malheureusement la mort d’un jeune manifestant et d’un gendarme, plusieurs blessés et de nombreuses interpellations. Notre ambition n’est pas de détruire, mais de réclamer un droit. Et tant que nos revendications ne sont pas prises en compte, nous allons continuer les manifestations. Malgré le fait que nos leaders ont été confinés, toutes les préfectures sont sorties massivement. Cette manifestation, elle ne pas politique mais sociale. C’est une façon de dire au Président de la République de ne pas écouter ceux qui veulent frelater la constitution. Nos membres sont aujourd’hui dans des lieux inconnus, privés de leurs droits, de leurs familles et amis.

Nous invitons les membres du front et l’ensemble des Guinéens des quatre régions naturelles et ceux de la diaspora d’accompagner ce mouvement sans détruire, sans casser, sans injures, sans brutalité ni violence. Comme disait l’autre, la force et la violence peuvent quelque chose, mais pas toujours tout. Ces policiers et ces gendarmes, ce sont nos frères, nous sommes ensemble dans les quartiers, nous leur demandons de ne pas nous maltraiter. Ce régime va finir et nous resterons ensemble. Aujourd’hui, des familles sont endeuillées, nous regrettons vraiment cela. Nous lançons un appel à toutes les personnes éprises de paix à se joindre à nous dans cette lutte. A nos religieux de dire au Président de la République de respecter et de faire respecter la constitution pour le bonheur et l’honneur de la Guinée et des Guinéens », a lancé le leader loca du FNDC.

Propos recueillis par Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tel: 625698919/657343939

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Manifs à Conakry : deux autres jeunes tués par balles à Wanindara

14 octobre 2019 à 15 03 44 104410

Deux nouveaux jeunes sont tombés sous les balles des forces de l’ordre à ce lundi, 14 octobre 2019, premier jour des manifestations de rue appelées par le FNDC dans tout le pays pour protester contre le projet de 3ème mandat du président Alpha Condé. Selon les informations confiées à un journaliste de Guineematin.com, ces deux jeunes ont été tués au quartier Wanindara, sur la transversale T5 qui mène à Kissosso.

Il s’agit de Mamadou Karfa Diallo, 18 ans, et Thierno Sadou Bah, également âgé de 18 ans, tous les deux originaires de Bhouria (Porédaka), dans la préfecture de Mamou. Les deux jeunes seraient des cousins. Le premier a reçu une balle au niveau du cœur, il a rendu l’âme sur place. Le second a été touché par la balle au niveau des hanches, il est décédé sur la route de l’hôpital.

Ces deux nouvelles pertes en vie humaine portent à trois le nombre de jeunes tués à l’occasion de cette journée du lundi. Lamarana Bah, 16 ans, a été le premier à être tué par balle à Sonfonia Gare.

Enfin, des citoyens de Wanindra ont parlé d’un autre cas de jeune qui aurait reçu, lui aussi une balle et qui aurait succombé à son arrivée à l’hôpital. Mais, Guineematin.com n’a pas pu identifier ce quatre cas de mort…

A suivre !

Abdoul Aziz Sow pour Guineematin.com

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Manifestation contre un 3ème mandat en Guinée : le bilan à la mi-journée par Cellou Dalein (en direct)

14 octobre 2019 à 14 02 33 103310

« Les manifestations vont se poursuivre demain, après-demain… jusqu’à la satisfaction de nos revendications », a notamment annoncé Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne. C’est au domicile de sa deuxième femme à la Minière que l’opposant guinéen a reçu un groupe de journalistes dont un de Guineematin.com dans l’après-midi de ce lundi, 14 octobre 2019.

En attendant le décryptage, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la vidéo de notre reporter publiée en direct sur notre page Facebook officielle :

A un an de la fin de son deuxième et dernier mandat, le président Alpha Condé veut changer la constitution guinéenne pour rester au pouvoir. En réaction à ce risque d’atteinte à la démocratie dont la sève nourricière est l’alternance au pouvoir, plusieurs partis d’opposition ont rallié un mouvement initié par la PECUD (une plateforme de la société civile) pour créer le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). C’est ce front qui a appelé les Guinéens à entamer des manifestations ce lundi pour démontrer au président de la République et à son entourage que les Guinéens sont opposés à un changement de leur constitution acquise de haute lutte sous la junte militaire en 2010. Mais, les manifestations étant interdites en Guinée par une décision du gouvernement (en violation de la constitution), les leaders du FNDC ont alors demandé aux Guinéens de sortir partout sur le territoire national et à l’étranger devant les ambassades pour manifester.

A suivre !

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Sidya Touré à ses militants : « quand on sort le lundi, ça ne va pas s’arrêter mardi, ni mercredi »

12 octobre 2019 à 18 06 43 104310

L’Union des Forces Républicaines (UFR) compte répondre massivement à l’appel du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) le lundi, 14 octobre 2019. Pour gagner le combat contre « les ennemis de la République », Sidya Touré a exhorté ses militants à une grandiose mobilisation. Il l’a dit à l’occasion de la tenue de l’assemblée générale du parti républicain ce samedi, 13 octobre 2019, a constaté sur place Guineematin.com à travers l’un de ses reporters.

C’est un Sidya Touré déterminé à lutter contre le projet de nouvelle constitution qui s’est exprimé à l’occasion de l’assemblée générale de l’UFR de ce samedi. L’ancien Premier ministre a invité ses militants à ne pas reculer et à se lever comme un seul homme pour combattre les promoteurs du projet de nouvelle constitution. « Le peuple de Guinée, c’est vous ; le souverain dans ce pays, c’est vous. Celui qui décide de l’orientation de la République de Guinée, c’est le peuple de Guinée, et vous êtes les représentants du peuple de Guinée. Ils ne peuvent pas nous effrayer. Il parait qu’on a arrêté Abdourahmane Sanoh, Sékou Koundouno, Ibrahima Diallo et même Bill de Sam, parce qu’on ne va pas changer notre programme. Demain on ne manifeste pas parce que c’est dimanche. Lundi vous sortez ou vous ne sortez pas ? », a lancé Sidya Touré, répondu en chœur par l’affirmative.

Poursuivant sa diatribe contre le régime en place, Sidya Touré a rassuré ses militants que le combat sera mené jusqu’au bout. « Les leaders de l’opposition, qu’on soit bloqué, arrêté, qu’on soit je ne sais quoi, le lundi, le peuple de Guinée doit se manifester. Ce n’est pas seulement lundi, mardi ou mercredi mais ça va continuer. Je dis Amoulanfé (ça ne marchera pas, ndlr). On envoi des gens pour dire qu’on va assassiner Sidya, on va tuer Cellou Dalein, on va faire ceci. Notre vie est dans les mains de Dieu. La différence entre nous, c’est que nous croyons en Dieu. Ecoutez bien, peut-être que le samedi prochain il n’y aura pas de réunion ici parce que ce n’est pas Conakry seulement. Quand on sort le lundi, ça ne va pas s’arrêter mardi ni mercredi. Ne vous laissez pas intimider. Si la Guinée doit aller mieux, c’est vous qui allez le décider, si votre avenir doit être meilleur, si les enfants ne doivent plus aller dans les trains d’atterrissage des avions, si les enfants ne doivent plus mourir dans la Méditerranée, sortez massivement le lundi, 14 octobre 2019. On ne va pas s’arrêter devant cette affaire de troisième mandat. Troisième mandat, Amoulanfé. Présidence à vie, Amoulanfé. Elections truquées, Amoulanfé », a-t-il laissé entendre.

En ce qui concerne l’arrestation de certains membres du FNDC, Sidya Touré a affirmé devant ses militants qu’ils vont contacter leurs avocats pour qu’ils sachent où se trouvent leurs camarades.

Par la même occasion, le président de l’UFR a indiqué que le FNDC a écrit une lettre au président en exercice de la CEDEAO pour attirer son attention sur la situation qui prévaut en Guinée. « C’est pour lui dire qu’on a donné des ordres pour qu’on puisse manifester à partir du lundi parce qu’il n’y a pas d’autres solutions. Tout ce qu’on a fait depuis l’arrivée de ce régime en Guinée, ça a été pour rien du tout. Donc, nous sommes sur ce chemin. C’est le lundi, on est prêt pour ça ? On est prêt pour sortir ? Si on vous donne l’argent de la Guinée prenez, bouffez et vous sortez manifester. Le lundi, 14 octobre 2019, nous allons manifester ou nous n’allons pas manifester ? Troisième mandat Amoulanfé. Notre avenir est dans nos mains et je sais qu’à chaque fois nous avons relevé le défi », a-t-il indiqué.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Cellou Dalein : « si vous apprenez que nous sommes en prison ou assassinés, continuez la lutte »

12 octobre 2019 à 13 01 44 104410

C’est un Cellou Dalein Diallo plus que déterminé qui vient de tenir un discours musclé à l’assemblée générale hebdomadaire de l’UFDG, ce samedi, 12 octobre 2019. Le principal opposant guinéen a d’abord annoncé l’arrestation de certains leaders du FNDC dont le coordinateur national, Abdourahmane Sano, par le régime Alpha Condé qui tient à garder le pouvoir après ses deux mandats.

Cellou Dalein Diallo a exigé la libération des leaders du Front national pour la défense de la constitution et réitéré sa détermination à continuer son combat démocratique pour l’avènement d’un Etat de droit en République de Guinée. Pour l’opposant, cet objectif doit être poursuivi par ses militants avec ou sans lui…

Selon le président de l’UFDG, ses sources indiquent que si des arrestations sont planifiées et est en train d’être exécutées contre les leaders du FNDC, c’est autre chose qui aurait été prévue pour lui et le président de l’UFR. « Il paraît que l’objectif du pouvoir n’est pas de nous arrêter. Mais, de nous éliminer, Sidya et moi », dit-il, tout en demandant à ses militants de ne pas reculer pour autant.

« Si vous apprenez que nous sommes en prison ou assassinés, continuez la lutte ! », a-t-il lancé, comme ultime instruction. Applaudi par une foule surchauffée, le chef de file de l’opposition guinéenne a demandé à ses militants de sortir massivement dans la rue à partir du lundi prochain pour exiger au président Alpha Condé de respecter la Constitution guinéenne et se plier aux règles de la démocratie dont le principe sacré est l’alternance au pouvoir.

A suivre !

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

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Elhadj Mamadou Saliou Camara a prévenu Alpha Condé : « je lui ai dit de ne pas accepter… »

11 octobre 2019 à 17 05 01 100110

Au moment où la tension monte d’un cran entre opposants et promoteurs de la nouvelle Constitution, Elhadj Mamadou Saliou Camara, premier imam de la mosquée Fayçal, a lancé un message fort au président Alpha Condé et au Premier ministre, Kassory Fofana. Le responsable religieux invite les deux hommes à ne pas céder à la violence et à préserver leur honneur. Il l’a dit à l’occasion d’un entretien avec Dr Ibrahima Sakho, président du parti Changement, Progrès et Unité pour la Guinée (CPUG), dans la journée de ce vendredi 11 octobre 2019.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, le décryptage !

« J’étais avec le président hier, on a fait deux heures du temps. Lorsqu’on était assis, je lui ai dit de ne pas accepter la guerre. Ce n’est pas bon. Fais tout ce que tu peux, mais de ne pas répondre à l’opposition pour la guerre. Barre la route devant la guerre. En Afrique et dans le reste du monde, tout le monde cherche deux choses : l’honneur et le bonheur. Mais ici en Guinée, on ne cherche que le bonheur. Quand je suis imam aujourd’hui, l’argent vient de la part de l’opposition et du gouvernement. Ça, c’est mon bonheur qui consiste à construire des maisons pour mes enfants et j’oublie mon histoire derrière moi. Moi, je suis âgé de plus de 80 ans, je vais faire quoi avec l’argent ? Zéro ! Je vais faire quoi avec les femmes ?

Hier, j’ai invité le Premier ministre et il est venu. Je lui ai dit les mêmes mots. Il ne faut pas aider quelqu’un contre ton honneur. Moi, je défends l’honneur. Le Prophète Mohamed ne vit plus ça fait plus de 1 400 et quelques années, mais son honneur reste. Pendant la colonisation française, la Guinée était préfecture, le Sénégal était gouvernorat, la France capitale, et Kindia était un cercle. De Gaulle est passé, mais la France est restée. L’honneur de De Gaulle est là. Nous, c’est le bonheur seulement qu’on cherche pour dire qu’il a construit tel nombre de maisons. C’est quoi ça ? Ici, tu ne vois jamais un fonctionnaire qui dit si c’est comme ça je démissionne. Jamais ! Tu peux nommer aujourd’hui Elhadj Mamadou Saliou Camara comme ministre de l’Elevage, c’est moi qui vais dire au président que tu m’as trahi. On a combattu ensemble, pourquoi tu me mets ici ? C’est parce que ce n’est pas le travail qu’il veut… ».

Propos recueillis par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Des jeunes de la Forêt soutiennent l’UFDG : « nous nous reconnaissons dans les valeurs de ce grand parti »

11 octobre 2019 à 8 08 35 103510

Engagée dans la bataille que mène le FNDC pour barrer la route au projet de troisième mandat du président Alpha Condé, l’UFDG vient de bénéficier d’un soutien de taille. Plusieurs jeunes ressortissants de la Guinée forestière ont créé une association visant à soutenir les idéaux de la principale formation politique d’opposition du pays. Cette association a été lancée hier, jeudi 10 octobre 2019, au cours d’une conférence de presse à Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La structure est dénommée association de la jeunesse forestière pour le soutien aux idéaux de l’UFDG. Selon son président, Charles Zoumanigui, elle vise avant tout à défendre les intérêts de la Forêt, une région aujourd’hui abandonnée par les gouvernants. « Nous savons que la forêt est une région laissée pour compte, une région marginalisée, cela n’est secret pour personne. Donc, nous nous sommes constitués en association pour d’ores et avant défendre les valeurs de la Forêt et faire en sorte que la voix de la Forêt soit aussi prise en compte dans les prises de décisions de notre pays.

Le soutien des idéaux de l’UFDG ça vient donner une autre coloration politique à notre association, dans la mesure où, nous nous reconnaissons désormais dans les actions formelles d’un grand parti politique, nous nous reconnaissons dans l’idéal de défense, dans les valeurs de défense de ce grand parti. Donc, nous sommes membres à part entière de cette plus grande formation politique de la Guinée », a-t-il expliqué.

Il ajoute que cette association a trois vocations fondamentales. « La première vocation est de rappeler aux forestiers qu’ils n’ont plus intérêt à soutenir ce régime (le régime Alpha Condé), la deuxième vocation est de lutter contre tout changement de constitution dont l’effet serait de contourner le principe sacrosaint de l’alternance démocratique. Dans le même ordre d’idées, elle se reconnaît dans le combat du FNDC. Par conséquent, elle approuve et observe le mot d’ordre de manifester sur toute l’étendue du territoire à partir du lundi 14 octobre 2019.

La troisième et la dernière vocation de cette association est de soutenir l’UFDG, à sa tête le président Elhadj Cellou Dalain Diallo, à travers des manifestations, des meetings, des conférences de presse pour que les Guinéens comprennent désormais que ce n’est qu’avec l’UFDG que l’alternance est possible en 2020 », a dit Charles Zoumanigui.

L’association de la jeunesse forestière pour le soutien aux idéaux de l’UFDG invite donc les Guinéens à se mobiliser massivement pour participer aux manifestations de rue appelées par le Front National pour la Défense de la Constitution. « Au peuple de Guinée qui a toujours été présent aux grands rendez-vous, aujourd’hui encore le pays a besoin de vous pour sauver les acquis démocratiques. Nous nous sommes battus, du sang a été versé, nos sœurs ont été violées, il y a eu des handicapés à vie pour préserver cette démocratie-là. Aujourd’hui, cette démocratie est menacée, le pays a encore besoin de nous comme le 28 septembre 1958, il encore besoin de nous comme en janvier-février 2007, il a encore besoin de nous comme le 28 septembre 2009.

Nous devons préserver nos acquis démocratiques, sinon nous aurons trahi la mémoire de nos martyrs. Mais, je vais compter sur vous, nous serons prêts lundi 14 octobre pour répondre à l’appel du FNDC. Nous jeunes, nous serons massivement présents à cet appel pour barrer toutes les sabotages de cette constitution. Ce projet satanique de changement de la constitution n’émane pas d’une préoccupation juridique, sa motivation est plutôt politique, celle de contourner le principe sacrosaint de l’alternance », a laissé entendre le président de ce mouvement.

Par ailleurs, les membres de cette structure dénoncent le fait que justice n’a toujours pas été rendus sur les exactions de Zogota et de Womey, dans la préfecture de N’zérékoré.

Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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Consultations nationales : voici le rapport que le PM a adressé au chef de l’Etat

10 octobre 2019 à 10 10 43 104310

Ce rapport synthèse fait suite à l’Adresse à la Nation de Son Excellence Pr. Alpha Condé, président de la République, chef de l’Etat, le 04 septembre 2019, dans laquelle il a donné le mandat au Premier ministre, chef du Gouvernement, de mener des consultations sur les sujets de préoccupations nationales.

Suite à sa déclaration, consécutive à l’Adresse du Chef de l’Etat, le 09 septembre 2019, ces consultations se sont déroulées du 10 au 30 septembre 2019.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose la synthèse des consultations et la compilation des supports écrits :

Synthèse des Consultations

Consultations- Compilation des supports écrits

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Démocratie en péril en Guinée : le FNDC fait la manche

8 octobre 2019 à 16 04 32 103210

Après avoir annoncé le début des manifestations contre un troisième mandat pour Alpha Condé ou le premier d’une nouvelle République, le FNDC tend la main ! Composé de partis politiques et d’organisations de la société civile, le Front national pour la défense de la démocratie compte sur la générosité des Guinéens et des démocrates du monde pour garnir ses caisses.

Guineematin.com vous propose ci-dessous et « gratuitement » le communiqué du FNDC

Guinée : contribution financière pour le FNDC

“En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non”. Article 27.

L’alternance démocratique consacrée par la constitution de 2010 est fortement menacée. Le Président Alpha Condé, âgé de 81 ans, démocratiquement élu en 2010, puis en 2015, veut changer la constitution pour se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son second et dernier mandat en décembre 2020.

En réponse à cette grave situation qui hypothèque la paix, la cohésion sociale et la stabilité des institutions, le FNDC s’est constitué pour s’opposer à toute forme de tripatouillage de la constitution guinéenne en vue d’offrir à Monsieur Alpha Condé, une présidence à vie.

Qu’est-ce que le FNDC ?

Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) est un mouvement citoyen de masse dont l’objectif est la défense de l’intangibilité constitutionnelle de l’article 27 qui dispose que : “Le président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non”.

Le FNDC a été lancé le 03 avril 2019 et regroupe : la société civile, des syndicats, des partis politiques, des avocats, des associations de femmes et de jeunes, des organisations socio-professionnelles, des universitaires, des artistes, des citoyens engagés et autres…

Pourquoi cette campagne de collecte ?

En dépit de l’adhésion massive au FNDC et de la mobilisation résolue des populations dans toutes les régions du pays, le combat est loin d’être gagné. Car, pour des intérêts égoïstes, les ennemis de la démocratie sont déterminés à opérer un coup d’Etat constitutionnel. Ils détournent des ressources publiques et utilisent illégalement d’importants moyens de l’Etat pour corrompre, faire la propagande et réprimer toute forme de contestation.

Au regard du développement de la situation qui prévaut, le combat du FNDC doit impérativement passer à un stade supérieur et crucial. Cela exige la mobilisation de ressources adéquates sous la forme d’une contribution volontaire. Cette campagne de levée de fonds dénommée Contribution Financière Citoyenne (CFC) s’adresse à tous nos compatriotes où qu’ils soient, à tous les défenseurs de la cause guinéenne ainsi qu’à tous les amis de la démocratie à travers le monde.

A quoi serviront les fonds collectés ?

Les fonds collectés serviront à financer les activités et actions de mobilisations citoyennes qui vont s’intensifier dans les jours et semaines à venir. Il s’agit de l’organisation des manifestations, de la logistique, des divers frais de coordinations, de l’assistance judiciaire et médicale, de la communication, de transport, etc…

Quel que soit le montant de votre contribution, il sera vivement apprécié. Car ce sera un don qui servira à défendre la démocratique, la stabilité de la Guinée mais aussi à aider des personnes victimes ou menacées de répression.

Pour plus de détails, cliquez sur la vidéo Les raisons de la collecte des fonds du #FNDC pour écouter le message du Coordinateur National du FNDC. Et cliquez sur ce lien pour faire votre contribution citoyenne

https://www.gofundme.com/f/guinee-contribution-financiere-contre-un-3eme-man?teamInvite=0gKOWUdGrTief5V75NUUQyBmrgBjrEWsBGT1nG6Q8n3I4GWjNX4li26zfj2B6YsA

Exprimez votre engagement et solidarité en scandant : Amoulanfé ! (ça ne marchera pas) !

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons !

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Non à un 3ème mandat : les Guinéens dans la rue à partir du 14 octobre

7 octobre 2019 à 12 12 57 105710

Le front national pour la défense de la Constitution met sa menace à exécution. Des manifestations vont commencer le 14 octobre 2019 pour contraindre le président Alpha Condé à respecter la Constitution guinéenne en quittant le pouvoir à la fin de son deuxième et dernier mandat, en 2020, a appris Guineematin.

L’annonce a été faite dans la matinée de ce lundi, 07 octobre 2019, au siège de la PECUD, à Kipé, dans la commune de Ratoma en présence des principaux leaders de l’opposition guinéenne dont Cellou Dalein Diallo de l’UFDG et Sidya Touré de l’UFR.

A préciser que ces manifestations devraient être organisées par le FNDC sur toute l’étendue du territoire guinéen et dans les ambassade de la Guinée à l’étranger.

Arrivé au pouvoir en décembre 2010, le président Alpha Condé veut changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Mais, dans leur écrasante majorité, les Guinéens s’opposent à cette velléité et exigent le respect de la Constitution.

A suivre !

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Manifestations anti 3ème mandat : ce qu’en disent certains guinéens

6 octobre 2019 à 17 05 18 101810

Ces derniers temps, les opposants au projet de changement de l’actuelle constitution qui permettrait au président Alpha Condé de s’octroyer un troisième mandat se font de plus en plus menaçants. Après Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne, qui a appelé ses partisans à s’apprêter à descendre dans la rue, la coordination nationale du FNDC a annoncé aussi le début imminent des manifestations contre le projet de nouvelle constitution.

Ces menaces interviennent alors que toutes les manifestations de rues sont interdites dans notre pays depuis plus d’une année. Faut-il craindre alors de nouvelles violences dans les jours ou semaines à venir en Guinée ? Qu’en disent les citoyens de ce regain de tensions ? Un reporter de Guineematin.com a interrogé quelques habitants de Conakry.

Ousmane Diallo, sociologue

Ousmane Diallo, sociologue : tout bon guinéen doit s’opposer à tout acte qui mettra en jeu les lois de ce pays. Cela veut dire quoi ? Même si je ne suis pas membre direct du FNDC, mais je partage complètement leur position et je leur donne vraiment raison. Quiconque essaye vraiment de barrer la route au progrès, de développement de la démocratie, je ferai partie de l’équipe qui s’opposera à lui. Donc, je donne parfaitement raison à ceux qui veulent appeler à des manifestations contre un troisième mandat en Guinée. Car nous avons en face un pouvoir boucher qui ne veut pas comprendre.

La seule façon qui les amènera à comprendre, c’est la rue. La malchance de la Guinée est que dans l’opposition nous avons des intellectuels, des cadres et des gens qui veulent aider le pays à se développer. Par contre, ceux qui sont au pouvoir, c’est des semi-guinéens qui n’ont vraiment pas l’amour du pays. La seule façon de leur faire comprendre, c’est quand on fait recours aux manifestations de rues. L’actuel président, c’est la rue qui l’a envoyé au pouvoir. Et le peu de réalisations qu’il a eu à faire, c’est parce que les gens ont manifesté qu’il les a faites. Je lance un appel aux forces de l’ordre qui tuent les manifestants, pour leur dire que ces gens se battent pour le respect de la loi, ils se battent pour l’intérêt de tous les Guinéens.

Sékou Bangoura, ouvrier

Sékou Bangoura, ouvrier : chacun a son choix, c’est ça la démocratie. Mais moi personnellement, ma préoccupation actuelle, c’est de sortir le matin, aller chercher mon quotidien pour nourrir ma famille. L’ouverture des classes a eu lieu hier, beaucoup de parents n’ont pas encore trouvé les fournitures scolaires de leurs enfants. Donc moi, ce qui me préoccupe, c’est comment éduquer mes enfants pour leur permettre d’avoir un niveau comme les autres enfants. Maintenant, ceux qui veulent manifester, ils peuvent le faire sans déranger les autres qui sortent pour chercher leur quotidien.

Alhassane Touré, conducteur de taxi moto

Alhassane Touré, conducteur de taxi moto : si on change la constitution, forcément il y aura une quatrième République. Ce qui va permettre au président actuel de se présenter encore pour un nouveau mandat. Et moi, je ne suis pas d’avis avec ça. C’est pourquoi, je partage l’idée des manifestations de rues pour empêcher le changement de la constitution. Mais, que ces manifestations se fassent dans les règles de l’art et dans la paix. Car d’habitude, on enregistre beaucoup de pertes des vies humaines à l’occasion des mouvements politiques.

Harouna Bah, commerçant

Harouna Bah, commerçant : pour les manifestations, si c’est le seul moyen dont les opposants au troisième mandat dispose pour exprimer leur mécontentement, leur opposition à ce projet du pouvoir, moi je pense que c’est très bon de manifester. Mais, on sait qu’il y a eu beaucoup de manifestations qui sont soldées par des morts d’hommes dans notre pays. Donc, il serait préférable pour moi qu’ils trouvent une autre solution qui ne soit pas les manifestations de rues.

Parce qu’on a constaté qu’avec ces manifestations, ce sont les citoyens qui meurent ou qui sont blessés. Et, ce sont eux et leurs familles qui perdent. Lorsque vous prenez le cimetière de Bambeto, plus de 100 jeunes tués dans des manifestations de l’opposition sont enterrés là-bas, il n’y pas eu d’enquêtes sérieuses pour identifier et sanctionner les auteurs de ces crimes. Donc, j’appelle les jeunes à prendre conscience, car la politique c’est de la politique.

Propos recueillis par Aïssatou Sow pour Guineematin.com

Tel : 628 50 73 80

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