DIRE LA VÉRITÉ SUR LA REFORME CONSTITUTIONNELLE ENVISAGÉE : c’est dénoncer la fraude à la Constitution

1 juillet 2019 à 15 03 37 07377
Maître Amadou DIALLO et Nadia NAHMAN
Maître Amadou DIALLO et Nadia NAHMAN

Libre Opinion : Dans une lettre adressée à l’intégralité des membres du corps diplomatique guinéens, le Ministre des Affaires étrangères a donné l’instruction de faire un plaidoyer auprès des autorités et institutions auxquelles ils sont accrédités sur l’opportunité et la nécessité d’adopter une nouvelle Constitution en République de Guinée. A cet effet, il leur a transmis une note sur la nouvelle Constitution qui expose les principaux motifs, la procédure à envisager et les innovations à proposer.

Face à cette volonté désormais officielle de tripatouillage de la Constitution en vigueur pour permettre au Président Alpha Condé de se maintenir au pouvoir au-delà de son second et dernier mandat, les citoyens guinéens et les observateurs étrangers avertis sur le sujet ont le devoir de dire la vérité et de dénoncer la fraude à la Constitution.

La visée légitimatrice d’une telle démarche est au cœur de l’instrumentalisation par l’Exécutif de la Constitution aux fins de la monopolisation pure et simple du pouvoir et de la sanctuarisation présidentielle.

Sans reprendre les solides arguments mobilisés par Maître Traoré auxquels les auteurs de cet article souscrivent pleinement, la présente contribution s’attache à mettre en évidence le caractère délibérément fallacieux des développements portant sur les innovations que contiendront la nouvelle Constitution sous prétexte de l’élargissement du champ d’application des lois et des libertés fondamentales (I), la corrélation établie entre les accords politiques et la dénaturation de la Constitution (II) et enfin la définition du contenu du mandat octroyé au Conseil National de Transition (CNT) (III).

I – Les innovations à apporter par la nouvelle Constitution

L’objectif ici est de démontrer que l’essentiel des prétendues innovations que viendrait à introduire la nouvelle Constitution existe déjà dans l’actuelle et dans les engagements communautaires, régionaux et internationaux souscrits par la République de Guinée, les rendant ainsi superfétatoires. Il convient simplement d’appliquer le cadre constitutionnel, régional et international existant et de rendre ses dispositions effectives.

La note dont il est question fait état de l’intégration de la question environnementale et de la biodiversité dans le bloc de constitutionnalité qu’elle présente comme une innovation. Or, l’article 16 de la Constitution actuelle stipule que « toute personne a droit à un environnement sain et durable et a le devoir de le défendre ». L’État veille à la protection de l’environnement. » Le bloc de constitutionnalité renvoyant au fait que la Constitution ne se limite pas aux articles numérotés qui la composent dans ses différents titres mais intègre les textes auxquels fait référence son préambule, un tel argument est par conséquent inopérant. Ce qui est présenté comme innovation est déjà consacré par le texte de la Constitution et son contenu peut être appliqué par voie prétorienne au moyen d’une interprétation extensive du juge.

En outre, l’argument faisant état de l’absence de réaffirmation de la vocation panafricaniste de l’actuelle Constitution contrairement aux précédentes et du principe de laïcité, relève d’une malhonnêteté intellectuelle saisissante alors même que le panafricanisme est prévu au Préambule de la Constitution en vigueur, lequel fait partie du bloc de constitutionnalité. Il y est affirmé que le peuple de Guinée « proclame son attachement à la cause de l’unité africaine, de l’intégration sous régionale et régionale du continent ». En ce qui concerne la laïcité, l’article premier indique que « la Guinée est une République unitaire, indivisible, laïque, démocratique et sociale ».

Relativement à la nécessité d’intégrer des dispositions relatives à l’interdiction du travail des enfants et aux droits des enfants de manière générale, il sied de rappeler que la Guinée a ratifié la Convention sur le droit des enfants le 13 juillet 1990 et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant le 27 mai 1999 dont les dispositions s’imposent à elle.

Il en est de même pour la consécration constitutionnelle du dialogue dans le milieu du travail qui est déjà garanti par la Loi fondamentale en vigueur en son article 58 alinéa 3, lequel dispose : « Le premier ministre est responsable de la promotion du dialogue social et veille à l’application des accords avec les partenaires sociaux et les partis politiques ». Quant au renforcement de l’égalité des droits entre l’homme et la femme, l’article 8 de la Constitution indique : « Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits ». Il convient de préciser que la parité homme femme qui vient d’être instituée par une loi votée récemment par l’Assemblée Nationale n’a pas besoin d’être consacrée par une nouvelle Constitution étant entendu qu’elle constitue une déclinaison de l’article 8.

Il en est de même des autres prétendues innovations évoquées dans la note qui peuvent, si elles sont jugées pertinentes, recevoir une consécration constitutionnelle dans le cadre d’une révision de la Constitution en vigueur. Les promoteurs de la nouvelle Constitution savent cela mais leur objectif c’est de contourner par ce biais les dispositions intangibles de la Constitution en vigueur qui garantissent notamment le principe de l’alternance démocratique ; d’où la fraude à la Constitution.

II – La corrélation établie entre les accords politiques et la dénaturation de la Constitution

Depuis l’entrée en fonction, le 21 décembre 2010, du Président de la République, Monsieur Alpha CONDE, la violation caractérisée et récurrente des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’État de droit est érigée en règle de gouvernance. C’est le défaut d’application systématique des dispositions constitutionnelles qui garantissent les droits fondamentaux des citoyens et du calendrier électoral qui conduit à la conclusion d’accords politiques de sortie de crise avec pour conséquences la fragilisation et la défiance de nos institutions. En effet, ces accords politiques sont l’émanation de la violation systématique des droits constitutionnels des citoyens : le droit à l’exercice des libertés publiques (notamment la liberté de réunion, d’association et le droit de manifestation), le droit de participer à des élections libres, inclusives, régulières et transparentes, la protection et la garantie du droit de propriété etc. Le seul mal dont souffre la Constitution actuelle et l’urgence du moment à laquelle il convient de pallier sont bien le déficit d’effectivité dans l’application de ses dispositions.

III – La définition du contenu du mandat octroyé au Conseil National de Transition (CNT)

Pour contrecarrer l’argumentation fondée sur le fait que la Constitution de 2010 n’aurait pas eu l’approbation du peuple souverain, nous reproduisons ici l’article 1er de l’Ordonnance no 006 du 7 mars 2010 portant attributions et composition du Conseil National de la Transition (CNT) qui dispose : « Le Conseil National de la Transition (CNT) créée par l’Ordonnance no 001 du 9 février 2010 est un organe politique délibérant qui assume les fonctions et missions ci-après :

1 – Procéder à la relecture et à l’adoption des dispositions constitutionnelles, des lois organiques et des textes électoraux relatifs au bon déroulement du processus électoral ;

2 – Jouer tout rôle législatif en rapport avec le processus de la transition ;

3 – Assurer le suivi et l’évaluation de l’action gouvernementale ;

4 – Suivre l’évolution du processus électoral en particulier les activités de la CENI ;

5 – Contribuer à la réconciliation nationale ».

Relativement au mandat du CNT, il convient ainsi de mentionner qu’il était question d’une relecture de la Loi Fondamentale de 1990 ou d’un toilettage. C’est par commodité de langage que le recours à la mention de nouvelle Constitution s’est imposé sans toutefois correspondre à la réalité juridique. En effet, sous l’angle strictement juridique, toilettage et relecture ne peuvent équivaloir à une nouvelle Constitution. De tels éléments de clarification sont d’autant plus importants à apporter qu’ils remettent en question le cœur même de l’argumentaire des tenants d’une nouvelle Constitution.

Aussi, sied-il de rappeler que le consensus national qui a prévalu au moment de l’adoption de la Constitution du 7 mai 2010 était tel qu’aucun des acteurs politiques, ni des forces vives de la nation n’a appelé ouvertement à voter contre.

En définitive, il a été indiqué moult fois que les insuffisances et les lacunes de la Constitution peuvent être corrigées par voie de révision et qu’aucune circonstance de fait et/ou de droit ne permet de fonder légalement l’élaboration d’une nouvelle Constitution.

Si la protection de la Constitution et l’effectivité de l’application de ses dispositions dépendent en réalité de son appropriation par les organes politiques et juridictionnels, elles sont tout aussi tributaires de l’importance que tous les citoyens, sans distinction, lui accordent. Une démocratie ne peut vivre sans qu’il y ait de la part et à l’intérieur de chaque citoyen une vigilance perpétuelle par rapport au pouvoir. C’est à ce cet appel à la vigilance que les citoyens Nadia Nahman et Maître Amadou Diallo ont tenté de répondre au travers de cette contribution conjointe.

Article co-rédigé par Nadia NAHMAN et Maître Amadou DIALLO

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Dr Ousmane Kaba à Alpha Condé : « une seule personne ne reste pas imam dans un village »

29 juin 2019 à 19 07 02 06026

Le Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES) a reçu la visite des secrétaires généraux de la jeunesse de l’ensemble des partis politiques de l’opposition, membres du FNDC, ce samedi, 29 juin 2019. Les échanges ont essentiellement porté sur la mobilisation générale, après la sortie du président Alpha Condé qui a dévoilé son intention de rester au pouvoir au-delà de son second et dernier mandat. Le PADES a réitéré son engagement à contrer toute modification de la Constitution, en synergie avec le FNDC, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Comme à son habitude, Docteur Ousmane Kaba, président du PADES, a tiré à boulets rouges sur la gouvernance actuelle de la Guinée, qui ne plaide pas en faveur des promoteurs du 3ème mandat. « Aujourd’hui, la Guinée qui se bat s’appelle FNDC. Le combat que nous engageons aujourd’hui, c’est un combat pour la jeunesse de Guinée. Parce que les jeunes ont besoin de deux choses essentielles qui manquent aujourd’hui dans ce pays : la bonne éducation et l’emploi. La jeunesse guinéenne manque d’éducation malheureusement. C’est le pays qui dépense le moins pour l’éducation de ses enfants. Sachez qu’en Guinée le budget alloué à l’éducation n’est que de 13%. Dans tous les autres pays qui nous entourent, c’est 35 à 40%. Ça veut dire que dans ce pays, on ne prépare pas suffisamment l’avenir des enfants. En Guinée, tous les jeunes son chômeurs. Parce que le gouvernement guinéen n’est pas capable d’encourager la création d’emploi par les entreprises », a dénoncé le président du PADES.

Par ailleurs, Dr Ousmane Kaba a dénoncé le manque d’infrastructures qui fait que notre pays baigne dans la misère. « Ce gouvernement n’a pas été capable de donner des infrastructures à la Guinée. Le mot infrastructure, ça veut dire que c’est qui est indispensable. Qu’il y ait une production dans un pays, il est indispensable d’avoir des routes, il est indispensable d’avoir des chemins de fer, il est indispensable d’avoir d’électricité. On n’a ni routes, ni chemins de fer, ni électricité. On n’arrive même pas à suivre les matchs de la CAN. C’est extraordinaire. Le peuple de Guinée est dans la misère et on nous dit, laissons-le finir son travail. Mais quel travail? C’est la pauvreté? C’est l’obscurité? Il faut laisser la Guinée dans l’obscurité, est-ce que c’est ça? »

Après avoir dépeint ce sombre tableau de notre pays, Dr Kaba soutient que cet état de fait ne doit pas continuer avec une gouvernance qui a montré se limites. « On laisse notre jeunesse dans un pays sans routes, sans eaux, sans électricité, sans des bons hôpitaux, il n’y a pas de travail et la ville est sale. Au moins, laissons-leur la démocratie. On ne peut pas continuer comme ça. Comment voulez-vous que quelqu’un qui a lutté 40 ans pour l’alternance démocratique en Afrique, quelqu’un qui donnait des leçons de politique et de morale à toute l’Afrique, pendant 40 ans, et qu’aujourd’hui cette même personne refuse d’entendre, refuse de voir? Ça ne peut pas marcher. L’alternance est indispensable à la démocratie, on ne peut pas faire de démocratie sans alternance. C’est impossible. Une seule personne ne reste pas imam dans un village », a fulminé le président du PADES.

Dans ce combat engagé par le FNDC, Dr Ousmane Kaba ne mâche pas ses mots à l’encontre des promoteurs d’une violation de la Constitution. « Je n’ai jamais vu la Guinée unie plus que la lutte contre le 3ème mandat, toute la Guinée est ensemble. La Guinée est d’un côté, les voleurs sont d’un côté. Toute la Guinée est réunie d’un seul côté, ceux qui pillent l’économie nationale sont d’un autre côté. On va leur dire, le message est clair, il n’y aura pas de 3ème mandat en Guinée, il n’y aura pas de nouvelle constitution en Guinée », a-t-il martelé

De nombreux membres du FNDC ont pris la parole, appelant à une unité d’actions de tous ceux qui sont opposés au 3ème mandat.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Alpha Condé veut changer la constitution : la réaction de Fodé Oussou

28 juin 2019 à 11 11 25 06256

Jusque-là muet sur la question, le président Alpha Condé a déclaré clairement qu’il va changer l’actuelle constitution, dont le seul but est de s’octroyer un troisième mandat. Même si les intentions du chef de l’Etat guinéen étaient connues à travers ses différentes prises de positions, c’est la première fois qu’il annonce clairement sa volonté de le faire. C’était lors du conseil des ministres d’hier, jeudi 27 juin 2019.

Au lendemain de cette sortie, des réactions se font entendre à Conakry. Interrogé sur le sujet par Guineematin.com, l’honorable Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, considère cette déclaration du président de la République comme un non-événement. Pour l’opposant, Alpha Condé n’a rien dit et rien fait de nouveau et qu’il faut attendre qu’il engage la procédure pour réagir.

Décryptage !

Guineematin.com : le président Alpha Condé a dit clairement hier, en conseil des ministres, qu’il va changer la constitution. Vous êtes de l’opposition et vous êtes catégoriquement opposés à ce projet, que représente cette annonce pour vous ?

Dr Fodé Oussou Fofana : je précise d’abord que ce n’est pas hier que monsieur Alpha Condé a prouvé au peuple de Guinée qu’il a l’intention de changer la constitution. Depuis qu’il a eu son second mandat, il a commencé à réfléchir sur comment s’éterniser au pouvoir. Tous les discours qu’il a tenus quand il était président de l’Union Africaine en disant que les gens ne doivent pas se mêler dans les affaires intérieures d’un pays, allaient dans ce sens.

Maintenant, moi je souhaite que tous les membres du gouvernement qui ne sont encore ni à gauche ni à droite se prononcent pour donner leur position. Il y a beaucoup de membres du gouvernement qu’on n’a pas encore entendus, ils doivent s’exprimer pour dire s’ils sont pour ou s’ils sont contre ce projet de changement de constitution.

Guineematin.com : mais le Premier a dit, lors de sa dernière conférence de presse, que l’ensemble des membres du gouvernement sont d’accord ; le compte-rendu du conseil des ministres d’hier l’a réitéré, et on a entendu aucun ministre dire non moi je ne suis pas d’accord. Et, comme le dit le dicton, qui ne dit rien consent.

Dr Fodé Oussou Fofana : vous savez, nous connaissons notre pays, il ne faut que demain, lorsque la situation va changer, que ces gens-là viennent dire est-ce que vous m’avez entendu dire que je suis d’accord, moi j’étais contre. Donc, que les gens assument leur position. Il y a déjà beaucoup qui assument, mais il y en a d’autres qui n’ont jamais rien dit là-dessus.

Guineematin.com : pour vous, c’est la position de ces membres du gouvernement qui est importante ou celle du président Alpha Condé ? Le président dit qu’il veut changer la constitution. N’est-ce pas suffisant pour vous ?

Dr Fodé Oussou Fofana : écoutez ! Le fait dire j’ai pris acte, pour moi, ne veut rien dire. Mais, ce qu’il faut dire, c’est que monsieur Alpha Condé n’a jamais été aussi isolé comme il l’est aujourd’hui avec cette affaire de troisième mandat. Il est complètement isolé par ses amis, par la communauté internationale, par le monde entier. Personne n’est pour ce troisième mandat. Ceux qui sont pour le troisième mandat, ce sont les pyromanes qui sont à côté de lui. Tout simplement parce que si monsieur Alpha Condé n’est pas président de la Guinée en 2020, ils n’auront plus l’occasion de voler ce qu’ils sont en train de voler aujourd’hui. Donc pour nous, le fait de dire qu’il prend acte, ça ne veut rien dire.

Guineematin.com : si cela n’est pas suffisant pour vous, qu’attendez-vous alors ?

Dr Fodé Oussou Fofana : nous attendons sa déclaration officielle, nous attendons que monsieur Alpha Condé engage la procédure pour un référendum. Je n’ai aucun doute que monsieur Alpha Condé veut la constitution pour s’éterniser au pouvoir, mais quand un problème est posé, il y a un fond et une forme. Dans le fond, tout le monde sait que monsieur Alpha Condé veut changer la constitution, il s’est battu pendant 5 ans pour ça. Quand il disait qu’il faut laisser l’Afrique prendre son destin en main, il ne parlait pas de l’Afrique, il parlait de lui-même ; quand il disait qu’on ne doit pas se mêler des problèmes internes des pays, il ne parlait pas de l’Afrique, il parlait de la Guinée. Donc, dans le fond les intentions sont bien connues.

Mais, il y a une forme, et c’est ce que nous attendons. La forme, c’est le fait qu’il se déclare lui-même et qu’il prenne des dispositions pour aller vers l’organisation du référendum constitutionnel. Pour moi, jusqu’à présent, monsieur Alpha Condé n’a pas franchi le Rubicon, il n’a pas franchi la ligne rouge. Pour moi, le Rubicon, c’est quand monsieur Alpha Condé va sortir officiellement pour dire voilà la date à laquelle je vais organiser le référendum. C’est lui sait comment il va installer les chefs de quartiers avant, c’est lui qui sait comment il va organiser les élections législatives avant, c’est lui qui sait s’il va aller à un référendum sans que tous ces éléments-là soient réglés, c’est lui qui sait de quel droit il va se prévaloir pour changer la constitution.

Et, le jour où il va franchir ce Rubicon, il ne verra pas un parti politique devant lui, il verra devant lui le peuple de Guinée. Il verra que la Guinée ne dépend pas du conseil des ministres, ce ne sont pas les ministres qui vont se retrouver pour décider du sort de la Guinée, c’est le peuple qui décidera. Et, ce peuple-là va lui répondre lorsqu’il va engager le processus d’organisation d’un référendum pour changer la constitution.

Interview réalisée par Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628124362

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Funérailles du maire de Ratoma : Alpha Condé snobe Cellou Dalein

28 juin 2019 à 11 11 15 06156

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, les funérailles de monsieur Souleymane Taran Diallo, le défunt maire de Ratoma (décédé le lundi dernier, 24 juin 2019), sont organisées ce vendredi. Après la levée du corps à la morgue de l’hôpital national Ignace Deen, nous assistons actuellement au symposium organisé à la mémoire de l’ancien élu de l’UFDG, le principal parti de l’opposition guinéenne.

Au-delà des familles politique et biologique du défunt, au moins deux représentants du Gouvernement et d’autres responsables politiques participent à ces funérailles.

Pour sa part, le président de la République y a fait un bref passage. Mais, le professeur Alpha Condé a préféré snober le chef de file de l’opposition guinéenne en allant directement s’asseoir à la place qui lui avait été préalablement réservée ! Même la famille biologique du défunt n’a eu droit aux salutations (et condoléances) du chef de l’Etat qu’après une « intervention » des ministres Boureima Condé (de l’Administration du territoire et de la Décentralisation) et Mamadou Taran Diallo (de l’Unité nationale et de la Citoyenneté). Quelques minutes après son arrivée, le président Alpha Condé a fait annoncer un rendez-vous qu’il aurait à l’aéroport de Conakry avant de quitter le symposium qui se poursuit en ce moment (11 heures) au Palais de Sport du stade du 28 septembre.

A suivre avec Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Levée du corps du maire de Ratoma : Makanera, Boureima Condé, Cellou Dalein… à la morgue

28 juin 2019 à 9 09 47 06476

Décédé tôt dans la matinée du lundi dernier, 24 juin 2019, Souleymane Taran Diallo, le défunt maire de la commune de Ratoma regagnera sa dernière demeure dans l’après-midi de ce vendredi, 28 juin, au cimetière de Hamdallaye.

Mais, avant son inhumation, prévue à 15 heures 30, l’ancien maire de Ratoma bénéficiera d’un symposium au Palais de Sport du stade du 28 septembre et d’un cortège funèbre qui partira du stade du 28 septembre pour la Mosquée Turque de Koloma où la prière funèbre se fera après celle du vendredi.

À la morgue de l’hôpital national Ignace Deen, plusieurs personnalités politiques, membres de la famille politique du défunt sont présents : le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, son épouse, Hadja Halimatou Dalein Diallo, ses collaborateurs Aliou Condé, Elhadj Djouma Bah et aussi les membres de la famille biologique du défunt.

On a également noté la présence d’autres acteurs politiques comme Alhousseny Makanera Kaké, président du FND, Thermo Mamadou Bah, président de la NGC, Dr. Ahmed Tidjane Souaré, ancien Premier ministre.

Du côté du gouvernement, il y a les ministres de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, le Général Boureima Condé et Mamadou Taran Diallo de l’Unité nationale et de la Citoyenneté.

A suivre !

De Kaloum, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Fin du suspens en Guinée : Alpha Condé prêt à changer la Constitution (Conseil des ministres)

27 juin 2019 à 21 09 21 06216

A l’occasion du conseil des ministres de ce jeudi, 27 juin 2019, le président Alpha Condé a mis fin au suspens sur sa volonté de changer la Constitution guinéenne pour rester au pouvoir après la fin de son deuxième et dernier mandat, en 2020.

Dans son communiqué de compte rendu du conseil des ministres, le porte parole du Gouvernement a annoncé que « le Président de la République a pris acte de la volonté librement exprimée par la totalité de membres du Gouvernement de s’inscrire résolument dans la dynamique du Référendum pour une nouvelle constitution reflétant l’aspiration légitime du Peuple de Guinée à se doter d’institutions et de lois plus adaptées à l’évolution de la situation socio-économique ».

Or, comme on le sait, dans leur écrasante majorité, les Guinéens protestent contre cette volonté du président Alpha Condé de s’accrocher au pouvoir au risque d’affaiblir les institutions comme ce fut le cas du Général Lansana Conté, deuxième président de la Guinée indépendante. Des manifestations sont organisées ici et là, ce qui a déjà coûté la vie à un de nos compatriotes dans la ville de N’zérékoré. Mais, le chef de l’Etat actuel semble déterminé à aller jusqu’au bout. Que sera la réaction des opposants au troisième mandat ?

Les membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) juraient sur tous les toits que le régime du président Alpha Condé ne survivrait pas à une telle annonce du président de la république. Aujourd’hui, c’est chose faite ! Car, comme on le sait, nos chefs d’Etat organisent les élections pour les gagner. Ce qui signifie qu’un vote référendaire n’a qu’une seule issue possible : la victoire du OUI à une nouvelle Constitution ! Et, au lendemain de l’adoption d’une nouvelle Constitution, le président sortant se portera candidat et sera évidemment élu président de la Nouvelle République, la quatrième de la Guinée indépendante…

A suivre !

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« Loi dangereuse en Guinée » : les gendarmes autorisés à tirer (avec des armes de guerre)

27 juin 2019 à 13 01 00 06006

Réunis en plénière le mardi dernier, 25 juin 2019, les députés guinéens ont voté, à la majorité simple, le projet de loi portant sur l’usage des armes de guerre par la gendarmerie nationale. Les députés de l’opposition dénoncent une loi dangereuse, mais leurs collègues du pouvoir justifient l’adoption de ce texte par des « dangers » auxquels sont exposés les agents de sécurité dans leurs opérations, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était à l’Assemblée nationale.

Ce n’est certainement pas une nouveauté, puisque les gendarmes ont toujours détenu et même fait usage d’armes de guerre dans les opérations de maintien d’ordre. Mais la différence, c’est que c’est désormais légal. Ces agents de sécurité peuvent maintenant tirer sur des gens sans être passibles de poursuites judiciaires. Le texte a suscité une vive polémique entre les députés à l’Assemblée nationale. Le groupe parlementaire des Libéraux-démocrates, composé des élus de l’UFDG, a rejeté le projet de loi, soumis au Parlement par le gouvernement.

« Notre groupe parlementaire, après avoir constaté qu’aucune responsabilité pénale n’a été engagée contre les gendarmes qui ont fait usage illégal et disproportionné de leurs armes, ne peut voter ce texte en l’état. Notre conscience nous interdit d’oublier nos 104 victimes dont la plupart ont été tuées par balles. Monsieur le président, nous vous réservons donc de rejeter ce projet de loi relatif au port des armes par la gendarmerie nationale », a déclaré l’honorable Tafsir Baldé au nom de son camp.

De son côté, l’honorable Dr Deen Touré, président du groupe parlementaire Alliance républicaine, a indiqué que l’unanimité ne s’est pas dégagée dans les rangs des députés de l’UFR autour de ce sujet. C’est pourquoi, « je laisserai chaque député voter selon son intime conviction », a-t-il dit, juste avant de passer au vote.

De son côté, le groupe parlementaire du RPG Arc-en-ciel a estimé qu’il est nécessaire et opportun d’adopter ce texte pour un certain nombre de raisons : « Avec la montée du banditisme, des braquages, des vols à main armée, … il y a des civils qui sont armés. Donc, il est important que nous ayons une gendarmerie nationale bien équipée (…) et permettre aux agents de porter les armes dans les conditions bien appropriées, bien éclaircies », a justifié l’honorable Michel Kamano, au nom du groupe parlementaire de la majorité présidentielle.

Après ces explications de vote, le texte a été adopté à l’unanimité des députés du RPG Arc-en-ciel et quelques-uns de l’UFR. Ceci, en présence du ministre de la défense nationale qui a savouré une « victoire », après avoir esquivé quasiment toutes les questions qui lui ont été posées par les députés, en faisant mine de les avoir oubliées.

Une loi qui « ne rassure pas »

Selon le rapport qui a été présenté par la commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, dans l’éventualité d’une attaque terroriste, d’une offensive lancée contre les militaires gendarmes en mission d’Etat, du vol à main armée et la désobéissance aux ordres d’arrêt par les conducteurs de véhicules, embarcations et autres moyens de transport, dont les occupants sont susceptibles de perpétrer dans leur fuite, « les forces de défense passent par la loi relative à l’usage des armes par la gendarmerie nationale, afin que ce genre de situations soient mieux maitrisées ».

Cette loi comporte trois articles. Et, son article premier définit les conditions et les circonstances dans lesquelles les « militaires gendarmes doivent faire usage de leurs armes ».

La commission saisie au fond du Parlement invoque « des dangers » auxquels sont confrontés les agents de sécurité dans leurs missions de protéger les personnes et leurs biens dans « un environnement sécuritaire tumultueux ». Terrorisme, crimes organisés, trafic de drogue et autres produits toxiques, blanchiment d’argent et trafic d’êtres humains y sont cités à titre d’exemples.

Mais, pour l’honorable Dr Fodé Oussou Fofana, président du groupe parlementaire des Libéraux-démocrates et vice-président de l’UFDG (le principal parti d’opposition en Guinée), « cette loi ne rassure pas. On n’a aucune garantie pour autoriser des gendarmes à porter des armes, puisque nous savons ce qui se passe dans ce pays ».

Certains observateurs y voient même une volonté d’intensifier la répression des manifestations dans le pays, dans le but exclusif d’étouffer les mouvements anti 3ème mandat pour l’actuel locataire du palais Sékhoutouréya. En tout cas, l’adoption de cette loi intervient à un moment où tous les mouvements de protestation contre le pouvoir sont interdits depuis plusieurs mois dans tout le pays.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Nouvelle constitution : le maire de Diecké change de discours et se dit en phase avec l’UFR

19 juin 2019 à 12 12 27 06276

Après le tollé suscité par son discours favorable au projet de nouvelle constitution, le maire de la commune rurale de Diecké fait un revirement. Il assure qu’il reste de l’UFR et qu’il est en phase avec la position de cette formation politique, farouchement opposée à un changement de constitution, a appris Guineematin.com, à travers son correspondant basé à N’zérékoré.

« La commune rurale de Diecké soutient avec force l’idée de révision de la constitution. Elle invite toute sa population à adhérer à cette réforme constitutionnelle », avait déclaré Nyan Kéemo Bonamy, le maire de cette localité. C’était à l’occasion du lancement officiel des travaux de construction d’un bloc administratif dans la commune rurale, le lundi, 17 juin dernier.

Cette déclaration de l’élu de l’UFR allait à l’encontre de la position de son parti, qui est farouchement opposé au projet de nouvelle constitution, dont l’objectif voilé serait de permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Et évidemment, elle a suscité un grand bruit notamment sur les réseaux sociaux.

Ce qui a amené le maire de Diecké à aller s’expliquer devant le coordinateur régional de l’UFR à N’zérékoré et quelques responsables locaux de la formation politique. Le colonel à la retraire a assuré qu’il reste fidèle et qu’il est en phase en phase avec son parti. « Je suis venu au parti UFR par conviction et non pour un intérêt. Je reste et resterai UFR jusqu’à mon dernier souffle », a-t-il déclaré.

Même si les explications de Nyan Kémo Bonamy ne sont pas assez convaincantes, ses collaborateurs de l’UFR semblent être rassurés. C’est en tout cas ce qu’a laissé croire Cécé Loua, le coordinateur régional du parti à N’zérékoré. « Il y a des hommes qu’on ne peut pas détourner de l’UFR, le maire de Diecké en est un. Après la lecture du discours de bienvenue lors du lancement des travaux financés par l’ANAFIC dans sa commune où il déclarait soutenir le projet de nouvelle constitution, il vient de clarifier sa position, celle de rester toujours dans l’esprit du président Sidya Touré. Donc, plus de peur que de mal », a dit l’opposant.

Le maire de Diecké est-il réellement favorable ou opposé au projet de nouvelle constitution ? Pour beaucoup de citoyens, cette question reste encore sans réponse. Et, l’avenir va, sans doute, nous édifier davantage sur sa véritable position.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tél : +224620166816/666890877

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Traque des opposants au 3ème mandat : le régime Alpha Condé poursuit un jeune sourd-muet au TPI de N’zérékoré

19 juin 2019 à 12 12 18 06186
Après ses deux mandats, le président Alpha Condé veut changer la Constitution pour rester éternellement au pouvoir en République de Guinée. Les Guinéens qui ne veulent pas de cela sont actuellement traqués à Conakry et à l’intérieur du pays

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, le très attendu procès politique des opposants à un troisième mandat pour Alpha Condé, qui a commencé dans la matinée de ce mercredi, 19 juin 2019, se poursuit au tribunal de première instance de N’zérékoré.

Déjà, ce qui polarise toutes les attentions depuis quelques minutes, c’est la présentation à la barre, à la surprise générale, d’un enfant sourd-muet, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com dans la région.

Interpellé et détenu pour sa participation à la marche pacifique organisée par l’antenne locale du Front national pour la défense de la Constitution, le 13 juin 2019, ce jeune sourd-muet, Samory Condé, a été présenté ce mercredi par les soins du procureur général près le tribunal de première instance de N’zérékoré, monsieur Sidiki Kanté.

Devant cette situation qui a indigné le public, fortement mobilisé pour suivre ce procès, un des avocats de la défense a demandé au juge, Ibrahima Daman, de libérer immédiatement ce prévenu.

Finalement, le jeune Samory Condé a été extirpé du box des accusés ; mais, il reste tout de même présent dans la salle d’audience…

A rappeler que les défenseurs de la Constitution guinéenne et de la stabilité de nos institutions sont défendus actuellement par les avocats Salifou Béavogui, Pépé Koulémou et Siba Michel Kolié.

A suivre !

De N’Zérékoré, Siba Guilavogui, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77

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Cellou Dalein à l’aéroport de Conakry : « je ne me bats pas pour des avantages… »

17 juin 2019 à 0 12 45 06456

Voulant sortir du pays pour un bref séjour privé en Côte d’Ivoire voisine, le président de l’UFDG s’est retrouvé, malgré lui, au cœur d’une polémique, notamment sur le statut et privilèges qui devraient être accordés à une personnalité de son rang. Ancien ministre des Transports, ancien Premier ministre, député et chef de file de l’opposition guinéenne, Elhadj Cellou Dalein Diallo a été empêché d’accéder au parking et au salon VIP de l’aéroport international de Conakry. C’était dans la soirée du mercredi dernier, 12 juin 2019.

En revenant d’Abidjan ce dimanche, 16 juin, le principal adversaire du régime Alpha Condé s’est fondu dans la foule de passagers, se comportant comme un citoyen lambda. Même s’il se faisait chaque fois découvrir par des cris « Prési ! Prési » des partisans et anonymes, surpris de le voir si près d’eux, le chef de file de l’opposition guinéenne s’est mis dans la file pour se faire cacheter le passeport et sortir par la porte des simples passagers. « C’est plus agréable », a commenté le leader politique, réputé l’un des plus populaire d’Afrique de ces dix dernières années. L’opposant était interrogé par un reporter de Guineematin.com qui était à l’aéroport international Conakry Gbessia dans la soirée de ce dimanche.

« Je ne me bats pas pour des avantages ! Je me bats pour des valeurs », a précisé Elhadj Cellou Dalein Diallo. Précisant les raisons fondamentales de son combat politique, le patron de l’UFDG a indiqué que son opposition au régime Alpha Condé n’est pas menée pour tirer un quelconque profit personnel. L’opposant a précisé que son souci majeur a toujours été et demeure celui de permettre à notre cher pays de vivre « dans une société plus juste, avec une démocratie apaisée, un Etat de droit, dans une société au sein de laquelle tous les fils du pays se sentiront unis autour des valeurs et à l’appartenance à cette nation qu’est la Guinée ».

A suivre !

Ibrahima Sory Diallo était à l’aéroport de Conakry pour Guineematin.com

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Fin de la démocratie en Guinée ? Début de la traque des opposants au 3ème mandat à N’zérékoré

15 juin 2019 à 17 05 19 06196

C’est une nouvelle qui préoccupe tous ceux qui prônent la gouvernance des Etats par des règles démocratiques. Une réunion de haut niveau qui s’est déroulée ce samedi, 15 juin 2019, entre 11 heures et 13 heures, dans la capitale de la Guinée forestière, a décidé d’enclencher la traque de tous les adversaires d’un troisième mandat pour le président Alpha Condé.

A en croire un témoin qui s’est confié à un reporter de Guineematin.com, au-delà des autorités locales (Gouverneur, préfet et maire de N’zérékoré), il y avait à cette rencontre plusieurs membres du Gouvernement et des caciques du parti au pouvoir, le RPG arc-en-ciel. C’est le cas des ministres Ibrahima Kourouma, Edouard Niankoye Lamah, Rémy Lamah et Frédéric Loua.

L’objectif de cette rencontre était de faire l’évaluation des dégâts enregistrés à l’occasion de la marche empêchée des opposants au troisième mandat pour Alpha Condé le jeudi dernier et de situer les responsabilités. Comme on le sait, le bras de fer entre les agents des forces de l’ordre et les citoyens qui tenaient à manifester leur opposition à un changement de la constitution guinéenne a entraîné plusieurs dégâts humains (un mort et plusieurs blessés) et matériels (avec le pillage de nombreuses boutiques supposées appartenir à des adversaires du pouvoir).

A l’issue de la réunion de ce samedi, il a été demandé aux chefs des quartiers et des secteurs de s’impliquer pour la traque des membres du Front national pour la défense de la Constitution comme pour arrêter toute contestation d’un troisième mandat pour le président Alpha Condé.

Pourtant, au cours de leurs démarches légales, les membres de l’antenne locale du FNDC avaient respecter toutes les procédures pour manifester dans la ville comme ceux qui soutiennent un changement de la Constitution. Ils avaient même déposé une plainte contre le Gouverneur, le préfet et le maire de N’zérékoré au niveau de la justice. Mais, aucune suite n’a été donnée à leur démarche judiciaire.

Enfin, beaucoup de citoyens se posent aujourd’hui assez de questions sur l’avenir de la République de Guinée avec cette radicalisation du régime contre tous ceux qui prônent le respect de la Constitution et la liberté de tout citoyen à exprimer son opinion sur la conduite du pays. Surtout depuis la démission du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Cheick Sako…

A suivre !

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Recrutement d’un opérateur pour assainir le fichier électoral : l’opposition dénonce la CENI et menace

12 juin 2019 à 21 09 23 06236

Les responsables de l’opposition guinéenne sont très en colère contre la procédure de recrutement de l’opérateur en charge de la gestion du fichier électoral. Au cours d’une conférence tenue ce mercredi, 12 juin 2019 à Conakry, les adversaires du pouvoir ont dénoncé une procédure opaque visant à maintenir la fraude en faveur du parti au pouvoir. Ils ont menacé de se faire entendre autrement si cette situation n’est pas vite corrigée, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Tour à tour, les opposants ont dénoncé la manière dont Me Amadou Salifou Kebé, le président de la CENI, a décidé de façon « unilatérale », de recruter un cabinet d’ingénierie pour la fourniture d’une solution complète de gestion du fichier électoral biométrique. L’honorable Mamadou Cellou Baldé, responsable de l’UFDG et député uninominal de Labé, se dit étonné « d’avoir appris comme ça que la CENI était en train de lancer un appel d’offre en catimini pour recruter un cabinet d’audit pour le fichier électoral. Nous avons estimé que la CENI s’est entourée dans une opacité totale pour accéder aux désidératas du gouvernement.

Et ça, c’est dans l’objectif de garder en tout cas le dispositif acquis par la mouvance de fraude électorale, notamment les fictifs : les 1 million 500 mille sans empreintes digitales, les plus de 3 millions non dédoublonnés, mais une fois encore tout le dispositif de fraude qui, jusque-là est acquis par la mouvance et qui a été décelé par le comité d’experts. C’est ce qui fait que nous récusons, nous réfutons et nous ne reconnaîtrons pas l’opérateur qui sera choisi à l’issue de cette procédure tout à fait opaque, qui viole systématiquement le code des marchés publics guinéen », a-t-il dit.

Abondant dans le même sens, Mohamed Tall, responsable de l’UFR et ancien ministre de l’élevage, a indiqué que les pratiques auxquelles nous assistons maintenant, sont les mêmes qui ont contribué à mettre notre pays en retard. « Cette histoire d’audit, comme on l’a dit, c’est le dialogue politique. Le dialogue politique-là, il y avait tout le monde dedans (mouvance, opposition, les partenaires techniques et financiers). On a jugé nécessaire d’évaluer le fichier parce que chacun était conscient que le fichier comportait des anomalies. On a tous été d’accord sur ça. Ensuite, les partenaires ont dit : pour vous faciliter la tâche, nous on est prêts à financer l’expertise internationale.

C’est ainsi qu’on a fait venir des experts étrangers neutres. Les experts qui ont fait l’audit ont révélé un certain nombre d’insuffisances. Et, ils ont fait des recommandations faciles à reconnaître. On sort de cela, on entend la mouvance dire autre chose. C’est comme si on faisait exprès de fatiguer les Guinéens. Je vais donner quelques indications : sur deux sociétés qui, apparemment sont ciblées : INOVATRIX et BRITEX. INOVATRIX, c’est une société ukrainienne, BRITEX, c’est une société tunisienne.

INOVATRIX travaille intimement avec GEMALTO. Et, c’est GEMATO qui avait fait le travail avant 2015 sur le fichier. Mais, c’est eux qui ont créé les problèmes de doublons, etc. Pourquoi, parce que leur système ne permet pas un de doublonnage sérieux. Et on fait appel à ce même INOVATRIX pour venir créer un peu plus de complications à notre fichier », a-t-il fustigé.

Les opposants annoncent que si rien n’est fait dans les prochains jours en vue de l’application correcte des recommandations issues de la retraite de Kindia et des précédentes rencontres que la CENI a eues avec les acteurs politiques, ils vont prendre « des décisions fortes » à l’issue d’une rencontre qu’ils comptent organiser très prochainement.

Ibrahima Spry Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Appels à un 3ème mandat : le maire de Télimélé annonce une plainte contre celui de Kindia

8 mai 2019 à 17 05 51 05515
Younoussa Goulgoul Diallo, maire de la commune urbaine de Télimélé

Le maire de la commune urbaine de Télimélé, Younoussa Goulgoul Diallo, vient de répondre à son homologue de Kindia, Mamadouba Bangoura. Ce dernier qui a appelé à une révision de l’actuelle Constitution, a dit avoir parlé au nom des maires de la Basse Guinée. Le maire de Télimélé qui fait partie des élus locaux de cette région se désolidarise de cette déclaration et recadre son auteur, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans cette préfecture.

Après celle de l’UDG, son parti politique, Mamadouba Bangoura, le maire de la ville de Kindia, s’attire maintenant la colère des maires de la Basse Guinée. En effet, lorsqu’il a été interpellé par la direction de son parti sur sa déclaration faite samedi dernier devant le président de la République en faveur d’une modification de l’actuelle Constitution, l’élu de Kindia a fait savoir qu’il n’a pas parlé au nom de sa formation politique, mais plutôt au nom des maires de la région. Ce qui ne laisse pas les intéressés indifférents.

C’est le cas du maire de Télimélé qui dément et dénonce Mamadouba Bangoura. « Ce que le maire de Kindia a dit n’engage que lui seul. Je dénonce sa façon de faire et je l’attaque au niveau des médias. Quand on parle au nom du peuple, la moindre des choses à faire, c’est de consulter. Ni de près ni de loin, moi, maire de la commune urbaine de Télimélé, appartenant aux maires de la Basse Côte, je n’ai été associé à la prise d’une décision par rapport à la révision de cette constitution.

Il (le maire de Kindia, ndlr) n’a pas le statut de parler au nom des maires de la région de Kindia. Il y a eu l’élection des maires des communes de Guinée, je suis membre du bureau exécutif. Si on doit parler au nom des maires de la Basse Côte, j’ai été choisi comme point focal des maires de la région, c’est moi qui incarne le statut de parler au nom des maires de la région de Kindia.J’attire donc l’attention de monsieur Bangoura sur le fait qu’un élu doit choisir ce qu’il doit dire, quand est-ce qu’il doit le dire et pourquoi il doit le dire, parce qu’il représente la population qui l’a élu », a réagi Younoussa Goulgoul Diallo.

Choqué par cette sortie de Mamadouba Bangoura, l’élu de Télimélé annonce qu’il va poursuivre son homologue de Kindia en justice. « Je devais porter plainte contre lui, parce qu’il n’a pas le droit de parler au nom de tous les maires de la région. Il n’est rien, il n’est qu’un simple maire. Au moins s’il avait appelé les maires par téléphone pour dire voilà ce qu’il propose, nous on allait lui répondre directement. Mais il n’a associé personne ni de près ni de loin. Je lance un appel aux maires de Guinée : choisissons ce que nous devons faire, nous ne sommes pas nommés par un décret, nous sommes représentants des populations », a dit l’élu local.

Au sujet de la modification constitutionnelle prônée par le pouvoir, le maire de Télimélé dit ne pas comprendre les raisons de ce projet. « Pourquoi modifier la Constitution ? Quel est l’objectif visé ? Quelle est la nécessité de modifier cette Constitution ? Le président Alpha Condé est là depuis dix (10) ans, s’il fallait modifier cette Constitution, il fallait le faire très tôt pour lui permettre alors de développer ce pays. Moi, je ne suis pas favorable à la modification de la Constitution après neuf (9) ans de mandature », souligne Younoussa Goulgoul Diallo, élu sous les couleurs de l’UFDG.

De Télimélé, Ousmane Dieng pour Guineematin.com

Tél. : 622525250

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Dégradation des libertés en Guinée : le régime Alpha Condé perd encore (RSF)

18 avril 2019 à 13 01 53 04534

C’est une évidence pour tous ceux qui vivent en République de Guinée ! Les libertés se dégradent, le régime Alpha Condé menace, enferme et tue ceux qui ont une opinion contraire sans aucune justice pour les victimes.

Si l’opposition guinéenne parle de cent trois (103) militants tués lors de ses manifestations, les acteurs de la société civile souffrent de l’embrigadement des libertés avec des PA militaires qui « tuent » toute possibilité de manifester sa désapprobation de la gestion du pays. Quoique consacrés par la Loi suprême de la République de Guinée- la Constitution- les meetings et autres formes de manifestation sont automatiquement interdits sur le territoire national par ceux qui dirigent le pays, sauf si c’est pour chanter les éloges du président.

Ainsi, même s’ils sont rejetés par la majorité des Guinéens à Conakry et dans plusieurs autres villes du pays (comme on l’a constaté lors des dernières élections locales), le parti présidentiel et ses alliés sont les seuls à organiser des manifestations dans la Guinée d’aujourd’hui avec une amplification dans les médias d’Etat où aucune autre voix discordante n’est autorisée… Exit les débats contradictoires à la RTG créés sous le régime de Lansana Conté, père de la démocratie guinéenne, les dossiers d’enquête qui pouvaient révéler la mauvaise gestion des deniers publics, etc.

Et, là où Alpha Condé et ses partisans se félicitaient d’avoir gardé les acquis du régime Lansana Conté, on apprend que c’est perdu ! La liberté de presse se dégrade et notre pays est relégué au 107ème rang sur les 180 pays classés dans le monde ! Et, avec la volonté affirmée de certains partisans du régime d’imposer le président Alpha Condé à la tête du pays même après son deuxième et dernier mandat, contre les Lois de la République (notamment la Constitution) et la majorité des Guinéens, le pire est à craindre dans ce pays…

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le classement fait par Reporters Sans Frontières (RSF)

https://rsf.org/fr/classement-mondial-de-la-liberte-de-la-presse-2019-la-mecanique-de-la-peur?fbclid=IwAR2MP6_6SWQgxQefYtYegCVy6TBGuu22pLOuusvcyYZpfkFxHsy

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Manifestation contre Alpha Condé à Dubréka : ce que disent les jeunes de Tanènè

12 avril 2019 à 15 03 35 04354

Plusieurs jeunes de la sous-préfecture de Tanènè, dans la préfecture de Dubréka, ont manifesté hier jeudi, 11 avril 2019, contre une éventuelle modification de la Constitution en vue de donner un mandat supplémentaire au président Alpha Condé. Dans une interview accordée à l’envoyé spécial de Guineematin.com, les leaders de ce mouvement ont donné les raisons qui les ont poussés à manifester dans cette dans cette localité située à environ 101 kilomètres de Conakry.

Ibrahima Sory Touré

Dans son intervention, Ibrahima Sory Touré, citoyen de Tanènè, a fait savoir qu’il est hors de question de changer la Constitution. « Cette affaire de troisième mandat pour Alpha Condé ne passera pas ! Nos frères et sœurs ont fini d’étudier il y a plusieurs années, mais ils sont assis à la maison. Il n’y a pas de travail, tout le monde est au chômage. Notre souffrance va crescendo, malgré toutes ces richesses du sol et de sous-sol que nous avons. Au lieu de régler les problèmes du moment, il pense à un troisième mandat. Amoulanfé (entendez, ça ne passera pas). Nous sommes sortis hier pour lui dire que le troisième mandat, il ne l’aura pas, ça ne passera pas », a-t-il lancé.

Abdoul Karim Camara

Abondant dans le même sens, Abdoul Karim Camara, un autre jeune anti-troisième mandat, a invité le Chef de l’Etat à accepter de se limiter à son deuxième et dernier mandat. « Nous étions dans la rue pour exiger du président de la République le respect de la Constitution. Qu’il se limite à son deuxième et dernier mandat. La jeunesse guinéenne que nous sommes, nous souffrons. Moi qui suis devant vous, je suis chauffeur, mais il n’y a pas de travail, je suis au chômage. Actuellement, on mendie pour avoir de quoi vivre. Je conseille le président de penser à la misère des guinéens et de se limiter à ce deuxième et dernier mandat. Je souhaite qu’il ne pense même pas à modifier la Constitution, parce que ça ne marchera pas, les guinéens ne l’accepteront pas », a-t-il averti.

A noter que depuis quelques mois, des appels à la modification de la Constitution en vue d’accorder un nouveau bail au président Alpha Condé se font entendre du côté des cadres du parti au pouvoir. Pour eux, cette Constitution, sur laquelle le président de la République a prêté serment lors de ses deux mandats, est subitement devenue caduque et ne prend pas en compte certaines préoccupations du moment. Donc, il faut la changer. Mais, le principal concerné ne s’est pas prononcé officiellement sur la question.

De Tanènè, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Chute d’El Béchir et de Bouteflika : « c’est un signal fort pour Alpha Condé »

11 avril 2019 à 18 06 06 04064

Le président Soudanais, Omar El Béchir, contesté depuis quatre mois, a été destitué ce jeudi 11 avril 2019, par l’armée de son pays. Au pouvoir depuis trente ans, le général El Béchir paye les frais de la colère de son peuple. C’est au même scénario qu’on a assisté en Algérie avec Abdel Aziz Bouteflika, également renversé par la rue, avec la bénédiction des fores armées.

Cette actualité inspire les acteurs politiques guinéens, dont certains estiment que cela doit servir de leçons à ceux qui ambitionnent de s’accrocher au pouvoir vaille que vaille. C’est le cas du député de Labé, Cellou Baldé, joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com ce jeudi, 11 avril 2019.

Hon. Cellou Baldé

« Les enseignants qu’on peut tirer, c’est que les peuples du monde, et particulièrement de l’Afrique, expriment de plus en plus leur besoin de démocratie, de respect de l’Etat de droit, leur besoin que les Présidents respectent les constitutions sur lesquelles ils ont juré pour exercer leur pouvoir.

Aujourd’hui, l’exemple de l’Algérie et du Soudan sont suffisamment éloquents pour ceux qui encore continuent à rêver de briguer des mandats non prévus dans la Constitution. Je crois que ce sont des exemples clairs, des signaux forts qui sont envoyés vers les dictateurs des autres pays, notamment chez nous en Guinée.

C’est vrai, à chaque révolution, il y a que les gens payent un sacrifice. Ça dépend si vous voulez de l’aspect républicain des forces de défense et de sécurité d’un pays à l’autre. Je crois que la Guinée ne fera pas exception. C’est vrai qu’ici, l’armée et le débat sont ethniques. Mais, c’est comme dans beaucoup d’autres que nous avons connu.

En Guinée, comme je le dis souvent, force restera au peuple. Le peuple de Guinée est en train de s’organiser autour du Front National pour la Défense de la Constitution ; mais également, autour d’autres plateformes revendicatives qui sont contre le tripatouillage constitutionnel, contre la présidence à vie.

Je crois qu’au moment venu, l’armée et les forces de défense et de sécurité se rangeront derrière le peuple, car la souveraineté appartient au peuple. C’est aussi un signal fort et clair lancé au Pr Alpha Condé, non seulement par le Président Issoufou du Niger, Abdel Aziz Bouteflika de l’Algérie, et maintenant par Omar El-Béchir du Soudan. Les peuples de ces pays ont pris les choses en main et ont mis fin à ces régimes de dictature dont certains ont fait 20 ans, d’autres 30 ans, avec leur cortège d’assassinat politique durant tout leur règne.

C’est un signal fort pour le Président Alpha Condé et pour tous les ennemis de la République qui gravitent autour de lui et qui sont en train de l’inciter à violer délibérément la Constitution pour briguer un mandat de plus ».

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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Abidjan : Cellou Dalein rencontre d’éminentes personnalités

9 avril 2019 à 20 08 48 04484
Cellou Dalein Diallo et Mo Ibrahim

Comme annoncé précédemment, le chef de file de l’opposition guinéenne et vice-président de l’Internationale Libérale, Cellou Dalein Diallo, était parmi les invités au forum de la fondation Mo Ibrahim sur la bonne gouvernance qui s’est tenu du 4 au 7 avril 2019 à Abidjan. En plus d’avoir participé aux débats qui ont réuni d’éminentes personnalités, le président de l’UFDG a eu une série de rencontres avec certains participants à cette rencontre, dont le président ivoirien, Alassane Ouattara, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Cette année, la fondation du milliardaire soudanais « Mo Ibrahim » a décidé de traiter du préoccupant sujet de la migration et des perspectives pour les jeunes du continent. Alors que la Guinée est un pays que les jeunes fuient en masse (classée 2ème pourvoyeur de demandeurs d’asile en France après l’Afghanistan, selon le journal Le Monde), la présence du président de l’UFDG était un signal fort, illustrant son engagement sans faille pour le développement de son pays et l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens.

Au cours des travaux, le leader de l’opposition guinéenne a prôné la bonne gouvernance en Afrique et véhiculé un message de paix, d’unité, de tolérance et de respect de la démocratie sur le contient. Le président de l’UFDG en a profité pour rencontrer et échanger en privé avec plusieurs personnalités présentes à la rencontre. « Les rencontres se sont multipliées pour le Président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, qui s’est entretenu avec chefs d’Etats, dirigeants d’institutions, figures africaines et internationales emblématiques des secteurs publics et privés. Il a pu sensibiliser sur la situation grave de la Guinée, les risques qui pèsent sur la démocratie et partagé ses convictions sur la nécessité de bâtir un pays uni et respectueux des libertés individuelles et démocratiques », explique une source proche de l’opposant guinéen.

Au cours de son tête-à-tête avec Alassane Ouattara, Cellou Dalein Diallo a félicité le président ivoirien pour son leadership et son action à la tête de la société ivoirienne. « Ensemble, ils ont réaffirmé leurs valeurs démocratiques communes et un souhait partagé de contribuer à l’émergence économique de la sous-région et du continent », précise notre source.

Le président de l’UFDG a échangé également avec Aliko Dangote, l’homme le plus riche du continent africain, qui a exprimé son souhait de voir la Guinée se développer dans la paix et qui a partagé ses amitiés avec Cellou Dalein Diallo.

Avec Pascal Lamy, ancien Directeur général de l’OMC et directeur de l’Institut Jacques Delors pour l’Europe, les échanges ont porté sur la conjoncture économique et sociale compliquée de la Guinée dont la jeunesse désœuvrée forme le premier contingent de migrants vers l’Europe.

En outre, l’opposant guinéen s’est entretenu avec Robert Malley, le directeur de l’International Crisis Group, qui dit suivre de près la situation politique en Guinée. Une situation dit-il, marquée par les arrestations d’opposants et la « volonté » du Président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

De son côté, le président de la fondation Mo Ibrahim, a affiché devant Cellou Dalein Diallo, sa préoccupation face aux « dérives anti-démocratiques en cours en Guinée. Ce dernier lui a assuré du soutien de sa fondation dans la défense de la démocratie et des libertés individuelles », précise notre interlocuteur.

Enfin, l’opposant guinéen a eu des entretiens avec journalistes internationaux, notamment de Fraternité Matin, du Figaro et du Financial Times.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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3ème mandat pour Alpha Condé ? Le CPUG allume la mouvance et l’opposition

6 avril 2019 à 19 07 18 04184

Le parti Changement, Progrès, Unité pour la Guinée (CPUG), dirigé par Dr Ibrahima Sakho, quoiqu’opposé à toute idée de modification de la Constitution, ne se montre pas tendre avec le front anti 3ème mandat. Cette formation politique, à l’occasion de son assemblée générale de ce samedi 06 juin 2019, a tiré à boulets rouges sur les politiciens qui composent le Front National pour la Défense de la Constitution, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Devant ses partisans, venus massivement, le secrétaire général du CPUG, Soumah Ange Mohamed s’est penché sur la situation socio politique actuelle de la Guinée. Dans son intervention, monsieur Soumah a taclé la mouvance présidentielle avant de demander le départ du président Alpha Condé en 2020. « En parlant des problèmes du pays aujourd’hui, il y a la naissance du Front Nationale de la Défense de la Constitution.

Un front dans lequel beaucoup de leaders politiques se sont réunis pour empêcher un troisième mandat de la mouvance présidentielle. Nous, on en fait pas d’obstacles, on ne supporte pas les uns et les autres. Si la Constitution devait être changée, pourquoi depuis 2010 la mouvance n’a pas pris la décision de changer la Constitution ? S’il faut changer la Constitution il le faut avec de nouvelles personnes. Alpha Condé doit partir », a-t-il laissé entendre.

Poursuivant son intervention, Soumah Ange Mohamed a également égratigné les membres du front anti 3ème mandat qui, selon lui, manipulent la population guinéenne. Un groupe qu’il qualifie d’anciens collaborateurs de la mouvance présidentielle. « Ces leaders politiques qui veulent aujourd’hui un changement, on suppose que c’est des personnes qui n’ont jamais été loin de la mouvance aussi.

Parce qu’ils ont directement ou indirectement travaillé avec la mouvance. Quelque part, je suppose qu’il y’a un hic. Ceux qui cherchent aujourd’hui à convaincre la population de ne pas accepter le changement de la Constitution, c’est pour quelle raison et pour qui ? Ces politiques aujourd’hui ont assez manipulé les populations. Il faut qu’il y ait un changement », lance le secrétaire général du CPUG.

De son côté, le contrôleur général du parti CPUG, Abel Saa Tonguino, s’est dit indigné face à la mauvaise gestion de l’’assainissement de la ville de Conakry. « La semaine dernière, nous avons observé la remise de matériels d’assainissement par la société Turc Albayrak pour assainir Conakry. Les 200 poubelles, je me demande si c’est pour Kaloum seule ou toute la ville de Conakry… Le ramassage des ordures, c’est un problème structurel et organisationnel.

Qu’on te dise que c’est un étranger qui vient balayer chez toi, la société turque désormais qui doit nettoyer les maisons des guinéens. On se sent insulté que c’est soit un étranger qui vienne nettoyer ta maison. Tout ça, c’est à cause de la mauvaise gestion du régime. Le CPUG est fort en gestion et nous sommes capable de la faire par ce que nous avons les moyens, » a-t-il conclu.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : (00224) 622 07 93 59

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Kassory Fofana prédit l’échec du front anti 3ème mandat : « c’est une union qui n’ira nulle part »

6 avril 2019 à 12 12 51 04514

Quelques jours après le lancement du Front National pour la Défense de la Constitution, un mouvement composé d’acteurs politiques, de la société civile, de syndicats et de défenseurs des droits de l’Homme et qui entend s’opposer à toute modification de la Constitution visant à permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat, le Premier ministre guinéen s’est exprimé sur le sujet.

Ibrahima Kassory Fofana s’est rendu au siège du RPG Arc-en-ciel où se tenait l’assemblée générale du parti au pouvoir, pour se prononcer sur la question, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Le chef du gouvernement guinéen a invité les responsables et les militants de la mouvance présidentielle à ne pas se préoccuper de cette « union qui n’ira nulle part. « Ne faites pas attention aux sirènes d’illusion qu’on écoute ces derniers jours. L’union de l’opposition, c’est une union qui n’ira nulle part. Nous saluons l’agrandissement des bases de notre alliance, la mouvance présidentielle ; nous saluons le retour à la mouvance de Papa Koly.

Il a compris, comme beaucoup avant lui, que la vérité c’est au sein du RPG. La vérité et l’avenir, c’est avec le Professeur Alpha Condé. Ne cédons pas à la facilité, n’écoutons pas les histoires, ici et là, qu’on raconte. La vérité est que le Professeur Alpha Condé est en train de donner à ce pays, de donner à ce peuple ce qu’il mérite », a déclaré Kassory Fofana, sous les applaudissements des militants du RPG Arc-en-ciel.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Front contre un 3ème mandat : pourtant, Alpha Condé aurait pu aider le RPG…

3 avril 2019 à 22 10 15 04154

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, les forces sociales et politiques de la Guinée ont lancé un mouvement anti troisième mandat ce mercredi à Conakry. Ce front commun pour la sauvegarde des acquis démocratiques dans notre cher pays- et qui a ainsi commencé officiellement ses activités de lutte contre le coup d’Etat constitutionnel voulu par le régime Alpha Condé et tous les promoteurs d’une troisième dictature en République de Guinée ce 03 avril 2019- sera sans coloration politique, ethnique, religieuse ou professionnelle.

Le RPG vient de loin

Tout d’abord, il importe de rappeler que le RPG est né des cendres du MND (le Mouvement national démocratique). Ce mouvement clandestin avait été créé en 1977 par Alpha Condé, feu Pr Alfa Ibrahima Sow, Bayo Khalifa et d’autres. Au fil du temps, le MND s’était d’abord mué en UJP (Unité, Justice, Patrie), avant de se transformer en RPG (Rassemblement des patriotes guinéens), puis au Rassemblement du peuple de Guinée (en gardant le même sigle, RPG).

Dans sa besace, le parti (dominé par le très autoritaire Alpha Condé, devenu seul maître à bord) a marqué les esprits aux côtés d’autres figures politiques guinéennes, notamment Bâ Mamadou de l’UNR, Siradiou Diallo du PRP, Jean Marie Doré de l’UPG, Charles Pascal Tolno du PPG… Ce parti est surtout connu pour avoir des militants déterminés et très engagés, même si son leader est considéré par certains comme un opposant peureux, qui a souvent fui les manifestations de rue, contrairement au téméraire Bâ Mamadou par exemple…

A l’issue des joutes électorales, les Guinéens ont accordé au RPG du professeur Alpha Condé les résultats suivants :

–           19, 55% des voix à la présidentielle du 19 décembre 1993 ;

–          19 députés élus le 11 juin 1995 (sur les 114) ;

–          16, 9 % à la présidentielle du 14 décembre 1998 (derrière le Général Lansana Conté, réélu avec 56,1 % et Bâ Mamadou qui était arrivé 2ème avec 24,6 % voix) ;

–          52, 52 % à la présidentielle du 07 novembre 2010 ;

–          53 élus (sur 114 députés) aux élections législatives du 28 septembre 2013 ;

–          57, 85 % des voix à la présidentielle du 11 octobre 2015

Le géant RPG succombera-t-il dans la tourmente ?

Cette ultime victoire du RPG (rebaptisé RPG arc-en-ciel en 2010) par un coup KO à la présidentielle du 11 octobre 2015 pourrait bien être l’apogée de ce parti qui a semblé lier son avenir à celui de son incontesté leader. Un des effets secondaires du mouvement anti troisième mandat- qui regroupe d’abord les adversaires du régime- pourrait engendrer, à long terme, des démissions de certains cadres et proches du pouvoir. Il n’est pas à exclure que des figures insoupçonnées du RPG soutiennent la constitution et les progrès démocratiques de la Guinée face à la volonté du chef de l’Etat (81 ans) et à ceux qui le poussent à s’accrocher au pouvoir jusqu’à sa mort, comme Sékou Touré et Lansana Conté…

Les dindons de la farce !

Que le président Alpha Condé finisse par accepter de se plier au respect de la Constitution et ne pas se représenter après 2020 ou pas, les cadres du parti présidentiel pourraient regretter leur choix au bout de la contestation. Le parti risque même de se désagréger par manque de leader accepté de tous, lorsque le projet de pouvoir à vie échouera et que des élections « démocratiques » seront organisées, même sous Alpha Condé ; si ce dernier ne le fait que par contrainte, à l’issue des mouvements de protestation…

Sous la première République, ce sont Sékou Touré et ses hommes qui faisaient et défaisaient les puissants du pays. Le PDG, parti unique, était plus que fort et ses cadres s’imposaient naturellement sur tous les autres citoyens. La mort du dictateur a presque enterré le parti. Trente-cinq ans après, le PDG ne parvient à faire élire aucun député sur les 114 de l’Assemblée nationale, ni aucun maire sur les 342 circonscriptions de la Guinée ! Et, cet ancien géant politique de la Guinée ne peut même plus imaginer dans ses rêves revenir à la tête du pays qu’il a pourtant eu le temps de gérer comme sa propriété privée, pendant 26 années… Même Aminata Touré, la bien aimée fille de Sékou Touré, a dû se présenter comme candidate indépendante (et s’éloigner ainsi de l’idéologie de son défunt père) pour se faire élire à la mairie de Kaloum…

Sous la deuxième République, le Général Lansana Conté, père de la démocratie en République de Guinée, pouvait même décider où son parti, le PUP, devait « prendre » et où il allait « laisser gagner » ses opposants. Après sa mort, le PUP, comme le PDG, est incapable d’avoir ni un député, ni un maire sur l’ensemble du territoire national…

Premier à accéder à la magistrature suprême de la Guinée par la voie électorale, Alpha Condé ne semble pas aujourd’hui vouloir être l’exception ! Son parti, non plus, refuse de s’inspirer des échecs des deux anciens partis au pouvoir. L’unique voix de l’honorable Saloum Cissé (secrétaire général par intérim du RPG arc-en-ciel et premier vice-président de l’Assemblée nationale)- qui avait hasardé un pronostic d’une victoire du RPG arc-en-ciel en 2020 sans le président historique- a été étranglée. L’homme aurait été tellement critiqué que lui-même se serait rétracté. « C’était une bêtise politique » avait alors commenté Amadou Damaro Camara, qui a pris le dessus et qui ne fait plus mystère de son soutien à une présidence à vie pour l’homme « providentiel », Alpha Condé.

« Les révolutions n’ont lieu que quand les modérés se laissent conduire par des furieux, et les clairvoyants par des aveugles » (Chauvot de Beauchêne).

A ce jour, on peut être le plus nul et le moins vertueux de la République, mais quand on est capable de mettre entre parenthèse sa dignité pour insulter ceux qui soutiennent le respect de la Constitution et l’alternance en Guinée, on peut se faire nommer au poste de son choix. Ce qui, évidemment, met beaucoup de cadres et intellectuels guinéens dans un dilemme : choisir la démocratie dans son pays ou les délices du pouvoir finissant ! Ce sont eux qui haïssent le plus ce débat portant sur le changement (ou modification) de la Constitution qui permettrait au professeur Alpha Condé de continuer à diriger la Guinée après 2020. Ces cadres souhaitent que ce débat se fasse le plus tard possible, le temps pour eux de s’enrichir au maximum et de placer les leurs, avant de se présenter à la dernière minute comme étant de ceux qui n’avaient JAMAIS hésité de soutenir le respect des règles démocratiques…

« On échoue plus souvent par timidité que par excès d’audace », estime David Grayson

Au-delà de ce qui aurait pu muer le militant Alpha Condé en prédateur de la démocratie, il est à s’interroger sur le mutisme des cadres valeureux du RPG arc-en-ciel, qui auraient pu demander au chef de l’Etat de soutenir un des leurs ? Car, Dieu sait qu’au-delà des acteurs connus du grand public- et qui ont déjà l’étoffe de se faire accepter à une élection présidentielle- de nombreux autres hauts cadres (dont certains ne travaillent même pas dans le secteur public) pouvaient porter haut l’étendard jaune du RPG arc-en-ciel. Malheureusement, ils risquent tous de payer cher la facture de leur avarice d’aujourd’hui par le bannissement politique qui sanctionnera inéluctablement la chute de leur système, s’ils cherchent à entraver la marche du peuple de Guinée vers une démocratie véritable…

Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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