Électricité : 14 groupes électrogènes pour la ville de Kankan

14 juin 2021 à 13 01 19 06196

Pour pallier au déficit énergétique, la ville de Kankan vient de bénéficier de quatorze nouveaux groupes électrogènes. La cérémonie officielle pour la remise de ces groupes a été organisée hier, dimanche 13 juin 2021, dans l’enceinte de la centrale thermique, en présence des autorités de Kankan. C’est la ministre de l’énergie, Bountouraby Yattara et son homologue Bouréma Condé, de l’Administration du territoire et de la décentralisation, qui ont co-présidé la remise de ces groupes électrogènes à la société EDG (électricité de Guinée), rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la capitale de la Haute Guinée.

Après les tempêtes de réclamations (manifestation contre le manque de courant) pour l’électrification de Kankan, le président Alpha Condé fait face cette ville qui a contribué à son élection à la tête de la Guinée pour son actuel troisième mandat. Et, pour ce premier geste, le chef de l’Etat a offert 14 groupes électrogènes à la ville de Nabaya pour booster la capacité de production locale de l’EDG en termes d’électricité.

A la cérémonie de remise de ces groupes électrogènes, la ministre de l’Energie, Bountouraby Yattara, a fait savoir que Kankan a toujours fait partie des priorités du président Alpha Condé dans son ambition d’électrification de la Guinée.

Bountouraby YATTARA, ministre de l’Energie

« Le président de la république a souhaité l’électrification de la Guinée ; et, dans ce cadre, Kankan est parmi les priorités. C’est pour cette raison qu’il s’est lui-même employé à donner 14 groupes à la ville de Kankan. Je rappelle que quand il venait, Kankan n’avait que 4 MW. Donc, aujourd’hui, avec ces groupes, Kankan dispose désormais plus de 14 MGW d’électricité qui vont être suivis du groupe de 20 MGW que nous allons installés très prochainement ici », a dit la ministre Bountouraby Yattara.

Ces groupes électrogènes arrivent à Kankan à un moment certains quartiers de la ville n’ont jamais connu le courant électrique. Ces quartiers n’ont même jamais eu d’installation électrique. Mais, pour le directeur général de l’EDG, Bangaly Mathy, cette situation est due à un « problème de réseau » qui va être résolu au fur et à mesure.

Bangaly MAHTY, Directeur Général EDG

« C’est normal qu’il y ait des quartiers qui n’ont pas de courant. Parce qu’en réalité ce n’est pas un problème de courant, mais un problème de réseau. Donc, comme partout ailleurs, il y a des quartiers qui n’ont pas d’installation, ça c’est d’autres projets. On va continuer à installer des poteaux et des fils, évidement tout ça ne se fait pas en un seul jour. C’est des projets de longues halènes, mais il y a un projet en cours pour faire l’extension du réseau de Kankan », a indiqué Bangaly Mathy.

Pour le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, général Bouréma Condé, ce don du chef de l’Etat est une réponse aux troubles que la ville de Kankan a connus il y a des mois.

Bouréma CONDE, ministre l’administration du térritoire et de la décentralisation

« C’est un sentiment de satisfaction pour un natif de Kankan et pour les populations de Kankan. C’est comme pour répondre à ce que Kankan a connu il y a quelques mois comme troubles pour dire nous voulons du courant. Et, comme vous savez le Pr Alpha Condé c’est la détermination d’aller à la résolution de ses engagements, c’est ce qui est fait aujourd’hui » a dit le ministre Bouréma Condé.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Cellou Dalein aux diplomates étrangers : Alpha condé doit…

12 juin 2021 à 8 08 25 06256

Comment sortir la Guinée de la crise sociopolitique née de la décision du président Alpha Condé de se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats légaux ? La question était au centre d’une rencontre d’échanges qui s’est tenue dans l’après-midi d’hier, vendredi 11 juin 2021, à Conakry, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Rencontre qui a réuni Cellou Dalein Diallo, le principal opposant du président Condé (qui revendique toujours la victoire à la présidentielle du 18 octobre 2020), et plusieurs diplomates étrangers. Il s’agit des Ambassadeurs des Etats-Unis, de l’Union européenne, du coordinateur du système des Nations Unies et du représentant de la CEDEAO en Guinée.

« Nous avons échangé sur la crise socio-politique qui prévaut actuellement dans notre pays et sur les voies et moyens susceptibles de conduire à l’apaisement et au retour de la confiance entre les acteurs politiques », a annoncé Cellou Dalein Diallo. « Pour l’UFDG, le retour de la paix et de la confiance passent nécessairement par la justice et le respect de la Constitution et des lois de la République », ajoute le principal opposant guinéen.

En termes clairs, la position du patron de l’UFDG n’a pas bougé. Le principal challenger d’Alpha Condé tient toujours au respect de la Constitution de 2010 qui empêche à un chef d’Etat guinéen de faire plus de deux mandats. Cellou Dalein tient à ce que la justice soit neutre, qu’aucun opposant ou acteur de la société civile ne soit détenu pour ses opinions, etc.

A la veille de cette rencontre, Cellou Dalein Diallo s’est entretenu avec le Cardinal Robert Sarah (qui avait rencontré le président Alpha Condé quelques jours plus tôt) autour de la situation sociopolitique en Guinée. Ces rencontres interviennent à un moment où le pouvoir annonce la tenue prochaine d’un dialogue politique pour discuter des grandes préoccupations nationales.

L’UFDG, qui avait dit ne pas être intéressée par ce cadre de dialogue semble avoir reconsidéré sa position. Dans une déclaration publiée il y a quelques jours, le principal parti d’opposition du pays a posé des préalables pour parler de cette question. Il s’agit de la libération de ses cadres incarcérés depuis 8 mois, la réouverture de son siège et de ses bureaux et la levée de l’interdiction de voyager imposée à son président, Cellou Dalein Diallo, et ses proches.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Foniké Menguè condamné à 3 ans de prison : ses avocats annoncent une nouvelle bataille

10 juin 2021 à 13 01 30 06306
Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, responsable en charge des antennes et de la mobilisation du FNDC

Comme annoncé précédemment, Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, responsable de la mobilisation et des antennes du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) a été condamné 3 ans de prison ferme. Cette décision a été rendue publique ce jeudi, 10 juin 2021, par la Cour d’appel de Conakry. La défense de l’opposant au troisième mandat du président Alpha Condé dénonce une « décision bancale » et annonce qu’elle va l’attaquer devant la Cour suprême. C’est Me Abdoulaye Keïta, membre du collectif des avocats de Foniké Menguè, qui a annoncé cette nouvelle bataille, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est sur place.

Me Abdoulaye Keïta, membre du collectif des avocats de Foniké Menguè

« C’est une surprise pour nous. On ne s’attendait pas à cette condamnation. La défense s’attendait à la relaxe pure et simple de Foniké Menguè. Vous savez qu’au niveau du tribunal de première instance de Dixinn, Foniké Menguè avait été relaxé purement et simplement sur la base de l’article 544. Maintenant, puisqu’il y a eu jonction de procédures : la procédure de Dixinn et celle de Mafanco, le procureur avait requis 2 ans de prison ferme. Aujourd’hui, la Cour d’appel de Conakry le condamne à 3 ans de prison ferme. C’est une décision bancale. Et la défense ne va pas se limiter là, elle va continuer le combat jusqu’au bout. Nous allons user de nos voies de recours pour aller devant la Cour suprême », a annoncé l’avocat.

A rappeler que ce procès en appel de Foniké Menguè portait sur deux dossiers. Dans le premier dossier, l’opposant au troisième mandat du président Alpha Condé était poursuivi pour « communication et diffusion de fausses informations, menaces notamment de violence ou de mort ». Des faits pour lesquels il a été jugé et déclaré non coupable, le 28 août 2020, par le Tribunal de Première Instance de Dixinn. Une décision contre laquelle le procureur de la République près le TPI de Dixinn avait aussitôt relevé appel.

Dans le second dossier, l’activiste de la société civile était poursuivi pour « provocation directe d’un attroupement non armée suivi d’effets ». Des faits dont il a été déclaré coupable et condamné, le 28 janvier 2021, à 11 mois d’emprisonnement par le Tribunal de Première Instance de Mafanco. Une décision jugée injuste par les avocats du prévenu, qui ont interjeté appel pour réclamer l’ouverture d’un nouveau procès devant la Cour d’appel de Conakry.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/664413227

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Le fédéral de l’UFR à Washington nommé par Alpha Condé : « une surprise pour nous », dit le parti de Sidya Touré

8 juin 2021 à 12 12 12 06126
Saîkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR

Le président Alpha Condé vient de piocher encore dans les rangs de l’union des forces républicaines (UFR) de l’ancien Premier ministre Sidya Touré. Dans un décret rendu public les ondes des médias d’Etat hier, lundi 07 juin 2021, le chef de l’Etat guinéen a nommé Lamine Sununu Kaba, jusque-là fédéral de l’UFR à Washington (aux Etats-Unis), au poste de « premier conseiller du Premier ministre Kassory Fofana ». Cette nomination ce cadre de l’UFR serait vraisemblablement une « surprise » pour les dirigeants du parti républicain. Et, le secrétaire exécutif dudit parti ne cache pas son étonnement.

Dans un court entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce mardi, 08 juin 2021, Saïkou Yaya Barry a évoqué « une regrettable perte » qui prouve une fois de plus que « le RPG n’a pas de ressource » en son sein.

« Monsieur Sununu était notre fédéral à Washington. Ça a été une surprise pour nous d’entendre ce décret de nomination. Mais, j’avoue que la lutte politique, c’est la lutte politique. Il y a certains qui descendent, il y en a d’autres qui montent. C’est vrai que c’est regrettable de perdre un cadre qui était avec nous depuis le début de ce combat. Mais, il faut encore retenir qu’on se rend compte définitivement que le RPG n’a pas de ressource, que pendant 30 ans ils sont en train de se battre pour le pouvoir ; mais, c’est d’autres personnes qui en bénéficient. Et, le seul orphelin dans cette affaire, c’est le RPG », a dit Saïkou Yaya Barry.

Poursuivant son speech, le secrétaire exécutif de l’UFR a laissé entendre que « ceux qui peuvent changer la Guinée sont actuellement à l’opposition ». Il a également souhaité bon vent à Lamine Sununu Kaba.

« Nous nous réjouissons de faire savoir au monde que les cadres compétents sont avec nous. Même si certains quittent le parti, aujourd’hui il faut reconnaître que l’essentiel de ceux qui peuvent changer ce pays se trouvent à l’opposition ; et donc à l’UFR. C’est la raison de ce comptage à la recherche de recrutement de nos responsables. Je dis bon vent à monsieur Sununu qui a quand-même lutté pendant des années avec nous. Et, aujourd’hui, tout ce que nous pouvons dire c’est qu’il est rentré dans un système qui ne peut lui permettre de faire un travail sérieux », a indiqué Saïkou Yaya Barry.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Guinée : ce qui a favorisé le retour d’exil de Soulay Thiâ’nguel…

8 juin 2021 à 11 11 45 06456
Souleymane Thiâ’nguel Bah

Retour au bercail pour Souleymane Bah, plus connu sous le nom de Soulay Thiâ’nguel. L’ancien directeur de la communication de l’UFDG est rentré en Guinée dans la soirée du lundi, 7 juin 2021, après cinq ans d’exil en France. Son retour fait suite à des négociations qu’il a menées avec l’aide de certains de ses amis autour du président Alpha Condé, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est en 2016, après le meurtre du journaliste Mohamed Koula Diallo devant le siège de l’UFDG, à Conakry, que les ennuis ont commencé pour Souleymane Thiâ’nguel Bah. Alors directeur de la cellule de communication du principal parti d’opposition du pays, cet écrivain et metteur en scène, qui donnait des cours dans plusieurs universités du pays, a dû quitter la Guinée pour éviter de se faire arrêter. Il était déjà en France lorsque le procès des auteurs présumés de ce crime s’est tenu.

A l’issue du procès, le Tribunal de Première Instance de Dixinn (Conakry 2) a condamné par contumace un certain Thiâ’nguel, sans donner plus de détails sur son identité, à la réclusion criminelle à perpétuité. Mais lorsque l’affaire est arrivée devant la Cour de justice de la CEDEAO, basée à Abuja (Nigeria), l’Etat guinéen a précisé que le nommé Thiâ’nguel qui a été condamné n’est pas Souleymane Thiâ’nguel Bah de l’UFDG. Un soulagement pour l’opposant qui, normalement, avait désormais la latitude de rentrer dans son pays, sans crainte.

Mais malgré son envie de revenir en Guinée, Soulay Thiâ’nguel est resté sur ses gardes pour éviter de tomber dans un piège. Selon nos informations, il a mené des démarches, avec l’aide de certains de ses amis autour du président Alpha Condé pour réparer l’injustice dont il a été victime : celle de vivre en exil pendant cinq ans pour un crime qu’il n’a pas commis. Ce qui l’a empêché même d’assister aux obsèques de son père, décédé pendant qu’il était en exil. Ayant su tous les détails sur l’affaire, Alpha Condé aurait donné des instructions pour que le jeune opposant puisse rentrer en Guinée, en toute sécurité́, en toute sérénité́.

Comment réagira l’UFDG face à cette situation ?

Pour l’instant, le principal parti d’opposition du pays, qui ne reconnaît pas la réélection du président Alpha Condé pour un troisième mandat, n’a pas fait de réaction officielle. Mais selon des indiscrétions, certains membres de la formation politiques accusent Soulay Thiâ’nguel d’avoir négocié son retour pour aller au gouvernement. Ce que dément catégoriquement une source du dossier, qui assure que cette question n’a jamais été́ abordée au cours des discussions qui ont permis le retour de M. Bah.

« Espérons seulement que les militants et responsables de l’UFDG ne jetteront pas Souleymane Thiâ’nguel Bah en pâtures. Car sa loyauté́ n’a jamais fait défaut. Au moment où on a pensé́ qu’il allait se retourner contre son parti, il est resté droit dans ses bottes. Il a continué́ à défendre l’UFDG malgré́ son exil », rappelle notre source.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Crise politique en Guinée : l’UDRP demande aux Etats-Unis de sanctionner le régime Alpha Condé

7 juin 2021 à 12 12 54 06546
Dr Edouad Zoutomou Kpoghomou et le secrétaire d’Etat américain

L’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP) souhaite l’intervention des Etats-Unis dans la crise sociopolitique guinéenne. Une crise née du changement de la Constitution, qui a permis au président Alpha Condé de s’octroyer un troisième mandat à la tête du pays. Dans un mémorandum adressé récemment au Département d’Etat américain, ce parti d’opposition, dirigé Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou (dont la candidature à la présidentielle du 18 octobre 2020 avait été recalée par la Cour constitutionnelle), a interpellé Washington sur cette situation. Il appelle les autorités américaines à prendre des sanctions contre le régime Alpha Condé et à soutenir les efforts « pour reconnaître la victoire de Cellou Dalein Diallo », à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020.

Guineematin.com vous propose ci-dessous le mémorandum : 

21 mai 2021

 M. Antony J. Blinken

 Secrétaire d’État

 Département d’État américain

 2201, rue C NO

 Washington, DC 20520

 Objet : Crise constitutionnelle et poursuite de l’instabilité socio-politique en Guinée

 Cher Monsieur le Secrétaire,

 Au nom de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP), ses alliés l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD), j’écris cette lettre pour appeler le leadership moral des États-Unis d’Amérique, chef de file de la défense de la démocratie dans le monde, pour aider à éteindre une situation potentiellement explosive qui se profile en Guinée. Au mépris total du droit constitutionnel en vigueur, M. Alpha Condé a poursuivi avec persistance et illégalement la modification de la constitution guinéenne pour forcer son chemin lors de la dernière élection présidentielle tenue le 18 octobre 2020.

 Au terme de son deuxième mandat, par des tactiques qui rappellent davantage une dictature qu’une démocratie, M. Alpha Condé a modifié illégalement et unilatéralement la constitution pour permettre un troisième mandat présidentiel. Cet amendement lui a permis de participer illégalement à l’élection susmentionnée et de rester au pouvoir. Au cours de ce processus, des meurtres, des affrontements politiques, des altercations physiques, des arrestations arbitraires et des attaques barbares contre des opposants politiques et des innocents ont été exposés partout et sont devenus de plus en plus violents. Sans l’aide des États-Unis, les escarmouches qui se poursuivent dégénéreront en affrontements civils et ethniques de grande ampleur aux conséquences imprévisibles qui pourraient malheureusement reproduire d’horribles précédents tels que le génocide au Rwanda. Par son mépris total de la loi, M. Alpha Condé est sur le point de mettre le feu à la nation guinéenne;  la communauté internationale avec la direction des États-Unis, doit l’arrêter.

 Permettez-moi de vous présenter le contexte historique qui a conduit aux transgressions de M. Alpha Condé. La Guinée a obtenu son indépendance de la France par un référendum national le 28 septembre 1958, avec M. Sékou Touré devenant son premier président. Depuis lors, malheureusement, seuls des dictateurs à la main de fer, qui ont tous un fil conducteur – l’institutionnalisation de la terreur, de l’intimidation, de l’anarchie et de la corruption endémique – ont gouverné la République de Guinée.  Successivement, Ahmed Sékou Touré (1958-1984), le général Lansana Conte (1984-2008) et maintenant Alpha Condé (2010-présent) ont tenu la barre de cette nation, interrompue seulement par le bref intermède du capitaine Moussa Dadis / général Sékouba Konaté  transition militaire de 2008 à 2010. Cette transition a conduit à la première élection véritablement démocratique de l’histoire de la Guinée.

    Au cours des 26 premières années de pouvoir absolu et non partagé, M. Sékou Touré n’a jamais introduit le multipartisme en Guinée. Au lieu de cela, M. Sékou Touré a mis en place une dictature impitoyable qui a fini par purger le pays de ses intellectuels et professionnels. Ce despotisme a privé le pays de la possibilité de favoriser des réformes politiques, économiques et sociales significatives.

 La Guinée a vu une lueur d’espoir en mars 1984 lorsque Sékou Touré est décédé après 26 ans de pouvoir oppressif et non partagé. Une semaine après sa mort, une junte militaire, dirigée par le colonel Lansana Conté, a pris le pouvoir lors d’un coup d’État sans effusion de sang. Le colonel Lansana Conté a apporté un message d’espoir pour l’institution d’une vraie démocratie, qui a bien résonné auprès du peuple guinéen. Malgré la mise en œuvre immédiate de l’économie de marché libre, les réformes politiques ont dû attendre encore plusieurs années, tandis que Conté a consolidé le contrôle total sur le système politique. Avec le vent des démocraties émergentes à travers le monde et dans la plupart des pays africains, y compris la Guinée, un projet de nouvelle Constitution rédigé en 1990 a promu le multipartisme et l’économie de marché libre et a été adopté par référendum.

 Lors des élections présidentielles de 1998, le président Lansana Conté devait se présenter à la réélection et exercer sa dernière candidature légale à la présidence conformément à la Constitution.  Sans surprise, Lansana Conté a été réélue présidente, grâce à l’ingérence d’une administration corrompue, d’un parlement obéissant et d’un système judiciaire passif. Les chefs de l’opposition et les observateurs internationaux ont remis en question la transparence des élections et la validité des résultats. Ayant perdu l’élection au profit de Lansana Conté, M. Alpha Condé a sans succès déclenché une rébellion armée pour chasser M. Lansana Conté du pouvoir.

 Le président Lansana Conté a illégalement modifié à nouveau la Constitution en 2001 pour supprimer les contraintes juridiques liées au nombre de mandats présidentiels, à la limite d’âge des candidats à la présidentielle, et a fait passer la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans.  Le président Conté a conçu ce coup d’État constitutionnel pour qu’il puisse se présenter et rester en fonction aussi longtemps qu’il vivra.  Sous Lansana Conté, le bilan du gouvernement en matière de droits humains est resté très médiocre et la corruption, l’anarchie et l’impunité sont devenues plus omniprésentes.

   En janvier 2007, deux des principaux syndicats, avec le soutien tangible de plusieurs autres syndicats et des principaux partis d’opposition, ont appelé à une grève générale pacifique pour protester contre le comportement autoritaire du président Lansana Conté.  Le mouvement de protestation s’est rapidement transformé en une évaluation généralisée du général Lansana Conté et de son administration dans tout le pays.  Le peuple a exigé un changement de gouvernement et le mouvement a paralysé tout le pays. Le président Conté a tenté de réprimer le mouvement en ordonnant aux militaires et aux membres de ses forces de sécurité de tirer sur des manifestants pacifiques et non armés. Selon Human Rights Watch, Amnesty International et des sources diplomatiques occidentales, plus de deux cents civils innocents ont été tués et des milliers d’autres ont été blessés lors des manifestations.

 Lansana Conté est décédé le 22 décembre 2008. Avant sa mort, de profondes divisions dans son entourage avaient déjà compromis le cadre constitutionnel destiné à assurer la survie de son système.  D’une part, le président du parlement illégitime, le président de la Cour suprême et le premier ministre étaient engagés dans une lutte pour le pouvoir.  En revanche, l’environnement politique n’était plus propice à un transfert de pouvoir constitutionnel et pacifique, en raison de tensions ethniques qui divisaient. Cette atmosphère précaire a conduit à une nouvelle prise de contrôle militaire le 23 décembre 2008 par une junte militaire dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara. Avec l’aide de la communauté internationale, y compris des États-Unis d’Amérique, le capitaine Moussa Dadis Camara et le général Sékouba Konaté ont réalisé collectivement une transition de deux ans qui a abouti à la première élection véritablement démocratique remportée par M. Alpha Condé en 2010.

 La contribution la plus importante de la deuxième transition militaire a été l’élaboration d’une nouvelle Constitution, qui a confirmé l’intérêt supérieur de la nation et a servi de loi fondamentale et de référence qui réglementait les procédures structurelles de supervision de l’administration de l’exécutif, du judiciaire et du parlement.  Puissance. De plus, la nouvelle Constitution a rétabli l’équilibre des pouvoirs entre les trois branches du gouvernement, redéfini la durée du mandat présidentiel, le nombre de mandats, la règle d’éligibilité et réglementé tous les aspects du développement de la nation guinéenne ainsi que les activités de son peuple. Le général Sékouba Konaté, alors chef de l’Etat, a promulgué cette nouvelle Constitution, qui définissait le cadre juridique des deux dernières élections présidentielles de 2010 et 2015, toutes deux remportées par M. Alpha Condé sur les accusations de fraude électorale.

 De l’enthousiasme suscité par la première élection véritablement démocratique, le peuple guinéen avait enfin espéré l’instauration d’une véritable démocratie avec l’élection de M. Alpha Condé.  Malheureusement, il n’a pas fallu longtemps aux gens pour se réconcilier avec la réalité. Avec la déception et la peur pour son avenir politique, économique et social, les gens comprennent maintenant que M. Alpha Condé a passé 50 ans de sa vie non seulement à dénigrer ses adversaires, mais aussi à affiner ses stratégies pour mettre en place des stratagèmes de corruption plus sophistiqués, ethnocentrisme, dictature, impunité et incompétence, la critique même qu’il avait adressée à tous ses prédécesseurs.

 L’exacerbation des tensions ethniques et politiques entre les communautés traditionnellement coexistantes, la ségrégation pure et simple et la discrimination à l’encontre des communautés pour la plupart privées de leurs droits dans certaines parties de la Guinée (par Alpha Condé lui-même) ont été à l’épicentre de la gouvernance du Président Alpha Condé. Human Rights Watch et Amnesty International, entre autres groupes de défense des droits humains, ont largement documenté de nombreuses violations. Je ne reproduirai ni n’énumérerai ici la documentation exhaustive facilement disponible.

 Menant à l’imposition d’une présidence à vie en République de Guinée, M. Alpha Condé a poursuivi sans relâche la modification de la Constitution guinéenne. Il a attribué à lui-même et à son parti, le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), des sièges de maire et de conseil qu’ils n’ont pas remportés aux urnes lors des dernières élections communales intentionnellement retardées, tenues en février 2018. Ces actions provocantes et exaspérantes  sont conçues pour irriter et pousser l’opposition politique à réagir de manière excessive, lui donnant le subterfuge nécessaire pour mettre en œuvre brutalement ses plans trompeurs de se maintenir au pouvoir après 2020. En limogeant illégalement le président de la Cour constitutionnelle, qui s’est opposé à ses projets de rester au pouvoir  au-delà de 2020, et en forçant la démission de son ministre de la Justice, M. Cheick Sacko, M. Alpha Condé n’a fait que suivre la voie des autres dictateurs africains.  Néanmoins, le peuple guinéen vigilant dans son écrasante majorité s’oppose toujours résolument à ce troisième mandat illégal.

 Dans un pays à court d’argent comme la Guinée, M. Condé n’a pas cligné des yeux en déboursant impulsivement deux millions d’euros le 16 avril 2019, pour contribuer à la reconstruction de l’église Notre-Dame incinérée à Paris, en France.  Derrière cet acte de compassion apparent, un plan cynique était en cours pour racheter le soutien de la France à ses efforts de troisième mandat. Dans l’intervalle, le peuple guinéen a continué d’étouffer sous le fardeau exaspérant d’une pauvreté abjecte et d’une misère omniprésente. Il est devenu très clair qu’en opposant les partisans et les opposants du troisième mandat selon des critères ethniques, M. Alpha Condé a continué à semer les graines d’affrontements explosifs qui détruiront la République de Guinée, telle que nous la connaissons, et pour des générations à venir.

 Comme indiqué dans la liste à puces partielle ci-dessous, l’exacerbation des tensions ethniques et politiques entre les communautés traditionnellement coexistantes, la ségrégation et la discrimination flagrantes contre les communautés majoritairement minoritaires dans certaines parties de la Guinée (par Alpha Condé lui-même) ont favorisé les affrontements ethniques et la violence politique, maintenant fréquente en Guinée. Je ne reproduirai pas la documentation exhaustive facilement disponible et publiée par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.  Parmi les plus significatifs, veuillez noter:

  Les forces de sécurité gouvernementales ont affronté des manifestants à Conakry le 27 septembre 2011, entraînant la mort d’au moins trois manifestants.

  En août 2012, dans la petite ville minière de Zogota située dans la région de la Guinée forestière, les forces de sécurité ont tué cinq villageois dont le chef du village.  Sous le couvert de l’obscurité, ces forces avaient pris d’assaut et attaqué le village où les gens avaient protesté contre les pratiques d’embauche discriminatoires de la société brésilienne d’extraction de fer Vale.

 Au moins trois personnes ont été tuées dans des affrontements entre des partisans du gouvernement et des partisans de l’opposition dans le sud de la Guinée les 10 et 11 décembre 2012.

 Des groupes d’opposition ont protesté contre le gouvernement à Conakry du 27 février au 6 mars 2013, entraînant la mort de neuf personnes, aux mains des forces de sécurité gouvernementales.

 Les forces gouvernementales ont tué au moins trois personnes lors de manifestations électorales à Conakry les 2 et 3 mai 2013.

 Les forces de sécurité gouvernementales ont affronté des manifestants de l’opposition à Conakry du 23 au 27 mai 2013, entraînant la mort d’au moins 12 personnes.

 Plus de 50 personnes ont été tuées à Conakry dans des violences politiques au cours de la période de trois mois se terminant en mai 2013.

 En raison de la politique discriminatoire défendue par M. Alpha Condé, près de 100 personnes ont été tuées dans des affrontements ethniques entre des membres de la tribu Kpelle (majoritairement chrétiens et animistes) et la tribu Konia (mandingue ou Maninka, majoritairement musulmane) du 15 au 24 juillet, 2013, dans la commune urbaine de N’Zérékoré.  Selon des sources hospitalières, ce nombre n’inclut pas les dizaines de corps retrouvés dans les puits de certains quartiers, ainsi que ceux du village de Koulé Yakéta et de la préfecture de Beyla. Des dizaines sont toujours portés disparus.

 En raison de la précarité du système de santé guinéen, en raison d’une mauvaise gestion systémique, les épidémies d’Ebola ont tué environ 2500 personnes en Guinée entre 2013 et 2015.

 La mauvaise gestion de l’épidémie d’Ebola en 2014 a conduit au massacre d’une équipe d’agents de santé, déclenchant le siège militaire de Womey, une communauté pacifique du sud-est de la Guinée.  Des dizaines de villageois en fuite sont morts de famine, de morsures de serpents et de maladies dans les forêts environnantes où ils se sont réfugiés.

 Le 14 avril 2015, au moins deux gendarmes ont arrêté une femme de 26 ans, l’ont forcée à monter dans leur véhicule, l’ont emmenée dans un immeuble, lui ont bandé les yeux et l’ont violée.  Elle a déposé une plainte judiciaire peu de temps après, mais elle n’a jamais été contactée par la justice ou la police pour fournir des preuves supplémentaires.

En avril et mai 2015, pendant et après les manifestations de rue, des policiers et, dans une moindre mesure, des gendarmes opérant à Bambeto, Hamdallaye, Koloma, Matam et Wanindara ont fait irruption dans des maisons et volé des téléphones portables, de l’argent, des articles ménagers et des marchandises.

Le 7 mai 2015, des gendarmes en patrouille à Hamdallaye auraient tué un soudeur de 34 ans près de son domicile. Le 8 mai, sa famille a déposé une plainte auprès du Tribunal de Dixinn. À ce jour, aucune information n’est disponible sur l’état d’avancement de l’enquête.

Le 10 octobre 2015, un chauffeur de 24 ans a été abattu à Sonfonia Gare Il alors qu’il se rendait chez son frère, par les forces de sécurité chargées de lever les blocus érigés par les manifestants.  Quatre autres hommes ont été blessés lors du même incident.

En raison de la politique discriminatoire de M. Alpha Condé, environ 100 personnes ont été tuées dans des affrontements ethniques entre des membres de la tribu Loma (principalement chrétiens et animistes) et de la tribu Konia (Mandingo ou Maninka, principalement musulmans) à Koyamah et Macenta, dans le sud-est de la Guinée dans la période de mars à septembre 2020.

 M. Alpha Condé a procédé à un coup d’État constitutionnel le 22 mars 2020 en imposant au peuple guinéen un référendum non seulement pour changer la Constitution, mais aussi pour élire un parlement sans la participation de la véritable opposition politique.  Ce processus, auquel se sont opposés la majorité des Guinéens, a été entaché d’une extrême violence de la part des forces de défense et de sécurité, avec une contribution significative des «DONZOS», la milice privée de M. Alpha Condé.  Les événements importants suivants ont eu lieu:

Tout au long de la lutte pour empêcher le troisième mandat de M. Alpha Condé, des militants de l’opposition politique et du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont été régulièrement soumis à la répression avec la participation des groupes ULIMO et DONZOS, notamment dans la forêt  Région (en particulier à N’Zérékoré) Plutôt que les forces de police et de gendarmes typiques, le groupe DONZOS a patrouillé les bureaux de vote sous prétexte d’assurer la sécurité alors qu’en réalité leur présence parfois, intimidait les civils pour les empêcher de voter;  à d’autres moments, ils protégeaient simplement la fraude organisée de RPG.

 Comme l’ont rapporté plusieurs ONG et l’opposition politique, les forces de sécurité ont commis des crimes lors de manifestations pour protester contre le changement constitutionnel.  Les massacres qui ont suivi du 22 au 24 mars 2020 à N’Zérékoré ont fait près de 98 personnes tuées par les forces de sécurité. Le jour de ce meurtre de masse, des affrontements ont éclaté entre les défenseurs de la Constitution de mai 2010 et les promoteurs de la nouvelle constitution contestée. L’implication dans les affrontements des milices ULIMO et DONZOS a transformé le conflit en une violence interethnique entre les Koniankés et les Malinkés d’une part et les Guerzes, Manons et Konos, d’autre part. Cinq églises ont été vandalisées et incendiées.

À la tombée de la nuit du 23 mars 2020, les forces de sécurité ont récupéré plusieurs corps à la morgue de N’Zérékoré pour être ensevelis dans une fosse commune, sur injonction des autorités.  À ce jour, aucune enquête n’a été ouverte pour aider à élucider les circonstances de ces meurtres et mettre fin à leurs familles.  Plusieurs personnes sont toujours portées disparues, des centaines de personnes ont été blessées, plusieurs dommages matériels ont été enregistrés et plusieurs arrestations ont été effectuées.  À ce jour, près de 400 militants sont toujours en prison suite à la manifestation, y compris des mineurs.

Outre le braquage qui a suivi l’élection du 18 octobre 2020, les violations des droits et libertés ainsi que les crimes commis comprennent:

L’assassinat de 51 citoyens membres de la coalition électorale UFDG et ANAD par les forces de défense et de sécurité.  Le gouvernement a catégoriquement refusé d’ouvrir des enquêtes pour identifier les auteurs et les traduire devant les tribunaux, conformément à la loi.

 La mort de quatre prisonniers politiques par manque de soins dans un centre de détention surpeuplé. Le gouvernement a refusé de lancer une enquête sur ces décès, principalement en raison du manque de conditions sanitaires dans ces établissements pénitentiaires, qui abritent aujourd’hui plus de trois fois plus de prisonniers qu’ils étaient censés accueillir à l’origine.

L’arrestation et la détention arbitraires de centaines de membres de l’UFDG, de l’ANAD et de civils pour leur opposition au troisième mandat illégal de Condé et pour avoir exigé le respect des véritables résultats des urnes.

La poursuite de la fermeture et de l’occupation du siège et des bureaux du Président de l’UFDG, sans aucune base légale, par les forces gouvernementales de défense et de sécurité.

L’interdiction de voyager imposée à M. Mamadou Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, à son épouse et à ses proches collaborateurs, sans aucune base légale.

La destruction, sans préavis ni compensation, des habitations et des commerces des citoyens le long des voies d’accès publiques, alors que le gouvernement n’a pas de programme pour de telles routes ou pour l’aménagement des terres libérées par ce déplacement forcé.

 La fermeture unilatérale des frontières avec certains pays voisins qui fait peser une charge excessive sur la population qui souffre déjà d’exactions brutales des forces de sécurité gouvernementales.

La flambée des prix des produits de base, en partie due à la hausse des impôts, à la forte inflation monétaire, à la dépréciation de la monnaie nationale, à la dilapidation des ressources et à la fermeture des frontières, contribuant à la misère des populations.

L’augmentation annoncée des prix des carburants, qui ne manquera pas d’aggraver cette crise et de réduire encore le pouvoir d’achat des ménages.

Enfin, l’effort tacite du gouvernement pour répercuter sur le peuple le coût de la campagne du troisième mandat d’Alpha Condé au cours de laquelle les maigres ressources du pays ont été utilisées de manière irresponsable en lieu et place des offres de financement des institutions internationales.

 En raison d’une dictature institutionnalisée sophistiquée et de la mauvaise gouvernance d’Alpha Condé, l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) de la Guinée est paradoxalement parmi les plus élevés au monde malgré l’énorme richesse minérale du pays.  Sans aucun doute, la Guinée et la communauté internationale s’en tireront mieux avec un environnement plus stable et pacifique, sous une nouvelle direction patriotique, qui supervisera la reconstruction d’un paysage politique plus favorable, pour donner au pays un cadre démocratique solide et inviolable, et favoriser un processus électoral transparent et acceptable propice à une paix durable et à la prospérité économique. Plus important encore, les preuves montrent que M. Alpha Condé n’a pas remporté l’élection présidentielle du 18 octobre 2020. Il est un président imposé et soutenu par l’armée, les forces paramilitaires et les institutions soumises sans la légitimité accordée uniquement par le peuple guinéen à travers le scrutin. 

Au nom de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès UDRP et ses alliés, je tiens à remercier les États-Unis d’Amérique pour leur position exprimée par l’ambassade des États-Unis en Guinée, contre la modification inutile et énergique de la constitution, uniquement pour satisfaire M.  Les ambitions égoïstes d’Alpha Condé d’une présidence à vie en Guinée.  À l’appui de l’instauration de la démocratie en Guinée, le Parti politique UDRP, que j’ai le privilège de diriger, a joué un rôle central lors de l’élection présidentielle, après l’élimination injustifiée de son candidat par la Cour constitutionnelle de M. Alpha Condé.  Dans une quête pour aider à reconquérir et à consolider la démocratie détournée, l’UDRP et ses alliés UFDG / ANAD, demandent au gouvernement des États-Unis, ses institutions, le président Joe Biden et tous leurs alliés à travers le monde:

Renforcer les efforts du Front national de défense de la Constitution (FNDC) et des autres partisans de l’opposition politique et des intérêts civils en appelant les partenaires techniques et financiers, et les organisations sous-régionales, régionales et internationales à mener des enquêtes  missions sur les crimes commis lors de leurs manifestations et les massacres qui ont suivi les 22, 23 et 24 mars 2020 à N’Zérékoré.

Demander que les milices ULIMO, DONZO et CHEVALIERS soient déclarées groupes terroristes au même titre que la secte BOKO HARAM, DAECH, ISIL et autres groupes similaires, et leurs sponsors traités comme tels.  Si elles ne sont pas définitivement démantelées, les milices ULIMO et DONZO sont susceptibles de se réinstaller au Libéria, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone, entre autres, d’où elles continueront de propager la terreur et l’instabilité dans la sous-région ouest-africaine.

Soutenir les efforts pour reconnaître la victoire de leur candidat, Mamadou Cellou Dalein Diallo, incontestable vainqueur de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 aux urnes;  Alpha Condé a volé illégalement et sans scrupules cette victoire avec l’aide d’institutions administratives et électorales soumises.

Utiliser le Global Magnitsky Human Rights Accountability Act pour sanctionner M. Alpha Condé et ses 25 dignitaires inscrits au Parlement européen comme violateurs et délinquants des droits humains;  Les États-Unis ont utilisé avec succès et unilatéralement cette loi de lutte contre la criminalité pour traquer et sanctionner les auteurs de violations des droits de l’homme et les criminels du monde entier, geler leurs avoirs et les empêcher d’entrer aux États-Unis d’Amérique.

 L’UDRP et tous ses alliés continuent de croire que les États-Unis, en tant qu’incarnation de la paix, de la démocratie et de la justice dans le monde, ne laisseront pas la Guinée s’effondrer et brûler sous la dictature barbare et impitoyable de M. Alpha Condé.  L’histoire et le peuple guinéen vous en seront profondément reconnaissants !

Respectueusement vôtre,

Edouard Zoutomou KPOGHOMOU, PhD.  Président de l’UDRP

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Hadja Fatoumata Bangoura-Doumbouya du RPG au tribunal : « c’est mon affection pour Alpha Condé qui m’a valu la prison »

7 juin 2021 à 9 09 20 06206

« Tout ça, c’est parce que j’ai aimé le président de la République et son parti pour lequel je me suis toujours battue. Oui, je reconnais avoir produit la vidéo dont on parle… J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé ; mais, il n’a pas été enrôlé… De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il  soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile ».

En prison à la maison centrale de Conakry depuis janvier dernier, madame Bangoura Hadja Fatoumata Doumbouya, a comparu le jeudi dernier, 03 juin 2021, au tribunal correctionnel de Mafanco. Cette militante du RPG arc-en-ciel (l’actuel parti au pouvoir en Guinée) est poursuivie pour « offense sur la personne du président de la République, production, diffusion et mise à disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public, injures par les biais d’un système informatiques ». A l’ouverture de son procès, la prévenue a plaidé coupable des faits mis à sa charge et a demandé pardon. Elle a laissé entendre que c’est son « affection pour le président Alpha Condé » et son « amour pour le RPG » qui lui ont valu ses présents ennuis judiciaires, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Hadja Fatoumata Doumbouya a été arrêtée le 28 janvier dernier et conduite à la DPJ (direction centrale de la police judiciaire) pour être entendue sur des faits d’offense au chef de l’Etat. Quelques heures plus tard, elle avait été déférée au parquet de Mafanco où elle a finalement a été placée sous mandat de dépôt le 29 janvier (soit le lendemain de son arrestation) conduite à la maison centrale de Conakry.

Depuis cette date, la pauvre femme est en détention provisoire dans la plus grande prison de la Guinée pour « offense sur la personne du président de la République, production, diffusion et mise à disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public, injures par les biais d’un système informatiques ». Son procès s’est ouvert le jeudi dernier au tribunal correctionnel de Mafanco ; et, à la barre, elle a reconnu avoir commis les infractions articulées à son encontre.

« C’est mon affection pour le président de la République Alpha Condé et l’amour que j’ai pour le parti RPG qui m’ont valu la prison que je vie actuellement. Tout ça c’est parce que j’ai aimé le président de la République et son parti pour lequel je me suis toujours battue. Oui, je reconnais avoir produit la vidéo dont on parle. J’ai regretté ce que j’ai dit, je demande pardon. J’ai dit que la route qui relie le chef-lieu de ma préfecture (Siguiri) à  mon village (Norassoba) n’est pas goudronnée. J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé, mais il n’a pas été enrôlé. Au contraire on l’a plutôt fait souffrir pour rien. De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il  soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile. Mais ce que j’ai dit, je le regrette aujourd’hui. Je demande pardon au tribunal et au gouvernement », a expliqué Hadja Fatoumata Doumbouya.

Après cette déposition de la prévenue et la séance de questions-réponses qui a suivi, le ministère public a sollicité un renvoi d’audience pour lui permettre de préparer ses réquisitions dans cette affaire. Mais, les avocats de la défense se sont très vite insurgés contre cette demande.

« Je vois que le ministère public n’est pas prêt à présenter ses réquisitions… Cependant, notre cliente est en prison. Elle est vraiment malade. Actuellement, elle est en train de se faire soigner à l’hôpital national Ignace Deen. Donc, si vous allez renvoyer le dossier,  nous demandons de bien vouloir mettre en liberté provisoire notre cliente. A la prochaine que vous allez fixer, elle viendra tranquille se présenter devant votre tribunal », a dit Me Mamady Doumbouya.

Finalement, le tribunal a rejeté la demande formulée par les avocats de la défense et a renvoyé l’audience à une date ultérieure pour les plaidoiries et réquisitions.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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Le frère d’Ismaël Condé plaide Alpha Condé : « nous le prions de nous aider à retrouver notre frère »

3 juin 2021 à 20 08 29 06296

Déjà tourmentée par la détention depuis 8 mois d’Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG, la famille de l’opposant guinéen est davantage préoccupée depuis hier. Cela, suite à la décision de ce prisonnier politique de s’asperger de l’eau chaude pour protester contre la décision du régisseur de la Maison centrale de Conakry de le transférer dans une cellule jugée dangereuse. Rencontré par un journaliste de Guineematin.com, ce jeudi 3 juin 2021, le frère aîné de l’opposant a plaidé le président Alpha Condé, lui demandant de faire libérer Ismaël Condé.

Depuis hier, Kabinet Condé est au chevet de son frère cadet Ismaël Condé, hospitalisé aux urgences de l’hôpital national Ignace Denn de Conakry. Le premier vice maire de Matam soigne les brûlures qu’il a eues au visage et à la poitrine, après s’être aspergé de l’eau chaude (qui était dans une thermos) dans sa cellule de prison. Une façon pour lui d’éviter d’être transféré dans une autre cellule, où il allait cohabiter avec de « grands bandits », condamnés pour des crimes.

Kabinet Condé, frère aîné du détenu politique Ismaël Condé

« Depuis hier, à 15 heures, mon frère est à l’hôpital ici. Difficilement il a pu dormir la nuit. Ses yeux ne faisaient que refouler des larmes. Ce jeudi matin, les médecins sont venus faire des examens et ils lui ont prescrit des médicaments que j’ai achetés moi-même. Depuis hier, c’est moi qui m’occupe de toutes les ordonnances prescrites pour lui. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il est vraiment souffrant. Et toute la famille souffre aujourd’hui de ce fait.

Personne n’a l’esprit tranquille en ce moment. Parce qu’il est difficile de voir un frère passer plusieurs mois en prison, sans motifs. En tout cas, rien ne nous a été dit comme infraction qu’il aurait commise. Or, c’est un enfant. Il n’est pas habitué à ce genre de choses. Depuis qu’il est né, c’est la première fois qu’il passe une nuit en prison », a déclaré Kabinet Condé, rencontré ce jeudi dans ce central hospitalier, qui ajoute que son frère souffre aussi de la sinusite.

Préoccupé par la situation de son jeune frère, Kabinet Condé interpelle le président Alpha Condé. Il plaide le chef de l’Etat guinéen en faveur de la libération d’Ismaël Condé. « Ismaël n’est que son petit-fils. Il ne faut pas qu’il regarde seulement ce qui se passe aujourd’hui, il n’a qu’à se rappeler aussi de ce qui s’est passé hier. Parce que l’enfant dont il s’agit (Ismaël Condé, ndlr), est issu d’une famille qui a tout fait pour le RPG. Sa défunte mère était membre influent de la section du RPG dans la commune de Ratoma.

Tout Mafanco la connaissait pour ça. Notre défunt père aussi, c’était la même chose. Alors, si on dit que c’est une telle situation qui nous est réservée aujourd’hui sous son régime, cela est difficile. Donc nous prions le président Alpha Condé de ne pas voir seulement le comportement d’Ismaël aujourd’hui, il n’a qu’à se rappeler du passé et nous aider à retrouver notre frère », a sollicité le frère de l’opposant.

Malick Diakité pour Guineematin.com 

Tel : 626-66-29-27

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Injures et menaces de mort : Ousmane Gneloye condamné à 5 ans de prison

3 juin 2021 à 15 03 39 06396
Ousmane Gneloye Diallo

Le juge a suivi la réquisition du procureur faite dans la matinée de ce jeudi, 3 juin 2021. Alphonse Charles Wright a condamné Ousmane Gneloye Diallo, un militant du RPG Arc-en-ciel (le parti au pouvoir en Guinée) très actif sur les réseaux sociaux, à 5 ans d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 2 millions de francs guinéens. Celui qui se fait appeler « ministre de la défense du président Alpha Condé sur Facebook » est reconnu coupable d’injures et menaces de mort, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est au Tribunal de Première Instance de Dixinn.

C’est une victoire pour Kadiatou Biro Diallo « DK » (fille d’Elhadj Boubacar Biro Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale). C’est cette dame qui a porté plainte contre Ousmane Gneloye Diallo, après la publication d’une vidéo de ce dernier, dans laquelle il profère des injures et des menaces de mort contre elle et son père, Elhadj Boubacar Biro Diallo. Depuis le début de ce procès, le prévenu ne s’est jamais présenté au tribunal.

Ce qui a poussé le juge à décerner un mandat d’arrêt contre lui, le 20 mai dernier. Mais la brigade de recherche de Kipé, qui avait la charge de procéder à son arrestation, a dit n’avoir pas réussi à le retrouver. C’est donc un fugitif qui a été condamné. Et le tribunal ne s’est pas contenté seulement d’infliger une peine d’emprisonnement et d’amende à Ousmane Gneloye. Il a pris plusieurs autres mesures à l’encontre du jeune militant du parti au pouvoir.

Nous y reviendrons !

Du TPI Dixinn, Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Ousmane Gneloye « introuvable » : le procureur requiert 5 ans de prison contre lui

3 juin 2021 à 13 01 02 06026
Ousmane Gneloye Diallo

Le procès du jeune Ousmane Gneloye Diallo, un militant du RPG Arc-en-ciel (parti au pouvoir) très actif sur les réseaux sociaux, s’est poursuivi ce jeudi, 3 juin 2021, au Tribunal de Première Instance de Dixinn. Et malgré le mandat d’arrêt décerné il y a deux semaines contre lui, le prévenu n’était pas présent aujourd’hui encore au tribunal. Le procureur a demandé au juge de le condamner à 5 ans d’emprisonnement pour injures et menaces de mort, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui est sur place.

A l’ouverture de l’audience, le juge Alphonse Charles Wright a fait un constat désagréable : ni le prévenu, Ousmane Gneloye Diallo, contre lequel il a décerné un mandat d’arrêt le 20 mai 2021, ni le général Ibrahima Baldé (Haut commandant de la gendarmerie nationale) dont il avait demandé la comparution à titre de témoin, n’étaient présents dans la salle. Il a demandé au représentant du ministère public pourquoi ces décisions n’ont pas été appliquées, et le procureur lui a donné la réponse suivante.

« Le ministère public a fait des diligences : on a saisi le cabinet d’instruction pour la comparution du général Ibrahima Baldé. Mais le cabinet est revenu au niveau du parquet pour nous demander les émoluments de l’huissier. Et il se trouve que le parquet n’a pas de budget pour ça. Donc c’est pourquoi ça n’a pas eu lieu. Pour le mandat d’arrêt contre Ousmane Gneloye, le parquet a saisi la brigade de recherche de Kipé. Mais après les recherches, la brigade a fait un procès-verbal de recherches infructueuses. C’est ce qui est versé au dossier. Un PV de recherches infructueuses signé par le lieutenant Aboubacar Sidiki Tounkara, officier de police judiciaire, commandant de la brigade de recherche de Kipé », a indiqué Boubacar 1 Bah.

Après cette réponse du procureur, le président du tribunal n’a pas manqué de réagir pour exprimer son mécontentement. « Pour le cas du général Ibrahima Baldé, je peux comprendre, parce que le parquet n’a pas de budget. Mais pour le cas Gneloye, le PV de recherches infructueuses de la brigade de recherche de Kipé ne lie pas le tribunal. C’est une insulte vis-à-vis de la nation », a martelé Alphonse Charles Wright, avant d’ouvrir la phase des plaidoiries et des réquisitions.

Dans sa plaidoirie, l’avocat de la plaignante a demandé au tribunal de déclarer Ousmane Gneloye coupable des faits qui lui sont reprochés et de le sanctionner conformément aux infractions commises. « Nous vous prions, après l’avoir déclaré coupable d’injures publiques et de menaces, de lui interdire définitivement de publier des messages électroniques et de le condamner au paiement d’un franc symbolique. Parce que Mme Kadiatou Biro Diallo a intenté ce procès pour laver son honneur et laver l’honneur de son père, Elhadj Boubacar Biro Diallo », a sollicité Me Pépé Antoine Lama.

De son côté, le procureur a souligné que les faits reprochés à Ousmane Gneloye sont graves. C’est pourquoi, il a requis une peine de 5 ans d’emprisonnement contre le prévenu. Le dossier est mis en délibéré et la décision du tribunal est attendue à 14 heures.

Ousmane Gneloye Diallo, qui se fait appeler « ministre de la défense du président Alpha Condé sur Facebook », est poursuivi par Kadiatou Biro Diallo « DK » (fille d’Elhadj Boubacar Biro Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale). Elle a porté plainte après la publication sur les réseaux sociaux, d’une vidéo dans laquelle le prévenu profère des injures et des menaces contre elle et son père, Elhadj Boubacar Biro Diallo.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/664413227

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« La France doit appeler à la libération des militants détenus arbitrairement en Guinée »

2 juin 2021 à 12 12 22 06226

Tribune

Collectif : Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent « l’absence de réaction forte de la communauté internationale » face à la « répression brutale » qui s’est abattue sur le pays.

Tribune. Depuis 2019 et l’annonce d’une réforme de la Constitution qui a permis au président Alpha Condé de se présenter à un troisième mandat, nos organisations n’ont cessé de dénoncer la dégradation des droits humains en Guinée. Face à cette situation, l’absence de réaction forte de la communauté internationale, notamment de la France et de l’Union européenne (UE), a été reçue par Conakry comme une carte blanche donnée à la répétition des violations. L’appel lancé fin janvier par le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à « faire toute la lumière » sur la situation des opposants en prison, est également resté lettre morte.

Avant et pendant la tenue du référendum constitutionnel et des élections législatives du 22 mars 2020, une répression brutale s’est abattue sur le pays. Des manifestations ont été interdites de manière abusive. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur les protestataires, faisant des dizaines de morts et de blessés. Des militants politiques, notamment du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), et des membres de la société civile ont été arbitrairement arrêtés.Lire aussi En Guinée, un journaliste condamné à une amende pour « offense » au président Condé et libéré

Des discours de haine proférés par des candidats politiques et des affrontements entre partisans du gouvernement et de l’opposition ont également rallumé des tensions ethniques, engendrant des violences intercommunautaires dans la ville de Nzérékoré. La grande majorité des plaintes déposées par les proches des personnes blessées ou tuées lors des manifestations n’ont pas abouti à des poursuites judiciaires. Beaucoup de familles n’ont d’ailleurs pas osé le faire, par crainte de représailles, manque de moyens ou absence de confiance dans les autorités.

Des prisons surpeuplées

Le scrutin présidentiel contesté du 18 octobre 2020 s’est également déroulé dans un contexte de graves violations des droits humains. Nos organisations ont recensé au moins seize personnes tuées par balle entre le 18 et le 24 octobre, sans compter les nombreux blessés. Les connexions Internet et les liaisons téléphoniques ont été perturbées ou coupées. Si certains manifestants se sont livrés à des violences, comme allégué par le gouvernement dans un rapport sur les événements, cela ne peut pas justifier la répression sanglante du mouvement.

Nos organisations ont recueilli des témoignages de victimes et de leurs familles et documenté leurs récits, afin d’interpeller les autorités guinéennes, alerter les partenaires de la Guinée, sensibiliser les opinions publiques. Mais cela n’a pas mis fin aux abus. Après l’élection, les autorités ont traqué les opposants et des membres de la société civile. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées. Aujourd’hui, des figures de l’opposition et des militants associatifs – y compris des membres de certaines de nos organisations – sont détenus dans des conditions de détention inhumaines. Dans les prisons surpeuplées, l’accès aux soins est pratiquement impossible.Article réservé à nos abonnés Lire aussi « En Guinée, la répression est en passe d’égaler les années les plus noires de Sékou Touré »

Récemment, au moins quatre sympathisants ou militants de l’opposition sont morts en détention – ou juste après avoir été libérés – des suites de leurs conditions d’emprisonnement ou par manque de soins. Ainsi Roger Bamba, attaché parlementaire et membre du conseil national des jeunes de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition), a été arrêté le 6 septembre 2020. Envoyé en prison quatre jours plus tard, il est mort le 16 décembre 2020 « des suites de maladie », selon le ministère de la justice. Sa famille n’a jamais été informée qu’il était malade. Un autre détenu, âgé de 62 ans, est mort en détention après avoir présumément subi des actes de torture ou de mauvais traitement.

Le cycle de l’impunité

Les graves violations des droits humains documentées par nos organisations depuis 2019 demeurent impunies. Si des annonces d’ouverture d’enquête ont été faites, elles n’ont pas été suivies de poursuites contre les auteurs des exactions. Ceci n’est pas nouveau en Guinée. Plus de onze ans après le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, il n’y a toujours pas eu de procès pour les meurtres de plus de 150 manifestants, les viols et autres crimes perpétrés alors par les forces de défense et de sécurité. Depuis la clôture de l’instruction judiciaire, en 2017, les autorités guinéennes ont à plusieurs reprises promis que ce procès aurait lieu.

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Face à ce bilan de plus en plus sombre, les déclarations d’intention ne suffisent plus. Il est essentiel que la France appelle à la libération immédiate des opposants et des militants détenus arbitrairement, demande des comptes sur les enquêtes engagées pour faire la lumière sur les violences commises contre les manifestants et les opposants, et pèse de tout son poids pour qu’une justice indépendante et efficace soit rendue. Elle doit également tout mettre en œuvre pour que les autorités fixent enfin, dans les plus brefs délais et les meilleures conditions, une date d’ouverture du procès des responsables du massacre du 28 septembre.

Les Etats français et européens doivent mettre le respect des droits humains au cœur de leurs échanges bilatéraux et multilatéraux avec Conakry, afin d’en finir avec la répression actuelle et briser le cycle de l’impunité subi par la population guinéenne.

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), Agir ensemble pour les droits humains (AEDH), Amnesty International France (AIF), Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Human Rights Watch (HRW), Ligue des droits de l’homme (LDH), Secours catholique, Tournons La Page.

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Guinée : le Bloc Positif demande au gouvernement de surseoir à l’augmentation de prix du carburant

29 mai 2021 à 11 11 15 05155

Depuis plusieurs semaines, les autorités guinéennes (au premier desquelles se trouve le président Alpha Condé) brandissent à tout bout de champ la menace de revoir à la hausse le prix du litre de carburant à la pompe. Malheureusement, cette mauvaise nouvelle intervient à un moment où les guinéens tirent le diable par queue à cause de la précarité provoquée par la pandémie de COVID-19 qui a sérieusement malmené leurs maigres économies. La situation est très angoissante pour de nombreux citoyens et donne lieu à un débat houleux dans le pays. Le gouvernement pleurniche à cause de l’argent qu’il perd dans la « subvention » du carburant, alors que certains acteurs dénoncent la volonté affichée de l’Etat de vouloir asphyxier les pauvres populations en pleine crise sanitaire.

De son côté, le Bloc Positif (B+) se montre catégoriquement à ce projet de l’Etat et demande au gouvernement de surseoir à toute décision d’augmentation du prix du carburant. Cette organisation de la société civile guinéenne (composé des jeunes guinéens de la diaspora et vivants au pays) implore l’implication personnelle du président Alpha Condé pour freiner cette décision et éviter d’appauvrir davantage les guinéens qui baignent déjà dans la misère. Et, dans ce cadre, elle a adressé hier, vendredi 28 mai 2021, une lettre ouverte au gouvernement.

Guineematin.com vous propose ci-dessous l’intégralité de cette lettre du Bloc Positif adressée au gouvernement.

« La crise sanitaire que traverse notre société actuelle n’épargne aucune nation. Ce faisant, depuis plus d’une année, les activités socio-économiques et professionnelles sont au ralenti, et cela a porté un coup sérieux à l’économie de manière générale.

Sans doute, la population Guinéenne fait partie de ceux qui sont en train de tirer les conséquences néfastes de cette crise historique et grandissante. Nul besoin d’affirmer que la pauvreté se vit au quotidien, et l’écart des inégalités n’est constamment visible dans notre société.

Toutefois, malgré ce tableau de situation lamentable et regrettable, nous avons appris récemment, par la voix du porte-parole du gouvernement, le Ministre de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises, la volonté du gouvernement de revoir à la hausse le prix du carburant à la pompe. Une annonce que nous déplorons compte tenu de la situation de précarité que vivent nos populations. Et, nous estimons que, à l’instar des autres gouvernements, l’heure est plutôt à la solidarité, à l’accompagnement des millions de nos citoyens qui vivent dans la pauvreté.

Ainsi, le Bloc Positif soucieux de la vie difficile de nos concitoyens en cette période de crise sanitaire conjuguée d’avec la crise économique, demande au gouvernement de Kassory Fofana, à défaut d’aplanir la souffrance quotidienne des guinéennes et guinéens, de sursoir à toute décision d’augmentation de prix du carburant, cela pour éviter d’enfoncer de plus, les populations dans la misère.

Par extension, nous interpellons le Président de la République afin qu’il s’implique personnellement pour empêcher la mise en œuvre de cette décision.

Par ce communiqué, le Bloc Positif ose compter sur la sagesse et la compréhension du gouvernement », a écrit le Bloc Positif.

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

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L’érudit de Kindia à Alpha Condé : « je le prie de libérer les détenus politiques »

15 mai 2021 à 7 07 06 05065
Abdoul Wakil Keïta, érudit de Kindia

En marge de la célébration de l’Aïd El Fitr, la fête marquant la fin du ramadan, avant-hier, jeudi 13 mai 2021, l’érudit de Kindia a adressé un message au président Alpha Condé. Elhadj Abdoul Wakil Keïta a demandé au chef de l’Etat guinéen de libérer les prisonniers politiques au nom de la paix et de la quiétude sociale en Guinée.

« Si le miséricordieux te fait du bien, à ton tour fais du bien aux démunis. S’il te donne de la puissance, du pouvoir, il faut le remercier, car il ne n’accorde pas cette faveur à tout le monde. Et quand il te confie une portion du pouvoir, il t’observe, car il sait que tu retourneras vers lui. Donc, à cette occasion, je dirai ceci à notre président Alpha Condé : je sais qu’il peut mettre en prison qui il veut et quand il veut.

Mais s’il pardonne, c’est ce qui est bon pour le pays, c’est ce qui renforce la cohésion nationale, le tissu social. Alors, pour la paix et la quiétude en Guinée, je le prie de libérer les détenus politiques.  C’est la Guinée qu’il doit regarder pour libérer ces détenus afin qu’il est la paix dans notre pays. On doit s’aimer et se pardonner pour que la Guinée bouge », a plaidé l’érudit Elhadj Abdoul Wakil Keïta.

De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

 Tel: 628518888

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Libération de 40 prisonniers politiques : Diabaty Doré parle d’une « simple opération de charme »

8 mai 2021 à 16 04 04 05045

Diabaty Doré, président du parti Rassemblement Pour la République

L’heure n’est pas à la réjouissance chez Diabaty Doré, président du Rassemblement Pour la République (RPR), après la libération de 40 prisonniers politiques qui étaient détenus depuis six mois à Conakry. Pour lui, le non-lieu prononcé en faveur de ces opposants au troisième mandat du président Alpha Condé n’est rien d’autre qu’une opération de charme. Il l’a dit dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, ce samedi 8 mai 2021.

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Situation des détenus politiques : Alpha Condé « a donné des instructions très fermes… » (Tibou Kamara)

7 mai 2021 à 11 11 15 05155

Au cours d’un point de presse qu’il a animé ce jeudi, 6 mai 2021 (le premier depuis sa nomination  en tant que porte-parole du gouvernement), Tibou Kamara s’est exprimé sur la situation des détenus politiques en Guinée. Le ministre d’Etat de l’Industrie et des PME a annoncé que le gouvernement souhaite que ce dossier soit rapidement clôturé. Et en attendant, dit-il, le président Alpha Condé a donné des instructions fermes quant au respect des droits des prisonniers, a  constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

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2ème génération de la Réforme du secteur de sécurité : le ministre de la Défense s’entretient avec le Représentant du Pnud

7 mai 2021 à 10 10 53 05535

Alors que la première phase de la RSS arrive à terme avec un bilan élogieux salué par tous, le ministre d’Etat en charge de la Défense nationale s’active déjà pour poursuivre les réformes engagées par le président Alpha Condé depuis 2011. A cet effet, Dr. Mohamed Diané a présidé ce vendredi 7 mai une réunion technique avec la représentation du Pnud en Guinée pour discuter des modalités d’exécution de la nouvelle génération de la réforme des forces de sécurité et de défense tout en appelant à la mobilisation des ressources nécessaires à l’atteinte des différents objectifs.

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Concours de mémorisation du saint Coran : plusieurs candidats primés par le jury

1 mai 2021 à 23 11 39 05395

Lancée le 24 avril dernier, la 39ème édition du concours national de lecture, de mémorisation et d’interprétation du Saint Coran a été clôturée ce samedi, 1er mai 2021, au palais du peuple. La cérémonie a été présidée par le ministre d’Etat, Elhadj Papa Koly Kourouma, en présence du secrétaire général des Affaires religieuses, du médiateur de la République, de certains membres du gouvernement ainsi que plusieurs autres invités, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

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Manifestation à la société minière WAP (Boké) : le porte-parole des travailleurs menacé…

30 avril 2021 à 12 12 49 04494

Lanciné Diallo, porte parole des travailleurs WAP

Comme annoncé dans nos précédentes dépêches, les travailleurs de la société minière WAP ont manifesté avant-hier, mercredi 28 avril 2021. Les protestataires exigent de meilleures conditions de vie et de travail, ainsi que le renouvellement du bureau de leur syndicat. Et, ces travailleurs mécontents ne sont pas allés de mains mortes pour se faire entendre. Ils ont brûlé des pneus, bloqué la route qui mène au port minier de Dapilon et empêché le transport de la bauxite. Ils ont aussi échangé des pass (jets de pierres contre gaz lacrymogènes) avec les forces de l’ordre (des gendarmes) qui y ont été déployés pour les disperser. Et, depuis, une chasse à l’homme aurait été ouverte contre Lancinè Diallo, le porte-parole des travailleurs en rogne, par les forces de l’ordre sur ordre de la direction de la société WAP en complicité avec les autorités administratives de Boké.

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Retard du procès des détenus politiques : Aboubacar Biro Soumah accuse Alpha Condé

27 avril 2021 à 12 12 50 04504

Aboubacar Biro Soumah, président du Parti pour le Progrès et le Changement PPC

Des voix continuent de s’élever pour dénoncer la détention de nombreux opposants en Guinée et surtout, le refus des autorités d’organiser rapidement leur procès. Depuis leur arrestation, qui fait suite aux violences post-électorales d’octobre 2020, ces responsables et militants de l’opposition sont incarcérés sans jugement à la Maison centrale de Conakry.

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