Après la disparition tragique du maréchal Idriss Deby Itno, certains Africains, qui voient la main de la France derrière tous les soubresauts du continent, accusent directement l’ancienne puissance coloniale d’avoir orchestré l’assassinat du chef de l’Etat tchadien. Pour eux, les accords de défense qui lient le Tchad et la France auraient dû être appliqués pour bouter les rebelles hors du territoire tchadien.

Et ce grâce à la puissance de feu de l’aviation française. Pour ces Africains, Idriss Deby a signé son arrêt de mort le jour où il a exprimé ouvertement sa position en faveur de la rupture des accords de 1960 entre la France et les Etats africains au sujet du franc CFA.

D’autres formulent d’autres griffes contre la France qu’ils accusent être indirectement responsable de la disparition de son allié. Pour ces autres, c’est la déstabilisation de la Libye par la France qui continue à faire tache d’huile sur la région voire sur tout le continent. Pour ceux-là, c’est la France de Nicolas Sarkozy qui est à l’origine de ce qui se passe actuellement au Sahel et au Tchad en particulier.

Mais, dans une tragédie comme celle que traverse actuellement ce pays d’Afrique centrale, il est facile de trouver un coupable. Surtout lorsque que ce dernier s’appelle la France. A approfondir la réflexion, même si tous les deux arguments indiqués plus haut sont justifiables d’une manière ou d’une autre, la vraie cause de l’hécatombe tchadienne se trouve ailleurs.

Il s’agit notamment de l’obsession de certains dirigeants africains dont le défunt président tchadien à mourir au pouvoir. Sans compter que logiquement celui qui est arrivé au pouvoir par la violence doit le quitter également par la violence. L’adage est bien connu : celui qui règne par les armes périra par les armes.

Ainsi, la cause du déclenchement de la rébellion qui a abouti à la mort tragique du chef de l’Etat tchadien n’est rien d’autres que le pouvoir à vie. Prenant du goût de ce pouvoir, les chefs d’Etat africains modifient la constitution pour faire sauter le verrou de limitation de mandats. S’ouvrant du coup un boulevard pour une présidence à vie.

Or, dans certains pays comme au Cameroun ou au Gabon, si la pilule de pouvoir à vie n’est pas difficile à avaler pour d’autres, ce n’est pas le cas. Comme le Tchad ou le Niger. C’est donc l’obsession de mourir au pouvoir qui a obligé certains tchadiens à prendre les armes pour libérer leur pays d’une dynastie constitutionnelle. D’ailleurs, la succession (même aléatoire pour le moment) du père par le fils comme au Gabon, est la preuve que même étant devenu cadavre, le maréchal peut influencer l’Armée tchadienne.

Si les peuples savent qu’après cinq ou dix ans, leur chef d’Etat- qu’il ait un bon bilan ou pas- doit partir, ils attendent patiemment. Mais, lorsqu’ils ont la conviction que seule la mort peut les débarrasser de ce chef, ils font recours à tous les moyens pour s’en débarrasser. Comme les Tchadiens viennent de le faire. Comme les Nigériens l’avaient fait autrefois pour renverser Mamadou Tanja.

Bref, tant qu’il y aura un troisième mandat, il faudra s’attendre malheureusement au mieux à un coup d’Etat et au pire à une rébellion. Et, la fameuse communauté internationale ne doit pas condamner les conséquences en occultant la cause. La cause étant, encore une fois, l’obsession de ne quitter le palais présidentiel que pour le cimetière.

Habib Yembering Diallo pour guineematin.com

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