Les familles Soumah et Dopavogui, domiciliés à Tombolia-Manguebougni, dans la commune de Matoto, sont des voisins de longue date. Une banale dispute suivie d’injures grossières, a conduit à la mort d’un certain Robert Dopavogui. En représailles, la concession des Soumah est mise à sac et incendiée le lendemain. L’affaire était inscrite au rôle d’audience de ce mardi 02 mai 2017 au Tribunal de Première Insistance de Mafanco, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, les faits dont il s’agit remontent au jeudi 22 mai 2014. Robert Dopavogui, élève en classe de 11ème année, âgé de 19 ans à l’époque, et Delphine, sont allés acheter des crédits téléphoniques chez un certain Abdoulaye Camara, gérant d’une boutique située dans la concession des Soumah.

Appelés à la barre, les accusés Morlaye Soumah et Abdoulaye Camara, sont poursuivis pour « Coups et Blessures Volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, injures publiques, violences et voies de fait ». Ils ont tous les deux niés les faits devant le tribunal.

Le premier à réponde aux questions de la juge madame Djenabou Dognhel Diallo, est Morlaye Soumah. Revenant su les faits, il a expliqué que c’est à partir des toilettes qu’il a entendu les injures contre sa mère. « Je suis sorti aussitôt pour demander au petit pourquoi il insultait ma mère. Mais, il a continué sur sa lancée. Je lui ai donné un coup et ma mère a dit de le laisser. J’ai obéi à ma mère et je suis reparti aux toilettes. Pendant ce temps, le petit est parti chez lui pour revenir avec sa famille. Ils étaient une vingtaine. C’est leurs cris qui m’ont fait sortir des toilettes. Quand je suis sorti des toilettes, j’ai trouvé que le petit était à terre. Parmi eux, quelqu’un avait un pilon et c’est lui qui l’a frappé avec. Après, la BAC 8 est venue prendre ma mère pour l’envoyer à leur base », a soutenu Morlaye Soumah.

De son côté, le deuxième accusé, Abdoulaye Camara a dit que c’est avec lui que Robert et Delphine ont acheté les unités pour leur téléphone aux environs de 21 heures. « En partant, ils ont piétiné ceux qui étaient là. Ensuite, j’ai entendu des injures et des cris. Quand je suis sorti, j’ai trouvé que mon cousin Morlaye Soumah tenait Robert. Mais, la maman nous a dit de le laisser. Quelques temps après, ils sont venus en groupe. Une bagarre s’est engagée et je voulais les repousser pour qu’ils quittent chez nous. Un d’entre eux a voulu frapper ma mère avec un pilon. Mais, elle a été alertée par une voisine. Elle a évité le coup et le pilon a atteint Robert qui est aussitôt tombé », a relaté le jeune homme, frisant la trentaine.

Le procureur Aly Touré, a demandé à Abdoulaye Camara, s’il était possible de voir un pilon aux environs de 21 heures et d’alerter la femme alors qu’il n’y avait pas le courant au quartier. L’accusé est resté sans réponses. Le procureur fera remarquer que cette version des faits était fausse.

Appelé à la barre pour témoigner, Delphine est revenue sur le film des événements. « Après avoir acheté les unités, Robert et moi avons trouvé une dame couchée sur une natte et une petite fille assise sur la route. Nous les avons contournées pour passer. Mais, la femme a aussitôt insulté nos parents parce que, selon elle, nous avons piétiné la petite. Nous aussi, on a répliqué avec la même injure. Elle a crié et des jeunes sont sortis pour s’en prendre à nous. Un d’entre eux m’a terrassée, je suis tombée. Quand je me suis relevée, j’ai fui pour aller à la maison en vue d’alerter la famille. Quand nous sommes revenus sur les lieux, puis que c’est devant leur concession, on a trouvé Robert à terre. Je l’ai appelé, il n’a pas répondu. On a cherché de l’eau pour lui verser dessus. Après, ils l’ont pris pou l’amener à l’hôpital. C’est après que j‘ai été informé de son décès », a expliqué la jeune fille, les larmes aux yeux.

Dans ses réquisitions, le procureur a regretté le comportement des accusés. « Ils ont opté pour la négation systématique des faits. Cette affaire de pilon est un scénario monté de toutes pièces. Pire, ils n’ont exprimé aucun regret et bientôt 3 ans après les faits, leur famille n’est jamais allé exprimer leur compassion à la famille de Robert », a dit Aly Touré. C’est pour cette raison, que monsieur Touré va demander de les retenir dans les liens de la culpabilité. Pour la répression, en application de l’article 243 du code pénale, il va requérir 15 ans de réclusion criminelle.

Pour l’avocat de la défense, c’est un fait élémentaire qui a conduit à ce drame. Il ajoute que la mère des accusés les avait bien dissuadés de s’en prendre au jeune Robert, quoiqu’une injure faite à une mère, devant ses enfants, soit difficile à canaliser.

« Devant un fait, les hommes n’ont pas le même tempérament. Il y a des circonstances atténuantes surtout que la maman n’a pas encouragé ses enfants. Je demande donc des circonstances atténuantes pour mes clients, conformément aux dispositions de la loi », a-t-il plaidé.

Après avoir écouté toutes les parties au procès, la juge madame Djenabou Dognhel Diallo, dit que la décision sera rendue le 23 mai prochain.

A suivre !

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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