Madame Marie Louise Grovogui, infirmière d’Etat et commerçante, est poursuivie pour escroquerie au préjudice de Mamady Camara. Son procès s’est ouvert hier, jeudi 24 janvier 2019, au tribunal correctionnel de Mafanco où la dame a nié les faits pour lesquels elle est poursuivie. Le procès a été marqué par un incident d’audience entre l’avocat de la partie et un de ses collègues, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Interrogée à la barre par le juge Mohamed Lamine Camara, la prévenue a nié les charges portées contre elle. Elle est revenue sur ce qui s’est passé dans cette affaire. « Le 13 décembre 2018, j’étais dans ma boutique, lorsqu’une femme est venue demander le prix d’un costume. On est tombé d’accord qu’elle paie le costume à 400 milles francs guinéen. Elle m’a dit d’emballer le costume et qu’elle n’avait pas l’argent sur place. Elle m’a donc dit d’aller chez son frère Mamady Camara, qui est commerçant pour que celui-ci paie le costume qu’elle a pris chez moi. Quand nous sommes arrivées chez Mamady Camara, elle est rentrée dans la boutique pour parler longtemps avec lui. Tout ce temps, j’étais arrêtée au dehors en pensant qu’elle est avec son frère. Lorsqu’elle a fini de parler avec Mamady Camara, elle est sortie avec un sac plastique, mais je ne connaissais pas le contenu. A sa sortie de la boutique de Mamady Camara, c’est en ce moment que je lui ai demandé de payer mon argent. Elle avait beaucoup de bagages sur elle, elle m’a donc dit de l’aider à mettre le costume dans l’un de ses bagages. Chose que j’ai refusée parce qu’elle n’avait pas payé mon argent. Finalement je suis repartie dans ma boutique. Quelques instants plus tard, j’ai vu Mamady Camara venir en me disant où est mon argent ? J’ai dit de quel argent parles-tu ? Il me répond que je suis la camarade de la femme qui a pris les habits chez elle et que c’est moi qui devait lui donner l’argent. La femme lui aurait dit que je suis sa copine et que c’est moi qui devais payer son argent. J’ai fait comprendre à Mamady Camara que je ne connais pas la femme en question, à forte raison être sa copine. C’est la raison pour laquelle Mamady Camara a porté plainte contre moi. Mais, je ne suis pas concernée par une affaire d’escroquerie », a expliqué Marie Louise Grovogui.

Sans avocat lors de cette première audience, la prévenue Marie Louise Grovogui a répondu aux différentes questions de Me Sidiki Bérété, avocat de la partie civile. Au plus fort des débats, un avocat présent dans la salle d’audience, se lève pour se constituer avocat de la défense dans le dossier.

Une attitude qui a mis maitre Bérété dans une colère noire qui va demander au tribunal de ne pas accepter la sollicitation de son confrère, maitre Bakary Millimouno. « C’est du marchandage de client, comme c’est une prévenue issue de sa communauté. C’est pourquoi mon confrère s’est levé pour se constituer avocat de la défense dans cette affaire. Mais, je ne vais pas accepter qu’il apporte son service étant donné que Marie Louise Grovogui était libre de se faire assister par un avocat avant même le début du procès. Si tu ne fais pas attention, je vais te poursuivre au niveau du Conseil de l’Ordre des avocats », a menacé Me Sidiki Bérété.

De son côté, Me Bakary Millimouno a démontré, à travers des arguments fondés sur le droit, qu’il peut bien se constituer avocat de la défense dans cette affaire. Un argument qui a été largement partagé par les autres avocats présents dans la salle. Une idée soutenue par le procureur, André Konanan Condé.

L’affaire a été renvoyée au 31 janvier 2019 pour permettre à Marie Louise Grovogui de se trouver un avocat.

Approché par notre reporter à la fin de l’audience, Me Bakary Millimouno a déclaré qu’il ne va plus se constituer avocat de la défense dans ce dossier.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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